Encore une journaliste malhonnête
(23 octobre 2026, j'ai quarante-treize ans)
L'autre jour, ne me demandez pas quand, mais c'était pendant les blocus de lycées, le ministre de l'Education était interviewé par une dame, sur une chaîne privée, qui a encore remis le sujet des vacances sur le tapis, parce que c'est bien connu, les petit·es élèves français·es, et surtout leurs feignasses de profs, ont trop de congés.
Et donc, la madame de dire qu'elle, quand elle était petite (et elle a précisé qu'elle était née en 1980), elle n'avait qu'une semaine de vacances à la Toussaint, par exemple. Dans ma tête, elle avait tort parce que je me souvenais de 10 jours (et je suis sûre qu'en 1989, année où je me suis fait opérer du genou pour mon anniversaire, mes camarades ont été en cours deux jours de plus que moi, soit jusqu'au mardi soir). Mais j'étais prête à lui donner raison tout de même, parce que j'étais certaine d'une chose: quand elle était petite, j'étais un peu plus grande, et l'école ne commençait jamais le 1er septembre. La semaine de vacances que nous avons maintenant en plus en automne, elle était autrefois au mois de septembre.
J'ai été vérifier, ici pour ma rentrée en sixième, avec des congés d'hiver de seulement dix jours (elle n'en a pas parlé, la madame, de ses longues vacances au ski, elle trouvait juste que la première zone avait une prériode de cours trop courte après Noël, remarque tout à fait pertinente) et un départ en vacances d'été dès la fin juin, et là pour mon année de terminale, pendant une première tentative de réduction à deux zones du calendrier scolaire. En cherchant, je suis aussi tombée sur des rentrées le 25 septembre dans les académies viticoles, du temps où j'étais à l'école primaire.
Il ne faut donc pas essayer de me faire croire, à moi, que j'ai aujourd'hui plus de congés que quand j'étais élève. C'est un mensonge. Les vacances sont placées différemment, parce qu'on a essayé d'adopter un rythme 7 / 2 (sept semaines de cours, 2 semaines de congé) paraît-il idéal (ou bien c'était 5 / 2 ?), mais le nombre total de jours sans classe doit être équivalent.
Libellés : école, humeur
Un petit air de Covid...
(15 octobre)
Non, je ne suis pas malade.
C'est juste que l'un de mes lycées est (re)passé en cours à distance, après une tentative de retour en présentiel (peut-être un billet sur les alea dus au mouvement lycéen pendant les vacances, il y a tant à dire...), et que cela suscite, chez les professeurs, des réactions variées. On a entendu des "bonnes vacances!", mardi, mais aussi des "oh non, moi je ne supporte pas le distanciel"... En ce qui me concerne, j'ai le Q entre deux chaises, puisque le lycée de la rive gauche, lui, n'est aucunement affecté par le mouvement et que, cet après-midi, je vais voir des élèves en chair et en os.
A l'annonce du premier épisode de "télé-enseignement" (c'est le terme officiel), une collègue faisait part de son désarroi. Car, disait-elle, si on donne des exercices à faire, il va falloir les corriger, après. Que nenni, lui avons-nous répondu: tu envoies la correction un peu plus tard, et puis c'est tout. Soit les élèves ont fait le travail, et ils·elles consultent le corrigé; soit (et c'est souvent le cas) ils·elles n'ont rien fait, et ils·elles ne regardent pas ce corrigé; mais dans tous les cas, le·la professeur·e qui a donné des exercices n'est pas complètement démoralisé, au retour, quand il·elle constate, en faisant la correction en cours, qu'à peine la moitié des élèves a fait le travail.
Au retour, nous partagions ce que nous avions fait pendant que les élèves étaient censé·es plancher sur leurs devoirs: bricolage, lessive, jardinage (il faisait encore beau). Ce qui ne veut pas dire que nous n'avions pas travaillé, puisqu'il avait bien fallu rédiger un peu les cours, et mettre en forme une correction qui, en ce qui me concerne, n'existe d'habitude qu'à l'état de notes très succintes. Aujourd'hui encore, je dois préparer ce que je mettrai en ligne demain dès l'aube*, pour les élèves qui auraient eu cours à 8 heures trouvent de quoi s'occuper un peu.
L'annonce du deuxième passage en distanciel, un vendredi à midi, a provoqué des réactions un peu plus enthousiastes.
Le collègue qui avait crevé (à vélo) et qui attendait que sa femme arrive avec une voiture pour rentrer et revenir avec l'autre voiture: - C'est pas sûr qu'avec les embouteillages, je sois à l'heure au lycée, cet après-midi.
- Mais tu reviens pas, on passe en distanciel.
- C'est sûr? Ah mais c'est génial, ça m'arrange!
La collègue qui a deux enfants en bas âge: - Ça veut dire que j'ai une demie-journée sans cours et sans enfants? Et si j'en profitais pour aller au cinéma, cet après-midi? Voir autre chose que la Patte Pas Trouille, je veux dire... Ah ben oui, mais si je veux être sortie pour la fin de l'école, ça le fait pas.
- Et ben moi, je vais lire un peu, je crois.
- Oh oui, un livre! Merci de me rappeler qu'il y a autre chose que les écrans, dans la vie. Un livre! Pour une fois que je vais pouvoir lire sans être interrompue toutes les deux minutes...
* ou peut-être plutôt ce soir, car il s'est avéré pendant que je rédigeais cet article que le lycée du P'tit Mousse a finalement renoncé aux cours en présentiel. Et si lui et moi sommes en distanciel demain, personne n'a besoin de se lever avant le soleil...
