Le truc du mardi: on s'en serait bien passé
(8 juillet)
La semaine dernière, le lundi après-midi, je suis allée au cinéma pour me remettre des délibérations du bac. Ils donnaient Le Bourgeois gentilhomme, filmé à la Comédie Française. Une adaptation modernisée et dans laquelle on devait pouvoir reconnaître les airs de Lully malgré une transposition balkanique. La Marche pour la Cérémonie des Turcs (la BO de Tous les matins du monde) à l'accordéon, c'est amusant. Mais le Menuet (Acte II, scène 1) a été totalement défiguré. Je connais l'air, et là, par exemple, je le reconnais tellement bien que je peux le chanter, ce qui me confirme que le texte aussi a été modifié, puisqu'il n'est plus question de "en cadence s'il vous plaît" ni de "haussez la tête, tournez la pointe du pied en dehors, lala redressez votre corps" (merci Mme Saouter). Bon, la version moderne de la danse est sympathique quand même.
C'est en sortant du cinéma que les choses ont commencé à se gâter. D'abord, il y avait ce message de la prof de danse, qui transmettait l'information de S (qui donc, bien sûr, avait le Covid). J'avais fait un auto-test la veille au soir, espérant secrètement me dispenser des délibérations du bac. Mon test était négatif. Celui que j'ai fait jeudi matin aussi. Il semblerait que je sois résistante à ce virus. Croisons les doigts.
Du cinéma, je suis remontée au lycée à pied (l'aller-retour permet de faire 10 000 pas, surtout si on traîne un peu en ville) pour le CA, auquel j'ai assisté masquée, pour ne risquer de contaminer personne. Pour une raison que je ne m'explique pas, j'ai gardé mon téléphone (en mode silencieux) sur la table, et je l'ai consulté de temps à autre. Jusqu'au moment ou un message du père de mes enfants m'a obligée à le cosnulter plus souvent. Le P'tit Mousse était aux urgences pour une entaille au doigt.
Je vous passe les détails de l'accident, je n'y étais pas. Disons qu'il s'est fait agresser par un taille haie (et non taille hait comme l'a écrit l'interne, ou bien est-ce que c'est l'ordinateur qui a mal retranscrit sous la dictée?), qu'heureusement il avait des gants, et qu'ils ont passé la soirée à attendre que l'unique interne de garde puisse jeter un oeil au "troisième doigt de la main gauche" avant de leur dire de repasser le lendemain matin aux urgences pédiatriques.
Le lendemain matin, le P'tit Mousse a été installé dans une chambre, et son père m'a appelée, parce qu'il fallait mon autorisation. Est-ce qu'il me dictait quoi écrire, ou est-ce que je pouvais passer? Je n'avais rien de prévu, donc j'y suis allée, d'autant que j'avais compris que, forcément, une autorisation, ça voulait dire une intervention chirurgicale. On ne demande quand même pas l'autorisation des deux parents pour faire des points. J'ai pensé à prendre un masque, et mon passe sanitaire pour rentrer dans l'hôpital, et aussi le carnet de santé, pour la date du dernier rappel du tétanos. Mon fils se souvenait qu'il l'avait fait l'année dernière, on lui avait vendu le truc comme son dernier vaccin avant ses 25 ans, mais entre-temps celui contre le coronavirus a été étendu aux plus jeunes. Comme le P'tit Mousse ne l'a pas reçu, il n'a pas de passe vaccinal, et on l'a testé: il était négatif. Est-ce que, sinon, on ne l'aurait pas opéré? Je préfère ne pas le savoir.
La chambre du P'tit Mousse était bien située, avec vue sur l'entrée de l'hôpital; on pouvait observer les gens qui arrivaient à pied, à vélo ou en fauteuil (en dévalant la pente à toute vitesse), ceux qui venaient en voiture ou en taxi, les ambulances qui se signalaient par une sirène au feu et avaient du mal à monter la rampe jusqu'aux urgences, à cause de la courbe, les papas qui arrivaient avec un maxi-cosy vide, "pour kidnapper un bébé" a dit le P'tit Mousse, les bus de la ligne A qui passaient à une cadence plus régulière dans une direction que dans l'autre. Les infirmères étaient très gentilles aussi, le chirurgien qui est passé voir le doigt un peu moins (il a pris une photo, décidément il doit y avoir des albums entiers de doigts avant / après), mais personne ne pouvait nous dire quand on allait "explorer" la plaie.

Le jeune patient a fini par s'assoupir. L'infirmière m'a conseillé d'aller chercher de la lecture au "salon des ados", une chambre avec des étagères pleines de BD, de livres, de jeux, et même un baby foot auquel un jeune garçon sous perfusion jouait avec une jeune fille. Au retour, j'ai failli rater la chambre, parce que la porte était ouverte; les brancardiers étaient déjà là. J'ai été surprise quand ils m'ont dit que je devais descendre avec eux. Je ne sais pas si c'est parce qu'ils n'ont aucun rôle de soin, mais les brancardiers ont toujours de l'humour. Nous avons pris l'ascenseur, et le P'tit Mousse était épaté de rentrer avec son lit dans un ascenceur, et puis nous sommes arrivés à la salle d'attente du bloc par un chemin que j'avais déjà emprunté.
