Les blogopotes: silence

(25 octobre)

Ben, si c'est "silence", le thème du jour, autant ne rien dire...

Bon, ce serait un peu facile. Mais le silence, pas plus que le bruit, ne se photographie. Aucune photo ne fait du bruit, alors...

J'ai retrouvé, dans la chambre que le P'tit Mousse a quittée pour la semaine (bien malgré lui, mais là-dessus, silence), ce dessin que j'avais exécuté pendant l'été, sur un écran qui ne fait d'autre bruit que celui des molettes qu'on tourne:


 Comme quoi, un jeu silencieux peut très bien occuper les (grands) enfants.

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Les aventuriers du lavabo

 (22 septembre 2026)

La semaine dernière, de manière tout à fait subite et d'autant plus inattendue que je venais de passer un furet pour retirer les cheveux de l'écoulement, le lavabo du bas s'est bouché. Au moment de me rincer les dents, j'ai constaté que l'eau ne s'écoulait plus qu'au compte-goutte. Quand le P'tit Mousse est rentré, je lui ai signalé la chose, et j'ai remonté les brosses à dent au premier (où il y a un lave-main, dans les toilettes).

Et puis, le mercredi, nous avons entrepris le débouchage. Car oui, mon fils est venu voir s'il pouvait m'aider. J'avais prévu un miroir pour voir un peu mieux ce qui se passait entre la colonne et le mur, mais ce qui était le plus gênant, ce n'était pas l'absence de visibilité, mais bien la difficulté d'accès à l'écrou de serrage en sortie de siphon. Nous n'avions pas de prise, et ni lui, ni moi n'avons réussi à dévisser le bidule.

En revanche, le P'tit Mousse a regardé au-dessus s'il voyait quelque chose. Et comme il a vu une espèce de feuillet métallique, nous avons dévissé la bonde (l'occasion pour lui d'apprendre un nouveau mot) et découvert... une étiquette de fond de teint. La chose ne peut pas venir de moi. Elle ne pouvait être tenue responsable du blocage. Mais je me demande bien comment une étiquette peut se retrouver dans un écoulement de vasque. 

Le lavabo était donc condamné au moins jusqu'à ce que j'aie fini de gratter les joints qui retenaient la colonne. Et en attendant, il fallait trouver un moyen pour que Monsieur Ouille puisse boire. Car cette bête ne boit (pratiquement) plus qu'au robinet du lavabo. J'ai donc commencé par mettre le verre à dents sous ledit robinet pour récupérer l'eau et la vider ailleurs. Mais c'était insuffisant, et j'ai fini par mettre le bol dans le lequel je mangeais, quand j'étais bébé, chez mes grands-parents.

Et Gribouille a commencé à boire l'eau dans le bol, abandonnant celle qui coulait du robinet. J'ai donc fermé ce dernier. Et je me suis dit qu'il faudrait continuer à faire comme ça, parce que, sans rire, il doit bien y avoir un litre d'eau qui coule pendant que Monsieur boit. Quel gâchi!

(Oui, je sais, il existe des fontaines à eau pour les animaux. J'en ai acheté une. Monsieur Ouille, dès qu'il n'est pas satisfait du débit, joue au plombier et la démonte, renversant l'eau. Donc, pour ce genre de dispositif, il faut que j'en trouve un qui ferme de manière sécurisée.)

Bref, vendredi après-midi, je me suis remise au décollage de joint, et j'ai fini par pouvoir retirer la colonne. Et là, l'écrou récalcitrant a moins fait le malin, je l'ai dévissé en un tour de main. J'avais bien sûr placé un seau sous le siphon (chose impossible avec une colonne en place), et quand j'ai retiré ce dernier, une eau très grise a coulé dans mon baquet. J'ai rincé le siphon (c'est un modèle qui doit être assez ancien, le fond ne se démonte pas) et constaté que c'était probablement un amalgame de poils (🐱) et de savon qui était responsable du problème.

Et quand le P'tit Mousse est revenu du lycée, la colonne était de nouveau en place et le lavabo opérationnel.
 

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Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable

 (17 septembre)

Heureusement, quand je n'ai pas d'inspiration, la salle des profs et ses anecdotes viennent à mon secours.

Aujourd'hui, une collègue de français est arrivée en soupirant devant la bêtise effarante de cet élève (de seconde professionnelle) qui lui a soutenu mordicus qu'on disait "une reproche, parce que ça se termine par un e".

Elle était trop estomaquée pour lui répondre "ah bon, et on dit 'une homme', aussi?".



Et puisqu'on est dans les bons mots, le P'tit Mousse, découvrant au goûter à quel point l'image sur un paquet de gâteaux peut être trompeuse:
"Ah ben il y en a qui n'ont pas beaucoup été à la plage, cet été!"

 

 

 

 

(Et sinon, le lavabo est complètement bouché, et le siphon trop compliqué à atteindre sans démonter cette cochonnerie de colonne; je gratte les joints et je vous raconterai - peut-être - la suite. C'est Gribouille qui est embêté, parce que ce lavabo est son abreuvoir.) 

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Une casserole pour les blogopotes

 (23 août)

Si je ne suis pas très douée en cuisine, je sais tout de même depuis longtemps ce qu'est une casserole. Je connais aussi le sens figuré de ce terme, et c'est ainsi que j'avais envisagé de l'illustrer au départ. Et puis non, finalement, ce sera juste la casserole dans laquelle Numérobis (qui vient de clore son séjour estival chez sa Môman en décrochant le code au premier essai) fait chauffer son lait du petit déjeuner.

(Oui, mon fils dose son lait dans un verre mesureur, alors qu'il pourrait le faire avec sa tasse; et non, il ne fait pas sa vaisselle.)
 

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Objects in the mirror are nearer than they appear

 (121ème anniversaire de la naissance de mon grand-père paternel)

Il y a des années, sans doute la dernière fois que j'ai été au Canada avec mes parents, je me souviens avoir découvert cette mise en garde sur les rétroviseurs extérieurs de la voiture de location. Ce qui, au moins autant que mon expérience de conductrice, m'a permis de répondre à la question posée lors des séries d'entraînement du code de la route, que révise Numérobis: "L'image est plus déformée par le rétroviseur intérieur, réponse A ou les rétroviseurs extérieurs, réponse B?"

(Fruits d'un camélia)

 Car mon fils cadet s'est lancé dans le grand projet du permis de conduire, avec l'ambition de décrocher le code d'ici la fin des vacances. Et pour la conduite, je ne sais pas trop comment il va se débrouiller, vu qu'il a absolument tenu à s'inscrire à l'auto-école ici (parce que je pouvais l'accompagner dans la démarche?) alors qu'il passe l'année scolaire à la sous-préfecture.