Libellés : école, humeur
Arrêté préfectoral
(6 octobre 2026)
De ma carrière, c'est au moins la troisième fois que je suis dispensée d'aller en cours par décision du préfet. Les fois précédentes, c'était à cause des intempéries, et je l'avais su par la radio, ou en arrivant sur place (ah bravo!). Aujourd'hui, j'ai été prévenue par mail, et c'est la faute des élèves, ceux et celles qui manifestent pour réclamer des trucs que nous autres professeurs n'obtenons pas. Et, plus que celle des lycéen·nes, c'est la faute des casseurs qui s'infiltrent et démolissent le mobilier urbain.
La nouveauté, dans cette décision, c'est qu'elle s'accompagne (et je suppose que cela vient plutôt du Ministère de l'Education Nationale) d'une obligation de passer au distanciel pour les cours. Un héritage du COVID... Résultat: j'ai balancé des instruction sur Pr0n0te, avec une fiche de grammaire qui sert pour trois classes et des corrections de devoir à lire, et puis un exercice à faire en ligne; et à l'heure actuelle, alors que je ne suis même pas censée avoir commencé mes cours, je n'ai déjà plus rien à faire. C'est Gribouille qui est content!

Les élèves, eux, le sont un peu moins. Il y en a qui ne vont pas chercher à se connecter, c'est évident. Et puis il y a celles et ceux qui vont aller à la manifestation, avec, je l'espère, des adultes autour pour encadrer. Mais d'après mon espion du lycée du centre-ville, certain·es, agacé·es par la décision de fermeture des lycées, voulaient se lancer dans un blocus de la préfecture. Les pauvres ne se doutent pas que ça ne servirait pas à grand chose, puisqu'il ne s'y passe pratiquement plus rien. Tout au plus bloqueraient-ils et elles la circulation des bus; ce qui serait déjà pas mal.
Bref, j'attends tranquillement ce soir, pour savoir comment les choses vont tourner et s'il sera possible de retourner travailler normalement. Comme j'ai fait grève mardi dernier, il y a des élèves que je n'ai pas vu·es depuis pratiquement 10 jours, déjà.
Libellés : école, humeur
Ça chauffe (ou pas)
(2 octobre 2026)
Alors oui, les élèves manifestent et bloquent les lycées de la Préfecture. Il paraît que certains établissements privés sont même fermés, aujourd'hui. Ce qui n'a pas empêché une manifestation juste devant le plus gros d'entre eux, puisque l'arrêt de bus est hors service.
En ce qui me concerne, j'étais mercredi dans un établissement où tout se passait bien, tandis qu'un autre était bloqué. Et jeudi, j'ai fait cours normalement dans ce deuxième lycée, alors que le blocus était complet dans l'autre. Jusqu'à ce jour, donc, je n'avais rien vu, mise à part la photo enfumée de l'accès au lycée de Numérobis, à la sous-préfecture.
Mais les élèves avaient annoncé un nouveau blocage pour ce matin, et, de fait, il a fallu négocier un petit chouia (mais nettement moins que des collègues arrivé·es un peu plus tard) pour rentrer. Et une fois à l'intérieur, en dehors de deux élèves présent·es à 8 heures, je n'ai vu que des adultes.
Les élèves tenaient le portail dans une ambiance musicale assez bon enfant, et laissaient tout de même passer les livraisons. On a essayé de les convaincre de rentrer, par roulement, manger à la cantine, afin d'éviter un monstrueux gaspillage alimentaire. Mais certains avaient prévu du ravitaillement (du vrai bon pain, entre autres).
Pendant ce temps, ça chauffait, paraît-il, devant le lycée du bas de la côte. Et du côté du P'tit Mousse, les cours avaient lieu normalement (c'est en sortant qu'il a vu les dégâts, et à l'heure actuelle, il cherche où prendre un bus pour rentrer).
Affaire à suivre, puisqu'il paraît que certains ambitionnent de faire durer le mouvement jusqu'aux vacances (mais attention, la semaine prochaine, il pourrait pleuvoir, et ce sera nettement moins rigolo de rester dehors à ne rien faire).
Libellés : école, service public
Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable
(17 septembre)
Heureusement, quand je n'ai pas d'inspiration, la salle des profs et ses anecdotes viennent à mon secours.
Aujourd'hui, une collègue de français est arrivée en soupirant devant la bêtise effarante de cet élève (de seconde professionnelle) qui lui a soutenu mordicus qu'on disait "une reproche, parce que ça se termine par un e".
Elle était trop estomaquée pour lui répondre "ah bon, et on dit 'une homme', aussi?".
Et puisqu'on est dans les bons mots, le P'tit Mousse, découvrant au goûter à quel point l'image sur un paquet de gâteaux peut être trompeuse:
"Ah ben il y en a qui n'ont pas beaucoup été à la plage, cet été!"
(Et sinon, le lavabo est complètement bouché, et le siphon trop compliqué à atteindre sans démonter cette cochonnerie de colonne; je gratte les joints et je vous raconterai - peut-être - la suite. C'est Gribouille qui est embêté, parce que ce lavabo est son abreuvoir.)
Libellés : brève(s), école, enfants
Un objet pour les blogopotes
(13 septembre)
Le sujet du jour est "objet", ce qui mériterait une petite explication linguistique. Mais je ne suis pas sûre d'avoir une problématique et un plan convenable pour traiter ce thème avec des mots, donc je vais me contenter d'une suite de photos sans autre logique que: "objets vus cette semaine au lycée".
En commençant par ce dévidoir à bande adhésive, mais dépourvu du rouleau qui va bien. Objet disponible en salle des professeurs, et tout à fait symbolique de l'Education Nationale: il y a une bonne intention (la mise à disposition d'un outil) mais pas de moyens (où est le scotch?) et aucune confiance dans les utilisateur·rices (l'objet a été choisi pour son encombrement empêchant d'en faire discrètement un "emprunt définitif", et par ailleurs étiqueté pour dissuader tout·e voleur·se potentiel·e). On notera l'ironie (involontaire?) de l'étiquette apposée sur le carton de matériel.