Il y avait déjà là un jeune homme avec sa maman, et puis un adulte est arrivé dans son lit, et puis, après le départ du premier jeune homme, un autre a pris sa place, dans la même tenue de bloc. Celui-là était prêt à dire qu'il pesait 49kg, sa mère a rectifié avec horreur qu'il en faisait 10 de moins, ce serait dommage de l'assommer avec les anesthésiques. Une anesthésiste est venue voir le P'tit Mousse et poser les questions d'usage, en disant "il" comme si elle s'adressait à moi seule, mais il était capable de répondre à la plupart des questions. Elle m'a dit qu'elle ne savait pas quand il pourrait passer, que je pouvais aller manger et qu'ils m'appelleraient quand ce serait fini.
J'ai attendu encore un gros quart d'heure, l'aide-soignante qui s'occupait de l'accueil des patients a apporté de la lecture à mon petit blessé, et puis je l'ai abandonné. Il a dû attendre longtemps, parce que son père, qui en avait assez de patienter, est retourné dans sa chambre et ne l'a vu remonter que vers 18h30. Il est resté là encore trois bonnes heures, à attendre que l'effet des narcotiques se dissipe et que le chirurgien (qui a dû avoir une sacrée journée) passe le voir. Ils sont ressortis avec des tas d'ordonnances (nous avons demandé des doubles), et le carnet de santé rempli.
Jeudi, j'ai assisté au premier pansement (parce que je devais fournir la carte vitale). Il y a six ou sept points à retirer dans 15 jours. Il y a aussi de la rééducation, on a commencé vendredi (ça aide d'avoir un kiné pour le grand frère, on devrait prendre une carte de fidélité), et une attelle (le père s'en est occupé dès jeudi). Un tendon est touché, le nerf aussi. Le P'tit Mousse est interdit de sport et de baignade pendant 6 semaines, ça va limiter les activités pour les vacances. Heureusement, il est droitier et il aime lire...
Et je tire mon chapeau aux personnels de l'hôpital public, qui, malgré les tensions et le nombre réduit de soignants par apport à l'abondance de patients, restent souriants, disponibles, rassurants et à l'écoute.
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Par où commencer?
(7 juillet 2022)
Il s'est passé bien des choses, et pas que des choses bien, entre samedi et mardi.
Mettons qu'aujourd'hui, je vous parle des aspects les plus agréables. Et je garde le truc qui plombe les vacances pour mardi prochain.
Samedi, donc, c'était répétion et spectacle. De danse, pour ceux qui ne suivent pas. Le premier depuis trois ans, à cause du gros vilain méchant virus qui, même s'il essaie de se faire petit, a failli nous gâcher la fête quand même.
Quand je suis arrivée pour répéter, une fille de mon groupe m'annonce "Y n'est pas là". Oui, non mais ça je le vois bien. "Elle a le Covid". Génial. Elle avait le nez qui coulait beaucoup, mercredi, lors de la première répétition. Et donc, maintenant, non seulement nous sommes cas contact, mais en plus, il faut revoir deux ou trois trucs dans la chorégraphie, parce que, forcément, une danseuse en moins, ça modifie un tant soit peu les places des autres. Et S, elle est où? Parce que, si elle n'est pas là non plus, il va falloir modifier plus de choses, encore. S a fini par arriver, en nous expliquant qu'elle ne se sentait vraiment pas bien le matin, mais qu'elle avait fait un auto-test et qu'il était négatif. Dans la soirée, elle a eu de la fièvre, et, je vous le donne en mille... Non, ce n'est pas la peine, en fait, vous avez compris.
Nous répétons donc en adaptant, et puis nous regardons répéter les autres, et puis le temps passe vite et c'est déjà l'heure de se préparer. L fait quatre chignons en plus du sien, il y a des filles qui non seulement ne savent pas se coiffer mais sont aussi venues sans matériel. Ca tombe bien, j'avais prévu le coup, j'ai des élastiques et des pinces en plus, L a aussi un ou deux donut pour gonfler les chignons. On se maquille, L sait vraiment tout faire, et puis on regarde une maman qui met du blanc sur les visages des petits mimes, et c'est déjà l'heure du début du spectacle.
Et là, le temps passe en core plus vite. Les petites agaçantes de C*eau ont déjà fini, c'est au tour des mimes, et les voilà qui reviennent dans la loge, avec cotons et démaquillant pour se faire débarrasser de tout ce blanc avant la danse suivante. La maman qui a maquillé n'est plus là, pourtant elle avait dit qu'elle reviendrait les débarbouiller. Et qui a une tête de maman, ici? (Effectivement, j'ai tellement l'âge d'être leur mère qu'une des filles avec qui je danse était dans la classe du P'tit Mousse.) Donc je m'y colle, ce n'est pas facile d'ôter tout ce blanc, et puis j'ai une hésitation devant le paquet de lingettes qui polue, est-ce que je dois vraiment utiliser ça? Le visage, en dessous, révèle des lèvres bordées de rouge par une irritation, j'aurais mieux fait de lui laisser du blanc, j'ai bien laissé du noir sous les yeux de sa copine, ça lui fait un regard magnifique.

