Encore une journaliste malhonnête
(23 octobre 2026, j'ai quarante-treize ans)
L'autre jour, ne me demandez pas quand, mais c'était pendant les blocus de lycées, le ministre de l'Education était interviewé par une dame, sur une chaîne privée, qui a encore remis le sujet des vacances sur le tapis, parce que c'est bien connu, les petit·es élèves français·es, et surtout leurs feignasses de profs, ont trop de congés.
Et donc, la madame de dire qu'elle, quand elle était petite (et elle a précisé qu'elle était née en 1980), elle n'avait qu'une semaine de vacances à la Toussaint, par exemple. Dans ma tête, elle avait tort parce que je me souvenais de 10 jours (et je suis sûre qu'en 1989, année où je me suis fait opérer du genou pour mon anniversaire, mes camarades ont été en cours deux jours de plus que moi, soit jusqu'au mardi soir). Mais j'étais prête à lui donner raison tout de même, parce que j'étais certaine d'une chose: quand elle était petite, j'étais un peu plus grande, et l'école ne commençait jamais le 1er septembre. La semaine de vacances que nous avons maintenant en plus en automne, elle était autrefois au mois de septembre.
J'ai été vérifier, ici pour ma rentrée en sixième, avec des congés d'hiver de seulement dix jours (elle n'en a pas parlé, la madame, de ses longues vacances au ski, elle trouvait juste que la première zone avait une prériode de cours trop courte après Noël, remarque tout à fait pertinente) et un départ en vacances d'été dès la fin juin, et là pour mon année de terminale, pendant une première tentative de réduction à deux zones du calendrier scolaire. En cherchant, je suis aussi tombée sur des rentrées le 25 septembre dans les académies viticoles, du temps où j'étais à l'école primaire.
Il ne faut donc pas essayer de me faire croire, à moi, que j'ai aujourd'hui plus de congés que quand j'étais élève. C'est un mensonge. Les vacances sont placées différemment, parce qu'on a essayé d'adopter un rythme 7 / 2 (sept semaines de cours, 2 semaines de congé) paraît-il idéal (ou bien c'était 5 / 2 ?), mais le nombre total de jours sans classe doit être équivalent.
Libellés : école, humeur
Des châtaignes (sans castagne)
(20 octobre)
Pour répondre à Madame Chapeau et Acanthe, voici comment je me suis mise à faire de la crème de marrons.
Au commencement était mon amour des châtaignes. Je crois qu'en fait, ma mère ne devait pas en faire plus d'une fois par an, quand j'étais petite. Parce que nous habitions Paris et qu'il fallait les acheter. J'ai dû aussi apprécier, mais pas plus de quatre ou cinq fois, les fameux "marrons chauds" des vendeurs de rue. A chaque fois, c'était un vrai bonheur, parce que ça se mange avec les mains, parce que ça croustille et que c'est un peu sucré. Le plaisir des châtaignes résidait en partie dans leur rareté.
Et puis, je suis partie vivre en province, et j'ai découvert qu'on pouvait ramasser les marrons dans la nature. Enfin, les marrons, entendons-nous, les "fruits du châtaignier", comme je l'ai récemment vu en titre d'une annonce sur Lebonqwoin. Car l'appelation est trompeuse, et c'est sans doute en partie pour ça qu'une mienne collègue hésite à ramasser le contenu des bogues, ne sachant distinguer entre marron comestible et fruit du marronier. Dois-je vous rappeler que ce dernier est lisse, alors que la châtaigne a un petit plumeau sur la tête (bien qu'on appelle également "marron" le fruit unique d'une bogue de châtaignier, vous suivez)?
Bref, quand nous avons acheté notre maison, il y avait des châtaigniers à proximité, et notamment dans le jardin de la voisine. J'ai ramassé et cuisiné quelques châtaignes, mais apparemment personne ne partageait vraiment mon enthousiasme pour ce semi-féculent. Peut-être parce qu'il faut l'éplucher pour le manger? Toujours est-il que, le jour où la voisine, pour me faire plaisir, a apporté environ deux kilo de fruits de son arbre, il a bien fallu trouver quoi en faire.
Il se trouve que je suis par ailleurs une grande amatrice de confitures faites à la maison, et que j'avais reçu en cadeau un livre contenant tout un tas de recettes. Il en contient deux pour conserver les châtaignes. Je me suis donc mise au travail. Et au fil des années, j'ai apporté mes variations à la recette de base; notamment en réduisant le sucre. Mes enfants n'apprécient pas plus la crème de marron (en tout cas celle que je produis, je n'en ai jamais acheté ni goûté d'autre) que les châtaignes fraîches, alors je n'en fais jamais autant que cette première fois. D'autant que, éplucher les marrons, c'est vraiment fastidieux (et c'est ce qui me prend le plus de temps dans la réalisation de la confiture).

Alors cet automne, quand j'ai vu que les bogues écrasées commençaient à s'amasser au bord des routes, je suis allée me promener dans les bois pour collecter mes premières châtaignes. Il y en a autour du lycée, c'était facile. Mais pour faire de la confiture, il m'en fallait un peu plus, et une balade du côté du manoir local m'a permis une petite récolte, que j'ai mis un peu de temps à transformer à cause de divers contretemps. Mais ça y est, ma crème de marron est en pots, et je la mangerai cet hiver, quand j'aurai fait un sort à un vieux pot de 2024 retrouvé en rangeant récemment le placard à confitures (son étiquette précise "à la cannelle", et à vue d'oeil, il est encore comestible; on verra bien s'il "pop" à l'ouverture).
Libellés : cuisine, humeur
Un petit air de Covid...
(15 octobre)
Non, je ne suis pas malade.
C'est juste que l'un de mes lycées est (re)passé en cours à distance, après une tentative de retour en présentiel (peut-être un billet sur les alea dus au mouvement lycéen pendant les vacances, il y a tant à dire...), et que cela suscite, chez les professeurs, des réactions variées. On a entendu des "bonnes vacances!", mardi, mais aussi des "oh non, moi je ne supporte pas le distanciel"... En ce qui me concerne, j'ai le Q entre deux chaises, puisque le lycée de la rive gauche, lui, n'est aucunement affecté par le mouvement et que, cet après-midi, je vais voir des élèves en chair et en os.
A l'annonce du premier épisode de "télé-enseignement" (c'est le terme officiel), une collègue faisait part de son désarroi. Car, disait-elle, si on donne des exercices à faire, il va falloir les corriger, après. Que nenni, lui avons-nous répondu: tu envoies la correction un peu plus tard, et puis c'est tout. Soit les élèves ont fait le travail, et ils·elles consultent le corrigé; soit (et c'est souvent le cas) ils·elles n'ont rien fait, et ils·elles ne regardent pas ce corrigé; mais dans tous les cas, le·la professeur·e qui a donné des exercices n'est pas complètement démoralisé, au retour, quand il·elle constate, en faisant la correction en cours, qu'à peine la moitié des élèves a fait le travail.