Le deuxième objet est un câble, manifestement bien usagé, que le technicien qui l'a remplacé a oublié sur le bureau d'une salle de classe. Car tout n'est plus si pourri que ça
au Royaume du Danemark et les "tours" des ordinateurs (en tout cas, de certains d'entre eux) ont été remplacées par du matériel un peu plus neuf. Bon, du coup, les vidéoprojecteurs n'étaient plus reliés aux PC, et il a fallu que je bricole un peu (dans trois salles, quand même!) pour arriver à montrer ce que je voulais aux élèves; mais je m'en suis sortie, après avoir retrouvé sur un bout de papier cette note fort utile: "windows P".
Et puisqu'on dit "jamais deux sans trois", voici un dernier objet, quelque peu insolite. Je ne sais pas trop qui a laissé là cette minerve de voyage. Je me demande combien de temps elle va rester sous le bureau. Le ou la collègue s'en sert-il·elle pour faire la sieste entre deux heures de cours?
Libellés : école
La photo des blogopotes: au secours!
(30 août)
Mis à part "au secours, demain c'est la rentrée", je n'avais pas beaucoup d'idées pour la photo de ce dimanche.
(Oui, je rappelle que les professeurs rentrent la veille des premiers élèves, pas de panique, vos enfants ou petits-enfants n'ont pas à se présenter à l'école avant mardi.)
Et puis, mercredi et jeudi, les proviseuses-adjointes nous ont envoyé nos emplois du temps. Et, en découvrant celui du lycée à côté de l'hôpital, j'ai d'abord pensé: "hein?" en voyant que je vais avoir cours en début d'après-midi le mercredi, et puis, je me suis penchée de plus près sur le lundi et le jeudi, et là, c'est "au secours!", c'est sûr.
Les terminales, puis les terminales, le lundi (c'est le même groupe, soyons clair) et les premières, et encore les premières le jeudi (les mêmes élèves deux heures de suite). J'ai vérifié les emplois du temps des classes, il y a bien des blocs de deux heures d'allemand, et ça va être très compliqué de faire déplacer une heure.
J'ai vérifié ma fiche de voeux, rédigée en juin. J'avais pourtant bien écrit "deux séances par semaine, soit deux fois une heure", parce que deux heures de suite, c'est très long et ça ne sert à rien. Il vaut mieux voir les classes deux fois dans la semaine, en langue, si on espère faire retenir quelques chose à ces adolescent·es. Il y a même eu une vidéo de propagande ministerielle, cet été, qui prétendait que les cours de langue étaient quoridiens. Ce serait bien, parce que c'est une pratique régulière qui permet de progresser. J'irai expliquer ça à la nouvelle adjointe dès que possible, mais j'ai assez peu d'espoir.
(Bon, au pire, de temps en temps, je pourrai toujours profiter de ces deux heures qui se suivent pour passer un film.)
Libellés : école, humeur
Objects in the mirror are nearer than they appear
(121ème anniversaire de la naissance de mon grand-père paternel)
Il y a des années, sans doute la dernière fois que j'ai été au Canada avec mes parents, je me souviens avoir découvert cette mise en garde sur les rétroviseurs extérieurs de la voiture de location. Ce qui, au moins autant que mon expérience de conductrice, m'a permis de répondre à la question posée lors des séries d'entraînement du code de la route, que révise Numérobis: "L'image est plus déformée par le rétroviseur intérieur, réponse A ou les rétroviseurs extérieurs, réponse B?"
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| (Fruits d'un camélia) |
Car mon fils cadet s'est lancé dans le grand projet du permis de conduire, avec l'ambition de décrocher le code d'ici la fin des vacances. Et pour la conduite, je ne sais pas trop comment il va se débrouiller, vu qu'il a absolument tenu à s'inscrire à l'auto-école ici (parce que je pouvais l'accompagner dans la démarche?) alors qu'il passe l'année scolaire à la sous-préfecture.
Quoi qu'il en soit, il travaille le sujet d'arrache-pied, et me fait part des questions qui lui posent ptoblème. Elles m'étonnent parfois aussi, parce qu'il n'y avait rien de ce genre quand j'ai passé mon permis. Pas d'ad-blue ni de système isofix, au siècle dernier. Sur les règles de conduite, même quand elles ont changé, je ne me trompe quasiment jamais. Et puis, la pompe me répète suffisamment "gasoil, carburant pour véhicule diesel" pour que je sache quel type de carburant mettre dans quelle voiture (et non, on ne prend pas systématiquement le moins cher, mais ça, il le savait déjà).
A part le code, Numérobis fait aussi de l'allemand, pour préparer ses concours des école de commerce, et quand je vois ce qu'on exige de ces candidat·es, par rapport à ce qu'on demande à celles et ceux du CAPES d'une part (la traduction est hallucinante!) et au niveau qu'ont les élèves en sortant du bac d'autre part, je me demande qui pond ces sujets abracadabrantesques. En maths, c'est pire, et c'est pour ça qu'il révise aussi comme un forcené. Mais il n'y a qu'en allemand que je peux l'aider; et je crois bien qu'il progresse, heureusement.
Libellés : école, enfants
Trouver la voie
(17 juillet)
Dans l'Education Nationale, nous avons trois messageries.