Et là, hop, les filles de mon groupe réapparaissent. C'est l'heure de s'habiller pour le cancan, mais L ne trouve plus son collant résille. Ca tombe bien, le premier que j'avais acheté a des mailles un peu grandes, je l'ai pris quand même au cas où, et donc, voilà, L peut mettre ce collant qui n'est plus tout à fait superflu. Et on refait un petit échauffement, et on attend les filles de l'autre groupe, celles qui dansent plus près de la mer, maintenant qu'on a répété plusieurs fois avec elles, on les connaît, il faut qu'elles se changent vite, elles viennent de danser. Allez, tout le monde est là, on doit se poster au fond de la salle. Il manque D, où est D, qu'est-ce qu'elle fabrique? D est déjà dans la salle alors que tout le monde l'attend dehors, c'est bon, on se positionne, il faut attendre encore un peu la fin d'un diaporama et c'est parti. Je suis pratiquement au bout de la ligne, et je vois que les jambes devant moi ne se lèvent pas toutes en même temps, et puis je sors et je vois qu'E est encore mal placée, elle n'est pas la seule, elles veulent toutes être devant mais il n'y a d'espace, attention il faut que je revienne, j'ai dû louper un bout, ça y est, c'est la pause finale et le soulagement dans les sourires. On n'était pas vraiment ensemble, mais personne ne s'est vraiment trompé non plus, et avec un peu de chance, notre enthousiasme a caché nos faiblesses.
C'est l'entracte, l'heure de manger un peu pour celles qui ont faim, et puis la deuxième partie. S a chaud, et puis froid, elle a sûrement de la fièvre, je comprends pourquoi les "dames" sont restées masquées, nous attendons dans les coulisses la fin de l'interminable chorégraphie qui précède la nôtre, les parents commencent trois ou quatre fois à applaudir mais non, il y en a encore, et E et C dansent vraiment bien, dis donc. Voilà, allons-y, surtout attention aux nouvelles places, on se regarde, je comble un vide au milieu de la scène, mes chevilles tremblent et on s'en tire plutôt bien. Juste le temps de se changer avant le final. Les lumières de la salle s'allument, il y a des gens masqués dans le public un peu clairsemé mais on a vu pire. Ca y est, c'est terminé, au revoir, à l'année prochaine.
Dimanche, je me suis reposée.
Lundi, je suis arrivée au lycée pour 9 heures, convoquée pour statuer sur le sort des candidats au bac. Sauf que l'accès au site ad hoc ne fonctionnait pas.
Qu'à cela ne tienne, nous avons discuté, entre collègues. Et même, j'ai reconnu une des "dames" du cours de danse plus près de la mer. Elle m'a reconnue aussi, oui, j'étais au spectacle samedi, c'était bien, en tout cas on s'est bien amusées, et son mari a apprécié toutes les chorégraphies. La collègue d'allemand de C*eau a proposé qu'on essaie de se mettre un peu en relation, entre profs d'allemand, parce que sinon, on est un peu isolées dans nos établissements. Et puis le proviseur adjoint a commencé à trouver une solution pour qu'on puisse travailler.
A 11 heures, nous étions tous dans nos salles pour étudier les résultats et les possibilités de repêchage. Et à midi et quart, c'était fini. Bon appétit, et bon courage à ceux qui doivent revenir. Pour quoi faire, je ne sais plus, pourtant j'y étais, l'an dernier, avec Patrick Bruel (jeune).
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beaucoup (trop) de bruit pour rien
(26 mars)
Mardi soir, comme je m'impatientais de n'avoir toujours aucun résultat, j'ai refait un auto-test.
Il était clairement négatif. Je suis donc allée travailler comme d'habitude mercredi.
Et à 20h 20, enfin, j'ai reçu un SMS avec un identifiant pour aller chercher le résultat de mon PCR.
Je n'ai pas compris pourquoi le laboratoire, qui est celui chez qui je fais habituellement mes analyses, ne m'a pas identifiée comme moi, et m'a par conséquent demandé de créer un deuxième compte, mais enfin j'ai fini par réussir à lire le compte-rendu tant attendu.
Le test était négatif.
Moralité: je n'ai pas encore eu le Covid, et j'aurais pu passer une excellente soirée avec mes amis si je n'avais pas sottement cédé à la panique.
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Une histoire sans fin
(23 mars 2022)
Samedi, je devais aller à Paris revoir de vieux amis.
Me doutant depuis le samedi précédent que Numérobis était porteur du virus, malgré un auto-test apparemment négatif, j'avais pris quelques précautions, comme aérer après chaque repas en présence de cet enfant qui toussait ou reconduire les deux plus jeunes chez leur père en faisant porter un maque à tout le monde dans la voiture. Et, à la grande déception des élèves, j'ai continué à faire cours masquée.
Mardi (le 15), un test a confirmé que Numérobis était malade; le P'tit Mousse l'était aussi. J'ai donc fait un auto-test. Négatif. J'ai refait un auto-test le jeudi matin. Négatif. Entre temps, les enfants avaient contaminé leur père. Je commençais à me dire que, puisque je n'avais pas de symptômes, j'étais passée au travers.
Samedi, j'ai donc pris le train pour Paris. Et à l'arrivée, j'ai découvert un message du Pirate. Il était positif, mais totalement asymptomatique. J'ai immédiatement été dans une pharmacie chercher un auto-test. Et pendant que j'attendais le résultat, j'ai reçu un coup de téléphone incendiaire me traitant d'irresponsable parce que je n'avais pas encore fait de test officiel et que les aut-tests, ça ne vaut rien. Et combien de personnes avais-je bien pu contaminer?
Du coup, j'ai regardé mon auto-test avec circonspection, et il m'a semblé que la barre du T commençait à apparaître, bien que vaguement et sans aucune coloration. Enervée par le coup de téléphone et prise de panique, j'ai décidé de rebrousser chemin, si toutefois il y avait de la place dans un train. Et j'ai échangé mon billet contre une somme certes modique, mais non négligeable. En gros, j'ai payé 150 euros pour venir faire un auto-test dans le quartier de la gare Montparnasse... Chouette samedi!