Au retour, nous partagions ce que nous avions fait pendant que les élèves étaient censé·es plancher sur leurs devoirs: bricolage, lessive, jardinage (il faisait encore beau). Ce qui ne veut pas dire que nous n'avions pas travaillé, puisqu'il avait bien fallu rédiger un peu les cours, et mettre en forme une correction qui, en ce qui me concerne, n'existe d'habitude qu'à l'état de notes très succintes. Aujourd'hui encore, je dois préparer ce que je mettrai en ligne demain dès l'aube*, pour les élèves qui auraient eu cours à 8 heures trouvent de quoi s'occuper un peu.
L'annonce du deuxième passage en distanciel, un vendredi à midi, a provoqué des réactions un peu plus enthousiastes.
Le collègue qui avait crevé (à vélo) et qui attendait que sa femme arrive avec une voiture pour rentrer et revenir avec l'autre voiture: - C'est pas sûr qu'avec les embouteillages, je sois à l'heure au lycée, cet après-midi.
- Mais tu reviens pas, on passe en distanciel.
- C'est sûr? Ah mais c'est génial, ça m'arrange!
La collègue qui a deux enfants en bas âge: - Ça veut dire que j'ai une demie-journée sans cours et sans enfants? Et si j'en profitais pour aller au cinéma, cet après-midi? Voir autre chose que la Patte Pas Trouille, je veux dire... Ah ben oui, mais si je veux être sortie pour la fin de l'école, ça le fait pas.
- Et ben moi, je vais lire un peu, je crois.
- Oh oui, un livre! Merci de me rappeler qu'il y a autre chose que les écrans, dans la vie. Un livre! Pour une fois que je vais pouvoir lire sans être interrompue toutes les deux minutes...
* ou peut-être plutôt ce soir, car il s'est avéré pendant que je rédigeais cet article que le lycée du P'tit Mousse a finalement renoncé aux cours en présentiel. Et si lui et moi sommes en distanciel demain, personne n'a besoin de se lever avant le soleil...
Libellés : école, humeur
Arrêté préfectoral
(6 octobre 2026)
De ma carrière, c'est au moins la troisième fois que je suis dispensée d'aller en cours par décision du préfet. Les fois précédentes, c'était à cause des intempéries, et je l'avais su par la radio, ou en arrivant sur place (ah bravo!). Aujourd'hui, j'ai été prévenue par mail, et c'est la faute des élèves, ceux et celles qui manifestent pour réclamer des trucs que nous autres professeurs n'obtenons pas. Et, plus que celle des lycéen·nes, c'est la faute des casseurs qui s'infiltrent et démolissent le mobilier urbain.
La nouveauté, dans cette décision, c'est qu'elle s'accompagne (et je suppose que cela vient plutôt du Ministère de l'Education Nationale) d'une obligation de passer au distanciel pour les cours. Un héritage du COVID... Résultat: j'ai balancé des instruction sur Pr0n0te, avec une fiche de grammaire qui sert pour trois classes et des corrections de devoir à lire, et puis un exercice à faire en ligne; et à l'heure actuelle, alors que je ne suis même pas censée avoir commencé mes cours, je n'ai déjà plus rien à faire. C'est Gribouille qui est content!

Les élèves, eux, le sont un peu moins. Il y en a qui ne vont pas chercher à se connecter, c'est évident. Et puis il y a celles et ceux qui vont aller à la manifestation, avec, je l'espère, des adultes autour pour encadrer. Mais d'après mon espion du lycée du centre-ville, certain·es, agacé·es par la décision de fermeture des lycées, voulaient se lancer dans un blocus de la préfecture. Les pauvres ne se doutent pas que ça ne servirait pas à grand chose, puisqu'il ne s'y passe pratiquement plus rien. Tout au plus bloqueraient-ils et elles la circulation des bus; ce qui serait déjà pas mal.
Bref, j'attends tranquillement ce soir, pour savoir comment les choses vont tourner et s'il sera possible de retourner travailler normalement. Comme j'ai fait grève mardi dernier, il y a des élèves que je n'ai pas vu·es depuis pratiquement 10 jours, déjà.
Libellés : école, humeur
Mister Brico
(9 septembre - ce titre est une private joke familiale, désolée)
Quand j'étais petite, je ne me souviens pas avoir vu mon père beaucoup bricoler. Ou alors, en pestant contre tel clou ou telle vis qui ne s'enfonçait pas correctement à l'endroit prévu, ou contre une notice de montage mal conçue (ceci n'est-il pas un pléonasme?).
Au collège, j'ai eu trois ans de cours d'EMT (éducation manuelle et technique) avant que cette matière ne se mue en "technologie", ce qui nous a valu un an sans cours, les professeurs étant parties en formation. En tout cas, c'est l'impression qui me reste (Diablotin corrigera peut-être). J'y ai appris à utiliser une scie, poncer, vernir, poser un motif en mosaïque, mais aussi à repasser (avec une pattemouille!) et un peu à coudre. C'est en physique que nous avons appris des rudiments d'électricité en concevant de petits circuits. Munie de ce maigre bagage, je me suis sentie capable, au lycée, de vernir moi-même ma commode. Et je pense que ces cours d'EMT (que nous n'appréciions pas plus que cela) nous ont au moins permis de nous rendre compte que nous pouvions toutes et tous faire quelque chose de nos dix doigts.
Quand je me suis mise en ménage, c'est le futur père de mes enfants qui bricolait. Il a conçu deux tables, des étagères et une bibliothèque, posé du papier peint et même démonté un escalier pour faire passer un sommier (décidément, les sommiers...), dans les différents logements que nous avons occupés. En revanche, c'est moi qui avais repeint les portes de la maison qu'il occupe encore (et je m'étais fait copieusement enguirlander, parce que ce n'était pas la bonne couleur); je croyais avoir mis la photo du résultat sur ce blog, mais je ne retrouve pas le billet. Et puis, lasse d'attendre qu'il veuille bien s'en occuper,c'est moi qui avais démonté le siphon du lavabo pour le changer. Peut-être eût-il suffit de changer le joint, mais cela ne m'est pas venu à l'idée, à l'époque.
Lorsque j'ai quitté le domicile conjugal, j'ai dû bricoler assez vite sous le lavabo (encore), parce qu'il manquait un petit écrou pour que la bonde puisse fermer. Manifestement, les propriétaires sont encore moins bricoleurs que moi, puisqu'ils ne l'avaient pas fait. En revanche, pour l'évier, l'agence de location a fait intervenir un plombier. Mais il n'empêche que je suis aussi capable de démonter un siphon, chose tout de même fort utile quand vous avez un papa qui bouche son évier avec de la graisse (et oui, chaud, c'est liquide, mais froid, c'est solide!) ou que certains membres de votre famille ont des cheveux longs qui forment un bouchon dans l'évacuation du lavabo. Il me semble qu'il s'agit là de bricolage de base, dans la mesure où il s'agit de dévisser, démonter puis remonter et revisser, en s'assurant qu'il n'y a pas de fuite.