Vous avez probablement entendu parler de Pr0n0te, que nous utilisions paraît-il pour communiquer avec les élèves à des heures indues, alors qu'en réalité, ce sont elles et eux qui nous envoyaient des messages à minuit moins le quart à propos du cours du lendemain à 8 heures. Une suspension de la messagerie pendant la nuit a été annoncée et certainement mise en place, mais il y a manifestement eu un retour en arrière: les professeurs n'ayant pas paramétré leur compte reçoivent de nouveau des réclamations en plein milieu de la nuit. Ce qui, en me concerne, n'est pas très gênant: je n'ai pas l'application sur mon téléphone, qui de toute façon est généralement éteint la nuit, et par conséquent, je n'ouvre Pr0n0te que quand ça me chante.
A côté de cette plateforme qui permet l'interaction avec les familles comme avec les collègues, nous avons encore une boîte mail académique, par laquelle transitent les messages de l'administration, les mots
gentils du ministre, les convocations et la propagande syndicale. Et puis il y a la messagerie sur i-prof, qui ne sert
à rien que pour les informations de carrière. Elle est si peu fréquentée que chaque message reçu sur i-prof donne lieu à une notification sur la messagerie académique.
Juste après le pot de fin d'année, j'avais sur ma boîte académique un "avertissement i-prof", qui m'a conduite à ouvrir cette messagerie. Dans laquelle j'ai trouvé une notification m'indiquant que le tableau d'avancement à la hors-classe était consultable sur le site de l'académie. Comme ça fait quatre ou cinq ans que je suis promouvable, mais que j'avance à l'ancienneté, je me suis sentie moyennement concernée; et je me suis donc dit que j'allais essayer de consulter la liste des heureux·ses élu·es.
Le site de l'académie, il est aussi bien rangé que mon bureau, avec des icones qui font doublon et des chemins mystérieux pour trouver les informations. Un récent remaniement a rendu les choses encore plus obscures, au point qu'il y a maintenant un outil de recherche pour trouver la bonne application. Sauf que je n'avais pas le nom de cette application, et j'ai donc préféré taper quelque chose comme "promotion hors-classe 2026" dans mon moteur de recherche, ce qui m'a amenée rapidement au fameux tableau. J'y ai trouvé mon nom (ce qui veut dire que, pour la première fois de ma carrière, je n'avance pas à l'ancienneté, mais vraisemblablement au bénéfice de l'âge), ainsi que celui de deux collègues et, chose amusante, les noms des professeurs d'allemand de Numérobis et du P'tit Mousse. Le nombre de professeurs d'allemand promu·es m'a paru proportionnellement fort élévé, et je crois me souvenir qu'il n'y en avait pratiquement pas l'an dernier. C'est à se demander si notre inspecteur n'a pas rendu sa copie en retard en 2025.
Bref, est-ce qu'il n'aurait pas été aussi simple de m'envoyer sur ma boîte académique un lien pour tomber directement sur cette liste, au lieu de me faire faire des tours et des détours? Quelques jours plus tard, pour me communiquer l'arrêté correspondant à cette promotion (qui, salarialement parlant, ne change strictement rien), j'ai reçu un nouveau mail académique avec l'indication du chemin pour trouver le document sur le site. Manifestement un mail collectif, plutôt qu'un message individualisé avec le pdf qui va bien en pièce jointe, mais enfin un cheminement clair pour accéder à l'information, c'est déjà ça.
Libellés : école, service public
On prend les mêmes et on recommence
(8 juillet)
Il était une fois un Numérobis qui se disait depuis janvier qu'il serait bon de redoubler pour avoir une année encore pour progresser et obtenir les meilleurs résultats possibles aux concours.
Il était une fois un P'tit Mousse qui vivotait autour de la moyenne, mais plutôt en dessous, et que le conseil de classe du premier semestre avait averti qu'il risquait gros s'il continuait ainsi et qu'on le laissait passer en terminale. Cet enfant ne voulait pas entendre parler de redoublement.
Il était une fois une maman, qui avait en son temps fait trois ans de classe préparatoire, et puis qui était devenue professeur et voyait des élèves galérer en classe.
(Nous laisserons de côté le papa, qui pourtant n'est pas une donnée minime dans cette histoire.)
Arrive le mois de mai. Numérobis a passé des tas d'écrits, il est même admissible ici ou là, mais il attend que son conseil de classe l'autorise à redoubler. Le P'tit Mousse a tenté le passage en force, personne n'ayant recontacté la famille (malgré les promesses hivernales) pour évoquer sa situation.
Au mois de juin, le conseil de classe du P'tit Mousse se prononce contre le passage en terminale. Pourtant le bulletin, toujours autour de la moyenne, ne comporte que des appréciations certes mitigées, mais plutôt encourageantes. Il faut prendre rendez-vous avec la direction. Et préparer quand même le passage des épreuves.
Il a passé les écrits, nous avons (re)vu la cheffe d'établissement (et croisé mon proviseur dans les couloirs, mais c'est une autre histoire), et il s'est présenté à l'oral de français, pendant que nous profitions d'un court délai de réflexion (avec X, tiens, aussi) avant d'accepter la décision du conseil de classe.
Numérobis, lui, n'avait pas de nouvelles. Mais sa mère, voyant les futurs élèves de classe préparatoire s'inscrire dans le lycée du petit frère, lui a conseillé de se renseigner auprès de ses professeurs. Qui étaient bien d'accord pour qu'il retente sa chance l'an prochain. Il a donc reçu un dossier d'inscription à renvoyer... dans la semaine. Heureusement que nous avons insisté!
Les notes du P'tit Mousse aux épreuves anticipées confirment que la réussite au bac l'an prochain aurait été fort compromise. Lui s'est fait à l'idée de redoubler, mais il faudra l'accompagner dans la mise en route et l'organisation du travail l'an prochain, pour être sûr que la chose soit efficace. Il repart avec les mêmes spécialités, en espérant pouvoir atteindre la moyenne avant d'abandonner (enfin) la physique...
Libellés : école, enfants
C'est l'oral à la plage...