Et dimanche, comme le Pirate m'avait déclarée comme cas contact (alors que je ne l'avais pas vu depuis 6 jours quand il a fait son test, mais partant du principe fort vraisemblable qu'il avait dû être contaminé chez moi), j'ai commencé à recevoir des messages de l'Assurance Maladie. Le premier me conseillait d'aller me faire tester deux jours plus tard.
Les suivants ne correspondaient manifestement plus au protocole actuel, puisqu'il n'est plus du tout question d'isoler les cas contact.
J'ai reçu certains messages deux fois, je crois même que l'un d'eux m'est parvenu en trois exemplaires.
Quoi qu'il en soit, j'étais déjà décidée à faire un test le lundi soir. Il y a une permanence au cabinet infirmier, j'ai souvent vu la queue qui s'y forme avant même l'ouverture.
Un peu avant l'heure, j'ai donc réussi à prendre la deuxième (en fait troisième) place dans la file, derrière une petite fille qui toussait et avait manifestement de la fièvre, et qui était accompagnée par sa maman. A 16h, l'infirmère n'était pas encore là, mais il y avait une bonne dizaine de personnes qui attendaient, toutes sagement masquées.
C'est en rentrant que j'ai commis une erreur: j'ai pris le premier formulaire que j'ai vu. Il y en avait un autre. Le mien était pour un PCR. Si j'avais pris le formulaire pour un test antigénique, j'aurais eu le résultat le soir-même. Au lieu de cela, l'infirmière m'a dit que j'aurais un mail ou un SMS du labo le lendemain.
Il est 18h, à J+2, et j'attends toujours.
(J'ai laissé un message au cabinet, mais si c'est comme tous les soirs, je doute qu'il puisse être écouté avant 19h...)
Libellés : corona, humeur, santé
Halte aux courants d'air!
(16 mars 2022)
Arrêtons la libre circulation des courants d'air!
D'abord, ils nous apportent du sable du Sahara, c'est n'importe quoi.
Ensuite, c'est évidemment grâce à eux que le Covid circule.
Et ça y est, ce virus a atteint mes enfants. D'abord Numérobis, vacciné deux doses, qui a pas mal toussé avant de faire son test PCR (c'est malin, toute sa classe est cas contact, maintenant). Puis le P'tit Mousse, qui semble plus durement touché (fièvre et perte d'appétit, si j'ai bien compris; c'est la semaine où ils sont chez leur père).
Comme le test a été fait mardi, et qu'on considère qu'ils étaient contagieux deux jours avant, le Pirate et moi sommes cas contact. Le Pirate souhaite donc faire à son tour un test PCR. Mais on lui demande un justificatif de sa cascontactitude (j'invente des mots si je veux). Qu'il n'a pas. La CPAM est censée envoyer un SMS aux personnes concernées, sauf que pour ça, il faut d'abord que la déclaration soit faite en bonne et due forme. Avec les numéros de sécu des malades.
Les numéros de sécurité sociale des enfants? Le commun des mortels Français le trouve paraît-il sur son compte Ame & Lie. Sauf que moi, je suis à la Aime Geai Heu Haine, et que je n'ai pas droit au compte Ame & Lie. Et bien sûr, sur mon compte mutualiste, le renseignement ne figure pas. Le père a tenté de se connecter à son comte Ame & Lie. Sauf qu'on lui demande de compléter un IBAN qu'il ne reconnaît pas, et qui doit être celui d'un compte fermé il y a une vingtaine d'années (est-ce que ses remboursements maladie sont censés atterrir sur ce compte?). Donc il a fallu appeler la mutuelle, et subir d'abord tout un laïus comme quoi le temps d'attente serait long, vu la demande et la baisse des effectifs, et que pour telle démarche liée au Covid, on pouvait se connecter ici, et que pour les cas contacts, il fallait attendre le SMS de l'assurance maladie, et patati, et patata. Bon, j'ai fini par avoir les numéros.
Et j'attends le SMS de l'assurance maladie (sauf que je n'ai pas l'appli qui va bien, et je ne vois pas comment on pourrait me tracer). J'attends aussi le message officiel du lycée m'anonçant que je suis cas contact de cette élève présente en cours hier et testée positive le soir (un peu comme Numérobis, en fait). A moins que, comme je portais un masque, je ne sois pas considérée comme cas contact? On n'y comprend plus rien, avec ces protocoles qui changent sans arrêt.
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Savoir compter
(25 janvier)
En regardant d'un peu plus près les messages non lus dans ma boîte académique, je suis tombée sur celui-ci, qui, parlant du télétravail, indique: "Cette obligation s’impose à chacun d’entre nous
jusqu’au jeudi 2 février. Dans la mesure où les
vacances scolaires débutent le vendredi 4 au soir pour
l’académie".
Il y aurait donc un jour caché entre le jeudi et le vendredi? (Et pourquoi, de toute façon, cesser de travailler à distance juste une journée avant les vacances? Pour être sûr que tout le monde est bien encore en Bretagne le vendredi?)
(Et sinon, le prochain jeudi 2 février, c'est en 2023...)
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Jouer sur les deux tableaux
(13 janvier 2022)
La politique de l'autruche du gouvernement et la gestion de l'urgence sanitaire par un certain Jean-Mi m'agacent profondément.
Mais j'ai des élèves de terminale, qui passent le bac avec une part de contrôle continu, et que je ne vois qu'une fois par semaine le jeudi (bon, ok, une semaine sur deux, je les vois aussi le vendredi, mais c'est la mauvaise semaine). Alors, ce matin, j'ai fait cours.
