Besserwisserin

 (3 juin 2026)

Ce terme allemand, et qui se dirait juste Besserwisser au masculin, désigne une personne qui est fort contente de faire savoir qu'elle est plus savante que les autres. Autant dire qu'il me va plutôt bien.

Derniers exemples en date, mes commentaires du dimanche chez Gilsoub, ou le message envoyé aux collègues d'un des lycée où j'enseigne, parce qu'une partie d'entre eux·elles ne respecte pas l'anonymat des candidat·es au bac et inscrit les prénoms des élèves dans les commentaires du livret destiné au jury de délibération. J'essaie de ne pas être trop cassante ou arrogante, mais je sais que mes remarques peuvent être assez désagréables à recevoir.

La première fois qu'on m'a fait sentir qu'il fallait que j'arrête de faire ma miss Je-sais-tout, ou en tout cas, la première fois dont je me souvienne, c'était au catéchisme. Je voulais sans arrêt répondre, et ça a fini par agacer les dames du caté.

Un deuxième moment très révélateur, c'était à cette époque-ci de l'année, quand notre prof de français lettres d'hypokhâgne nous avait demandé d'écrire un sonnet. Elle nous avait imposé des rimes, ou peut-être même les mots qui devaient se trouver à la fin de quatre vers, et à nous de nous débrouiller avec ça. Trois des rimes imposées étant -oupe, -er et -oile, ou bien deux des mots "poupe" ou "chaloupe" et "voile", en tout cas, le thème marin évident.

Sauf que je suis partie sur tout autre chose, et j'ai composé en octosyllabes, parce que ça m'est venu plus facilement qu'en alexandrins. Ça commençait comme ça:

Tous les joueurs veulent la coupe.
L'un d'eux, le drôle de la troupe,
A mis son maillot à l'envers.
Il est battu par un revers,

Et autour de lui on s'attroupe
???

Et puis il y avait un vers qui disait "Tandis qu'on déroule la toile", parce qu'évidemment, il s'était mis à pleuvoir, et mon sonnet s'appelait "Roland Garros".

C'était rigolo, ça m'avait pris du temps, pour respecter (presque) toutes les règles. Et je n'avais pas eu tort de choisir la métaphore, parce que le poème initial, que la prof nous avait lu, comparait une coupe de champagne à une barque sur l'océan d'une nappe, ou un truc comme ça.

Bref. Un seul autre élève s'était plié à l'exercice, ou avait osé proposer son oeuvre à la lecture. Et paf! je l'avais cassé, parce qu'il avait associé une rime féminine avec une rime masculine (en gros, il avait dû faire rimer "mer" avec "mère", ce qui est interdit en posésie classique, à cause du e qui termine le deuxième mot).

Parfois, je suis impitoyable.

(Lui aussi; il a encore cuisiné un mulot, hier.)

 

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Polyglotte

 (5 mars 2026)

Une école quelconque, à laquelle on accède par concours, a envoyé au lycée un fascicule avec des sujets-type. Il y a une épreuve de LV B, prétendument de niveau B1, puisque c'est le niveau que nos élèves sont censés atteindre en fin de terminale. Sauf que ce test est un questionnaire à choix multiples, qui ne permet donc pas véritablement de vérifier les compétences en expression (ni en compréhension de l'oral).

J'ai regardé les épreuves de néerlandais et de russe, pour rigoler. Il y a une quarantaine de questions, je ne les ai bien sûr pas toutes traitées, mais comme il y a un corrigé à la fin, j'ai pu constater que dans ces deux langues, j'étais tout à fait apte. Evidemment, "traduire" une phrase, quand on vous donne le choix entre quatre possibilités, c'est beaucoup plus simple que si on ne vous donne pas le moindre mot. Aussi, je ne m'autorise pas vraiment à m'attribuer un niveau B1 en russe, ni même en néerlandais, où je serais plus à l'aise pour m'exprimer grâce à la petite chouette verte. (Il y a trop longtemps que je n'ai pas fait de russe.)

Pour ce que la petite chouette peut m'offrir, je suis arrivée au dernier niveau, en néerlandais. Et donc, sauf à tourner en rond et répéter sans arrêt que "De studenten leren meer, als ze in groepen werken", et autres phrases que mon téléphone connaît lui aussi par coeur, puisqu'il me propose toujours le mot suivant avec pertinence, il fallait passer à autre chose.