En matière de fuite, si c'est la chasse d'eau qui goutte, et que votre Gribouille s'amuse à chasser les gouttelettes qui tombent, le ternet mondial regorge de vidéos pour vous aider à changer le joint, en fonction du modèle de votre chasse d'eau. Cela m'a été utile aussi, dans la maison de location. Et c'est là qu'il est temps de rappeler aux dames qu'elles sont capables de changer un joint, elles aussi. En cherchant un "tuto" pour mon robinet d'arrivée d'eau (je n'avais pas bien compris à quoi l'un des écrous était vissé, et n'arrivais pas à l'enlever), j'ai trouvé une vidéo où un monsieur faisait faire tout le travail par sa collègue, tout en donnant les explications (que je n'ai pas regardées jusqu'au bout, j'avais juste besoin de comprendre le démontage).
Souvenez-vous, j'avais aussi eu recours à la toile pour planter mon poteau de fil à linge, pour le plus grand ébahissement du vendeur et de mon papa. Mais là, je veux bien admettre que c'est un peu plus compliqué, notamment parce qu'il faut maintenir le fut droit pendant l'opération. Et j'avoue que cela rentre dans la catégorie des travaux qui me laisseraient un peu démunie, toute seule.
Souvent, les choses que je n'ose pas faire seule nécessitent, ou me paraissent nécessiter, un outillage un peu particulier. Je n'ai pas de perceuse, et ne saurais probablement pas poser seule une tringle à rideaux. Mais j'ai une collègue qui a réalisé seule une rambarde d'escalier, avec des scies dont je n'ai pas même retenu le nom. Elle est plus douée que mon papa pour les travaux dans une maison, cela ne fait aucun doute.
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(Ça n'est pas chez moi, mais là, il y a un truc qui cloche avec le pavage, non?) |
Revenons toutefois aux outils. Quand il s'est agit de remettre en place la porte qui cachait l'ex frigo, j'ai été acheter les charnières, et je savais qu'il me fallait aussi un tournevis en étoile pour enlever une barre de fixation devenue inutile et qui empêchait de placer une charnière. Parce que ça ne suffisait pas qu'il y ait des tournevis plats et des cruciformes, maintenant, il y a des étoiles. Et pour que ce soit encore plus compliqué de trouver le bon tournevis, bien sûr, il y a deux tailles, et une dénomination qui n'a rien à voir avec le schmilblick (genre HP 25 et HP 27). J'avais pris une photo de la tête de vis, elle était pour ainsi dire à l'échelle, je suis rentrée avec un modèle que j'ai emboité dans la vis avant de retirer l'étiquette-emballage, et j'ai vu que je n'aurais pas besoin de retourner échanger le bidule.
Les vis qui m'ont donné du fil à retordre, ce sont celles de la douille du luminaire. Parce que j'ai quelque part, mais je ne sais pas où, un lot de trois petits tournevis pour ces petites vis minuscules qu'on trouve au dos des appareils électroniques, à la fixation des branches de certaines lunettes et... dans les douilles. Il a fallu que je rachète un set de tournevis à plusieurs têtes. En revanche, pas question de payer 25 euros pour la pince à dénuder préconisée par les tutoristes de la toile. Au collège, nous avions ôté la gaine des fils avec nos ciseaux; cette fois-ci, j'ai utilisé un cutter. Toujours en faisant bien attention. Le plus difficile, dans cette opération de mise en place d'un abat-jour, ça a été de travailler avec les bras en l'air et la tête renversée. Ce ne sont pas des conditions idéales pour voir ce qu'on fait ni maîtriser ses gestes. Mais je ne me suis pas entaillé de doigt. Le risque électrique était écarté: j'avais coupé le courant au disjoncteur.
Voilà tout ce baratin pour dire que je peux effectuer de menus travaux chez moi, je n'ai quand même pas deux mains gauches. Mais j'aimerais bien connaître quelqu'un qui pourrait poser deux chatières, afin que Monsieur Ouille puisse aller à sa litière dans le garage cet hiver sans que nous n'ayions à subir les courants d'air. (Et non, je ne fais pas confiance au père de mes enfants pour le faire. Ma collègue, peut-être?)
Libellés : humeur, maison
Flemme
(4 septembre - déclaration de la III ème République)
L'an dernier, avec des collègues, on discutait que la possibilité ou non de faire de (petits) travaux chez soi quand on est une femme célibataire.
Bleck a aussi évoqué le sujet dans ses commentaires.
Il faudrait que je prenne le temps de donner mon opinion sur la question.
En attendant, je vous propose de relire ce billet, qui compare le chat et l'homme comme compagnon de lit. C'était du temps de Flourig et Makhno; Gribouille est, je dois dire un peu moins discret.
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| (Je suis là, humaine!) |
(Comme je ne sais pas faire autrement, je tape dans la barre de recherche de blogger un mot qui devrait figurer dans le billet que je veux retrouver. Cette fois-ci, j'ai commencé par "dormir", et je me suis bien amusée, en relisant ces vieilles histoires. Mais j'ai trouvé un terme qui n'apparaît que dans le billet recherché - "ébranler", comme vous pouvez sans doute le constater dans l'adresse.)
Libellés : chats, humeur
La photo des blogopotes: au secours!
(30 août)
Mis à part "au secours, demain c'est la rentrée", je n'avais pas beaucoup d'idées pour la photo de ce dimanche.
(Oui, je rappelle que les professeurs rentrent la veille des premiers élèves, pas de panique, vos enfants ou petits-enfants n'ont pas à se présenter à l'école avant mardi.)
Et puis, mercredi et jeudi, les proviseuses-adjointes nous ont envoyé nos emplois du temps. Et, en découvrant celui du lycée à côté de l'hôpital, j'ai d'abord pensé: "hein?" en voyant que je vais avoir cours en début d'après-midi le mercredi, et puis, je me suis penchée de plus près sur le lundi et le jeudi, et là, c'est "au secours!", c'est sûr.
Les terminales, puis les terminales, le lundi (c'est le même groupe, soyons clair) et les premières, et encore les premières le jeudi (les mêmes élèves deux heures de suite). J'ai vérifié les emplois du temps des classes, il y a bien des blocs de deux heures d'allemand, et ça va être très compliqué de faire déplacer une heure.