Quoi qu'il en soit, il travaille le sujet d'arrache-pied, et me fait part des questions qui lui posent ptoblème. Elles m'étonnent parfois aussi, parce qu'il n'y avait rien de ce genre quand j'ai passé mon permis. Pas d'ad-blue ni de système isofix, au siècle dernier. Sur les règles de conduite, même quand elles ont changé, je ne me trompe quasiment jamais. Et puis, la pompe me répète suffisamment "gasoil, carburant pour véhicule diesel" pour que je sache quel type de carburant mettre dans quelle voiture (et non, on ne prend pas systématiquement le moins cher, mais ça, il le savait déjà).

A part le code, Numérobis fait aussi de l'allemand, pour préparer ses concours des école de commerce, et quand je vois ce qu'on exige de ces candidat·es, par rapport à ce qu'on demande à celles et ceux du CAPES d'une part (la traduction est hallucinante!) et au niveau qu'ont les élèves en sortant du bac d'autre part, je me demande qui pond ces sujets abracadabrantesques. En maths, c'est pire, et c'est pour ça qu'il révise aussi comme un forcené. Mais il n'y a qu'en allemand que je peux l'aider; et je crois bien qu'il progresse, heureusement.

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Des nouvelles de ma carte grise

 (21 juillet 2026)

Ah, les vacances, avoir enfin du temps pour soi pour les démarches administratives!

Ce matin, je me suis collée à la déclaration de ma nouvelle adresse aux différentes organisations auxquelles je donne généreusement. Et j'ai constaté que je devais perdre la mémoire, parce qu'en me connectant sur certains sites, l'adresse était déjà correcte, alors que je ne me souviens absolument pas avoir signalé le changement. Peut-être à une ou deux solicitations téléphoniques, mais certainement pas à tous les organismes qui ont les bonnes coordonnées (je le sais, j'ai noté chaque signalement).

Enfin, toutes les données de ces sites ne sont pas exactes non plus. Ainsi l'un d'eux indique: 23/02/0029 comme date de naissance. Un seul de ces nombres est exact. Et vous vous en doutez, ce n'est pas le dernier (ça, ce serait plutôt un numéro de département, non?). Je montrerai ça à mes enfants, la prochaine fois qu'ils me traitent de vieille.

Je me suis aussi lancée dans des démarches auprès de mon assurance maladie et de ma mutuelle, à propos du P'tit Mousse et de son ex appareil dentaire. Et de sa couverture par la mutuelle désormais obligatoire des professeurs. J'avoue que l'expérience d'Anne me fait avancer plutôt à reculons, sur ce dossier. Déjà, je ne comprends plus à qui ni où ni comment envoyer la demande d'entente préalable. Ensuite, Âme et Lie me dit que le P'tit Mousse n'a pas de complémentaire santé (alors qu'il a eu deux contrats de mutuelle, et puis qu'il a été radié d'un - évidemment celui qui était connu de la Sécu, je suppose...). C'est le bazar, comme disait ma nièce.

Il y a en revanche un dossier sur lequel je dois faire un mea culpa, et c'est celui du certificat d'immatriculation de mon véhicule. Car, si les choses ont traîné, ce n'est pas tout à fait la faute de l'administration. Je n'avais pas compris que c'était à moi d'aller consulter régulièrement le site pour voir s'il y avait du nouveau, et il y a donc eu un délai assez long avant que je pense à fournir les pièces complémentaires, puis de nouveau un temps avant que je voie qu'il fallait payer (bon, là, c'est eux qui ont déraillé pendant quelques jours), mais ensuite il n'a pas fallu une semaine pour que je reçoive enfin la carte grise à mon nom.

Avec tout de même une bizarrerie:

(En haut: la carte toute neuve; sous le pli: le dos de l'ancienne carte)

 La date du prochain contrôle technique indiquée ne correspond à aucun renseignement fourni par moi (et elle est inexacte). L'ancien certificat portait une date en 2022. Cette visite a été faite, et a permis de coller le petit papillon qu'on peut voir sur le bas de la photo, rayé parce que j'ai bien fait un contrôle en 2024, et j'ai fourni ce rapport à l'administration pour obtenir ma nouvelle carte grise. Cela n'a pas grande importance, puisque les deux certificats sont en ma possession pour prouver ma bonne foi, et que, de toute façon, la voiture va repasser au contrôle d'ici la fin de l'été. Mais je me demande toute de même comment il se fait que cette date (caduque) soit restée dans la mémoire du dossier de la voiture.

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On prend les mêmes et on recommence

 (8 juillet)

Il était une fois un Numérobis qui se disait depuis janvier qu'il serait bon de redoubler pour avoir une année encore pour progresser et obtenir les meilleurs résultats possibles aux concours.

Il était une fois un P'tit Mousse qui vivotait autour de la moyenne, mais plutôt en dessous, et que le conseil de classe du premier semestre avait averti qu'il risquait gros s'il continuait ainsi et qu'on le laissait passer en terminale. Cet enfant ne voulait pas entendre parler de redoublement.


 Il était une fois une maman, qui avait en son temps fait trois ans de classe préparatoire, et puis qui était devenue professeur et voyait des élèves galérer en classe.

(Nous laisserons de côté le papa, qui pourtant n'est pas une donnée minime dans cette histoire.)

Arrive le mois de mai. Numérobis a passé des tas d'écrits, il est même admissible ici ou là, mais il attend que son conseil de classe l'autorise à redoubler. Le P'tit Mousse a tenté le passage en force, personne n'ayant recontacté la famille (malgré les promesses hivernales) pour évoquer sa situation.

Au mois de juin, le conseil de classe du P'tit Mousse se prononce contre le passage en terminale. Pourtant le bulletin, toujours autour de la moyenne, ne comporte que des appréciations certes mitigées, mais plutôt encourageantes. Il faut prendre rendez-vous avec la direction. Et préparer quand même le passage des épreuves.
Il a passé les écrits, nous avons (re)vu la cheffe d'établissement (et croisé mon proviseur dans les couloirs, mais c'est une autre histoire), et il s'est présenté à l'oral de français, pendant que nous profitions d'un court délai de réflexion (avec X, tiens, aussi) avant d'accepter la décision du conseil de classe.