Alors j'ai franchi le pas en dehors des langues indo-européennes. Et je me suis attaquée à celle qui me frustrait depuis longtemps. Quand j'étais petite, en effet, on pouvait voir dans le métro parisien des Turcs qui lisaient Hürriyet ou Milliyet, et c'était agaçant, parce qu'on avait l'impression de pouvoir déchiffrer titres et articles, mais sans comprendre quoi que ce soit, en dehors du mot futbol.


 C'est très intéressant, parce que le turc est une langue agglutinante, c'est-à-dire qu'il faut ajouter des syllables à la fin des mots pour modifier leur sens dans la phrase, et qu'on peut combiner ces suffixes, un peu comme une déclinaison, mais en plus complexe. Köpek, c'est un chien; köpeği, le chien (à l'accusatif, oui, il y a une petite mutation consonnantique, mais ça ne me choque pas, hein, je vis en Bretagne), köpeğimiz, notre chien... Bref, je ne vais pas vous enquiquiner avec la grammaire turque; mais ce que je constate, c'est que, jusqu'ici, je m'en sors très bien sans explications, parce que je fais des comparaisons avec d'autres langues. Et l'autre remarque qui confirme l'idée que, plus on connaît de langues, plus c'est facile d'en apprendre une nouvelle, c'est que je me suis rendu compte hier soir que je commençais à comprendre sans passer par la traduction. De petites phrases, certes, mais c'est un début. Et puis on voit assez bien à quelle langue les mots transparents ont été empruntés (l'église et le musée viendraient du français que ça ne m'étonnerait pas, par exemple).

(L'autre fait qui semble se confirmer, c'est que la chouette adapte ses phrases à la culture du pays concerné. Si, en néerlandais, j'ai appris à dire "Je suis une banane", "Sa femme (à elle) est artiste" et à parler de sabots, en turc, on me dit qu'il y a beaucoup de chats à Istanbul et Ankara ("Ankara'da"), et les femmes sont dans la cuisine...)

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Par hasard

 (30 décembre 2025)

Est-ce vraiment utile de publier quelque chose aujourd'hui, alors qu'on est dans cet entre-deux proche du néant, où personne ne sait vraiment quel jour on est?

Bref.

J'ai passé Noël en région parisienne, ma soeur ayant la bonté de m'accueillir, avec mon Papa, chaque Noël que je risquerais de passer seule. A vrai dire, j'avais envisagé de me payer une petite escapade du côté de Cologne, Aix-la-Chapelle et Trèves, mais les prix des trajets et la difficulté à trouver un logement m'en ont dissuadée. Et je me suis donc encore une fois incrustée chez ma plus jeune soeur.

Comme je m'ennuyais un peu, chez mon Papa (c'est affreux, mais j'ai du mal à supporter de passer plus de deux jours avec lui), j'ai saisi une des caisses de photos, au prétexte qu'il en fallait une pour le "calendrier de l'après" du lycée. La vie scolaire veut, cette année encore, proposer des photos des profs entre 6 et 12 ans, le jeu consistant à deviner qui est qui. Je ne sais pas si je vais donner encore un cliché de moi, mais je suis, entre autres, tombée sur celui-ci:

C'est une photo prise par mon père, pour mon neuvième anniversaire. Vous pourrez remarquer qu'il y a devant le gâteau un de ces petits verres dans lesquels on nous versait du champagne, à nous, les enfants (et que la bouteille est bien entamée, aussi!).
Mais ce qui m'a surtout émue, c'est mon grand-père. Il est mort pratiquement neuf ans plus tard (le jour des 9 ans de ma plus jeune soeur), et plus je pense à lui, plus je pense que c'était un homme profondément bon. Il me semble qu'on le voit ici heureux et fier. Mon grand-père a beaucoup aimé ses trois petites-filles, je crois qu'on le voit dans son regard. Et ce qui est curieux, c'est que j'avais pensé à lui juste quelques jours avant de retrouver cette image.

Bon, je ne suis pas certaine de donner ce cliché pour le jeu, où le noir et blanc peuvent tromper un peu, mais je suis bien contente d'avoir pu l'emporter chez moi. 

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En avent: histoire

 (24 décembre)

Voici venu le dernier jour du défi de l'avent.

L'histoire, est-ce la petite, ou la grande?

