La photo des blogopotes: au secours!
(30 août)
Mis à part "au secours, demain c'est la rentrée", je n'avais pas beaucoup d'idées pour la photo de ce dimanche.
(Oui, je rappelle que les professeurs rentrent la veille des premiers élèves, pas de panique, vos enfants ou petits-enfants n'ont pas à se présenter à l'école avant mardi.)
Et puis, mercredi et jeudi, les proviseuses-adjointes nous ont envoyé nos emplois du temps. Et, en découvrant celui du lycée à côté de l'hôpital, j'ai d'abord pensé: "hein?" en voyant que je vais avoir cours en début d'après-midi le mercredi, et puis, je me suis penchée de plus près sur le lundi et le jeudi, et là, c'est "au secours!", c'est sûr.
Les terminales, puis les terminales, le lundi (c'est le même groupe, soyons clair) et les premières, et encore les premières le jeudi (les mêmes élèves deux heures de suite). J'ai vérifié les emplois du temps des classes, il y a bien des blocs de deux heures d'allemand, et ça va être très compliqué de faire déplacer une heure.
J'ai vérifié ma fiche de voeux, rédigée en juin. J'avais pourtant bien écrit "deux séances par semaine, soit deux fois une heure", parce que deux heures de suite, c'est très long et ça ne sert à rien. Il vaut mieux voir les classes deux fois dans la semaine, en langue, si on espère faire retenir quelques chose à ces adolescent·es. Il y a même eu une vidéo de propagande ministerielle, cet été, qui prétendait que les cours de langue étaient quoridiens. Ce serait bien, parce que c'est une pratique régulière qui permet de progresser. J'irai expliquer ça à la nouvelle adjointe dès que possible, mais j'ai assez peu d'espoir.
(Bon, au pire, de temps en temps, je pourrai toujours profiter de ces deux heures qui se suivent pour passer un film.)
Libellés : école, humeur
Objects in the mirror are nearer than they appear
(121ème anniversaire de la naissance de mon grand-père paternel)
Il y a des années, sans doute la dernière fois que j'ai été au Canada avec mes parents, je me souviens avoir découvert cette mise en garde sur les rétroviseurs extérieurs de la voiture de location. Ce qui, au moins autant que mon expérience de conductrice, m'a permis de répondre à la question posée lors des séries d'entraînement du code de la route, que révise Numérobis: "L'image est plus déformée par le rétroviseur intérieur, réponse A ou les rétroviseurs extérieurs, réponse B?"
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| (Fruits d'un camélia) |
Car mon fils cadet s'est lancé dans le grand projet du permis de conduire, avec l'ambition de décrocher le code d'ici la fin des vacances. Et pour la conduite, je ne sais pas trop comment il va se débrouiller, vu qu'il a absolument tenu à s'inscrire à l'auto-école ici (parce que je pouvais l'accompagner dans la démarche?) alors qu'il passe l'année scolaire à la sous-préfecture.
Quoi qu'il en soit, il travaille le sujet d'arrache-pied, et me fait part des questions qui lui posent ptoblème. Elles m'étonnent parfois aussi, parce qu'il n'y avait rien de ce genre quand j'ai passé mon permis. Pas d'ad-blue ni de système isofix, au siècle dernier. Sur les règles de conduite, même quand elles ont changé, je ne me trompe quasiment jamais. Et puis, la pompe me répète suffisamment "gasoil, carburant pour véhicule diesel" pour que je sache quel type de carburant mettre dans quelle voiture (et non, on ne prend pas systématiquement le moins cher, mais ça, il le savait déjà).
A part le code, Numérobis fait aussi de l'allemand, pour préparer ses concours des école de commerce, et quand je vois ce qu'on exige de ces candidat·es, par rapport à ce qu'on demande à celles et ceux du CAPES d'une part (la traduction est hallucinante!) et au niveau qu'ont les élèves en sortant du bac d'autre part, je me demande qui pond ces sujets abracadabrantesques. En maths, c'est pire, et c'est pour ça qu'il révise aussi comme un forcené. Mais il n'y a qu'en allemand que je peux l'aider; et je crois bien qu'il progresse, heureusement.
Libellés : école, enfants
Trouver la voie
(17 juillet)
Dans l'Education Nationale, nous avons trois messageries.
Vous avez probablement entendu parler de Pr0n0te, que nous utilisions paraît-il pour communiquer avec les élèves à des heures indues, alors qu'en réalité, ce sont elles et eux qui nous envoyaient des messages à minuit moins le quart à propos du cours du lendemain à 8 heures. Une suspension de la messagerie pendant la nuit a été annoncée et certainement mise en place, mais il y a manifestement eu un retour en arrière: les professeurs n'ayant pas paramétré leur compte reçoivent de nouveau des réclamations en plein milieu de la nuit. Ce qui, en me concerne, n'est pas très gênant: je n'ai pas l'application sur mon téléphone, qui de toute façon est généralement éteint la nuit, et par conséquent, je n'ouvre Pr0n0te que quand ça me chante.
A côté de cette plateforme qui permet l'interaction avec les familles comme avec les collègues, nous avons encore une boîte mail académique, par laquelle transitent les messages de l'administration, les mots
gentils du ministre, les convocations et la propagande syndicale. Et puis il y a la messagerie sur i-prof, qui ne sert
à rien que pour les informations de carrière. Elle est si peu fréquentée que chaque message reçu sur i-prof donne lieu à une notification sur la messagerie académique.