Numérobis, lui, n'avait pas de nouvelles. Mais sa mère, voyant les futurs élèves de classe préparatoire s'inscrire dans le lycée du petit frère, lui a conseillé de se renseigner auprès de ses professeurs. Qui étaient bien d'accord pour qu'il retente sa chance l'an prochain. Il a donc reçu un dossier d'inscription à renvoyer... dans la semaine. Heureusement que nous avons insisté!

Les notes du P'tit Mousse aux épreuves anticipées confirment que la réussite au bac l'an prochain aurait été fort compromise. Lui s'est fait à l'idée de redoubler, mais il faudra l'accompagner dans la mise en route et l'organisation du travail l'an prochain, pour être sûr que la chose soit efficace. Il repart avec les mêmes spécialités, en espérant pouvoir atteindre la moyenne avant d'abandonner (enfin) la physique... 

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Photos de chats

(21 mai)

 Oui, bon, voilà, je manque d'inspiration, là.

La prof principale du P'tit Mousse, qui devait nous revoir "autour des vacances de printemps" ne nous jamais recontactés, et maintenant elle s'étonne que je n'aie coché que le passage en terminale pour l'an prochain. Ça me surprendrait si elle avait du temps pour un rendez-vous avant le conseil (le 8 juin); en tout cas, elle ne s'est toujours pas manifestée. Ça va finir en convocation par la direction après la décision du conseil de classe, cette histoire...

Pour me consoler et oublier un peu le stress lié à ce problème d'orientation, je fais amie-ami avec les chats que je croise. Celui du lycée (j'en ai déjà parlé cette année) se couche en plein milieu de l'aire de stationnement et se laisse approcher sans souci: 

Plus curieux, alors que je me promenais près de chez moi en fin de semaine dernière, j'ai carrément été approchée par ce spécimen qui s'est allongé à mes pieds en miaulant:

Je crois que cette pauvre bête aurait bien besoin d'un coup de peigne, voire d'une tonte, vue la manière dont ses poils sont emmêlés (ils semblent d'ailleurs arrachés par plaques, mais la peau dessous est saine). Comme je ne sais pas s'il est à quelqu'un ou pas, et que je ne me balade pas non plus avec une brosse pour chat, je n'ai rien tenté.

Et puis, j'ai bien assez à faire avec Monsieur Ouille, que j'ai déjà emmené chez le vétérinaire lundi, vu qu'il semblait avoir mal sur l'arrière. Pas de diabète ni de problème aux reins (sauf celui que ça m'a coûté de lui faire faire une prise de sang). Il est rentré à la maison avec seulement une ordonnance pour sa conjonctivite. Oui, mais j'avais oublié de signaler le soupçon du P'tit Mousse sur la queue. Et je retourne donc chez le vétérinaire dans une demie-heure, pour avoir ce qu'il faut pour ce vraisemblable abcès.

Ça tombe bien, le sac de transport n'est pas rangé (et Gribouille ne reste plus très longtemps dehors; sans doute cet abcès à la queue est-il le résultat d'une bagarre, et ce froussard a peur de prendre une nouvelle correction).
 

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Sortir un ado de sa torpeur

 (24 avril)

Mon jardin est très chouette, j'y découvre sans arrêt de nouvelles choses (y compris des trous dans l'herbe, dans lesquels je trébuche), mais il y a un truc qui me chagrinait, c'était la disparition du fil à linge.

Il y a eu, à une époque, un fil (de fer) tendu entre trois poteaux, sur le côté sud du jardin. Mais les occupant·es successif·ves ont eu envie de planter des tas de trucs, et se sont probablement dit qu'il valait mieux le faire sur les bords, si on voulait pouvoir continuer à tondre sans soucis. Je peux donc passer la tondeuse facilement, il n'y a pas de recoin biscornu ou de rosier / rhododendron / dahlia à contourner, mais je ne peux plus tendre de fil entre les poteaux à linge:

Depuis le montant le plus proche de la maison, on ne voit pas le suivant. Ce deuxième poteau avait une magnifique casquette de lierre, que j'ai retirée pour laisser respirer un rosier qui pousse à son pied, et aussi parce que c'est lui que je voulais utiliser pour installer ma corde.

Le troisième poteau ressemble à ça:

Le lierre est plus récent, il reste un morceau de l'ancien fil à linge, mais l'emplacement était le moins favorable à un réemploi, à cause de l'érable (du Japon) qui pousse beacoup trop près. (Je ne suis pas certaine que les plantations le long des murs d'enceinte respectent la réglementation en matière de distances.)

J'avais donc un montant en béton près de la maison, et un autre à peu près au milieu du jardin, mais je ne savais pas quoi en faire. Jusqu'à ce qu'une annonce sur Lebonqwoin me donne la solution: un monsieur proposait un seul poteau à linge, l'autre étant hors d'usage. J'ai regardé sur la toile comment il fallait s'y prendre pour sceller ce genre de machin dans la terre, ça n'avait pas l'air trop compliqué, alors j'ai acquis le poteau de mes rêves.

Chez le marchand de matériaux de construction, j'ai trouvé le béton qui va bien, "sans malaxage", et j'ai demandé au vendeur comment l'emporter. Le monsieur m'a demandé où était ma voiture, parce que le sac pesait 25 kg et qu' "il eût été préférable" que je me gare plus près. Diantre, il cause drôlement bien, cet homme. Bon, il était nouveau et a quand même demandé à son chef ce que c'était que ce béton bizarre pendant que je rapprochais ma voiture, mais non, la madame ne s'était pas trompée, c'était bien ce qu'il lui fallait pour planter son poteau.

De retour à la maison, j'ai réquisitionné le P'tit Mousse pour qu'il m'aide à sortir le sac de la voiture, puis à positionner et tenir le poteau pendant que je jouais à la bricoleuse. Et puis j'ai laissé le poteau en place. Mais ce n'était pas tout à fait du goût du jeune homme, qui, après le goûter, a demandé quand nous allions installer le fil. Parce que, tant qu'à faire, autant terminer ce que nous avions commencé. Et voilà, avec l'aide de mon fils, j'ai maintenant une corde à linge fonctionnelle dans mon jardin:

(Et Gribouille peut toujours chercher, le P'tit Mousse a soigneusement ramassé tous les petits bouts de plastique que nous avons coupé pour réussir à passer le fil dans les divers trous.)

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Authentification réussie

 (17 avril)

Le P'tit Mousse ayant 16 ans depuis février, il était temps de le faire recenser ("quoi?" a demandé son grand-père, pas très au courant des démarches à accomplir). La chose n'était pas aisée, car le jeune homme est récalcitrant, et que la mairie ferme généralement avant que nous soyons lui et moi rentrés (oui, cet enfant a aussi un père, mais je ne suis pas certaine qu'il soit mieux renseigné que le mien sur les formalités administratives).