J'ai vérifié ma fiche de voeux, rédigée en juin. J'avais pourtant bien écrit "deux séances par semaine, soit deux fois une heure", parce que deux heures de suite, c'est très long et ça ne sert à rien. Il vaut mieux voir les classes deux fois dans la semaine, en langue, si on espère faire retenir quelques chose à ces adolescent·es. Il y a même eu une vidéo de propagande ministerielle, cet été, qui prétendait que les cours de langue étaient quoridiens. Ce serait bien, parce que c'est une pratique régulière qui permet de progresser. J'irai expliquer ça à la nouvelle adjointe dès que possible, mais j'ai assez peu d'espoir.
(Bon, au pire, de temps en temps, je pourrai toujours profiter de ces deux heures qui se suivent pour passer un film.)
Libellés : école, humeur
Mais faites un effort!
(19 août)
L'un des avantages de passer l'été chez moi, j'ai que j'ai du temps pour vider des cartons et ranger mes affaires. Sauf que je manque un peu d'endroits pour tout caser, et que je passe donc beaucoup trop de temps sur lebonqwoin à chercher des meubles qui rentreraient dans le peu d'espace disponible et contiendraient mon bazar (et oui, la déchèterie est aussi une option, par exemple pour les cours de préparation à l'agrégation du CNED).
Et là, il y des trucs qui m'agacent. D'abord, les gens qui ne répondent pas quand on leur envoie un message. Potentiellement, c'est parce que leur article est déjà vendu. Mais alors, pourquoi est-ce qu'ils ne retirent pas l'annonce du site? Ou bien, ils croient que c'est un message automatique (moi non plus, je ne réponds pas à ces messages, envoyés par défaut si on n'a pas décoché une case et qu'on met un objet dans ses "favoris"); mais ces envois automatiques ont une formulation bien reconnaissable, et je m'efforce de personnaliser mes demandes. Et puis, la notification pré-enregistrée ne s'inquiète que de la disponibilité du meuble, alors que moi, je veux connaître ses dimensions.
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(Je fais les vide-maisons, aussi. Aviez-vous déjà vu une si belle collection d'obus décorés?) |
Et là, le moment est venu d'évoquer la nouveauté qui m'énerve particulièrement: la rédaction des descriptions par l'intelligence artificielle. Le logiciel "regarde" les photos et en tire le texte à publier. Ça commence toujours par "Je vends [un machin], idéal pour...", et puis il y a des tirets avec le matériau (présumé), la couleur et l'utilisation. Ce qui peut donner des descriptions cocasses, quand il y a différents matériaux (le cas n'est pas prévu) ou que l'informatique analyse mal la couleur. Une étagère en métal (noir) et bois reconstitué peut se voir décrite comme étant en bois de coloris argenté. Un vase vert et or peut se voir attribuer la couleur rouge (de toute façon, l'IA n'envisage qu'un seul coloris). Et comme cela ne peut pas se voir sur des photos, les descriptions générées automatiquement ne précisent jamais les dimensions. Mais les gens, pour savoir si votre étagère / secrétaire / coffre va trouver sa place chez moi et si je peux la / le transporter dans ma voiture, j'ai besoin d'en connaître les mensurations!
Heureusement, il y a des utilisateur·rices qui relisent les propostions de l'IA et qui corrigent ou ajoutent des renseignements. Et des gens sympatiques qui répondent, y compris quand je m'excuse parce que, finalement, leur meuble est trop grand pour ma petite maison.
Libellés : humeur, maison
Pour changer des chatons...
(28 juillet)
Parce qu'ils n'y a pas que les chatons qui sont mignons, aujourd'hui, c'est câlin de carottes (bio).
Libellés : brève(s), humeur
Le thème des blogopotes: brutal
(26 juillet 2026)
Brutal... voilà un adjectif avec lequel j'ai un peu de mal. Parce qu'il faut le distinguer de violent, et que, de toute façon, ni l'un ni l'autre ne me donnent envie de les illustrer, en ce moment. Il y a suffisamment de violence dans l'actualité comme ça.
Bref, je me suis souvenue que "brutal" (prononcé "broutaaal") était une exclamation plusieurs fois entendue lorsque ma sœur et moi avions été rencontrer nos correspondants roumains, en 1990 ou 91. Ils trouvaient par exemple la descente un peu raide d'un chemin de randonnée "brutal". De ce séjour, il ne me reste pas grand souvenir, si ce n'est que nous avions goûté le lait encore tiède de la vache familiale. Je ne sais même plus si j'avais apprécié ou pas. Et bien sûr, les quelques photos, en tirage papier, qui existent, sont perdues quelques part dans un carton.
Il a donc fallu trouver autre chose:
Le coup d'accélérateur donné par la conductrice a dû être brutal, pour défoncer ainsi le muret. A-t-elle confondu frein et accélérateur en se garant, ou bien a-t-elle cru avoir enclenché la marche arrière pour repartir? En tout cas, elle a fait appel à un dépanneur pour désencastrer son véhicule (et c'est comme ça que je sais que c'est une femme la responsable de ces dégâts, la dépanneuse sur le parking ayant attiré mon attention).
(Pour ne pas être brutale avec Monsieur Ouille,
j'écris ce message depuis mon téléphone.)
Libellés : humeur
Des nouvelles de ma carte grise
(21 juillet 2026)
Ah, les vacances, avoir enfin du temps pour soi pour les démarches administratives!
Ce matin, je me suis collée à la déclaration de ma nouvelle adresse aux différentes organisations auxquelles je donne généreusement. Et j'ai constaté que je devais perdre la mémoire, parce qu'en me connectant sur certains sites, l'adresse était déjà correcte, alors que je ne me souviens absolument pas avoir signalé le changement. Peut-être à une ou deux solicitations téléphoniques, mais certainement pas à tous les organismes qui ont les bonnes coordonnées (je le sais, j'ai noté chaque signalement).
Enfin, toutes les données de ces sites ne sont pas exactes non plus. Ainsi l'un d'eux indique: 23/02/0029 comme date de naissance. Un seul de ces nombres est exact. Et vous vous en doutez, ce n'est pas le dernier (ça, ce serait plutôt un numéro de département, non?). Je montrerai ça à mes enfants, la prochaine fois qu'ils me traitent de vieille.
Je me suis aussi lancée dans des démarches auprès de mon assurance maladie et de ma mutuelle, à propos du P'tit Mousse et de son ex appareil dentaire. Et de sa couverture par la mutuelle désormais obligatoire des professeurs. J'avoue que l'expérience d'Anne me fait avancer plutôt à reculons, sur ce dossier. Déjà, je ne comprends plus à qui ni où ni comment envoyer la demande d'entente préalable. Ensuite, Âme et Lie me dit que le P'tit Mousse n'a pas de complémentaire santé (alors qu'il a eu deux contrats de mutuelle, et puis qu'il a été radié d'un - évidemment celui qui était connu de la Sécu, je suppose...). C'est le bazar, comme disait ma nièce.