Juste après le pot de fin d'année, j'avais sur ma boîte académique un "avertissement i-prof", qui m'a conduite à ouvrir cette messagerie. Dans laquelle j'ai trouvé une notification m'indiquant que le tableau d'avancement à la hors-classe était consultable sur le site de l'académie. Comme ça fait quatre ou cinq ans que je suis promouvable, mais que j'avance à l'ancienneté, je me suis sentie moyennement concernée; et je me suis donc dit que j'allais essayer de consulter la liste des heureux·ses élu·es.
Le site de l'académie, il est aussi bien rangé que mon bureau, avec des icones qui font doublon et des chemins mystérieux pour trouver les informations. Un récent remaniement a rendu les choses encore plus obscures, au point qu'il y a maintenant un outil de recherche pour trouver la bonne application. Sauf que je n'avais pas le nom de cette application, et j'ai donc préféré taper quelque chose comme "promotion hors-classe 2026" dans mon moteur de recherche, ce qui m'a amenée rapidement au fameux tableau. J'y ai trouvé mon nom (ce qui veut dire que, pour la première fois de ma carrière, je n'avance pas à l'ancienneté, mais vraisemblablement au bénéfice de l'âge), ainsi que celui de deux collègues et, chose amusante, les noms des professeurs d'allemand de Numérobis et du P'tit Mousse. Le nombre de professeurs d'allemand promu·es m'a paru proportionnellement fort élévé, et je crois me souvenir qu'il n'y en avait pratiquement pas l'an dernier. C'est à se demander si notre inspecteur n'a pas rendu sa copie en retard en 2025.
Bref, est-ce qu'il n'aurait pas été aussi simple de m'envoyer sur ma boîte académique un lien pour tomber directement sur cette liste, au lieu de me faire faire des tours et des détours? Quelques jours plus tard, pour me communiquer l'arrêté correspondant à cette promotion (qui, salarialement parlant, ne change strictement rien), j'ai reçu un nouveau mail académique avec l'indication du chemin pour trouver le document sur le site. Manifestement un mail collectif, plutôt qu'un message individualisé avec le pdf qui va bien en pièce jointe, mais enfin un cheminement clair pour accéder à l'information, c'est déjà ça.
Libellés : école, service public
On prend les mêmes et on recommence
(8 juillet)
Il était une fois un Numérobis qui se disait depuis janvier qu'il serait bon de redoubler pour avoir une année encore pour progresser et obtenir les meilleurs résultats possibles aux concours.
Il était une fois un P'tit Mousse qui vivotait autour de la moyenne, mais plutôt en dessous, et que le conseil de classe du premier semestre avait averti qu'il risquait gros s'il continuait ainsi et qu'on le laissait passer en terminale. Cet enfant ne voulait pas entendre parler de redoublement.
Il était une fois une maman, qui avait en son temps fait trois ans de classe préparatoire, et puis qui était devenue professeur et voyait des élèves galérer en classe.
(Nous laisserons de côté le papa, qui pourtant n'est pas une donnée minime dans cette histoire.)
Arrive le mois de mai. Numérobis a passé des tas d'écrits, il est même admissible ici ou là, mais il attend que son conseil de classe l'autorise à redoubler. Le P'tit Mousse a tenté le passage en force, personne n'ayant recontacté la famille (malgré les promesses hivernales) pour évoquer sa situation.
Au mois de juin, le conseil de classe du P'tit Mousse se prononce contre le passage en terminale. Pourtant le bulletin, toujours autour de la moyenne, ne comporte que des appréciations certes mitigées, mais plutôt encourageantes. Il faut prendre rendez-vous avec la direction. Et préparer quand même le passage des épreuves.
Il a passé les écrits, nous avons (re)vu la cheffe d'établissement (et croisé mon proviseur dans les couloirs, mais c'est une autre histoire), et il s'est présenté à l'oral de français, pendant que nous profitions d'un court délai de réflexion (avec X, tiens, aussi) avant d'accepter la décision du conseil de classe.
Numérobis, lui, n'avait pas de nouvelles. Mais sa mère, voyant les futurs élèves de classe préparatoire s'inscrire dans le lycée du petit frère, lui a conseillé de se renseigner auprès de ses professeurs. Qui étaient bien d'accord pour qu'il retente sa chance l'an prochain. Il a donc reçu un dossier d'inscription à renvoyer... dans la semaine. Heureusement que nous avons insisté!
Les notes du P'tit Mousse aux épreuves anticipées confirment que la réussite au bac l'an prochain aurait été fort compromise. Lui s'est fait à l'idée de redoubler, mais il faudra l'accompagner dans la mise en route et l'organisation du travail l'an prochain, pour être sûr que la chose soit efficace. Il repart avec les mêmes spécialités, en espérant pouvoir atteindre la moyenne avant d'abandonner (enfin) la physique...
Libellés : école, enfants
C'est l'oral à la plage...
(2 juillet)
Comme annoncé, je me suis rendue hier pour une demie-journée d'interrogation dans un petit lycée pas très loin de la Ville Close. Et heureusement que j'avais regardé le trajet avant (j'utilise très peu mon GPS, qui n'est pas à jour des derniers ronds-points ou sens interdits, ce qui peut être embarrassant en ville), car l'endroit n'est absolument pas indiqué. Je savais que c'était près de l'hôpital et d'un collège qui, eux, bénéficient d'une signalisation correcte. Et j'ai réussi à trouver une place à l'ombre, près du complexe sportif voisin.
Il ne faisait plus trop chaud, et la température dans la salle était tout à fait convenable. Mon collègue spécialiste était fort avenant et sympathique, et, comme je m'y attendais, les questions choisies par les candidats tout à fait abordables par une non-spécialiste, puisqu'ils traitaient tous de quelque chose en rapport avec l'environnement ou l'écologie (ce qui est normal, vu que le "2D" de l'intitulé de leur série renvoie au développement durable). Je ne me suis donc pas ennuyée, et là encore, c'est heureux, parce que j'avais quand même commis la folie de veiller pour regarder le match de foot.