J'aimais bien la grande, quand j'étais plus jeune. Mais je crois qu'elle passionne encore plus mes enfants. Le Pirate est très calé sur les rois de France, et le P'tit Mousse écoute avec attention ses cours d'histoire; il aime moins la géographie. Numérobis avait choisi la spécialité avec de l'histoire dedans, en première (HGGSP: histoire, géographie, géopolitique et sciences politiques).

Je lis des tas d'histoire. Ce n'est pas pour rien que j'ai un abonnement à la médiathèque.

(Encore une photo d'archive)
Un été, j'avais publié sur ce blog les photos des livres que j'avais lus.

En revanche, je ne me souviens pas avoir pratiqué le rituel de l'histoire du soir avec mes enfants. Le Pirate a eu sa première carte de médiathèque à deux ans, mais nous ne lisions pas nécessairement au moment du coucher.

Et puis, il y a les histoires que je me raconte, le soir, avant de m'endormir. Je l'ai toujours fait. Je me souviens d'une époque où je me je chantais des comptines ("Quand trois poules vont aux champs") et puis, je suis passée aux histoires, dans ma tête. Le même récit peut servir plusieurs soirs, parce que je m'endors avant la fin, et généralement au même moment, et que je reprends plus ou moins au début le lendemain. Ce sont des auto-fictions qui rassurent, en général; et pourtant, l'expérience prouve qu'elles ne se réalisent pratiquement jamais.
 

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En avent: passage

 (20 décembre)

Quand j'étais petite, nous habitions entre deux impasses. L'impasse B. donnait sur le passage B., et c'était là l'adresse officielle de la résidence. Cependant, nous sortions plus souvent par l'impasse M., qui, une fois un porche franchi, donnait accès à une rue plus commerçante.

L'impasse M. était en quelque sorte la porte de devant. Par là, nous allions à l'école (puis au collège, puis au lycée). C'est par là aussi que nous passions pour aller à la boulangerie, à la librairie, à la bibliothèque ou chez un des deux "arabes du coin".

L'impasse B. donnait un accès plus rapide vers la piscine, le marché, le cours de danse ou l'église. Mais pour nous, c'était un peu la porte de service. Les immeubles des résidences voisines qui se trouvaient de ce côté étaient "derrière". Certain·es de nos camarades de primaire qui habitaient là passaient parfois par notre résidence pour arriver plus rapidement à l'école.

Un hiver, un musicien de rue, avec son orgue de barbarie, avait profité de ce droit de passage pour s'installer dans la cour entre les immeubles et jouer. Depuis les balcons, les enfants le regardaient. Quelques adultes avaient aussi enveloppé trois pièces dans un mouchoir pour les envoyer vers le musicien. Je crois que d'autres, moins confiants dans la trajectoire de leur aumône, étaient descendus la déposer près de l'orgue.

Et puis un jour, les propriétaires de notre résidence en ont eu assez des passants. Ils et elles vieillissaient et avaient peur des cambriolages, alors ils ont voté la fermeture. Je n'habitais déjà plus chez mes parents, et eux-mêmes n'avaient pas envie de vivre entre des grilles, alors ils ont cherché ailleurs...

(Vieille photo publiée sur ce blog l'année de notre passage par Strasbourg)

 

 

C'est important, le droit de passage, pour les gens qui aiment bien marcher. Et il m'est déjà arrivé, en randonnée, de voir qu'il n'était plus possible de traverser telle ou telle parcelle à cause d'un·e propriétaire un peu obtus·e.

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Le défi de l'avent: aimer

 (3 décembre)

Vaste sujet que celui proposé aujourd'hui par Anne.

Mais après tout, c'est aussi l'occasion de rédiger enfin ce post sur l'injonction à vivre à deux. Car, normalement, on vit avec la personne qu'on aime.

Il y a, au lycée, des collègues (des deux sexes) divorcé·es. Et aussi une quasi-veuve (ils n'étaient pas mariés). Depuis plus ou moins longtemps. Et qui cherchent l'âme soeur, ou qui l'ont trouvée. Il y a parmi eux une collègue dont j'ai envie de dire qu'elle est une stakhanoviste des rencontres. C'est une déformation de la vérité, mais elle me donne l'impression d'enchaîner les rendez-vous.