Il y a en revanche un dossier sur lequel je dois faire un mea culpa, et c'est celui du certificat d'immatriculation de mon véhicule. Car, si les choses ont traîné, ce n'est pas tout à fait la faute de l'administration. Je n'avais pas compris que c'était à moi d'aller consulter régulièrement le site pour voir s'il y avait du nouveau, et il y a donc eu un délai assez long avant que je pense à fournir les pièces complémentaires, puis de nouveau un temps avant que je voie qu'il fallait payer (bon, là, c'est eux qui ont déraillé pendant quelques jours), mais ensuite il n'a pas fallu une semaine pour que je reçoive enfin la carte grise à mon nom.
Avec tout de même une bizarrerie:
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| (En haut: la carte toute neuve; sous le pli: le dos de l'ancienne carte) |
La date du prochain contrôle technique indiquée ne correspond à aucun renseignement fourni par moi (et elle est inexacte). L'ancien certificat portait une date en 2022. Cette visite a été faite, et a permis de coller le petit papillon qu'on peut voir sur le bas de la photo, rayé parce que j'ai bien fait un contrôle en 2024, et j'ai fourni ce rapport à l'administration pour obtenir ma nouvelle carte grise. Cela n'a pas grande importance, puisque les deux certificats sont en ma possession pour prouver ma bonne foi, et que, de toute façon, la voiture va repasser au contrôle d'ici la fin de l'été. Mais je me demande toute de même comment il se fait que cette date (caduque) soit restée dans la mémoire du dossier de la voiture.
Libellés : enfants, humeur, service public
N'en jetez plus!
(15 juillet 2026)
Ce matin, en allant faire les courses (à pied), j'ai vu une petite dame qui, devant moi, jetait par terre son mégot après y avoir allumé une nouvelle cigarette. Mon sang n'a fait qu'un tour, j'ai rammassé le mégot (encore chaud) et lui ai rapporté.
"Excusez-moi, je crois que vous avez laissé tomber ça."
La madame ne devait pas parler français, ou elle faisait très bien semblant. Elle a cru que je l'engueulais parce qu'elle n'avait pas écrasé son potentiel déclencheur d'incendie. Ce qu'elle a fait illico. Mais je n'étais toujours pas contente, et elle, ça ne la dérangeait pas de laisser sur le trottoir son morceau de plastique.
Je l'ai ramassé. Et une dizaine d'autres, ensuite, jusqu'au magasin, où j'ai enfin trouvé une poubelle. Vous me direz, une poubelle, pour un mégot à peine éteint, ce n'est pas l'idéal...
Pour un fumeur ou une fumeuse, il est naturel de jeter son mégot par terre, ou par la fenêtre de la voiture (on a tellement dit qu'il ne fallait pas fumer dans ces espaces fermés qu'on en a retiré les cendriers), ou de l'enfouir dans le sable de la plage. Et pourtant, le plastique des filtres met des années à se décomposer. Et les braises éventuelles, dans une nature aussi sèche que ce que nous avons en ce moment, sont un véritable danger.
On pourrait faire payer ses pollueur·ses en instaurant une taxe supplémentaire sur les paquets de tabac, mais cela ne changerait probablement pas les comportements. Alors j'ai eu une idée: la consigne. On vend, pour une somme qui ne peut pas être juste symbolique (si on veut que ça marche) un cendrier transparent avec chaque paquet de cigarettes. Et le consommateur / la consommatrice qui rapporte son cendrier plein (de mégots, d'où la nessécité d'un contenant qui permette de vérifier visuellement le contenu) au moment de racheter un paquet s'en voit remettre un nouveau gratuitement. Pas de cendrier plein qand on veut acheter des cigarettes ou des filtres? On paye de nouveau la consigne.
Parce que, manifestement, compter juste sur la prévention, l'éducation et le civisme, ça ne fonctionne pas.
Libellés : écologie, humeur
A sec
(10 juillet 2026)
Cet hiver, il a beaucoup plu. Je crois qu'on avait établi un record de jours successifs sans soleil. On n'en pouvait plus de toute cette eau, et on voulait... autre chose.
Avril a été conforme à un mois d'avril, plutôt clément par ici. Et puis en mai, ma foi il a fait frais, et je me souviens d'avoir ressorti mon dicton "en mai, remets ton gilet".
En juin, on a vu fleurir cet affichage dans les abribus:
Parce qu'il commençait à faire chaud, et que la Bretagne avait atteint un premier niveau d'alerte sécheresse. Et puis, on a eu une première vague de chaleur, si inattendue que les corps ont souffert: le P'tit Mousse a saigné du nez tous les jours. Il en a un peu plaisanté, faisant le compte des cours / salles / professeurs qui avaient été témoins de ces épistaxis*.
Comme j'avais repéré des ventilateurs sur le bonqwoin, je me suis dépêchée, au moment où on annonçait la deuxième vague de chaleur, d'en acquérir un. Cet objet est indispensable dans la chambre occupée par le P'tit Mousse, sous le toit. Et nous avons relativement bien supporté cette deuxième vague, peut-être aussi parce qu'elle a duré moins longtemps.
Les températures un peu descendues, et juste avant deux jours fort humides (on parle de crachin breton, seulement, pas de grosses pluies dévastatrices), j'ai tondu mon herbe. Je me suis vite rendu compte que c'était probablement la dernière fois que je passais la tondeuse avant longtemps; mais il fallait bien couper la tête aux herbes folles, non?
Et puis la troisème canicule est arrivée. L'herbe jaunit, j'ai cru rêver quand j'ai vu un employé municipal tondre les bordures, lundi: deux jours plus tard, ce qui était encore un peu vert dimanche avait pâli. Et dans l'après-midi de ce mercredi, j'ai reçu ça:
Ce qui m'étonne, c'est que le préfet avait pris sa décision dès le vendredi 3, et que les mairies et les citoyen·es n'ont été informé·es que 5 jours plus tard. Comme ça tout le monde a eu le temps de laver sa voiture / remplir sa piscine / noyer son jardin. Mercredi matin (à 10 heures), j'avais été un peu choquée de voir que la mairie faisait encore arroser les fleurs des plates-bandes.
Chez moi l'herbe tondue est jaune, il ne reste d'un peu vert que la partie laissée vaguement en friche (parce que la nouvelle rallonge est trop courte, excellent prétexte pour vérifier les bienfaits de l'absence de tonte), les pissenlits et autres adventices craquent sous les pas, les fleurs grillent, bien que les pieds des arbustes soient à l'ombre les uns des autres. Je n'arrose que la menthe, la sauge et la mélisse, qui sont à mi-ombre, et la verveine et les framboisiers, qui souffrent énormément. Et bien sûr, j'attends le soir pour effectuer cet arrosage, avec l'eau que le chat n'a pas bue et qui est celle que je tire du robinet en attendant qu'elle chauffe pour la vaisselle.
J'ai mis un récipient avec de l'eau aussi, au fond du jardin, mais je ne sais pas si les oiseaux l'ont trouvé et peuvent boire dedans quand le chat n'est pas là (ce serial killer nous a rapporté un troglodyte mercredi soir, il ne faisait manifestement pas assez chaud pour qu'il renonce à la chasse).