En sortant, j'ai dépassé l'aire de camping-cars pour aller jusqu'à la mer, mais je ne me suis pas promenée sur le sentier côtier ni ne suis descendue tremper mes petits pieds. Un méchant mal de crâne, sans doute lié à la fatigue, commençait en effet à se faire sentir. Je suis donc sagement rentrée chez moi me reposer, afin d'être fraîche et dispose pour la réunion de ce matin.
(Et demain, dernier conseil pédagogique - pour avoir des infos sur les effectifs - et pot de fin d'année, et puis c'est fini pour cette année!)
Libellés : école, régions
Oxymore
(26 juin)
Le Ministère de l'Education Nationale, qui ne recule devant aucune incohérence ni supercherie, a inventé cette année la notion de "visioconférence en présentiel".
J'explique: avant les oraux (et peut-être aussi pour les écrits, mais la réforme du bac m'a privée de copies), il y a une réunion d'harmonisation, pour qu'on se mette bien d'accord sur le fait qu'ils et elles doivent tous avoir de bonnes notes sur ce qui est évalué ou pas et comment. Il y a deux ou trois ans, comme j'étais de grand oral au lycée près de l'hopital, je m'y étais rendue pour cette réunion, on nous avait montré les grilles d'évaluation et nous avions pu faire la connaissance de notre binome, puisque, je le rappelle, le grand oral est évalué par un·e professeur spécialiste et par un·e candide. Il y a donc eu déplacement d'un tas de collègues, venu·es de plus ou moins loin, pour un peu plus d'une heure de présentation.
Cette année, je dois me rendre à Concarneau pour une demie-journée d'évaluation (je suis toujours candide, en filière STI2D*, cette fois), mais la réunion d'entente préalable s'est faite en visioconférence depuis mon lycée. Officiellement, il paraît que c'est pour épargner aux professeurs le coût de l'essence, à un moment où les prix du carburant atteignent des sommets. Et il y a eu des syndicats pour gober le morceau. En réalité, ça permet surtout une grosse économie au ministère, puisque, si nous avions dû nous déplacer, il aurait fallu nous rembourser (au tarif SNCF deuxième classe - mouarf). Et pour les gens qui habitent loin de leur établissement habituel, la visioconférence en présentiel occasionne un déplacement de plus sans contrepartie financière.
Mais pourquoi, me direz-vous, ne pas suivre cette conférence depuis chez nous? Malheureu·ses! C'est que, depuis notre domicile, nous aurions pu simplement ouvrir le lien de connection [oui, j'écris
connection à l'anglaise, je ne comprends pas pourquoi on devrait mettre un X, puisqu'on a un verbe
connecter, et que pour
dicter, on a bien dérivé
diction], et puis vaquer à d'autres occupations pendant que les trois
guignols inspecteur·rices nous débitaient leur baratin. Alors que, en nous convoquant dans notre lycée, on pouvait nous faire émarger et vérifier que nous restions jusqu'au bout...
Alors, si le ministre cherche des économies, j'en ai une à lui suggérer: supprimer ces commissions d'entente. Puisque les animateur·rices de cette réunion avaient préparé un diaporama qu'il·elles nous ont lu, il aurait suffi de nous donner l'accès (depuis chez nous) à cette présentation, puis d'ouvrir une foire aux questions pour les flippé·es qui n'auraient pas tout compris / feraient passer le grand oral pour la première fois / auraient un doute sur la grille d'évaluation ou que sais-je encore.
Il y a un moment où il va falloir arrêter de prendre les professeurs pour des con·nes et de les traiter comme des enfants...
* STI2D : Sciences et Technologies de l'Industrie et du Développement Durable
Libellés : école, humeur
Des mathématiques
(18 juin 2026; pas besoin d'être forte en maths pour savoir que je suis mère depuis 23 ans)
La semaine dernière, France 2 a produit, dans son journal de 20 heures, un sujet sur une énième réforme des retraites, une instance quelconque ayant produit un rapport qui disait que, d'ici 2070, il serait nécessaire de remonter l'âge de départ à 67 ans et 6 mois. Ce que l'infographie avait retranscrit par "67,6". Parce que, c'est bien connu, il n'y a que 10 mois dans une année. Tout était à l'avenant, avec "et quatre mois" qui devenait "-,4", j'en passe et des meilleures. Je me suis fendue d'un petit mail (j'ai eu bien du mal à choisir la catégorie de ma demande) en leur rappelant que 6 mois, c'est juste la moitié d'une année (donc "-,5"), et en leur demandant comment ils auraient fait s'il y avait eu à écrire "et 10 mois". J'attends toujours la réponse.
Deux jours plus tard, j'ai repensé à cette infographie en découvrant (en même temps que Numérobis, mais à environ 1 km à vol d'oiseau) le sujet de maths pour les élèves de première ayant suivi la spécialité. Parce qu'il y avait, dans le questionnaire à choix multiples, une question sur le nombre d'images par seconde d'un film qui durait une minute 40. Est-ce que certain·es élèves auront traduit la chose par 1,40 ou 140, tombant ainsi dans un piège aussi grossier que celui des douzes mois de l'année? Numérobis a fort bien converti cette donnée en 100 secondes, ce qui, avouons-le, est beaucoup plus commode pour calculer sans calculatrice.
Les premières questions de ce QCM m'ont paru d'une simplicité affligeante, avec un (a+b)² = a²+2ab+b² du niveau collège (sans blague, j'ai appris ça en cinquième, moi). Effectivemnt, il vaut mieux que ces choses-là soient des automatismes, pour des élèves qui ont choisi les maths en spécialité.