La moitié des terminales était là.
En seconde, j'avais 6 élèves (quatre absences liées au covid, des internes rentrés chez eux parce que les surveillants sont en grève et que l'internat a fermé pour deux nuits...).
Cet après-midi, j'ai manifesté. Avec des collègues, des parents et quelques élèves. Tous en colère contre les protocoles variables, inapplicables et insuffisants (on reparle des capteurs de CO2?) et les évaluations à la noix, à tous les niveaux d'enseignement (non mais il y a une évaluation nationale à la moitié du CP?).
C'était ma première manifestation avec du breton dedans (les collègues de Diwan aussi en ont ras la casquette de "ar c'hovid 19" et du reste).
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Sur la tête
(10janvier)
Je vous prie de bien vouloir excuser mon incapacité temporaire à bloguer.
Je dois relire la nouvelle mouture du protocole sanitaire, avant qu'elle ne change dans deux jours.
Il faut aussi que je liste les élèves cas contact ou positifs (en rusant avec les indications de Pronote, parce que le secret médical fait qu'on ne nous dit pas pourquoi les élèves sont absents) pour leur transmettre les cours et que j'arrive à mettre à jour les sujets d'exposés.
Ce serait bien aussi que je trouve un moyen d'évaluer la classe que je ne verrai pas en EMC entre les vacances de Noël et celles d'hiver (merci PIX et le bac blanc, merci les épreuves de spécialité en mars).
Je reviens bientôt, si j'ai quelque chose d'intéressant à vous raconter.
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Calendrier de l'avent
(1er décembre)
Ce matin, en ouvrant mon casier, j'ai trouvé ceci:
Un lot de dix auto-tests...
Il y avait un cadeau identique derrière toutes les portes des casiers. Et j'ai bien peur que ce calendrier de l'avent façon Covid ne nous apporte rien de mieux.
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Pénurie
(26 octobre)
Ce matin, à la radio, ils reprenaient le thème des pénuries annoncées pour Noël, avec un reportage sur des parents qui faisaient déjà leurs achats de cadeaux pour éviter la crise sous le sapin.
Mes enfants n'ont plus vraiment l'âge de réclamer des jouets. Ils ne songent même pas encore à Noël (qu'ils devraint passer dans la famille de leur père, si mes calculs sont exacts). Et puis ils savent aussi qu'en ce moment, je n'ai pas de fortune à dépenser.
Cela fait quelques semaines que je vis sans:
- télévision. Elle ne me manque pas trop. Avec internet et un lecteur DVD, on a accès à pas mal de choses, tout de même. Et puis on réfléchit plus à ce qu'on va regarder.
- canapé. Ce serait bien confortable pour lire, mais en l'absence de télévision, un bon fauteuil ferait tout aussi bien l'affaire et serait plus facile à transporter dans ma voiture. En attendant, je me fabrique une banquette avec les coussins de ma grand-mère. Elle les avait conçus pour cet usage.
- four micro-ondes. En dehors du lait du petit déjeuner (qui chauffe aussi bien à la casserole), il ne servirait pas beaucoup, de toute façon.
- casse-noix. Dommage, parce que c'est la saison des noisettes.
- dessous de plat et manique. Je les ai remplacés par des torchons. Mettons que c'est un moyen de réduire le nombre d'objets en ma possession qui fonctionne.
- machine à laver et sèche-linge. J'avoue, c'est le plus difficile. La laverie n'est pas loin, mais le soleil n'est plus assez présent pour sécher rapidement le linge. Et les séchoirs payants ne sont pas très efficaces, à moins d'y passer un temps fou. Certes, j'ai mis en route le chauffage (a minima), mais la semaine dernière, il a fallu plus de deux jours pour sécher certains vêtements...
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Effet colatéral
(20 juin)
L'épidémie de Covid a eu un effet colatéral dans la famille:
Avec le décalage des élections au mois de juin, le Pirate va pouvoir voter.
Il a bien reçu sa carte d'électeur, mais seulement la moitié de la propagande...
(PS, ce message, comme le suivant, est programmé pour "raison familiale".)
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Bienvenue dans l'école à la maison!
(28 avril)
Cette semaine, donc, reprise des cours à distance pour les deux collègiens de la maison et moi-même.
Lundi, le prof de maths de sixième annonçait un cours en visio via le Qunède pour le lendemain matin neuf heures et demie. Il donnerait le lien dans le cahier de texte numérique. Je me suis demandée s'il ne fallait pas un compte, pour accéder aux services de l'enseignement à distance, mais j'ai bien relu le message, il n'en était pas question.
Le lendemain (hier, donc), à 9h25, Numérobis ayant lâché l'ordinateur familial, le P'tit Mousse s'est connecté sur l'ENT du collège. Pas de lien. 9h31, pas de lien. On patiente, on fait les exercices de français sur les racines grecques en attendant. 9h45, enfin, le prof a réussi à accéder au cahier de texte, il y a un lien. Et là, devinez quoi? Il faut un compte, au Qunède.
Donc je crée un compte, et comme Flourig est en train de se plaindre qu'on ne s'occupe pas d'elle, je mets "Fl0urigr@le" comme mot de passe. Un chiffre, un caractère spécial, des minuscules, une majuscule, tout y est. On ne me demande pas de confirmer le mot de passe. Je reçois le lien d'activation sur ma boîte mail. Je clique, je retape le mot de passe. Ce n'est pas ça. Je réessaye. Toujours pas. Ah ben c'est super, je ne sais pas ce que j'ai tapé comme mot de passe. Bon, qu'à cela ne tienne, je peux dire que je l'ai perdu. Il faut juste que je tape un nom d'utilisateur "correcte". Punaise, je suis sur un site de l'Educ' Nat, là, et j'ai une énorme faute d'orthographe sous le nez!