Et quand j'entends les voisins se préparer pour aller à la plage à 9 heures et demie, ça m'agace; parce qu'ils vont être au bord de l'eau au moment le plus chaud de la journée. C'est sûrement très bien pour fuir la chaleur chez soi, mais j'espère pour leur peau qu'ils ont un bon parasol. Enfin, tant que les gens ne comprennent pas que la plage, c'est mieux avant 11 heures (ou après 17 heures), ça me va très bien, je peux profiter dans le calme:
* épistaxis est le nom savant (et grec) du saignement de nez. Un mot entendu à Chypre en version originale, il y a belle lurette, quand le P'tit Mousse s'est mis à saigner du nez au moment de l'embarquement et qu'une hôtesse a fait déplacer l'infirmier de l'aéroport pour savoir s'il était raisonnable de faire monter cet enfant dans l'avion.
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Le quotidien des blogopotes
(5 juillet 2026)
Un quotidien, c'est un journal. Mais je ne lis pas de journal. Et je suppose, aussi, que ce "quotidien" est plutôt l'adjectif, qui s'oppose à "éphémère", en quelque sorte.
La première idée qui me vient, très certainement à cause de cette prière qu'on appelle le Notre Père, c'est le pain. Denrée dont je mange tous les jours, effectivement. Baguette (pas trop blanche, merci, c'est quand même meilleur cuit!), ou pain plus spécial, aux noix, aux graines, au levain... J'avais beaucoup apprécié les différentes sortes de pain disponibles en Allemagne, lors de mes premiers séjours dans ce pays. Je les aime toujours autant, mais les boulangers tricolores ont, depuis, largement diversifié leur gamme, et le pain allemand s'en trouve un peu moins exotique.
Le pain, il y en a pratiquement tous les jours au petit déjeuner. Quatre tartines, deux avec du beurre, une de confiture et une au miel. Inlassablement, sauf le dimanche, où la brioche et la pâte à tartiner viennent rompre la monotonie. Parfois, pour mettre un peu de fantaisie, j'achète des crêpes ou un croissant. Mais pour sortir un peu de la routine, je peux aussi prendre mon petit déjeuner dehors:
(En tout cas, tant que les fortes chaleurs ne sont pas quotidiennes...)
Libellés : humeur, régions
Oxymore
(26 juin)
Le Ministère de l'Education Nationale, qui ne recule devant aucune incohérence ni supercherie, a inventé cette année la notion de "visioconférence en présentiel".
J'explique: avant les oraux (et peut-être aussi pour les écrits, mais la réforme du bac m'a privée de copies), il y a une réunion d'harmonisation, pour qu'on se mette bien d'accord sur le fait qu'ils et elles doivent tous avoir de bonnes notes sur ce qui est évalué ou pas et comment. Il y a deux ou trois ans, comme j'étais de grand oral au lycée près de l'hopital, je m'y étais rendue pour cette réunion, on nous avait montré les grilles d'évaluation et nous avions pu faire la connaissance de notre binome, puisque, je le rappelle, le grand oral est évalué par un·e professeur spécialiste et par un·e candide. Il y a donc eu déplacement d'un tas de collègues, venu·es de plus ou moins loin, pour un peu plus d'une heure de présentation.
Cette année, je dois me rendre à Concarneau pour une demie-journée d'évaluation (je suis toujours candide, en filière STI2D*, cette fois), mais la réunion d'entente préalable s'est faite en visioconférence depuis mon lycée. Officiellement, il paraît que c'est pour épargner aux professeurs le coût de l'essence, à un moment où les prix du carburant atteignent des sommets. Et il y a eu des syndicats pour gober le morceau. En réalité, ça permet surtout une grosse économie au ministère, puisque, si nous avions dû nous déplacer, il aurait fallu nous rembourser (au tarif SNCF deuxième classe - mouarf). Et pour les gens qui habitent loin de leur établissement habituel, la visioconférence en présentiel occasionne un déplacement de plus sans contrepartie financière.
Mais pourquoi, me direz-vous, ne pas suivre cette conférence depuis chez nous? Malheureu·ses! C'est que, depuis notre domicile, nous aurions pu simplement ouvrir le lien de connection [oui, j'écris
connection à l'anglaise, je ne comprends pas pourquoi on devrait mettre un X, puisqu'on a un verbe
connecter, et que pour
dicter, on a bien dérivé
diction], et puis vaquer à d'autres occupations pendant que les trois
guignols inspecteur·rices nous débitaient leur baratin. Alors que, en nous convoquant dans notre lycée, on pouvait nous faire émarger et vérifier que nous restions jusqu'au bout...
Alors, si le ministre cherche des économies, j'en ai une à lui suggérer: supprimer ces commissions d'entente. Puisque les animateur·rices de cette réunion avaient préparé un diaporama qu'il·elles nous ont lu, il aurait suffi de nous donner l'accès (depuis chez nous) à cette présentation, puis d'ouvrir une foire aux questions pour les flippé·es qui n'auraient pas tout compris / feraient passer le grand oral pour la première fois / auraient un doute sur la grille d'évaluation ou que sais-je encore.
Il y a un moment où il va falloir arrêter de prendre les professeurs pour des con·nes et de les traiter comme des enfants...
* STI2D : Sciences et Technologies de l'Industrie et du Développement Durable
Libellés : école, humeur
Des mathématiques
(18 juin 2026; pas besoin d'être forte en maths pour savoir que je suis mère depuis 23 ans)
La semaine dernière, France 2 a produit, dans son journal de 20 heures, un sujet sur une énième réforme des retraites, une instance quelconque ayant produit un rapport qui disait que, d'ici 2070, il serait nécessaire de remonter l'âge de départ à 67 ans et 6 mois. Ce que l'infographie avait retranscrit par "67,6". Parce que, c'est bien connu, il n'y a que 10 mois dans une année. Tout était à l'avenant, avec "et quatre mois" qui devenait "-,4", j'en passe et des meilleures. Je me suis fendue d'un petit mail (j'ai eu bien du mal à choisir la catégorie de ma demande) en leur rappelant que 6 mois, c'est juste la moitié d'une année (donc "-,5"), et en leur demandant comment ils auraient fait s'il y avait eu à écrire "et 10 mois". J'attends toujours la réponse.
Deux jours plus tard, j'ai repensé à cette infographie en découvrant (en même temps que Numérobis, mais à environ 1 km à vol d'oiseau) le sujet de maths pour les élèves de première ayant suivi la spécialité. Parce qu'il y avait, dans le questionnaire à choix multiples, une question sur le nombre d'images par seconde d'un film qui durait une minute 40. Est-ce que certain·es élèves auront traduit la chose par 1,40 ou 140, tombant ainsi dans un piège aussi grossier que celui des douzes mois de l'année? Numérobis a fort bien converti cette donnée en 100 secondes, ce qui, avouons-le, est beaucoup plus commode pour calculer sans calculatrice.