(2 juillet)
Comme annoncé, je me suis rendue hier pour une demie-journée d'interrogation dans un petit lycée pas très loin de la Ville Close. Et heureusement que j'avais regardé le trajet avant (j'utilise très peu mon GPS, qui n'est pas à jour des derniers ronds-points ou sens interdits, ce qui peut être embarrassant en ville), car l'endroit n'est absolument pas indiqué. Je savais que c'était près de l'hôpital et d'un collège qui, eux, bénéficient d'une signalisation correcte. Et j'ai réussi à trouver une place à l'ombre, près du complexe sportif voisin.
Il ne faisait plus trop chaud, et la température dans la salle était tout à fait convenable. Mon collègue spécialiste était fort avenant et sympathique, et, comme je m'y attendais, les questions choisies par les candidats tout à fait abordables par une non-spécialiste, puisqu'ils traitaient tous de quelque chose en rapport avec l'environnement ou l'écologie (ce qui est normal, vu que le "2D" de l'intitulé de leur série renvoie au développement durable). Je ne me suis donc pas ennuyée, et là encore, c'est heureux, parce que j'avais quand même commis la folie de veiller pour regarder le match de foot.
En sortant, j'ai dépassé l'aire de camping-cars pour aller jusqu'à la mer, mais je ne me suis pas promenée sur le sentier côtier ni ne suis descendue tremper mes petits pieds. Un méchant mal de crâne, sans doute lié à la fatigue, commençait en effet à se faire sentir. Je suis donc sagement rentrée chez moi me reposer, afin d'être fraîche et dispose pour la réunion de ce matin.
(Et demain, dernier conseil pédagogique - pour avoir des infos sur les effectifs - et pot de fin d'année, et puis c'est fini pour cette année!)
Libellés : école, régions
Oxymore
(26 juin)
Le Ministère de l'Education Nationale, qui ne recule devant aucune incohérence ni supercherie, a inventé cette année la notion de "visioconférence en présentiel".
J'explique: avant les oraux (et peut-être aussi pour les écrits, mais la réforme du bac m'a privée de copies), il y a une réunion d'harmonisation, pour qu'on se mette bien d'accord sur le fait qu'ils et elles doivent tous avoir de bonnes notes sur ce qui est évalué ou pas et comment. Il y a deux ou trois ans, comme j'étais de grand oral au lycée près de l'hopital, je m'y étais rendue pour cette réunion, on nous avait montré les grilles d'évaluation et nous avions pu faire la connaissance de notre binome, puisque, je le rappelle, le grand oral est évalué par un·e professeur spécialiste et par un·e candide. Il y a donc eu déplacement d'un tas de collègues, venu·es de plus ou moins loin, pour un peu plus d'une heure de présentation.
Cette année, je dois me rendre à Concarneau pour une demie-journée d'évaluation (je suis toujours candide, en filière STI2D*, cette fois), mais la réunion d'entente préalable s'est faite en visioconférence depuis mon lycée. Officiellement, il paraît que c'est pour épargner aux professeurs le coût de l'essence, à un moment où les prix du carburant atteignent des sommets. Et il y a eu des syndicats pour gober le morceau. En réalité, ça permet surtout une grosse économie au ministère, puisque, si nous avions dû nous déplacer, il aurait fallu nous rembourser (au tarif SNCF deuxième classe - mouarf). Et pour les gens qui habitent loin de leur établissement habituel, la visioconférence en présentiel occasionne un déplacement de plus sans contrepartie financière.
Mais pourquoi, me direz-vous, ne pas suivre cette conférence depuis chez nous? Malheureu·ses! C'est que, depuis notre domicile, nous aurions pu simplement ouvrir le lien de connection [oui, j'écris
connection à l'anglaise, je ne comprends pas pourquoi on devrait mettre un X, puisqu'on a un verbe
connecter, et que pour
dicter, on a bien dérivé
diction], et puis vaquer à d'autres occupations pendant que les trois
guignols inspecteur·rices nous débitaient leur baratin. Alors que, en nous convoquant dans notre lycée, on pouvait nous faire émarger et vérifier que nous restions jusqu'au bout...
Alors, si le ministre cherche des économies, j'en ai une à lui suggérer: supprimer ces commissions d'entente. Puisque les animateur·rices de cette réunion avaient préparé un diaporama qu'il·elles nous ont lu, il aurait suffi de nous donner l'accès (depuis chez nous) à cette présentation, puis d'ouvrir une foire aux questions pour les flippé·es qui n'auraient pas tout compris / feraient passer le grand oral pour la première fois / auraient un doute sur la grille d'évaluation ou que sais-je encore.
Il y a un moment où il va falloir arrêter de prendre les professeurs pour des con·nes et de les traiter comme des enfants...
* STI2D : Sciences et Technologies de l'Industrie et du Développement Durable
Libellés : école, humeur
Des mathématiques
(18 juin 2026; pas besoin d'être forte en maths pour savoir que je suis mère depuis 23 ans)
La semaine dernière, France 2 a produit, dans son journal de 20 heures, un sujet sur une énième réforme des retraites, une instance quelconque ayant produit un rapport qui disait que, d'ici 2070, il serait nécessaire de remonter l'âge de départ à 67 ans et 6 mois. Ce que l'infographie avait retranscrit par "67,6". Parce que, c'est bien connu, il n'y a que 10 mois dans une année. Tout était à l'avenant, avec "et quatre mois" qui devenait "-,4", j'en passe et des meilleures. Je me suis fendue d'un petit mail (j'ai eu bien du mal à choisir la catégorie de ma demande) en leur rappelant que 6 mois, c'est juste la moitié d'une année (donc "-,5"), et en leur demandant comment ils auraient fait s'il y avait eu à écrire "et 10 mois". J'attends toujours la réponse.