Ensuite, il y avait des affirmations à justifier. Et là, ce n'est pas le niveau des questions, qui m'a étonnée, mais celui des élèves que je surveillais. Et qui, donc, étaient en théorie des spécialistes.
L'une des affirmations donnait une équation, du type x²+ax-u² (u étant une variable), et il fallait dire si cette équation avait toujours deux solutions.
Dans l'une des premières copies rendues, j'ai lu ceci:
"Faux, car on a deux carrées: x² et -u² or un carré est toujours positif donc il y a une unique solution: x" (orthographe et absence de ponctuation d'origine). Heu? Où est la logique de ce raisonnement? Et si un carré est toujours positif, sa racine, elle, peut être négative (-3)² = 9 (et donc pour x² = 9, on a deux solutions, 3 et -3).
Dans une autre, j'ai vu "Oui, il y aura toujours deux solutions réelles distinctes car il y a du x ainsi que du u." Ben voyons, c'est si simple! (Je rappelle que u est une variable, et que la ou les solutions à trouver sont dissimulées derrière l'inconnue x...)
Une autre copie proposait deux solutions évidentes (dans "2x+2= 4", 1 est une "solution évidente"), ce qui justifiait pour l'élève une réponse positive.
En réalité, il fallait calculer un ∂ (merci de voir ce delta en majuscule), chose que je ne crois pas avoir apprise à faire, mais dont mes enfants m'ont déjà parlé, et si ce ∂ est positif, alors il y a bien deux solutions "quelque soit la valeur de u", comme je l'ai enfin trouvé dans une copie.
Pour le reste, il y avait des probabilités, ce qui ne devait pas être bien méchant pour un·e élève ayant à peu près suivi en cours dans l'année, et un exercice avec des produits scalaires qui n'a pas plu du tout. Le P'tit Mousse, qui avait eu du mal avec ce chapitre cet hiver, pense s'en être sorti correctement tout de même.
Ce qui m'inquiète, après avoir survolé les copies rendues, c'est le niveau des candidat·es qui étaient dans ma salle. Manifestement, une partie de ces élève n'avait pas suffisamment de logique pour suivre l'enseignement de spécialité mathématiques. Que diable sont-ils et elles allé·es faire dans cette galère? Ce choix était-il le choix par défaut d'élèves n'ayant pas envie de lire? L'autre souci est évidemment orthographique. Comment peut-on écrire "quelque soit" au bout de n années de démonstrations mathématiques?
Cette semaine, j'avais encore un sujet de maths, celui des teminales, et là, c'est l'ignorance de la collègue qui surveillait avec moi qui aurait pu leur coûter cher. Il y avait, avec les sujets, un rectificatif, à cause d'une coquille. Il manquait manifestement une espace sur le sujet. La collègue a donc indiqué au tableau qu'il fallait lire "In désigne" au lieu de "Indésigne"; ce qui, pour moi, n'avait aucun sens. J'ai feuilleté le sujet, trouvé l'endroit et corrigé. Ce que des élèves dyslexiques pouvaient tout à fait prendre pour un I (i) majuscule était en fait un l (L minuscule), et ce "in" un "ln" (comme "Hélène") de logarithme néperien. Je n'ai aucune idée de ce que c'est (comme pour le delta de tout à l'heure), mais j'en ai entendu parler, et puis il est sur les touches des calculatrices, mais j'avoue que la police choisie était fort trompeuse.
Libellés : école, humeur, langage
Vous avez dit "vacances"?
(16 juin)
Alors, ce n'est pas parce que je ne fais plus cours que je suis en vacances. Notre proviseur veille au grain, et cette semaine, entre le lycée et le reste, rime plutôt avec:
- conférence (sur la santé mentale des jeunes, lundi)
- surveillance (mardi)
- suppléance, et puis danse (mercredi)
- souffrance (jeudi, "extraction" dentaire)
- deuxième chance (vendredi, pour organiser le redoublement du P'tit Mousse)
Pour samedi, j'hésite entre somnolence et nonchalance; et je n'ai enore rien prévu pour dimanche (bombance est peu vraisemblable, vu mes talents culinaires).
Et sinon, puisque "plein d'essence", ça rime aussi: la preuve que je peux rouler plus de 1000 km avec ma voiture avant de retourner à la pompe (je remets le compteur à zéro après chaque plein).
Bon, il faudra quand même que je trouve deux dizaines de minutes pour parler (bac de) maths et visio en présentiel, parce qu'on ne s'ennuie pas dans l'Educ' Nat', au mois de juin!
Libellés : brève(s), école, humeur
Besserwisserin
(3 juin 2026)
Ce terme allemand, et qui se dirait juste Besserwisser au masculin, désigne une personne qui est fort contente de faire savoir qu'elle est plus savante que les autres. Autant dire qu'il me va plutôt bien.
Derniers exemples en date, mes commentaires du dimanche chez Gilsoub, ou le message envoyé aux collègues d'un des lycée où j'enseigne, parce qu'une partie d'entre eux·elles ne respecte pas l'anonymat des candidat·es au bac et inscrit les prénoms des élèves dans les commentaires du livret destiné au jury de délibération. J'essaie de ne pas être trop cassante ou arrogante, mais je sais que mes remarques peuvent être assez désagréables à recevoir.
La première fois qu'on m'a fait sentir qu'il fallait que j'arrête de faire ma miss Je-sais-tout, ou en tout cas, la première fois dont je me souvienne, c'était au catéchisme. Je voulais sans arrêt répondre, et ça a fini par agacer les dames du caté.