Bref, j'avais mon fils sous la main, un justificatif de domicile récent (puisque je dois en fournir partout pour ma nouvelle adresse) et il était trois heures de l'après-midi; j'ai demandé au P'tit Mousse s'il avait son passeport, et je lui ai annoncé que nous allions le faire recenser et faire mettre à jour mon inscription sur la liste électorale. A tout hasard, vu que mon fils ne porte pas mon nom et qu'il faudrait peut-être expliquer pourquoi il logeait chez quelqu'un qui ne s'appelle pas comme lui, j'ai embarqué aussi le livret de famille. Sur lequel est également mentionné le divorce (vu que je devais faire rayer le "épouse Truc" sur la liste électorale, c'était parfait).

La dame de l'accueil nous a d'abord dit que normalement, le recensement se fait sur rendez-vous. J'ignorais la chose, et j'ai vaguement jeté un oeil sur le site municipal depuis, sans trouver cette information. Bref, étant donné que nous avions tous les documents (livret de famille y compris, quelle chance), elle a fait le nécessaire pour se reconnecter au réseau (après une coupure accidentelle) et commencé à remplir tous les champs du questionnaire.

Au moment du numéro de téléphone, le P'tit Mousse ne savait pas répondre, j'ai donc cherché dans mon appareil intelligent. Mon fils ne connaît pas non plus son adresse mail, il a fallu que je la retrouve. Et quand la dame a voulu rentrer mon lieu de naissance, sa machine ne voulait pas du nom brut* (pas Villiers, mais imaginez une commune du même genre qui existe en quelques exemplaires), alors j'ai précisé le "sous Machin" qui va bien, et le numéro du département, et tout de suite, ça allait beaucoup mieux.

Ensuite, elle a demandé si elle pouvait garder le justificatif de domicile ou si elle devait en faire une copie, et je lui ai rappelé qu'il lui en faudrait un pour modifier mon inscription sur la liste électorale. Elle est revenue avec la photopie, et en deux clics, mon cas était réglé. Elle n'a pas jugé utile de me demander une pièce d'identité pour s'assurer que j'étais bien moi. Il faut croire que j'avais donné suffisamment de renseignements concordants pour prouver la chose...

(Une glycine s'échappe...)
* sur ma carte électorale, c'est le nom de la commune brut qui figure; et le plus souvent, quand je veux remplir un formulaire, on ne veut pas du "sous Machin", disparu (me dit la toile mondiale) en 1983. Encore un coup des gens qui ne veulent pas être "sous" ou "bas", ni "du nord", je suppose. Il ne reste, je crois, que le Bas-Rhin et le Nord à ne pas avoir honte de leur appelation; les plus ridicules étant à mon sens les "Alpes de Haute Provence" en remplacement des "Basses Alpes" et les "Hauts de France", qui seraient moins sujets aux inondations s'ils étaient effectivement un peu en hauteur.
 

 

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Soupirs maternels

(8 avril 2026)

Dimanche, J'ai voulu vérifier si j'avais bien déjà publié une photo de plant de colza. Il est en effet possible qu'elle ait en réalité été affichée comme photo du mois sur l'ancien site du Dr CaSo.

Bref, je suis tombée sur de vieux messages, que j'ai relus, et notamment celui-ci, qui m'a amusée parce que, aujourd'hui encore, le P'tit Mousse (qui devait avoir entre 2 et 4 ans à l'époque) enlève ses chaussettes dès qu'il en a l'occasion. C'est bien simple, en fin de semaine, il n'enfile ce type de vêtement que s'il doit sortir. Ce qui est un peu embêtant, c'est que, comme à l'époque, il retire ses chaussettes n'importe où, et qu'elles n'atteignent que difficilement le bac de linge sale (et pas toujours par paire). En pleine adolescence, cet enfant est probablement le moins ordonné de la fratrie. Alors, il y a des mois, j'avais commencé à lui demander de ranger son bordel bazar, en prévision du déménagement. Il s'y est pris le samedi, pour retourner le dimanche soir chez son père en me laissant ça:

Vous pouvez voir dans le coin à droite des boites de puzzles ouvertes. J'avais reçu la consigne d'y ranger les pièces que je trouverai au milieu du reste.

Il m'a fallu plus d'une heure pour en arriver là: 

Vous voyez peu de différence, parce que les petits cartons devant les puzzles contiennent les livres de l'étagère qui est hors champ, sur la gauche. Encore deux heures de travail le lundi soir pour qu'enfin, tout soit emballé:

(Photo prise un peu plus tard, après le passage d'un bon coup de balai.)

Je vous avoue que, une fois ce temps perdu pour le reste, j'ai effectué une petite danse de la victoire. Enfin débarrassée du bazar de cette chambre! Sauf que, le lendemain matin, j'ai reçu un message du P'tit Mousse me demandant si je ne pourrais pas chercher sa convocation pour l'oral blanc de français. Elle devait être quelque part, pliée... Autant dire que j'ai envoyé cet enfant balader. Il connaissait le jour et l'heure 😉, il est allé à son oral sans préparation convocation.


 

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De rendez-vous en rendez-vous

 (11 février)

La semaine dernière, j'ai enchaîné les réunions parents-professeurs en tant que maman, pour m'entendre dire que mon P'tit Mousse ne travaille pas assez, mais qu'il y a encore un espoir qu'il ne redouble pas, s'il met un bon coup de collier. Et moult allusions à un potentiel état dépressif. L'idée n'étant pas complètement dépourvue de fondement, j'essaie de convaincre cet enfant d'aller causer à quelqu'un. Ca n'a sûrement pas été facile à vivre, de subir successivement le confinement, le divorce de ses parents, les problèmes de santé paternels et d'endurer la garde partagée.

Le chef d'établissement en a remis une couche le vendredi: si le P'tit Mousse ne redresse pas la barre, il coule (métaphore filée).

Au milieu de ces audiences, j'ai joué à la gentille prof qui téléphone à une maman inquiète pour son fils. Ce gamin a de grandes difficultés, mais il est gentil et plein de bonne volonté. Heureusement pour lui, dans six mois, il sera libéré de la corvée de LV B, puisqu'il est en terminale.

Et puis j'ai accueilli les parents et potentiel·les élèves qui venaient visiter le lycée près de l'hôpital. C'est-à-dire que j'ai fait le pied de grue pendant des heures pour n'accompagner que trois familles vers les lieux qui les intéressaient, les autres préférant se débrouiller avec le plan remis par un chef de travaux. Le seul bénéfice que j'en ai tiré a été de pouvoir annoncer à la proviseure (qui savait qui j'était, elle*) que j'aimerais bien continuer à effectuer là-bas mon complément de service, l'an prochain.