Deux jours plus tard, j'ai repensé à cette infographie en découvrant (en même temps que Numérobis, mais à environ 1 km à vol d'oiseau) le sujet de maths pour les élèves de première ayant suivi la spécialité. Parce qu'il y avait, dans le questionnaire à choix multiples, une question sur le nombre d'images par seconde d'un film qui durait une minute 40. Est-ce que certain·es élèves auront traduit la chose par 1,40 ou 140, tombant ainsi dans un piège aussi grossier que celui des douzes mois de l'année? Numérobis a fort bien converti cette donnée en 100 secondes, ce qui, avouons-le, est beaucoup plus commode pour calculer sans calculatrice.
Les premières questions de ce QCM m'ont paru d'une simplicité affligeante, avec un (a+b)² = a²+2ab+b² du niveau collège (sans blague, j'ai appris ça en cinquième, moi). Effectivemnt, il vaut mieux que ces choses-là soient des automatismes, pour des élèves qui ont choisi les maths en spécialité.
Ensuite, il y avait des affirmations à justifier. Et là, ce n'est pas le niveau des questions, qui m'a étonnée, mais celui des élèves que je surveillais. Et qui, donc, étaient en théorie des spécialistes.
L'une des affirmations donnait une équation, du type x²+ax-u² (u étant une variable), et il fallait dire si cette équation avait toujours deux solutions.
Dans l'une des premières copies rendues, j'ai lu ceci:
"Faux, car on a deux carrées: x² et -u² or un carré est toujours positif donc il y a une unique solution: x" (orthographe et absence de ponctuation d'origine). Heu? Où est la logique de ce raisonnement? Et si un carré est toujours positif, sa racine, elle, peut être négative (-3)² = 9 (et donc pour x² = 9, on a deux solutions, 3 et -3).
Dans une autre, j'ai vu "Oui, il y aura toujours deux solutions réelles distinctes car il y a du x ainsi que du u." Ben voyons, c'est si simple! (Je rappelle que u est une variable, et que la ou les solutions à trouver sont dissimulées derrière l'inconnue x...)
Une autre copie proposait deux solutions évidentes (dans "2x+2= 4", 1 est une "solution évidente"), ce qui justifiait pour l'élève une réponse positive.
En réalité, il fallait calculer un ∂ (merci de voir ce delta en majuscule), chose que je ne crois pas avoir apprise à faire, mais dont mes enfants m'ont déjà parlé, et si ce ∂ est positif, alors il y a bien deux solutions "quelque soit la valeur de u", comme je l'ai enfin trouvé dans une copie.
Pour le reste, il y avait des probabilités, ce qui ne devait pas être bien méchant pour un·e élève ayant à peu près suivi en cours dans l'année, et un exercice avec des produits scalaires qui n'a pas plu du tout. Le P'tit Mousse, qui avait eu du mal avec ce chapitre cet hiver, pense s'en être sorti correctement tout de même.
Ce qui m'inquiète, après avoir survolé les copies rendues, c'est le niveau des candidat·es qui étaient dans ma salle. Manifestement, une partie de ces élève n'avait pas suffisamment de logique pour suivre l'enseignement de spécialité mathématiques. Que diable sont-ils et elles allé·es faire dans cette galère? Ce choix était-il le choix par défaut d'élèves n'ayant pas envie de lire? L'autre souci est évidemment orthographique. Comment peut-on écrire "quelque soit" au bout de n années de démonstrations mathématiques?
Cette semaine, j'avais encore un sujet de maths, celui des teminales, et là, c'est l'ignorance de la collègue qui surveillait avec moi qui aurait pu leur coûter cher. Il y avait, avec les sujets, un rectificatif, à cause d'une coquille. Il manquait manifestement une espace sur le sujet. La collègue a donc indiqué au tableau qu'il fallait lire "In désigne" au lieu de "Indésigne"; ce qui, pour moi, n'avait aucun sens. J'ai feuilleté le sujet, trouvé l'endroit et corrigé. Ce que des élèves dyslexiques pouvaient tout à fait prendre pour un I (i) majuscule était en fait un l (L minuscule), et ce "in" un "ln" (comme "Hélène") de logarithme néperien. Je n'ai aucune idée de ce que c'est (comme pour le delta de tout à l'heure), mais j'en ai entendu parler, et puis il est sur les touches des calculatrices, mais j'avoue que la police choisie était fort trompeuse.
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Vous avez dit "vacances"?
(16 juin)
Alors, ce n'est pas parce que je ne fais plus cours que je suis en vacances. Notre proviseur veille au grain, et cette semaine, entre le lycée et le reste, rime plutôt avec:
- conférence (sur la santé mentale des jeunes, lundi)
- surveillance (mardi)
- suppléance, et puis danse (mercredi)
- souffrance (jeudi, "extraction" dentaire)
- deuxième chance (vendredi, pour organiser le redoublement du P'tit Mousse)
Pour samedi, j'hésite entre somnolence et nonchalance; et je n'ai enore rien prévu pour dimanche (bombance est peu vraisemblable, vu mes talents culinaires).
Et sinon, puisque "plein d'essence", ça rime aussi: la preuve que je peux rouler plus de 1000 km avec ma voiture avant de retourner à la pompe (je remets le compteur à zéro après chaque plein).
Bon, il faudra quand même que je trouve deux dizaines de minutes pour parler (bac de) maths et visio en présentiel, parce qu'on ne s'ennuie pas dans l'Educ' Nat', au mois de juin!
Libellés : brève(s), école, humeur
Besserwisserin
(3 juin 2026)
Ce terme allemand, et qui se dirait juste Besserwisser au masculin, désigne une personne qui est fort contente de faire savoir qu'elle est plus savante que les autres. Autant dire qu'il me va plutôt bien.