Et pour toutes ces personnes, il est normal de vouloir vivre à deux. Elles me parlent donc comme si j'étais moi aussi à la recherche de quelqu'un. "Ah oui, la rando, c'est un super moyen pour rencontrer des gens, aussi!". Sauf que je ne randonne pas pour faire des rencontres. Si je croise quelqu'un, il est rare que j'entame la conversation (même si je l'ai fait, cet été; incroyable, j'ai causé à un gars qui cueillait du poivre des marais).

Je suis une solitaire. Et il est possible que j'aie toujours su que je ne pourrais pas vivre éternellement avec un homme.

Quand j'étais ado, je me racontais ma vie future en imaginant épouser un marin (militaire? pour l'uniforme...). Il m'aurait fait des enfants (4 petits bretons: Malo, Thuriau, Brieuc et Nazaire; heureusement que je ne connaissais pas encore Saint-Lyphard) et aurait passé la plupart de sa vie en mer, loin de moi.

Alors, depuis que je vis seule, je me trouve plutôt bien. Et je ne ressens absolument pas le besoin d'une présence masculine dans ma vie. Si j'avais divorcé il y a dix ans, je n'aurais peut-être pas vécu les choses de la même façon. Et peut-être aussi que dans dix ou 15 ans, je m'ennuierai trop pour vouloir prolonger encore cette solitude. Mais pour l'instant, je m'accommode tout à fait de cette vie de célibataire.

(Mémère à chat)

 

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Questionnement

 (28 novembre)

Parfois, mon Papa pose des questions pertinentes.

Il m'a dernièrement demandé si je ne m'ennuyais pas dans mon métier. Parce que, enseigner l'allemand à des élèves qui n'ont rien demandé et préfèreraient faire autre chose*, ce n'est pas très gratifiant, avec les qualifications que j'ai.

J'avoue qu'il y a eu un blanc dans la conversation.

(Lundi matin, 7 h 50)

Ce n'est pas vraiment que je m'ennuie. Il y a des élèves sympathiques avec lesquel·les on peut plaisanter (ah, les jumelles qui se disputaient façon "scène de ménage" à propos d'une gomme...), et puis il y a les casse-pieds qu'il faut sans arrêt rappeler à l'ordre.

Mais, de fait, je ne vois plus vraiment le sens de ce que je fais. Transmettre un savoir? La plupart des élèves n'apprennent rien, ni leçon, ni vocabulaire; au mieux, ils et elles retiendront une anecdote. D'autres, heureusement, sont curieu·ses et cherchent à comprendre et à avancer dans leur pratique de la langue; mais ils et elles sont minoritaires.

Si ce métier était vraiment gratifiant, tant sur le plan personnel que sur le plan financier, le Ministère n'aurait pas eu besoin de repousser par deux fois le délai d'inscription aux concours. Ils et elles ne se posent pas de questions, là-haut, sur l'absence de candidat·es?

Alors, faire autre chose? Oui, bien sûr, je parle plutôt bien anglais, je suis bilingue en allemand et j'ai des notions de russe et de néerlandais. Mais à l'heure où l'intelligence artificielle devient chaque jour meilleure en traduction, à quoi cela peut-il bien servir? A relire le plan de paix proposé par les Russes et paraît-il mal traduit en américain? A vérifier les étiquettes des produits vendus en supermarché ? ("Turquie épicé du sein wrap", sur un truc acheté par ma soeur du Canada, vaut son pesant de cacahuètes d'arachides.)

Pour le moment, ce dont j'ai envie, c'est de partir en randonnée. Enfin, peut-être pas tout de suite, la météo n'étant pas très favorable. Ou alors, ailleurs, là ou il fait beau. Randonner aux Canaries ou au Cap Vert, explorer la Sicile ou les îles grecques. Partir aux Pays-Bas pour pratiquer un peu cette langue que la chouette verte prétend m'apprendre. Aller voir l'éclipse de soleil en Islande, cet été. Retourner à Vienne et à Berlin, découvrir Leipzig et Salzbourg. Faire le tour des marchés de Noël et rapporter encore de nouvelles tasses (il paraît que c'est du vol; je suis donc coupable de vol et de recel).

* Le P'tit Mousse, mercredi soir, m'a demandé s'il pouvait limiter sa consommation d'école. Il y passe trop de temps et ne voudrait pas devenir accro. Est-ce qu'on peut résilier son abonnement, pour qu'il ait plus de temps pour autre chose? 