Après les vacances, je remets ça dans l'autre lycée, mais avec une salle attitrée pour me présenter et présenter les travaux des élèves.

Alors, quand j'ai découvert un message intitulé "enseignement allemand" sur la messagerie Pr0n0te, je n'étais pas très bien disposée. Et franchement, le papa qui me dit qu'il ne comprend pas, ses fistons adorés avaient de très bonnes notes, au collège, et ils participent à des échanges et gardent contact avec leurs amis allemands, mais là, depuis qu'ils sont au lycée, "leurs intérêts" pour la langue s'émoussent, et les notes aussi, surtout pour celui qui est en première; est-ce qu'on pourrait se voir pour en discuter? Ce papa m'a énervée.

Je n'ai pas répondu tout de suite. J'ai été vérifier les bulletins de Fiston N°1. Depuis qu'il est au lycée, j'ai écrit 4 fois (à chaque trimestre, donc), que ce jeune homme ne travaille pas, ou pas assez. Il y a pratiquement toujours une remarque négative sur l'attitude aussi, parce que ce gamin passe au moins un quart de l'heure de cours retourné. Er donc, c'est curieux, mais ses notes ne sont pas follichonnes; au dernier devoir (le papa a-t-il demandé à voir la copie avant de m'écrire?) il n'a pas été capable de formuler une seule phrase en allemand. Quand à N°2, je suis ravie d'apprendre qu'il a de l'intérêt pour la langue que j'enseigne; il n'a jamais levé la main pour participer au cours, même au début de l'année.

Le papa a donc reçu une réponse un peu sèche l'invitant à relire les bulletins de son génial fils aîné, et dans laquelle je l'assurais aussi que N°2 était un bon élément mais devrait participer davantage. Et bien sûr, je restais disponible pour un rendez-vous. Pas la peine, a dit le paternel un peu vexé. Ou bien il m'a prise pour une vieille sotte qui ne veut pas se remettre en question.

* Je rappelle qu'à la fin de l'année dernière,le proviseur du lycée du bas de la côte, au pot de fin d'année, ne savait pas qui j'étais... 

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Formulaires malins

 (5 février)

Pour une raison que j'ai oubliée, j'ai fait une recherche dans mes captures d'écran. Cela a occasionné deux effets: j'ai fait du tri (via la corbeille) et retrouvé des images que j'avais pensé montrer ici.

Voici donc la première:

Le site d'origine est sorti de ma mémoire, mais il connaissait manifestement mon prénom, ce champ étant pré-rempli. Et la civilité par défaut étant "Monsieur", on avait ici un homme avec un prénom féminin. Je ne sais pas s'il est possible de remédier à ce problème. D'une part, parce qu'il serait difficile d'établir une liste exaustive des prénoms, les parents d'aujourd'hui ayant beaucoup d'imagination. D'autre part, tout simplement à cause des prénoms épicènes: Camille, Dominique ou Maëlann sont-ils des hommes ou des femmes?

La capture numéro deux concernait le Pirate, je ne me souviens absolument plus pourquoi. Peut-être pour en faire le bénéficiaire d'un virement bancaire?
 

Quoi qu'il en soit, le prénom était pré-rempli, là encore. Et les champs pour les coordonnées indiquaient des exemples québécois, sauf pour le code postal. Peut-être le fournisseur du logiciel est-il canadien? Est-ce là le seul moyen d'avoir un contenu correct en français?

Parce que manifestement, il y a des créateurs de sites qui ne réfléchissent pas beaucoup à leur contenu: 


 

Si encore on me demandait la date à laquelle je vais mourir, je comprendrais qu'on me propose des années à venir, mais pour ma date de naissance? Ou bien la chose est concue pour ne pas vexer plus que les autres les gens comme moi, comme c'est habituellement le cas avec les menus déroulants qui nous obligent à remonter (très) loin? J'ai vu une fois un formulaire intelligent qui partait de 2005 ou 2010, ce qui était plus logique, sachant qu'on voulait la date de naissance d'une personne majeure.

Les deux dernières captures d'écran datent de ma réaffiliation à la Mutuelle désormais obliGatoire de l'Educ' Nat'. Je voulais vérifier que mes deux derniers enfants seraient toujours couverts. Et là, stupeur, ils ne prenaient en compte que deux enfants, à savoir le Pirate et Numérobis.
Or j'avais signalé en octobre que mon aîné gagne désormais sa vie et bénéficie de la mutuelle de son entreprise. J'ai donc "transformé" les données du premier enfant pour rentrer les celles du P'tit Mousse, et voici ce qui est apparu une fois sélectionnée sa date de naissance:


Je l'appelle Maximilien, maintenant. Je ne suis pas certaine qu'il y ait beaucoup de Cunégonde de la Hautetour dans l'enseignement public, mais enfin, on ne sait jamais.
Au moment de vérifier les données de Numérobis, je me suis apperçue que cet enfant-là aussi avait un potentiellement un père à armoiries (alors que le prénom et la date de naissance étaient connus):

Peut-être que je devrais chercher ce Monsieur de la Contrée, s'il n'est pas complètement désargenté?


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photo des blogopotes: savon

 (11 janvier 2026)

Le thème de ce dimanche est assez simple, au fond. Tout le monde utilise du savon. Avec plus ou moins de réussite, quand il s'agit de savon liquide:

Pourquoi y a-t-il toujours qulequ'un·e qui laisse couler le savon à côté de sa main?
(Chez moi, il n'y a que du savon solide, ça évite ce genre de problème; mais évidemment, dans des espaces publics, on considère que c'est moins hygiénique.)

Cependant, quand Monsieur Ouille revient tout crado d'une virée sous les voitures, je me demande si le savonner serait une bonne idée.

Et puis, il y a le savon qu'il faudrait passer au P'tit Mousse, qui ne travaille vraiment pas assez. Son professeur principal s'inquiète des résultats dans certaines matières. J'ai regardé de plus près et fait quelques calculs: s'il ne redresse pas rapidement et radicalement la barre, il n'aura pas son bac...
 

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Mangez des pommes!

 (14 octobre 2025)

Cette année, les fleurs des arbres fruitiers n'ont pas subi le gel. Il a fait beau, avec juste ce qu'il faut de pluie. Et il n'y a pas que le prunier du jardin qui en a profité. Le pommier croulait sous les fruits, ses branches en traînaient par terre; et, contrairement aux années précédentes, il n'y a que peu de pommes "habitées".