Un deuxième moment très révélateur, c'était à cette époque-ci de l'année, quand notre prof de français lettres d'hypokhâgne nous avait demandé d'écrire un sonnet. Elle nous avait imposé des rimes, ou peut-être même les mots qui devaient se trouver à la fin de quatre vers, et à nous de nous débrouiller avec ça. Trois des rimes imposées étant -oupe, -er et -oile, ou bien deux des mots "poupe" ou "chaloupe" et "voile", en tout cas, le thème marin évident.
Sauf que je suis partie sur tout autre chose, et j'ai composé en octosyllabes, parce que ça m'est venu plus facilement qu'en alexandrins. Ça commençait comme ça:
Tous les joueurs veulent la coupe.
L'un d'eux, le drôle de la troupe,
A mis son maillot à l'envers.
Il est battu par un revers,
Et autour de lui on s'attroupe
???
Et puis il y avait un vers qui disait "Tandis qu'on déroule la toile", parce qu'évidemment, il s'était mis à pleuvoir, et mon sonnet s'appelait "Roland Garros".
C'était rigolo, ça m'avait pris du temps, pour respecter (presque) toutes les règles. Et je n'avais pas eu tort de choisir la métaphore, parce que le poème initial, que la prof nous avait lu, comparait une coupe de champagne à une barque sur l'océan d'une nappe, ou un truc comme ça.
Bref. Un seul autre élève s'était plié à l'exercice, ou avait osé proposer son oeuvre à la lecture. Et paf! je l'avais cassé, parce qu'il avait associé une rime féminine avec une rime masculine (en gros, il avait dû faire rimer "mer" avec "mère", ce qui est interdit en posésie classique, à cause du e qui termine le deuxième mot).
Parfois, je suis impitoyable.
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| (Lui aussi; il a encore cuisiné un mulot, hier.) |
Libellés : école, psyché
Ça commence mal...
(7 mai 2026)
Un collègue a laissé traîner cette pochette en salle des profs.
Même pas capable de recopier sans faute...
(Et c'est bien gentil, Monsieur le ministre, d'annoncer qu'à partir de dorénavant, on va sanctionner l'orthographe indigente; mais comme ça fait des lustres qu'on ne l'a pas fait, les élèves n'ont pas [tou·tes] fait l'effort d'apprendre, et ce n'est pas en 6 mois qu'ils et elles vont y arriver. Une réforme, il faut la mener du bas vers le haut, pas en partant de la Terminale.)
Libellés : brève(s), école
De rendez-vous en rendez-vous
(11 février)
La semaine dernière, j'ai enchaîné les réunions parents-professeurs en tant que maman, pour m'entendre dire que mon P'tit Mousse ne travaille pas assez, mais qu'il y a encore un espoir qu'il ne redouble pas, s'il met un bon coup de collier. Et moult allusions à un potentiel état dépressif. L'idée n'étant pas complètement dépourvue de fondement, j'essaie de convaincre cet enfant d'aller causer à quelqu'un. Ca n'a sûrement pas été facile à vivre, de subir successivement le confinement, le divorce de ses parents, les problèmes de santé paternels et d'endurer la garde partagée.
Le chef d'établissement en a remis une couche le vendredi: si le P'tit Mousse ne redresse pas la barre, il coule (métaphore filée).
Au milieu de ces audiences, j'ai joué à la gentille prof qui téléphone à une maman inquiète pour son fils. Ce gamin a de grandes difficultés, mais il est gentil et plein de bonne volonté. Heureusement pour lui, dans six mois, il sera libéré de la corvée de LV B, puisqu'il est en terminale.
Et puis j'ai accueilli les parents et potentiel·les élèves qui venaient visiter le lycée près de l'hôpital. C'est-à-dire que j'ai fait le pied de grue pendant des heures pour n'accompagner que trois familles vers les lieux qui les intéressaient, les autres préférant se débrouiller avec le plan remis par un chef de travaux. Le seul bénéfice que j'en ai tiré a été de pouvoir annoncer à la proviseure (qui savait qui j'était, elle*) que j'aimerais bien continuer à effectuer là-bas mon complément de service, l'an prochain.
Après les vacances, je remets ça dans l'autre lycée, mais avec une salle attitrée pour me présenter et présenter les travaux des élèves.
Alors, quand j'ai découvert un message intitulé "enseignement allemand" sur la messagerie Pr0n0te, je n'étais pas très bien disposée. Et franchement, le papa qui me dit qu'il ne comprend pas, ses fistons adorés avaient de très bonnes notes, au collège, et ils participent à des échanges et gardent contact avec leurs amis allemands, mais là, depuis qu'ils sont au lycée, "leurs intérêts" pour la langue s'émoussent, et les notes aussi, surtout pour celui qui est en première; est-ce qu'on pourrait se voir pour en discuter? Ce papa m'a énervée.
Je n'ai pas répondu tout de suite. J'ai été vérifier les bulletins de Fiston N°1. Depuis qu'il est au lycée, j'ai écrit 4 fois (à chaque trimestre, donc), que ce jeune homme ne travaille pas, ou pas assez. Il y a pratiquement toujours une remarque négative sur l'attitude aussi, parce que ce gamin passe au moins un quart de l'heure de cours retourné. Er donc, c'est curieux, mais ses notes ne sont pas follichonnes; au dernier devoir (le papa a-t-il demandé à voir la copie avant de m'écrire?) il n'a pas été capable de formuler une seule phrase en allemand. Quand à N°2, je suis ravie d'apprendre qu'il a de l'intérêt pour la langue que j'enseigne; il n'a jamais levé la main pour participer au cours, même au début de l'année.