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Montag, Raviolitag!

 (8 octobre)

Bien sûr, nous ne sommes pas lundi. Et vous trouvez peut-être étrange d'avoir cette référence à une réplique bien connue d'un film français en allemand. C'est que, la première fois que j'ai vu ce film, c'est sur le canapé de ma correspondante bavaroise. Et la réplique s'est ancrée dans ma mémoire dans la langue où je l'ai entendue. Peut-être parce que c'est l'une de celles que j'ai le mieux comprises, avec mon niveau de langue de l'époque. C'est bizarre, mais c'est comme ça.

Bref.

Je ne mange pas de raviolis le lundi, mais des croque-monsieur, le mercredi.

Le mercredi, pendant longtemps, j'ai travaillé. Et il fallait que je puisse faire à manger rapidement pour les enfants, surtout quand ils rentraient du collège par le car et qu'ils avaient grand faim, midi étant déjà passé depuis presque une heure. Il faut bien avouer aussi que mes talents culinaires étant limités, des croque-monsieur, c'était bien pratique à préparer.


Cette année, je ne travaille pas le mercredi, et le P'tit Mousse est chez moi pour deux mois consécutifs, alors j'en ai profité pour introduire des variantes dans la junk ou finger food: une semaine sur deux, je fais des hot-dogs ou des hamburgers. Mais cette semaine, le menu revenait normalement au traditionnel croque-monsieur, et mon fils avait déjà remarqué qu'il fallait racheter des chips.

Sauf que. (Non le loto 6/49 n'a pas changé le monde...*)

Hier soir, le P'tit Mousse est rentré en me demandant ce qu'on mangerait ce midi, et a ajouté, affirmatif: "Pas des croque-monsieur". Parce qu'on lui en a servi à la cantine. Je n'ai pas trop bien saisi son histoire, manifestement c'était un plat de secours préparé vite fait, il y a dû y avoir un problème quelconque à la cuisine (pas une absence de cuisinier, dans ce cas-là, on ouvre habituellement des boîtes de... raviolis, parce que c'est tout prêt, ce qui est bien pratique quand il est interdit de cuisiner sans la supervision d'un cuisinier.).

Mais alors, on mange quoi, ce midi? (Heureusement que j'ai un petit décalage dans les courses, par rapport à d'habitude: je n'avais acheté aucun des ingrédients.)

* Petite référence à mes étés d'enfance passés au Canada, où la publicité pour la loterie nationale avait pour slogan: "Le loto 6/49, ça change pas l'monde. Sauf que..." 

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Changement de crèmerie

 (1er octobre)

En vérité, ce titre est peu flatteur pour les personnes concernées.

J'ai changé de cours de danse.

J'ai avais assez d'être toujours en retard sur les chorégraphies, assez de la nonchalance de la prof (très gentille, oui, mais que de temps perdu en bavardages; on dirait moi en cours...) et assez du modern jazz. J'attendais que l'animatrice prenne enfin sa retraite pour revenir à mes premières amours en allant au cours de celle qui avait enseigné les bases du classique au P'tit Mousse il y a quelques années. Sauf que, d'année en année, cette retraite était repoussée, alors j'ai décidé que, puisque les copines partaient presque toutes (étudier plus loin après leur bac), j'allais sauter le pas et quitter moi aussi ce cours.


Et pouf! Me voilà au milieu d'un groupe qui comporte des jeunes filles pas encore majeures, des jeunes femmes qui commencent à travailler et des femmes plus âgées (et même plus âgées que moi). Les plus jeunes sont alertes, habituées du cours, elles suivent sans souci cette heure qui n'est qu'une des trois ou quatre qu'elles prennent dans la semaine. Certaines des plus âgées, qui ne viennent qu'en même temps que moi, ont l'habitude aussi, mais peinent quand même parfois à répéter les mouvements.

Et moi, moi, je me suis pris une bonne claque dans la figure. Parce que, certes, les bases sont là, mais j'ai aussi de mauvaises habitudes (j'ai commencé tard, et mes premières enseignantes ne m'ont pas nécessairement corrigée) et pas mal de choses à (ré)apprendre. Mais ça fait un bien fou. La prof est stricte, je le savais et c'est aussi pour ça que j'ai mis du temps à oser changer d'école, parce que je me doutais bien que je n'étais pas au niveau. Elle est aussi juste et je la trouve, au fond, plutôt bienveillante et encourageante. C'est un (très) bon professeur de danse, je le savais, et, jusqu'ici en tout cas, je suis très contente d'avoir franchi ce pas.