Alors, comme je ne vais certainement pas toutes les manger, même avec l'aide du P'tit Mousse, j'en ai apporté au lycée.

Au départ, je pensai en apporter dans un des lycées le lundi, et dans l'autre le jeudi. Mais je suis loin d'être la seule à crouler sous les fruits. Il y a du trafic de noix, des prunes ont également circulé, et en arrivant dans le second lycée lundi dernier à midi, j'ai vu qu'une collègue avait déjà apporté un cageot de reinettes grises. Donc je me suis abstenue de remettre des pommes là-bas.

En revanche, tout le monde a dit du bien des fruits du pommier de mon jardin, et le carton a été vidé en 24 heures, la semaine dernière. J'ai donc rapporté mon carton rempli hier, et reçu encore plein de félicitations (vraiment, mais je n'y suis pour rien). Une collègue m'a même affirmé que je l'avais réconciliée avec les pommes. Celles-là ont disparu en moins de 10 heures, et j'en ai rapporté pour quelqu'un qui m'en a demandé.

Il m'en reste. Et je vais vraisemblablement en faire encore de la compote, demain. Il y a déjà des pots au congélateur, j'ai tenté la stérilisation pour deux ou trois autres (qui ont l'air de tenir), et je vais finir par manquer de contenants. J'ai fait une tarte, des crumbles, et je vais pouvoir recommencer pendant les vacances, Numérobis va venir nous aider à faire un sort à ces desserts (j'ai de la chance, la tarte aux pommes est une des seules que mange cet enfant qui n'aime pas les fruits). Et bien sûr, je les mange aussi toutes crues!

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Montag, Raviolitag!

 (8 octobre)

Bien sûr, nous ne sommes pas lundi. Et vous trouvez peut-être étrange d'avoir cette référence à une réplique bien connue d'un film français en allemand. C'est que, la première fois que j'ai vu ce film, c'est sur le canapé de ma correspondante bavaroise. Et la réplique s'est ancrée dans ma mémoire dans la langue où je l'ai entendue. Peut-être parce que c'est l'une de celles que j'ai le mieux comprises, avec mon niveau de langue de l'époque. C'est bizarre, mais c'est comme ça.

Bref.

Je ne mange pas de raviolis le lundi, mais des croque-monsieur, le mercredi.

Le mercredi, pendant longtemps, j'ai travaillé. Et il fallait que je puisse faire à manger rapidement pour les enfants, surtout quand ils rentraient du collège par le car et qu'ils avaient grand faim, midi étant déjà passé depuis presque une heure. Il faut bien avouer aussi que mes talents culinaires étant limités, des croque-monsieur, c'était bien pratique à préparer.


Cette année, je ne travaille pas le mercredi, et le P'tit Mousse est chez moi pour deux mois consécutifs, alors j'en ai profité pour introduire des variantes dans la junk ou finger food: une semaine sur deux, je fais des hot-dogs ou des hamburgers. Mais cette semaine, le menu revenait normalement au traditionnel croque-monsieur, et mon fils avait déjà remarqué qu'il fallait racheter des chips.

Sauf que. (Non le loto 6/49 n'a pas changé le monde...*)

Hier soir, le P'tit Mousse est rentré en me demandant ce qu'on mangerait ce midi, et a ajouté, affirmatif: "Pas des croque-monsieur". Parce qu'on lui en a servi à la cantine. Je n'ai pas trop bien saisi son histoire, manifestement c'était un plat de secours préparé vite fait, il y a dû y avoir un problème quelconque à la cuisine (pas une absence de cuisinier, dans ce cas-là, on ouvre habituellement des boîtes de... raviolis, parce que c'est tout prêt, ce qui est bien pratique quand il est interdit de cuisiner sans la supervision d'un cuisinier.).

Mais alors, on mange quoi, ce midi? (Heureusement que j'ai un petit décalage dans les courses, par rapport à d'habitude: je n'avais acheté aucun des ingrédients.)

* Petite référence à mes étés d'enfance passés au Canada, où la publicité pour la loterie nationale avait pour slogan: "Le loto 6/49, ça change pas l'monde. Sauf que..." 

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Quand le téléphone sonne

 (4 septembre)

Quand le téléphone sonne en mon absence, personne ne répond. Les enfants, quand ils sont là, n'osent pas décrocher le combiné.

Le P'tit Mousse a eu beaucoup de mal à contacter son lieu de stage, avant de s'y rendre, l'an dernier. Et une fois sur place, il a été peu bavard. En classe, ses professeurs le trouvent souvent isolé.

Pour Numérobis, l'entrée en seconde, dans une classe où il n'avait aucun ami proche, a été un véritable drame. Il déteste les transports en commun, qui sont plein d'inconnus. Et, même si cela s'améliore, je l'ai senti sur le point de renoncer plusieurs fois, lorsque nous avons fait la queue pour renouveler sa carte de bus (Mais je n'ai pas de photo? Mais je n'ai pas de pièce d'identité?) il y a quelques jours. Oui, je l'accompagne encore, parce que je ne suis pas certaine que, seul, il y serait allé. La prise de parole est une chose difficile pour lui aussi.

Dans son rapport / mémoire de M2, le Pirate a mentionné ses difficultés avec les interactions sociales. Nous en avons discuté, à table, avec ses cadets, et j'ai dit que je n'étais pas très douée là-dedans non plus, que c'était plus le domaine de leur père. Etonnement de Numérobis: "Mais tu es prof?"

Oui, je suis prof, et j'ai plein d'élèves en face de moi. Ce qui est parfois un vrai problème. Je me rends compte que je ne parviens pas toujours à établir un contact visuel. Quand on corrige un exercice, il peut m'arriver de rester le nez collé dans mon livre, au lieu de regarder l'élève que je viens d'interroger. Plus ils et elles sont nombreux dans la classe, pire c'est.

Alors je ne sais pas trop ce qui m'a pris de répondre oui, l'autre soir.

J'étais en train de préparer à manger, la radio a annoncé le sujet de l'émission inter-active du soir, une annonce gouvernementale dont j'avais justement discuté avec mes deux cadets avant de ramener Numéobis à la sous-préfecture. J'ai saisi mon portable pour envoyer un message Ouatsape au 524 7000 (avec quelques chiffres devant en plus, mais je connais ce numéro depuis mon enfance), et j'ai mis mon plat au four.


 Quelques minutes plus tard, mon téléphone a sonné, affichant un numéro privé.