Derniers exemples en date, mes commentaires du dimanche chez Gilsoub, ou le message envoyé aux collègues d'un des lycée où j'enseigne, parce qu'une partie d'entre eux·elles ne respecte pas l'anonymat des candidat·es au bac et inscrit les prénoms des élèves dans les commentaires du livret destiné au jury de délibération. J'essaie de ne pas être trop cassante ou arrogante, mais je sais que mes remarques peuvent être assez désagréables à recevoir.
La première fois qu'on m'a fait sentir qu'il fallait que j'arrête de faire ma miss Je-sais-tout, ou en tout cas, la première fois dont je me souvienne, c'était au catéchisme. Je voulais sans arrêt répondre, et ça a fini par agacer les dames du caté.
Un deuxième moment très révélateur, c'était à cette époque-ci de l'année, quand notre prof de français lettres d'hypokhâgne nous avait demandé d'écrire un sonnet. Elle nous avait imposé des rimes, ou peut-être même les mots qui devaient se trouver à la fin de quatre vers, et à nous de nous débrouiller avec ça. Trois des rimes imposées étant -oupe, -er et -oile, ou bien deux des mots "poupe" ou "chaloupe" et "voile", en tout cas, le thème marin évident.
Sauf que je suis partie sur tout autre chose, et j'ai composé en octosyllabes, parce que ça m'est venu plus facilement qu'en alexandrins. Ça commençait comme ça:
Tous les joueurs veulent la coupe.
L'un d'eux, le drôle de la troupe,
A mis son maillot à l'envers.
Il est battu par un revers,
Et autour de lui on s'attroupe
???
Et puis il y avait un vers qui disait "Tandis qu'on déroule la toile", parce qu'évidemment, il s'était mis à pleuvoir, et mon sonnet s'appelait "Roland Garros".
C'était rigolo, ça m'avait pris du temps, pour respecter (presque) toutes les règles. Et je n'avais pas eu tort de choisir la métaphore, parce que le poème initial, que la prof nous avait lu, comparait une coupe de champagne à une barque sur l'océan d'une nappe, ou un truc comme ça.
Bref. Un seul autre élève s'était plié à l'exercice, ou avait osé proposer son oeuvre à la lecture. Et paf! je l'avais cassé, parce qu'il avait associé une rime féminine avec une rime masculine (en gros, il avait dû faire rimer "mer" avec "mère", ce qui est interdit en posésie classique, à cause du e qui termine le deuxième mot).
Parfois, je suis impitoyable.
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| (Lui aussi; il a encore cuisiné un mulot, hier.) |
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Ça commence mal...
(7 mai 2026)
Un collègue a laissé traîner cette pochette en salle des profs.
Même pas capable de recopier sans faute...
(Et c'est bien gentil, Monsieur le ministre, d'annoncer qu'à partir de dorénavant, on va sanctionner l'orthographe indigente; mais comme ça fait des lustres qu'on ne l'a pas fait, les élèves n'ont pas [tou·tes] fait l'effort d'apprendre, et ce n'est pas en 6 mois qu'ils et elles vont y arriver. Une réforme, il faut la mener du bas vers le haut, pas en partant de la Terminale.)
Libellés : brève(s), école
De rendez-vous en rendez-vous
(11 février)
La semaine dernière, j'ai enchaîné les réunions parents-professeurs en tant que maman, pour m'entendre dire que mon P'tit Mousse ne travaille pas assez, mais qu'il y a encore un espoir qu'il ne redouble pas, s'il met un bon coup de collier. Et moult allusions à un potentiel état dépressif. L'idée n'étant pas complètement dépourvue de fondement, j'essaie de convaincre cet enfant d'aller causer à quelqu'un. Ca n'a sûrement pas été facile à vivre, de subir successivement le confinement, le divorce de ses parents, les problèmes de santé paternels et d'endurer la garde partagée.
Le chef d'établissement en a remis une couche le vendredi: si le P'tit Mousse ne redresse pas la barre, il coule (métaphore filée).
Au milieu de ces audiences, j'ai joué à la gentille prof qui téléphone à une maman inquiète pour son fils. Ce gamin a de grandes difficultés, mais il est gentil et plein de bonne volonté. Heureusement pour lui, dans six mois, il sera libéré de la corvée de LV B, puisqu'il est en terminale.
Et puis j'ai accueilli les parents et potentiel·les élèves qui venaient visiter le lycée près de l'hôpital. C'est-à-dire que j'ai fait le pied de grue pendant des heures pour n'accompagner que trois familles vers les lieux qui les intéressaient, les autres préférant se débrouiller avec le plan remis par un chef de travaux. Le seul bénéfice que j'en ai tiré a été de pouvoir annoncer à la proviseure (qui savait qui j'était, elle*) que j'aimerais bien continuer à effectuer là-bas mon complément de service, l'an prochain.
Après les vacances, je remets ça dans l'autre lycée, mais avec une salle attitrée pour me présenter et présenter les travaux des élèves.
Alors, quand j'ai découvert un message intitulé "enseignement allemand" sur la messagerie Pr0n0te, je n'étais pas très bien disposée. Et franchement, le papa qui me dit qu'il ne comprend pas, ses fistons adorés avaient de très bonnes notes, au collège, et ils participent à des échanges et gardent contact avec leurs amis allemands, mais là, depuis qu'ils sont au lycée, "leurs intérêts" pour la langue s'émoussent, et les notes aussi, surtout pour celui qui est en première; est-ce qu'on pourrait se voir pour en discuter? Ce papa m'a énervée.