Les premières questions de ce QCM m'ont paru d'une simplicité affligeante, avec un (a+b)² = a²+2ab+b² du niveau collège (sans blague, j'ai appris ça en cinquième, moi). Effectivemnt, il vaut mieux que ces choses-là soient des automatismes, pour des élèves qui ont choisi les maths en spécialité.
Ensuite, il y avait des affirmations à justifier. Et là, ce n'est pas le niveau des questions, qui m'a étonnée, mais celui des élèves que je surveillais. Et qui, donc, étaient en théorie des spécialistes.
L'une des affirmations donnait une équation, du type x²+ax-u² (u étant une variable), et il fallait dire si cette équation avait toujours deux solutions.
Dans l'une des premières copies rendues, j'ai lu ceci:
"Faux, car on a deux carrées: x² et -u² or un carré est toujours positif donc il y a une unique solution: x" (orthographe et absence de ponctuation d'origine). Heu? Où est la logique de ce raisonnement? Et si un carré est toujours positif, sa racine, elle, peut être négative (-3)² = 9 (et donc pour x² = 9, on a deux solutions, 3 et -3).
Dans une autre, j'ai vu "Oui, il y aura toujours deux solutions réelles distinctes car il y a du x ainsi que du u." Ben voyons, c'est si simple! (Je rappelle que u est une variable, et que la ou les solutions à trouver sont dissimulées derrière l'inconnue x...)
Une autre copie proposait deux solutions évidentes (dans "2x+2= 4", 1 est une "solution évidente"), ce qui justifiait pour l'élève une réponse positive.
En réalité, il fallait calculer un ∂ (merci de voir ce delta en majuscule), chose que je ne crois pas avoir apprise à faire, mais dont mes enfants m'ont déjà parlé, et si ce ∂ est positif, alors il y a bien deux solutions "quelque soit la valeur de u", comme je l'ai enfin trouvé dans une copie.
Pour le reste, il y avait des probabilités, ce qui ne devait pas être bien méchant pour un·e élève ayant à peu près suivi en cours dans l'année, et un exercice avec des produits scalaires qui n'a pas plu du tout. Le P'tit Mousse, qui avait eu du mal avec ce chapitre cet hiver, pense s'en être sorti correctement tout de même.
Ce qui m'inquiète, après avoir survolé les copies rendues, c'est le niveau des candidat·es qui étaient dans ma salle. Manifestement, une partie de ces élève n'avait pas suffisamment de logique pour suivre l'enseignement de spécialité mathématiques. Que diable sont-ils et elles allé·es faire dans cette galère? Ce choix était-il le choix par défaut d'élèves n'ayant pas envie de lire? L'autre souci est évidemment orthographique. Comment peut-on écrire "quelque soit" au bout de n années de démonstrations mathématiques?
Cette semaine, j'avais encore un sujet de maths, celui des teminales, et là, c'est l'ignorance de la collègue qui surveillait avec moi qui aurait pu leur coûter cher. Il y avait, avec les sujets, un rectificatif, à cause d'une coquille. Il manquait manifestement une espace sur le sujet. La collègue a donc indiqué au tableau qu'il fallait lire "In désigne" au lieu de "Indésigne"; ce qui, pour moi, n'avait aucun sens. J'ai feuilleté le sujet, trouvé l'endroit et corrigé. Ce que des élèves dyslexiques pouvaient tout à fait prendre pour un I (i) majuscule était en fait un l (L minuscule), et ce "in" un "ln" (comme "Hélène") de logarithme néperien. Je n'ai aucune idée de ce que c'est (comme pour le delta de tout à l'heure), mais j'en ai entendu parler, et puis il est sur les touches des calculatrices, mais j'avoue que la police choisie était fort trompeuse.
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Vous avez dit "vacances"?
(16 juin)
Alors, ce n'est pas parce que je ne fais plus cours que je suis en vacances. Notre proviseur veille au grain, et cette semaine, entre le lycée et le reste, rime plutôt avec:
- conférence (sur la santé mentale des jeunes, lundi)
- surveillance (mardi)
- suppléance, et puis danse (mercredi)
- souffrance (jeudi, "extraction" dentaire)
- deuxième chance (vendredi, pour organiser le redoublement du P'tit Mousse)
Pour samedi, j'hésite entre somnolence et nonchalance; et je n'ai enore rien prévu pour dimanche (bombance est peu vraisemblable, vu mes talents culinaires).
Et sinon, puisque "plein d'essence", ça rime aussi: la preuve que je peux rouler plus de 1000 km avec ma voiture avant de retourner à la pompe (je remets le compteur à zéro après chaque plein).
Bon, il faudra quand même que je trouve deux dizaines de minutes pour parler (bac de) maths et visio en présentiel, parce qu'on ne s'ennuie pas dans l'Educ' Nat', au mois de juin!
Libellés : brève(s), école, humeur
Une fois n'est pas coutume...
(5 juin 2026)
Quand j'écrivais un pré-blog (une page internet, régulièrement modifiée) pour mon lapin, il y a 25 ans environ, il m'est arrivé de le faire depuis le CDI du lycée où je passais alors beaucoup de temps entre deux remplacements.
Depuis, j'avais arrêté.
Mais aujourd'hui, c'est le dernier vendredi, je n'ai rien de mieux à faire, j'ai dû me connecter à mon compte Gogole pour amuser les élèves avec un K-out, et je viens de retrouver cette image dans mon espace personnel sur le serveur du lycée:
C'est la capture d'écran d'une conversation avec une responsable technique (manifestement pas la bonne) à qui j'ai osé demandé (et manifestement, je n'étais pas la première à le faire) qu'on change la cartouche de toner de l'imprimante. Cette photo a reçu le titre "surlatete", et vous imaginez bien pourquoi.
Il y a 25 ans, quand on voulait changer le toner de l'imprimante, on allait à l'intendance, et soit on ressortait avec une cartouche qu'on pouvait installer soi-même, soit une personne plus compétente venait le faire dans la demie-heure. Aujourd'hui, sous prétexte que les machines sont plus performantes, il faut un·e technicien·ne dédié·e, à contacter via une plate-forme centralisée. En gros, il faut envoyer un message à Rennes, pour que la personne qualifiée soit mise au courant qu'on n'a plus de toner. (Enfin, en théorie; en pratique, si on arrive à croiser la bonne personne, ça va évidemment plus vite.)
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Rouge encore, mais un peu plus sérieux
(10 mai 2026)
Le rouge, c'est la couleur que je n'utilise pas pour corriger mes copies. Une couleur un peu violente pour les yeux, paraît-il, mais faite pour être vue, en tout cas.