Une fois le compté créé et activé, je suis arrivée avec le P'tit Mousse dans une salle d'attente. Et nous avons attendu. Nous sommes retournés voir sur l'ENT du collège. Il y avait un nouveau lien pour la visio. Qui nous emmenait dans une nouvelle salle d'attente. Sauf qu'en fait, c'est dans la première que nous avons fini par être admis en cours.
Je n'ai pas autorisé l'accès à la caméra. Monsieur Maths n'a pas besoin voir ma cuisine. Il était un peu déçu de n'avoir que Stéphane avec son casque sur la tête à l'image, et du coup, il lui causait beaucoup pour savoir ce qui marchait ou pas. Mais le P'tit Mousse avait le micro pour répondre aussi et dès que le chat a été activé, il ne s'est pas privé d'utiliser cet outil. Dois-je préciser qu'il a fallu attendre 10h20 pour que le cours commence vraiment? Que je n'étais pas la seule maman planquée derrière ma caméra inactive (avec les micros, on entendait quelques commentaires)? Et qu'il n'y avait qu'une douzaine d'élèves présents, dont quelques uns sur le même poste du collège?
Bon, maintenant, une moitié de la classe du P'tit Mousse est à peu près capable de suivre un cours en visio. Ils ont vite trouvé les smileys dans l'onglet chat, et je crois qu'ils étaient contents d'avoir un peu d'interaction malgré l'absence d'images (ce qui compte, ce n'est pas de reconnaître le salon de Stéphane, c'est d'avoir le partage d'écran du prof). Quant à moi, je ne suis toujours pas convaincue de l'utilité de cet outil pour un cours de langue.
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En bref et en vrac
(23 avril)
Ce matin, à 8h33, Jean-Mi nous a envoyé un courriel pour nous réitérer (c'est lui qui emploie ce verbe) toute sa confiance. On continue comme on sait faire, sauf que maintenant, on fermera la classe au premier cas (Jean-Mi, il fait comme si c'était comme avant, mais il n'est pas bien au courant: dans les régions les moins touchées comme la mienne, il fallait trois cas). Et la demie-jauge est imposée partout; chouette, ça ne bouleverse pas du tout l'ordre de passage des exposés de mes élèves, que j'avais eu bien soin de ne pas modifier suite à l'avancement des vacances. Je sais maintenant comment je dois procéder pour établir cet ordre.
En rangeant, j'ai retrouvé mon emploi du temps de début d'année, celui qui était devenu caduque quand les élèves sont revenus en classe entière, mais qui redevient d'actualité (on ne sait pas pour combien de temps). Ca tombe bien.
J'ai profité des vacances pour fouiller la carte mémoire de mon appareil photo à la recherche de clichés à mettre dans les albums des enfants (j'ai environ 5 ans de retard), et j'ai retrouvé çà:
Il y a bientôt deux ans qu'une petite boule de poils s'est incrustée chez nous.
Granit a bien grandi, depuis...
Elle m'observe quand j'arrache le lierre dans le jardin. C'est ma grande occupation depuis quelques jours. Sauf qu'hier, j'étais un peu trop près de la glycine. Il faut dire que le lierre pousse et s'entremêle dedans et derrière et au-dessus. La glycine, en fleurs, attire les abeilles. Et deux d'entre elles ont eu l'idée stupide de venir se prendre dans mes cheveux pourtant attachés. Comme elles n'arrivaient pas à en sortir, ça m'a énervée, et j'ai fini par me faire piquer sous le bras. Il y a toujours une magnifique plaque rouge. J'espère que je ne développe pas une allergie.
Le soir, j'ai retenté ma chance avec un foulard sur les cheveux, et figurez-vous qu'une imbécile a réussi à se coincer sous le foulard. Celle-là, elle a piqué dans l'épaisseur (comme si j'avais des tonnes de cheveux!) ou dans la pince, je ne sais pas, mais en démêlant mes cheveux (tête en bas et dehors), j'ai fait tomber la folle agonisante et son dard, pris dans un cheveu. Abeilles 1- moi 2.
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Jean-Mi sur des roulettes
(7 avril)
Heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon, je connais un ministre qui mettrait souvent sa vie en danger.
Alors comme ça, en France, on était trop forts, on avait réussi à ne pas fermer les écoles malgré la pandémie, bravo à nous.
Alors comme ça, si jamais on devait confiner les écoles, tout était prêt.
Donc, s'il y a eu des problèmes de connexion mardi, c'est parce qu'on a méchamment été attaqué par l'étranger.
Ah non? C'est parce que le serveur défaille, alors, c'est sa faute. (Là, le directeur du serveur incriminé dit que non, non, le ministre qui dit ça soit ne connaît pas le fonctionnement du système, soit a lu trop vite les notes de ses collaborateurs...)
Bon ben ça doit être parce qu'on n'avait pas prévu autant de connexions, alors. Les Français, ils sont tellement nuls en maths, qu'au Ministère de l'Education, ils ne savent même pas combien il y a d'élèves!
Heureusement, chez nous, tout a à peu près bien fonctionné.
Certes, Numérobis a cru jusqu'à 16h qu'on était lundi, mais du coup, il est en avance sur le travail demandé dans certaines matières, puisqu'il a fait les devoirs de deux jours.