A priori donc, ce n'était pas Clara Vivaldi (son numéro commence par 01); mais je supposais tout de même un importun que je n'aurais pas de mal à moucher.

Que neni, bien sûr, vous l'avez compris, c'était un standardiste de l'émission qui me rappelait, parce que mon témoignage les intéressait, et est-ce que j'étais d'accord pour passer à l'antenne?

Heu... L'hésitation était réelle, mon petit coeur commençait déjà à s'emballer, mais j'ai répondu oui quand même. Alors Pierre (?) m'a dit qu'il allait me passer un technicien, et j'ai entendu un grésillement, et puis la radio dans mon téléphone.

Je crois que j'avais déjà entendu la radio dans mon téléphone, un samedi après-midi, quand j'avais donné la réponse à une devinette, il y a longtemps.

Bref, mon coeur commençait à battre la chamade, je me suis dit qu'il fallait que j'éteigne mon radio-réveil pour éviter l'effet d'écho, et j'ai suivi autant que possible le débat. Le technicien m'a demandé si j'entendais bien la radio, si j'étais sur un fixe ou un portable, si j'avais bien éteint mon poste, et m'a recommandé de bien garder mon téléphone à l'oreille et de ne pas mettre le haut-parleur (il y a toujours des gens qui attendent en mettant le haut-parleur, il se passe quelques secondes avant qu'ils ne reprennent leur téléphone quand c'est leur tour, et on entend la radio en écho derrière).

Je ne sais pas combien de mois d'espérance de vie j'ai perdu dans cette affaire, mais mon taux de cortisol ne cessait de grimper, et quand j'ai entendu Fabienne S. dire qu'elle allait repasser au standard, je me suis demandé si j'allais réussir à parler. J'ai causé dans le poste, et l'animatrice m'a relancée (ah non, pitié, quelle torture!); j'ai eu l'impression de bafouiller dans ma réponse, et j'ai été bien contente quand le technicien, au bout de quelques minutes, m'a remerciée et dit que je pouvais raccrocher.

Manger a été un peu diffcile, tant je tremblais, après cette minute de gloire (inter)nationale. J'ai été chercher le son de l'émission sur la toile, et je me suis rassurée: mon trac est peu audible. En fait, je me rends compte que beaucoup d'auditeur·rices qui passent doivent être aussi ému·es que moi, ils et elles ont les mêmes hésitations dans leurs phrases. Alors qu'il s'agit juste d'une conversation téléphonique, et que tous les interlocuteur·rices qui m'ont parlé étaient très aimables. 

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Un autre petit tour

 (14 août)

La semaine dernière à la même heure, j'étais à Lyon avec mes deux cadets. Ce n'était pas le meilleur moment, à l'approche d'un épisode caniculaire, et alors que la ville est en travaux (pour diminuer la place des voitures, m'a-t-il semblé), mais enfin je n'avais jamais vu la capitale des Gaules, et comme elle est facilement acessible en train, nous y avons passé quelques jours.

Numérobis n'aimant pas prendre les transports en commun, nous avons beaucoup marché, ce qui est un excellent moyen pour découvrir une ville. Depuis le Vieux Lyon, nous sommes montés sur la colline de Fourvière, en passant par des escaliers qui nous ont un peu rappelé Naples.

Numérobis a jugé que c'était comme dans le sud de l'Italie, en moins beau mais en plus propre. Ce qui me paraît assez correct, comme évaluation.

Evidemment, nous avons visité le musée gallo-romain. En passant assez vite, parce que mes enfants n'aiment pas les musées, et que nous avions déjà vu pas mal de choses plus ou moins du même ordre l'an dernier. (Pas de "gallo-" en Italie, bien sûr...) Et comme nous avons un peu tous entre 6 et 10 ans dans notre tête, nous avons admiré ces réalisations en brique:

Il y a trois maquettes en plastique coloré, qui fourmillent de détails historiques, drôles ou totalement déplacés. Nous avons par exemple retrouvé les stands de vente à emporter à l'antique signalés à Pompéi, et bien ri en découvrant un baigneur et les latrines derrière les murs ouverts des thermes. J'ai trouvé ça à la fois ludique et pédagogique, et mes enfants ont demandé les boîtes, qui n'existent pas, pour Noël.

(Ici, des ouvriers refont le pavage en costume du XXème siècle.)
L'autre musée qui a intéressé mes ados est celui des marionnettes, sis dans l'hôtel Gadane, et dans lequel se trouve, entre autre, un exemplaire du PPDA des Guignols.

Nous avons aussi grimpé la colline de la Croix Rousse jusqu'au Gros Caillou.

Mais les métiers à tisser et la révolte des Canuts n'ont passionné ni le P'tit Mousse, ni Numérobis.

En revanche, je crois qu'ils ont bien apprécié une visite à laquelle je n'aurais pas pensé toute seule. C'est la dame de l'Office du Tourisme, où j'avais été acheter nos City-Card pour 24 heures, qui nous a proposé de découvrir les toits de Fourvière en famille.

Nous sommes donc, ce jour-là, remontés sur la colline, mais en prenant le funiculaire (la carte inclut les transports en commun), et nous sommes arrivés pile-poil pour le départ de la visite.
Au début, Numérobis et moi avons eu un peu peur, parce que la guide avait l'air de s'adresser à un public d'école primaire. De fait, les autres enfants étaient tous plus jeunes que les miens.

Et puis nous sommes montés, en nous avons pu voir la basilique depuis les galeries supérieures. Voir une belle église d'en haut est une chose dont je rêvais depuis longtemps.

Et nous sommes encore montés pour aller voir le carillon (juste au moment où il sonnait la demie). Un autre groupe commençait sa visite en dessous et en anglais (joli zeugme) quand nous sommes ressortis pour aller sous le toit, puis sur les coursives autour de ce toit.

Au passage, j'ai constaté que les ardoises étaient moins chaudes que les plaques de zinc avec lesquelles elles alternent. Peu étonnant, mais intéressant pour la recherche de la meilleure couverture.
Cependant le plus spectaculaire était évidemment la vue qu'on a depuis le toit de l'édifice.

(Sur ce cliché comme sur le premier, on voit la cathédrale.)
Il paraît qu'on peut apercevoir le Mont-Blanc, mais les particules fines nous en ont empêchés.

Si les enfants eux-mêmes se sont demandés avant de partir ce que nous allions bien pouvoir faire à Lyon (question qu'on m'a posée plusieurs fois), je pense qu'ils ne sont pas mécontents de ce petit voyage. Quant à moi, la ville m'a bien plu et j'aurais été capable d'en visiter un peu plus si j'avais été seule (pas de ronchons à l'entrée des musées et des trajets sous terre plutôt que sur des dalles brûlantes). J'y retournerai peut-être, plutôt au printemps que sous la canicule, quand les travaux de voirie et à la gare seront terminés. 