Rien d'étonnant, donc, à ce que les bornes d'incendie, les extincteurs, les boîtes à lettres britanniques (sans parler des cabines téléphoniques) portent cette couleur.
On s'est rendu compte depuis que le orange était encore plus voyant, et, de fait, j'ai déjà une élève qui s'est plainte, un jour que j'étais toute contente d'essayer un feutre orange au tableau, que cette couleur lui faisait mal aux yeux.
Bref, revenons au rouge, celui de la place du même nom dont j'ai des photos quelque part, mais pas sur cet ordinateur ni sur la toile. Il paraît que "rouge" (красный) signifie aussi "beau, chic". Et voilà sans doute pourquoi, traditionnellement, les fauteuils des théâtres sont tendus de rouge, chez nous aussi.
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| (Le luxe de l'Opéra Garnier à Paris.) |
Toutes les voitures rouges ne sont pas nécessairement plus belles qu'une voiture ordinaire, mais celle qui s'est installée sur la place de stationnement juste devant ma maison m'a privée d'un emplacement confortable.
Celle-là, elle rentre dans la catégorie du rouge voyant qui agace.
Heureusement, pour me réconforter d'avoir dû faire trois pas de plus pour rentrer chez moi, j'avais repéré, à ma boutique bio et locale, ces fruits rouges dont le P'tit Mousse et moi avons fait notre dessert:
Car oui, il y a du rouge aussi dans la nature, au milieu des autres couleurs qui s'étalent joyuesement au soleil.
Du rouge qui fane un peu dans les camélias et les rhododendrons, du rouge qui marque les feuilles nouvelles dans les haies qui seront bientôt toutes vertes.
Et, pour finir, le beau rouge de ce bouton, promesse d'une première rose dans mon jardin.
(Et je suis impatiente, et pas peu fière, parce que c'est la première fois de me vie que je taillais un rosier.)
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Un vieux traumatisme
(30 avril 2026)
Il y a 14 ans, pratiquement jours pour jours, nous rendions les clefs de notre location bretonne, après avoir emménagé dans la première maison dont j'ai été propriétaire.
Le moment était mal choisi, entre les jours fériés qui réduisaient l'ouverture de l'agence et la visite des correspondants allemands qui limitait mes disponibilités. J'avais essayé de négocier trois jours de rab pour finir le ménage, mais ils n'avaient rien voulu entendre. J'avais donc fait ce que je pouvais, et ce n'était quand même pas si mal.
Seulement, la c*n*sse de l'agence de location et les propriétaires en avaient décidé autrement. Le jour de la visite pour l'état des lieux de sortie, il pleuvait. J'avais laissé une serpillère sur le pas de la porte, mais Madame C* l'a enjambée, laissant immédiatement la trace de ses pas sur le carrelage de l'entrée, et s'exclamant derechef "Vous n'avez pas fait le ménage?". La suite a été à l'avenant, avec recherche des grains de poussière et mauvaise foi évidente, comme lorsqu'elle n'a pas retrouvé les traces sur le carrelage mentionnées dans l'état des lieux d'entrée (peut-être parce que je les avais nettoyées?).
Bref, la propriétaire est venue elle-même faire un grand ménage dans sa maison chérie, et elle a envoyé une facture indiquant 9 heures de travail, qui ont été ajoutées à d'autres petites choses, l'accumulation du tout excédant la somme versée en caution deux ou trois ans plus tôt. Ce papier nous a été envoyé en même temps qu'un état des lieux bourré de fautes d'orthographes (je me souviens en particulier des "accros" par terre). Bien sûr, nous avons refusé de payer la différence, c'était déjà beaucoup de ne pas nous rendre la caution, et j'ai refusé de signer le document tant que l'orthographe ne serait pas correcte. Chacun ses points d'exigence...
A l'époque, les 9 heures de ménage m'avaient parues totalement exgérées. Mais je m'en suis souvenue quand j'ai dû nettoyer la maison que j'ai louée avant d'en racheter une rien qu'à moi. Je crois bien que j'ai passé une douzaine d'heures à dépoussiérer et récurer, tellement l'autre c*nne m'avait traumatisée. Néanmoins, la différence, c'est que la maison que nous rendions il y a 14 ans était presque neuve, et que j'y avais déjà passé quelques heures. Alors que celle que j'ai quittée récemment est ancienne, et que les douze heures de ménage s'entendent depuis le départ.

Quand les déménageurs ont emporté le frigo, ils ont remis au jour quelques trésors que Gribouille avait perdus en dessous. Entre autre une noisette, ce genre de chouette petite bille dont il a semé un certain nombre d'exemplaires en divers coins du rez-de-chaussée. Comme je n'ai même pas passé un coup de balai le jour du départ, il y avait fort à faire. J'avais établi une liste, qui allait des stores aux bouches de VMC, en passant par les plintes et les interrupteurs.
Et puis, il y avait quelques traces d'humidité à traiter, par exemple dans ce qui fut la chambre du P'tit Mousse, ou bien les traces au niveau de la tête de lit du Pirate. Cet enfant (qui n'en est plus un) n'a pas couché souvent là, mais il avait tout de même marqué son territoire:
Il me parassait riqué de frotter le papier peint pour bien dégraisser, et les propriétaires avaient laissé les chutes au-dessus du dressing, donc j'ai pris mon esprit d'aventure à deux mains et j'ai effectué un petit raccord. Ma technique n'est pas très au point, et il y a des cloques, mais à dire le vrai, il y en aussi sous le papier posé avant mon arrivée...
En tout cas, la dame de l'agence n'a rien vu / rien dit. Il faut dire aussi qu'elle aurait eu beau jeu de me faire des remarques... Au départ, nous avions convenu d'une pré-visite dix jours avant l'état des lieux de sortie. Et puis, la nouvelle locataire (cette maison ne se loue-t-elle qu'à des femmes en instance de divorce?) a demandé si elle pouvait emménager un peu plus tôt. Ensuite, c'est l'agente qui a eu un empêchement, et la pré-visite n'a finalement eu lieu que trois jours avant la remise des clefs, ce qui m'aurait vraiment laissé peu de temps pour faire des retouches.
Bref, la dame a constaté qu'il restait un peu de poussière sur quelques murs (ah oui, j'avais pensé aux plafonds, aux coins, aux suspensions, mais pas au centre des murs...), que la hotte était certes encore sale, mais un peu moins qu'à mon entrée dans les lieux, que j'avais réparé la bonde du lavabo (fastoche, il manquait juste un écrou) et qu'il faudrait quand même changer les fenêtres. Elle a ouvert de grands yeux quand je lui ai dit qu'on m'avait prélevé un mois entier de loyer (alors que la nouvelle locataire arrivait le 10) et assuré que je serai remboursée avant la fin du mois. Ce qui fut fait: trop perçu du loyer et caution intégrale sont arrivés sur mon compte en moins de deux semaines. Ouf!
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