Bien sûr, il a fallu renvoyer le P'tit Mousse vérifier le travail à faire en fin de matinée, parce que les profs n'avaient pas tout mis en ligne dès 9h.
Mais je ne vais pas leur jeter la pierre, hein. Moi-même, je n'ai rempli le cahier de texte de l'après-midi qu'à 11h. Je sais que ce n'est pas forcément pratique pour les élèves qui se font un planning dès le matin (si, il y en a, ils me l'ont dit). Mais je trouve que, du moment que le travail du jour est disponible avant midi, c'est raisonnable. Et pour ce qui est des cours du matin, j'essaie de les mettre en ligne la veille.
Et grâce à la prof de musique du collège, j'ai découvert ceci:
Une vidéo qui permet de visualiser la partition...
(Je voulais mettre la vidéo directement, mais je n'y arrive pas. Le lien vous mènera sur Tutube, sur une vidéo que je trouve très pédagogique: une couleur par instrument - et même une une pour chaque main du piano -, les aigus en haut et les graves en bas, et même une manière différente de signaler les pizzicati...)
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Une dernière fois la mer
(5 avril)
Bon, voilà, toute la France est logée à la même enseigne, même les départements qui résistaient encore à peu près au virus. On est un peu sonnés, une partie des élèves ne trouve pas la décision très cohérente et s'inquiète pour son avenir, mais on est tous coincés chez nous. Et la première chose qu'on a faite, c'est d'aller vérifier jusqu'où la limite de 10 km nous permettait d'aller. Ouf! La librairie (indépendante) de la préfecture entre juste dans le périmètre...
Mais la mer, non. Alors j'ai profité de la matinée de jeudi pour aller la voir une dernière fois. Ca tombait bien, j'avais prévu d'aller récupérer la gourde oubliée à Camaret lors des vacances de février. J'ai donc fait une première halte sur la plage de Kerloc'h.
Quand j'étais passée en février, il y avait des surfeurs. Mais jeudi, ils devaient être au travail; d'autant qu'il n'y avait pas beaucoup de vagues.
Ensuite, je suis revenue sur mes pas (enfin, en voiture) et je me suis rendue à Telgruc. J'ai découvert, partant du parking, un circuit de 18 km qui doit faire le tour de Telgruc. Mais je n'avais pas le temps de le tenter, j'avais cours dans l'après-midi. Alors je me suis contentée de longer la côte, au départ de la plage de Bellec.
Le sentier côtier était bordé de fleurs de printemps, il bourdonnait et gazouillait, aussi.
Et comme il faisait un beau soleil (qu'on ne voit sur les photos), j'ai croisé quelques lézards.
J'ai croisé une famille, aussi, avec trois enfants qui manifestement avaient anticipé la fermeture des écoles...
Ce grand bol d'air m'a fait beaucoup de bien, et confirme mon goût pour la marche. Si je trouve un peu de temps, je vous mettrai des photos de mes randonnées de février, histoire d'aérer un peu ce nouveau confinement.
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A distance
(17 mars)
Jusqu'au premier trimestre de cette année scolaire, un des effets de la pandémie était la dispense de conseils de classe pour un grand nombre de professeurs. Il est en effet interdit de réunir plus de six personnes dans une même salle, quand une partie de ces personnes vient de l'extérieur. Et comme, en conseil de classe, il y a une ou deux places prévues pour les parents, ça limite le nombre de professeurs qui peuvent y assister.
Mais je vous rassure, le Ministère, ou en tout cas l'académie, a trouvé une solution.
Le conseil de classe en visio-conférence. Sur place, au lycée, il y a le "président du conseil", soit le chef d'établissement ou son adjoint. Il y a aussi le professeur principal, un ou deux élèves délégués (ça dépend s'ils sont présents dans l'établissment la bonne semaine) et, si tout va bien, un autre professeur. Les parents sont attendus, mais je dois dire que jusqu'ici, ils jouent un peu l'Arlésienne. Sur trois conseils auxquels j'ai réussi à me connecter, je n'ai pas entendu une seule fois qu'un parent était présent.
Quant au reste des professeurs, ma foi, ils sont peu nombreux à tenter l'aventure. D'abord, il faut bien reconnaître que tout le monde n'est pas nécessairement équipé ou n'a pas la connexion qui va bien. Et puis, le temps de rentrer chez soi, de ranger ses courses, on est déjà en retard. Et je comprends ceux qui, par principe, refusent d'assister au conseil depuis chez eux. Certes, on peut couper sa caméra et il vaut mieux couper aussi le micro pour éviter la réverbération du son. Mais du coup, justement, tout ce qui fait la pertinence d'un conseil, c'est-à-dire l'interaction et la réactivité par rapport aux remarques des autres, disparaît. On ne discute plus (avec qui, d'ailleurs, puisqu'il y a tout ou plus quatre ou cinq personnes de l'équipe pédagogique?). Moi, je suis le conseil en mode "radio", et parfois en faisant autre chose (je ne suis pas la seule: l'autre jour, un collègue de maths corrigeait manifestement des copies pendant qu'on causait d'élèves qu'il n'avait pas). Si je veux dire quelque chose, je passe par le "chat" et c'est l'ajoint qui relaie (ou pas).
C'est d'autant plus frustrant que, puisque les parents ne viennent pas, on aurait à chaque fois pu réunir plus de professeurs et avoir de véritables échanges.