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Découvrir

 (26 juin)

Depuis le début de la semaine dernière, les élèves de seconde sont en stage d'observation en entreprise, pour découvrir un métier ou voir comment ça se passe dans le domaine vers lequel ils et elles s'orientent. Enfin, ça, c'est la théorie du Minitère. Dans la pratique, il y a des élèves qui ne se sont pas beaucoup fatigué·es à chercher un stage, et un paquet d'autres qui ne savent pas vraiment ce qu'ils ou elles veulent faire, et ont donc pris un truc au petit bonheur la chance (des relations de leurs parents).

Le P'tit Mousse ne sait pas vers quoi il s'oriente, en dehors du fait qu'il a pris trois spécialités scientifiques pour l'an prochain. Il ne voulait pas retourner chez son oncle artisan comme l'an dernier, et il a fallu que je le tanne pour qu'il se connecte enfin à la plateforme dédiée pour trouver un stage. Je dois dire que le site est assez bien fait, même si je trouve curieux qu'on propose de découvrir l'univers des cavistes à des mineurs (au moins deux annonces). J'avoue avoir un peu orienté les demandes de mon fils vers l'entreprise textile locale, qui proposait plusieurs postes (informatique, comptabilité, logistique...) et qui l'a contacté parce qu'il restait effectivement des places sur l'un d'eux.


Le P'tit Mousse a donc rejoint lundi dernier une quinzaine d'autres élèves de seconde de la Préfecture à l'accueil du magasin des bureaux, pour une demie-journée d'intégration avant de se rendre plus spécifiquement du côté des entrepôts et de la logistique. Il était très content de retrouver un copain de primaire, qui va, lui, découvrir le service informatique, parce que c'est quand même un peu intimidant, à 15 ans, de se retrouver dans une entreprise au milieu d'inconnu·es. (Je l'avais emmené le vendredi précédent pour qu'il voie un peu l'endroit et l'arrêt de bus le plus proche, quand même.)

Il est revenu enchanté de cette première journée, où il a découvert le service des retours de colis. (Imaginez-vous un peu que l'entreprise JETTE les vêtements qui reviennent non seulement s'ils sont tachés, mais aussi s'ils ont été lavés ou portés - un don à une entreprise de réinsertion qui lave et revend en seconde main n'est-il pas envisageable?)

Depuis, le P'tit Mousse a collé des étiquettes, vérifié le contenu de colis prêts à partir, été chercher ou remettre des articles dans les rayons, le tout protégé par un gilet jaune et des coques de sécurité qui lui font mal aux pieds. On ne peut donc pas dire qu'il se contente d'observer. Mais honnêtement, c'est beaucoup moins ennuyeux comme ça. Et cela lui a aussi permis de se rendre compte que c'est chiant fatiguant, de faire la même chose toute la journée. Hier soir, il était un peu découragé, parce que "c'est les soldes", et qu'il y a nettement plus de commandes que d'habitude. Mais aujourd'hui et demain, il devrait changer d'entrepôt, les découvertes ne sont donc pas terminées...

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Un autre rythme (avec supplément de dernière minute)

 (19 juin)

Diantre, il fait chaud!

Et les candidats au bac ont bien chaud, hier, pendant les épreuves. Il faut dire aussi que les fenêtres de la salle étaient restées ouverte toute la matinée, alors que ladite salle prend le soleil le matin, et que les rideaux fermés avaient juste rendu l'air plus lourd. Résultat: il faisait paradoxament meilleur après l'épreuve (fenêtres, rideaux et portes ouvertes pour faire courant d'air) qu'avant.


Et la collègue idiote qui ne comprend jamais rien de s'exclamer, en arrivant vers 14 heures, que vraiment, on se demande à quoi pensent les gens qui, au ministère, ont décidé que les épreuves auraient n'auraient pas lieu le matin.

Pourquoi je dis que cette question est idiote? Parce que la réponse est fort simple, il suffit de consulter le calendrier: les candidat·es d'outre-mer composent en même temps que les élèves de métropole. A 14 heures chez nous, il est... 8 heures du matin, pour celles et ceux de Martinique et de Guadeloupe. Comme ça, tout le monde planche sur les mêmes sujets. Sujets manifestement particulièrement compliqués en physique: beaucoup de copies comportaient pas mal d'espaces vides, laissés là par des élèves qui espéraient pouvoir y revenir par la suite. Une candidate a même pratiquement fondu en larmes, tellement elle étaient perdue.

La vraie question, quant à l'horaire des épreuves, c'est: pourquoi est-ce que la philosophie est toujours à 8 heures du matin en métropole? Les Antillais·es et candidat·es de Saint-Pierre et Miquelon ont nécessairement un sujet différent pour cette matière, puisqu'ils ne composent pas de nuit (mon papa m'avait expliqué que, pour les concours de recrutement de l'Education Nationale, les inscrit·es de la Réunion et des autres territoires devaient se présenter à des horaires étranges, pour découvrir les sujets en même temps que celles et ceux de métropole; et en cas de cyclone ici ou là, tout le monde était reconvoqué).

L'ennui, avec ces épreuves dans l'après-midi, c'est effectivement qu'il fait souvent plus chaud. Et puis, les élèves qui bénéficient d'un tiers-temps, s'ils et elles l'utilisent en entier, peuvent terminer à... 19 h 20, c'est-à-dire parfois après le passage du dernier car qui aurait pu les ramener à la maison (de toute façon, certain·es candidat·es n'ont pas non plus de moyen de transport collectif pour arriver après 9 heures).

Il est possible que j'aie déjà fait des remarques évivalentes l'an dernier ou l'année encore avant; pardonnez-moi ce radotage. Les écrits étant terminés, je n'ai plus pour ma part qu'à encadrer une journée les élèves qui passent le grand oral, et je peux donc pratiquement considérer que je suis en vacances. Au contraire du P'tit Mousse, qui se lève vaillammant tous les matins pour aller effectuer son stage de seconde, et qui a dû faire hier une journée complète au lieu de terminer à midi comme d'habitude. Il y aura là certainement de quoi écrire un billet. J'attends juste de voir si son plaisir de découverte de s'émousse pas.

Petite information suppémentaire: après consultation de ma boîte mail académique, il s'avère que j'ai reçu à 16 heures une convocation comme vice-présidente de jury, les 3 et 9 juillet prochains. 

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