Le papa a donc reçu une réponse un peu sèche l'invitant à relire les bulletins de son génial fils aîné, et dans laquelle je l'assurais aussi que N°2 était un bon élément mais devrait participer davantage. Et bien sûr, je restais disponible pour un rendez-vous. Pas la peine, a dit le paternel un peu vexé. Ou bien il m'a prise pour une vieille sotte qui ne veut pas se remettre en question.
* Je rappelle qu'à la fin de l'année dernière,le proviseur du lycée du bas de la côte, au pot de fin d'année, ne savait pas qui j'étais...
Libellés : école, enfants
Photo des blogopotes: origami
(1er février 2026)
Quand j'ai vu cet intitulé, j'ai d'abord pensé que ça allait être compliqué. Certes, à une époque, j'ai su réaliser une grue en pliant du papier, mais j'ai oublié depuis comment on fait. En février 2016 (vous pouvez chercher dans les archives), j'ai emmené le P'tit Mousse pratiquer l'art japonais du pliage à la médiathèque, et nous avions fait un casque de samouraï chacun; mais depuis lors, ils ont disparu.
Et puis, je me suis souvenue qu'il a toujours des élèves qui offrent à leur professeur (de français ou de philosophie) des pliages représentant un animal ou une fleur, et que ces cadeaux restent souvent dans les salles de classe. Et, bingo! je suis en mesure de vous proposer ces charmantes perruches (ou sont-ce des perroquets?) aux couleurs des feuilles de brouillon:
Comme quoi, cela à parfois du bon de passer d'une salle à une autre au cours de la semaine.
Libellés : école, loisirs
Tête en l'air
(23 janvier)
Nous avons, au lycée, une collègue qu'on décrivait il y a quelques années comme "un peu perchée". Aujourd'hui, on dit carrément qu'elle est folle. En tout cas, une chose est certaine, elle ne comprend rien.
Dernier exemple en date: un collègue envoie un message pour annoncer une sortie avec un groupe de spécialité. Son intention est juste de prévenir de l'absence de certains élèves. Aucune demande pour trouver des accompagnateur·rices. Et la collègue de répondre "aucun problème, si mes élèves sont d'accord pour déplacer le cours, tu peux compter sur moi".
Déjà, elle n'a pas compris le sens du message. Ensuite, elle se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'au coude en pensant que l'administration va l'autoriser à déplacer deux heures de cours pour aller au cinéma avec des élèves qu'elle ne connaît pas.
Et c'est comme ça tout le temps. Elle répond à côté de la plaque, ou elle envoie des messages à demi-compréhensibles à des gens qui, de guerre lasse, ne lui répondent plus. Elle-même prétend avoir donné une réponse à une question urgente alors que ce n'est pas encore fait (ce jour-là, la collègue qui attendait une réponse l'a eue par mail environ dix minutes après s'être fait dire "mais si, je viens de t'envoyer un message" par la collègue perchée).
Evidemment, avec les élèves ça ne peut pas être mieux. C'est elle dont j'avais déjà parlé une fois, me semble-t-il, et qui avait donné un sujet sans le relire, avec des questions portant sur des graphiques absents des annexes. Mais jamais elle n'aurait admis avoir fait une erreur.
Elle s'immisce dans les conversations à grand renforts de "non mais vous vous rendez compte?", monopolise la parole pour dire tout et son contraire. On ne peut pas suivre le fil de sa pensée, il n'y en a d'ailleurs peut-être pas. Alors la plupart des collègues ne lui répondent plus et font leur possible pour l'éviter, et les échanges sont réduits au strict minimum.
C'est un peu triste, comme situation. L'autre jour, j'ai mangé dans la même pièce qu'elle, mais sans un mot dans un sens ni dans l'autre (elle a fini par comprendre que je faisais partie des gens qui n'aiment pas sa conversation). Si la mise à l'écart est une forme de harcèlement, alors on peut dire que cette collègue est harcelée. Mais elle est insupportable, et ne s'en rend pas compte.
Moi, j'ai un peu plus les pieds sur terre. Et les yeux souvent au sol: en dehors des élastiques à cheveux, la chose que je ramasse le plus, ce sont les chiffonettes pour lunettes.
Libellés : école, humeur
Curieux effet
(14 janvier)
Vraiment, je n'ai rien à raconter.
Sauf cette anecdote, peut-être?
J'ai une heure de cours fort mal placée, de 11 h 30 à midi et demie, avec une classe désagréable (les élèves sont tout aussi peu agréables pendant l'autre heure de la semaine, qui est un peu mieux située).
Voilà que deux minutes après midi pile, l'alarme incendie se déclenche. La pause bienvenue en milieu d'heure! J'étais presque aussi contente que les élèves.
Néanmoins, ce qui m'a étonnée, c'est la réaction de l'un d'eux: "On va avoir des frites!"
Nous sommes descendu·es, resté·es bien trop peu longtemps à mon goût dans la cour avant de remonter; et j'ai terminé le cours.
En sortant, j'ai constaté que la déduction / prédiction de cet élève était correcte: ça sentait les frites.
Probablement qu'un détecteur de fumée un peu sensible réagit au dégagement de vapeur engendré par la friture. Et donc, "alarme à midi, frites au menu"...
Libellés : école
Une histoire de thermostat
(7 janvier)
La France grelotte, le pays est paralysé par la neige.
Ah bon? Pas le moindre petit flocon par ici. Du verglas, un tout petit peu, mais franchement, ça ne valait pas la peine de suspendre les transports scolaires pour autant. Ou alors, au cas par cas, certains endroits ayant été plus touchés que mon coin à moi.