(J'ai commencé tard, si on ne tient pas compte d'une première année à 8 ans: j'avais 17 ans quand j'ai pris mes premiers cours de danse classique. C'était juste après mon opération du genou. Et j'ai arrêté quand je me suis cassé la jambe; parce qu'on ne comptera pas vraiment les quelques mois de reprise, quand j'étais enceinte du Pirate.) 

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La photo du dimanche (36)

 (7 septembre)

Virginie nous demande de publier aujourd'hui un auto portrait.

Il est bien évident que je ne vais pas montrer ma bobine sur ce blog. Alors, j'aurais pu faire la maline et remarquer que, sans le tiret entre "auto" et "portrait", on peut afficher une photo de voiture. Mais il m'est venu une autre idée.

Aussi reconnaissable que mon visage et caractéristique de ma personne, il y a:


Les cicatrices de ma jambe gauche, particulièrement visibles en cette fin d'été en raison du bronzage (oui, je suis bronzée, là! J'ai même retrouvé la trace de mon opération à la thyroïde, cette année.)

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Quand le téléphone sonne

 (4 septembre)

Quand le téléphone sonne en mon absence, personne ne répond. Les enfants, quand ils sont là, n'osent pas décrocher le combiné.

Le P'tit Mousse a eu beaucoup de mal à contacter son lieu de stage, avant de s'y rendre, l'an dernier. Et une fois sur place, il a été peu bavard. En classe, ses professeurs le trouvent souvent isolé.

Pour Numérobis, l'entrée en seconde, dans une classe où il n'avait aucun ami proche, a été un véritable drame. Il déteste les transports en commun, qui sont plein d'inconnus. Et, même si cela s'améliore, je l'ai senti sur le point de renoncer plusieurs fois, lorsque nous avons fait la queue pour renouveler sa carte de bus (Mais je n'ai pas de photo? Mais je n'ai pas de pièce d'identité?) il y a quelques jours. Oui, je l'accompagne encore, parce que je ne suis pas certaine que, seul, il y serait allé. La prise de parole est une chose difficile pour lui aussi.

Dans son rapport / mémoire de M2, le Pirate a mentionné ses difficultés avec les interactions sociales. Nous en avons discuté, à table, avec ses cadets, et j'ai dit que je n'étais pas très douée là-dedans non plus, que c'était plus le domaine de leur père. Etonnement de Numérobis: "Mais tu es prof?"

Oui, je suis prof, et j'ai plein d'élèves en face de moi. Ce qui est parfois un vrai problème. Je me rends compte que je ne parviens pas toujours à établir un contact visuel. Quand on corrige un exercice, il peut m'arriver de rester le nez collé dans mon livre, au lieu de regarder l'élève que je viens d'interroger. Plus ils et elles sont nombreux dans la classe, pire c'est.

Alors je ne sais pas trop ce qui m'a pris de répondre oui, l'autre soir.

J'étais en train de préparer à manger, la radio a annoncé le sujet de l'émission inter-active du soir, une annonce gouvernementale dont j'avais justement discuté avec mes deux cadets avant de ramener Numéobis à la sous-préfecture. J'ai saisi mon portable pour envoyer un message Ouatsape au 524 7000 (avec quelques chiffres devant en plus, mais je connais ce numéro depuis mon enfance), et j'ai mis mon plat au four.


 Quelques minutes plus tard, mon téléphone a sonné, affichant un numéro privé.

A priori donc, ce n'était pas Clara Vivaldi (son numéro commence par 01); mais je supposais tout de même un importun que je n'aurais pas de mal à moucher.

Que neni, bien sûr, vous l'avez compris, c'était un standardiste de l'émission qui me rappelait, parce que mon témoignage les intéressait, et est-ce que j'étais d'accord pour passer à l'antenne?

Heu... L'hésitation était réelle, mon petit coeur commençait déjà à s'emballer, mais j'ai répondu oui quand même. Alors Pierre (?) m'a dit qu'il allait me passer un technicien, et j'ai entendu un grésillement, et puis la radio dans mon téléphone.