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On marche sur la tête (et on la perd) Avec bonus du soir
(4 février 2021)
Incroyable, les gens, je suis en train de vous écrire du lycée! (Je croyais que c'était interdit et qu'on ne pouvait pas accéder aux blogs et à leurs interfaces, mais apparemment, il y a des trous dans le filtre...)
Hier après-midi, et semble-t-il sans que personne n'ait été consulté, nous avons découvert que les élèves allaient revenir une semaine sur trois, selon un planning qui m'a laissée perplexe:
Vous y comprenez quelque chose?
Il paraît que les pauvres petits sont en détresse psychologique (et c'est vrai que certains réclamaient de revenir à temps plein), voire développent des troubles alimentaires. Un esprit malveillant me souffle que ce sont surtout les parents qui n'ont pas envie de préparer un repas à midi... L'épuisement des profs sans arrêt priés de revoir leur progression, le mépris pour la santé psychique des adultes est patent.
Mais le plus beau était sous le planning. Pour permettre la distanciation physique d'élèves plus nombreux au réfectoire, les profs sont priés d'aller manger ailleurs. Voilà, les élèves au chaud, avec un repas chaud, et les profs se débrouillent, avec un panier-repas. Et aucune indication sur le lieu où ils sont supposés manger leur casse-croûte.
Nous sommes quelques uns à manger régulièrement en salle des profs, le midi, plutôt qu'au réfectoire. Et les deux tables qui nous accueillent ne nous permettent pas toujours de respecter un mètre de distance sanitaire. Alors si les collègues qui ne peuvent pas rentrer chez eux doivent s'installer là aussi, c'est très simple, il n'y aura pas assez de place pour tout le monde. Et l'ambiance risque de ne plus être très conviviale...
Et au moment où le Premier Ministre s'aprête à parler, je lis ce mail dans ma boîte pro:
"Chers collègues,
Nous remettons l'organisation de l'accueil des élèves prévue
initialement lundi 8 février à une date ultérieure.
Nous suivons, en effet, les recommandations de Madame la
Directrice Académique qui nous informe qu'il est préférable de ne
pas accueillir d'élèves supplémentaires au lycée, au moins
jusqu'aux vacances d'hiver.
Nous restons à votre disposition pour toute information
complémentaire.
Bien cordialement,
L'équipe de direction"
Comme quoi, il ne fallait pas confondre vitesse et précipitation...
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Brèves de fin de semaine
(30 janvier)
Entendu hier en salle des profs: "Ah, tu es allée chez le coiffeur avant qu'il ferme?" et "Bon, en somme, on est à peu près sûrs de revenir lundi"... C'est dire si tout le monde non pas s'attend à un confinement avec fermeture des lycée, mais attend ce confinement. Alors, bien sûr, nous avons dû être nombreux à être, une nouvelle fois, suspendus aux lèvres du Premier Ministre. Qui n'avait rien à dire.
Bon sang, mais ils nous faire poireauter encore longtemps?
Sinon, je suis en train de terminer le livre de Jean-Claude Kaufmann sur l'inéluctable baisse du désir féminin au sein d'un couple, Pas envie ce soir.
Eclairant (un peu tard...) et réconfortant, dans un certain sens.
(Je vous aurais bien mis aussi une photo d'un autre livre découvert à la médiathèque, et parfait pour s'évader et rêver d'un autre monde, mais Gogole photo, apparemment, ne me permet pas d'accéder tout de suite aux clichés que j'ai pris ce matin... Bah, il n'y aura qu'à éditer ce message demain!)
Et voilà : une histoire abracadabrante et pleine de poésie.
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Rattrapée par l'actualité
(20 janvier)
Je voulais écrire un billet qui, pour une fois, parlerait d'autre chose.
Je vous aurais raconté comment, chaque fois que je vais chez le médecin, je sens que je vieillis. Parce que, d'abord, mon médecin est désormais plus jeune que moi. Et aussi parce qu'elle ne manque jamais de me poser des questions pour vérifier si je ne vais pas faire prochainement une crise cardiaque (est-ce que j'ai des douleurs dans la poitrine? suis-je essoufflée?). Cette fois, elle a prescrit une prise de sang pour vérfier si, étant donné mon grand âge, je ne commencerais pas à faire du diabète ou de cholestérol; ou une NASH (un foie gras, quoi). Et je suis ressortie avec un médicament supplémentaire. Je commence à avoir ma petite pharmacie...

Et c'est le lendemain que la radio m'a ramenée à la pandémie. Ce médicament qui est venu s'ajouter à ma liste, c'est de la vitamine D. Le truc qu'on prescrit aux vieux pour éviter qu'ils se fracturent le col du fémur. Et figurez-vous que les personnes âgées supplémentées en vitamine D (ou qui prennent de l'huile de foie de morue, d'après une étude norvégienne) sont moins sujettes aux formes graves de la Covid.
Je ne sais pas quand je pourrai être vaccinée; mais j'ai avalé ma dose de vitamine ce midi, c'est déjà ça.
(Et aussi, nous avons reçu de nouveaux masques, 100% coton et 100% polypropylène, c'est écrit comme ça sur l'étiquette. 200% de matériau, ça doit protéger de manière efficace!)
Libellés : corona, psyché, santé
Et pendant ce temps-là...
(16 janvier)
Les théâtres et les cinémas sont fermés, ce soir, toutes les personnes résidant sur le sol français sont priées d'aller se coucher avec les poules d'être chez elles à 18 heures, et que fait-on pour nos enfants et pour les enseignants?
Une collègue nous a transmis la réponse (trouvée je ne sais où, malheureusement, pardon pour la référence):
Libellés : corona, humeur