Surtout, la présence d'élèves en plus grand nombre (il en manquait un tiers, lundi et hier) aurait permis, grâce à la chaleur humaine, de réchauffer plus rapidement les bâtiments. Car dans les deux lycées que je fréquente, (presque) tout le monde a eu froid, en ces deux premiers jours de classe. Parce que, bien sûr, les établissements n'ont pas été chauffés pendant les vacances, que ce sont, malgré des travaux plus ou moins récents, de relatives passoires thermiques, et qu'il faisait donc entre 10 et 15 degrés dans les salles de cours.
Cela ne m'a pas vraiment dérangée. J'avais un bon pull, et puis, chez moi, il ne fait pas bien chaud non plus. J'ai beau régler la chaudière pour avoir une température ambiante de 20°, il ne fait que 15 à 16, dans mon salon. Et je ne vous parle pas de la chambre. Quand j'ai loué, l'agente immoblière m'a affirmé que les propriétaires ne chauffaient jamais l'extension où je dors, le radiateur du salon suffisant à assurer une température convenable dans cette pièce. L'aspect (brûlé) du convecteur électrique démentait absolument cette affirmation, et, de fait, si je ne chauffe pas, la température peut descendre à 10°, pendant la nuit, dans ma chambre.
Et vous savez quoi? Ca ne me dérange pas forcément. Hier soir, j'ai réchauffé un peu avant de me coucher. Et puis j'ai pris ma bouillote (la vraie) et Gribouille s'est installé à mes pieds. Nantie de ça et sous ma couette en polaire, avec une chemise de nuit en polaire aussi, j'ai bien dormi. J'ai même eu un peu chaud, à un moment (les hormones, sans doute); en tout cas, j'ai enlevé les chaussettes avec lesquelles je m'étais endormie. Il y a des nuits où j'ai froid, et je redoute un peu les nuits à venir, qui s'annoncent venteuses, mais je trouve toujours un moyen de me réchauffer.
Quand j'étais encore mariée, cela étonnait toujours ma belle-mère quand elle me voyait descendre au petit déjeuner, l'hiver, sans avoir encore enfilé mon pull. (Il était parfois sur mes épaules, tout de même.) Mais c'est que sa maison à elle était, de mon point de vue, surchauffée, avec plus de 20 degrés dans la cuisine. C'est tellement plus facile de s'adapter à un froid raisonnable qu'à la chaleur!
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La photo du dimanche (52)
(28 décembre 2025)
Le thème de cette dernière photo de l'année est "sapin". Parce que ça sent indubitablement le sapin pour 2025.
Evidemment, en cette époque hivernale, on pense surtout à ce type de sapin:
Enfin, objectivement, à un arbre un peu moins dépressif que celui-là, et dans un décor un peu plus chaleureux que le hall d'un lycée. Parce que ce machin en plastique, là, avec ses deux guirlandes et ses quelques boules, il donne surtout envie de partir en courant, non?
Quand mes enfants étaient petits, une année, la municipalité avait payé un très bel arbre en pot aux écoles publiques (maternelle et élémentaire) pour que les enfants le décorent. Ce sapin avait ensuite été planté entre les deux écoles, où il a grandi pendant une dizaine d'années, et même reçu encore quelquefois des décorations de Noël. Mais j'ai été très étonnée, à l'automne dernier, de découvrir que le conifère avait été abattu et remplacé par ça:
(Je précise qu'il y a déjà un terrain de jeu sur la droite, et que ce nouvel espace le prolonge.)
Peut-être que l'arbre était devenu trop grand, et que quelqu'un craignait sa chute sur la chaussée.
Car un sapin, ça peut pousser très haut, comme le prouve le spécimen du jardin de mon père:
Si un jour le vent s'en prend à cet arbre, il risque de faire des dégâts. Aussi des personnes plus ou moins qualifiées proposent-elles régulièrement à mon paternel d'étêter ce sapin. Ce que mon père refuse systématiquement.
Et pour finir, encore des conifères pas coupés, et qui filtrent le soleil descendant à l'heure du goûter:
(Oui, c'est beau, par chez moi...)
Libellés : école, régions
Défi de l'avent: bonheur
(19 décembre)
Hier soir, je me demandais si j'allais réciter "Le bonheur est dans le pré, cours-y vite..." ou bien mettre un lien vers cette chanson.
Et puis cet après-midi, je suis restée au lycée pour aider les collègues à remettre leurs diplômes (de bac) aux ancien·nes élèves, et je me suis dit que c'était ça, le bonheur. Des sourires sur tous les visages. Le bac, ils et elles l'ont depuis pratiquement six mois, mais ce qui les rendait heureu·ses, c'était de se revoir (et de nous revoir aussi, un peu). Et nous étions content·es de savoir ce qu'ils et elles devenaient.
Libellés : école
Questionnement
(28 novembre)
Parfois, mon Papa pose des questions pertinentes.
Il m'a dernièrement demandé si je ne m'ennuyais pas dans mon métier. Parce que, enseigner l'allemand à des élèves qui n'ont rien demandé et préfèreraient faire autre chose*, ce n'est pas très gratifiant, avec les qualifications que j'ai.
J'avoue qu'il y a eu un blanc dans la conversation.
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| (Lundi matin, 7 h 50) |
Ce n'est pas vraiment que je m'ennuie. Il y a des élèves sympathiques avec lesquel·les on peut plaisanter (ah, les jumelles qui se disputaient façon "scène de ménage" à propos d'une gomme...), et puis il y a les casse-pieds qu'il faut sans arrêt rappeler à l'ordre.
Mais, de fait, je ne vois plus vraiment le sens de ce que je fais. Transmettre un savoir? La plupart des élèves n'apprennent rien, ni leçon, ni vocabulaire; au mieux, ils et elles retiendront une anecdote. D'autres, heureusement, sont curieu·ses et cherchent à comprendre et à avancer dans leur pratique de la langue; mais ils et elles sont minoritaires.