Je n'ai pas répondu tout de suite. J'ai été vérifier les bulletins de Fiston N°1. Depuis qu'il est au lycée, j'ai écrit 4 fois (à chaque trimestre, donc), que ce jeune homme ne travaille pas, ou pas assez. Il y a pratiquement toujours une remarque négative sur l'attitude aussi, parce que ce gamin passe au moins un quart de l'heure de cours retourné. Er donc, c'est curieux, mais ses notes ne sont pas follichonnes; au dernier devoir (le papa a-t-il demandé à voir la copie avant de m'écrire?) il n'a pas été capable de formuler une seule phrase en allemand. Quand à N°2, je suis ravie d'apprendre qu'il a de l'intérêt pour la langue que j'enseigne; il n'a jamais levé la main pour participer au cours, même au début de l'année.
Le papa a donc reçu une réponse un peu sèche l'invitant à relire les bulletins de son génial fils aîné, et dans laquelle je l'assurais aussi que N°2 était un bon élément mais devrait participer davantage. Et bien sûr, je restais disponible pour un rendez-vous. Pas la peine, a dit le paternel un peu vexé. Ou bien il m'a prise pour une vieille sotte qui ne veut pas se remettre en question.
* Je rappelle qu'à la fin de l'année dernière,le proviseur du lycée du bas de la côte, au pot de fin d'année, ne savait pas qui j'étais...
Libellés : école, enfants
Photo des blogopotes: origami
(1er février 2026)
Quand j'ai vu cet intitulé, j'ai d'abord pensé que ça allait être compliqué. Certes, à une époque, j'ai su réaliser une grue en pliant du papier, mais j'ai oublié depuis comment on fait. En février 2016 (vous pouvez chercher dans les archives), j'ai emmené le P'tit Mousse pratiquer l'art japonais du pliage à la médiathèque, et nous avions fait un casque de samouraï chacun; mais depuis lors, ils ont disparu.
Et puis, je me suis souvenue qu'il a toujours des élèves qui offrent à leur professeur (de français ou de philosophie) des pliages représentant un animal ou une fleur, et que ces cadeaux restent souvent dans les salles de classe. Et, bingo! je suis en mesure de vous proposer ces charmantes perruches (ou sont-ce des perroquets?) aux couleurs des feuilles de brouillon:
Comme quoi, cela à parfois du bon de passer d'une salle à une autre au cours de la semaine.
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Tête en l'air
(23 janvier)
Nous avons, au lycée, une collègue qu'on décrivait il y a quelques années comme "un peu perchée". Aujourd'hui, on dit carrément qu'elle est folle. En tout cas, une chose est certaine, elle ne comprend rien.
Dernier exemple en date: un collègue envoie un message pour annoncer une sortie avec un groupe de spécialité. Son intention est juste de prévenir de l'absence de certains élèves. Aucune demande pour trouver des accompagnateur·rices. Et la collègue de répondre "aucun problème, si mes élèves sont d'accord pour déplacer le cours, tu peux compter sur moi".
Déjà, elle n'a pas compris le sens du message. Ensuite, elle se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'au coude en pensant que l'administration va l'autoriser à déplacer deux heures de cours pour aller au cinéma avec des élèves qu'elle ne connaît pas.
Et c'est comme ça tout le temps. Elle répond à côté de la plaque, ou elle envoie des messages à demi-compréhensibles à des gens qui, de guerre lasse, ne lui répondent plus. Elle-même prétend avoir donné une réponse à une question urgente alors que ce n'est pas encore fait (ce jour-là, la collègue qui attendait une réponse l'a eue par mail environ dix minutes après s'être fait dire "mais si, je viens de t'envoyer un message" par la collègue perchée).
Evidemment, avec les élèves ça ne peut pas être mieux. C'est elle dont j'avais déjà parlé une fois, me semble-t-il, et qui avait donné un sujet sans le relire, avec des questions portant sur des graphiques absents des annexes. Mais jamais elle n'aurait admis avoir fait une erreur.
Elle s'immisce dans les conversations à grand renforts de "non mais vous vous rendez compte?", monopolise la parole pour dire tout et son contraire. On ne peut pas suivre le fil de sa pensée, il n'y en a d'ailleurs peut-être pas. Alors la plupart des collègues ne lui répondent plus et font leur possible pour l'éviter, et les échanges sont réduits au strict minimum.
C'est un peu triste, comme situation. L'autre jour, j'ai mangé dans la même pièce qu'elle, mais sans un mot dans un sens ni dans l'autre (elle a fini par comprendre que je faisais partie des gens qui n'aiment pas sa conversation). Si la mise à l'écart est une forme de harcèlement, alors on peut dire que cette collègue est harcelée. Mais elle est insupportable, et ne s'en rend pas compte.
Moi, j'ai un peu plus les pieds sur terre. Et les yeux souvent au sol: en dehors des élastiques à cheveux, la chose que je ramasse le plus, ce sont les chiffonettes pour lunettes.
Libellés : école, humeur
Curieux effet
(14 janvier)
Vraiment, je n'ai rien à raconter.
Sauf cette anecdote, peut-être?
J'ai une heure de cours fort mal placée, de 11 h 30 à midi et demie, avec une classe désagréable (les élèves sont tout aussi peu agréables pendant l'autre heure de la semaine, qui est un peu mieux située).
Voilà que deux minutes après midi pile, l'alarme incendie se déclenche. La pause bienvenue en milieu d'heure! J'étais presque aussi contente que les élèves.
Néanmoins, ce qui m'a étonnée, c'est la réaction de l'un d'eux: "On va avoir des frites!"
Nous sommes descendu·es, resté·es bien trop peu longtemps à mon goût dans la cour avant de remonter; et j'ai terminé le cours.
En sortant, j'ai constaté que la déduction / prédiction de cet élève était correcte: ça sentait les frites.
Probablement qu'un détecteur de fumée un peu sensible réagit au dégagement de vapeur engendré par la friture. Et donc, "alarme à midi, frites au menu"...
Libellés : école