Si ce métier était vraiment gratifiant, tant sur le plan personnel que sur le plan financier, le Ministère n'aurait pas eu besoin de repousser par deux fois le délai d'inscription aux concours. Ils et elles ne se posent pas de questions, là-haut, sur l'absence de candidat·es?
Alors, faire autre chose? Oui, bien sûr, je parle plutôt bien anglais, je suis bilingue en allemand et j'ai des notions de russe et de néerlandais. Mais à l'heure où l'intelligence artificielle devient chaque jour meilleure en traduction, à quoi cela peut-il bien servir? A relire le plan de paix proposé par les Russes et paraît-il mal traduit en américain? A vérifier les étiquettes des produits vendus en supermarché ? ("Turquie épicé du sein wrap", sur un truc acheté par ma soeur du Canada, vaut son pesant de cacahuètes d'arachides.)
Pour le moment, ce dont j'ai envie, c'est de partir en randonnée. Enfin, peut-être pas tout de suite, la météo n'étant pas très favorable. Ou alors, ailleurs, là ou il fait beau. Randonner aux Canaries ou au Cap Vert, explorer la Sicile ou les îles grecques. Partir aux Pays-Bas pour pratiquer un peu cette langue que la chouette verte prétend m'apprendre. Aller voir l'éclipse de soleil en Islande, cet été. Retourner à Vienne et à Berlin, découvrir Leipzig et Salzbourg. Faire le tour des marchés de Noël et rapporter encore de nouvelles tasses (il paraît que c'est du vol; je suis donc coupable de vol et de recel).
* Le P'tit Mousse, mercredi soir, m'a demandé s'il pouvait limiter sa consommation d'école. Il y passe trop de temps et ne voudrait pas devenir accro. Est-ce qu'on peut résilier son abonnement, pour qu'il ait plus de temps pour autre chose?
Libellés : école, psyché
Anticiper
(6 novembre)
Cette année, j'ai une assistante.
C'est-à-dire qu'une jeune fille plus jeune que le Pirate est venue du fin fond de l'Allemagne (à la frontière polono-tchèque) pour faire découvrir sa culture à mes élèves.
Au départ, la demande émanait d'écoles primaires, qui avaient besoin d'un établissment secondaire pour obtenir une assistante; elles (les deux directrices) se sont adressées à mon chef d'établissement, qui m'a demandé si j'étais intéressée, j'ai dit oui sans trop réfléchir, et nous avons monté le dossier.
C'est très chouette, d'avoir quelqu'un dont la langue maternelle est l'allemand et qui peut prendre en charge une partie de mes élèves. Mais c'est aussi un peu compliqué à organiser, parce que je n'ai que 4 groupes, et que l'assistante doit travailler 6 heures au lycée.
Evidemment, je l'exploite à fond avec les secondes. Et je n'ai plus aussi souvent 36 élèves en face de moi. Ce qui finit par devenir un problème, parce qu'il faut bien aussi que je les évalue, et que je ne peux le faire que quand ils sont tous là.
Et puis, il faut que je prévoie beaucoup plus précisément ce que je vais faire en cours, pour que l'assistante puisse exploiter plus ou moins le même thème avec les élèves dont elle a la charge, et qu'elle ait le temps de préparer ses documents. Je ne peux plus décider le dimanche après-midi de ce que je ferai le lundi, comme cela m'arrivait assez souvent. (Entendons-nous bien: je savais en gros où je voulais aller, mais je n'avais pas choisi le texte ou le document audio que j'allais utiliser en cours.)
Bon, je ne suis pas sûre que cela suffise à me faire devenir une prof modèle qui prévoit et planifie ses séquences à la demie-heure près des semaines à l'avance, mais enfin c'est tout de même une bonne expérience. J'espère que l'assistante tire aussi profit de cette collaboration.
Mon avance d'hier matin, où j'avais rendez-vous à la banque, m'a permis de flâner un peu dans les rues encore presque désertes de la préfecture, et même de découvrir un endroit que je ne connaissais pas encore, bien que je sois passée souvent juste à côté.
(J'ai eu la flemme de redresser les photos, et il faudra que je m'interroge, un jour, sur cette propension à prendre des clichés de travers...)
Libellés : école, régions
Encore un truc bien pensé
(21 octobre)
Ce n'est pas parce que je suis en vacances que je n'ouvre pas ma boîte mail professionnelle. Et qu'y découvris-je ce jour? Un message disant "vous allez participer à la formation machin-truc..." Quoi? Mais je n'ai pas demandé ce stage! Ah, c'est une formation sur les nouveaux programmes de langues vivantes, le genre de truc automatique quand on dépoussière les directives ministérielles.
Elle aura lieu le 1er décembre, et je suis priée, avant d'y aller, de lire lesdits nouveaux programmes.
Mais quel sens de l'organisation et des responsabilités!
Les nouveaux programmes s'appliquent depuis le mois de septembre, pour la seconde (et la sixième, parce que, tant qu'à faire, le stage va concerner les enseignant·es de collège et de lycée en même temps). Et donc, vous imaginez bien que j'ai déjà jeté un oeil à ces fameuses directives. Il serait bien temps de nous les expliquer, trois mois après la rentrée!
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| ("Il m'a donné une chaussette, et maintenant, je suis libre." | Vous avez la ref?) |
Et puis, est-ce bien judicieux de déplacer je ne sais combien de collègues au même endroit, le premier jour de décembre, alors même que la période des conseils de classe sera lancée et que donc, il nous faudra être dans nos établissements dès la fin des cours (et certainement avant l'heure à laquelle cette formation se terminera)?
Libellés : école, service public