Je crois que j'avais déjà entendu la radio dans mon téléphone, un samedi après-midi, quand j'avais donné la réponse à une devinette, il y a longtemps.

Bref, mon coeur commençait à battre la chamade, je me suis dit qu'il fallait que j'éteigne mon radio-réveil pour éviter l'effet d'écho, et j'ai suivi autant que possible le débat. Le technicien m'a demandé si j'entendais bien la radio, si j'étais sur un fixe ou un portable, si j'avais bien éteint mon poste, et m'a recommandé de bien garder mon téléphone à l'oreille et de ne pas mettre le haut-parleur (il y a toujours des gens qui attendent en mettant le haut-parleur, il se passe quelques secondes avant qu'ils ne reprennent leur téléphone quand c'est leur tour, et on entend la radio en écho derrière).

Je ne sais pas combien de mois d'espérance de vie j'ai perdu dans cette affaire, mais mon taux de cortisol ne cessait de grimper, et quand j'ai entendu Fabienne S. dire qu'elle allait repasser au standard, je me suis demandé si j'allais réussir à parler. J'ai causé dans le poste, et l'animatrice m'a relancée (ah non, pitié, quelle torture!); j'ai eu l'impression de bafouiller dans ma réponse, et j'ai été bien contente quand le technicien, au bout de quelques minutes, m'a remerciée et dit que je pouvais raccrocher.

Manger a été un peu diffcile, tant je tremblais, après cette minute de gloire (inter)nationale. J'ai été chercher le son de l'émission sur la toile, et je me suis rassurée: mon trac est peu audible. En fait, je me rends compte que beaucoup d'auditeur·rices qui passent doivent être aussi ému·es que moi, ils et elles ont les mêmes hésitations dans leurs phrases. Alors qu'il s'agit juste d'une conversation téléphonique, et que tous les interlocuteur·rices qui m'ont parlé étaient très aimables. 

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La trentième photo du dimanche

 (27 juillet)

Le thème du jour est "été", ce qui me paraît tout à fait approprié.

Alors, pour moi, l'été, c'est ça:

La végétation brûlée par le soleil et la plage, au bord de l'océan atlantique (ici, c'est à Sainte-Anne-la Palud).

Plage que j'ai d'abord appréciée de l'autre côté de l'océan, d'ailleurs, bien que le lieu ait porté un nom basque. Une de mes tantes (canadiennes, forcément, je n'en ai pas connu d'autre) avait un chalet au bord de la mer, et nous allions y passer quelques jours chaque été, pendant mon enfance.

Et puis, edit tout frais, il ne faudrait pas oublier ça:

L'été, c'est patienter pendant des heures au bord de la route en attendant le Tour de France. La deuxième étape du Tour féminin passe pas très loin de chez moi, aujourd'hui.

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Vieille femme à chat

 (5 octobre 2024)

Cela fait aujourd'hui deux ans que le contrat de divorce est signé. Et plus de trois ans que je vis seule.

L'autre jour, en salle des professeurs, nous évoquions une collègue, désormais à la retraite, qui est toujours restée célibataire et vit donc désormais seule avec son chat. Et comme j'évoquais l'idée que c'était là peut-être l'avenir qui m'attend (à ceci près, tout de même, que j'ai eu des enfants et qu'ils ne devraient pas m'oublier tout à fait), une autre colègue a répondu: "Tu peux encore rencontrer quelqu'un."

Comme si la vie de couple était, décidément, la norme. Comme si c'était ce à quoi je devais aspirer.

Mais je ne suis pas certaine de vouloir rencontrer quelqu'un, justement. Pour le moment, en tout cas, je m'imagine assez mal repartir dans une vie à deux.


Quand j'étais adolescente, il y a une période où j'ai rêvé d'épouser un marin (breton). Il aurait été militaire et aurait passé beaucoup de temps en mer, me laissant seule avec les enfants.

Est-ce parce que je pressentais déjà mon incapacité à faire les concessions nécessaires à une vie de couple? Est-ce que j'avais envie de prouver que j'étais capable de me débrouiller toute seule?

Je ne dis pas qu'il n'y a pas des moments où j'aurais envie d'un gros câlin. Ou juste de partager une idée, un petit bonheur ou un repas avec quelqu'un. La solitude reste toutefois le statut qui me convient le mieux, jusqu'ici.

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Drôle d'ambiance

 (7 juin 2024)

Je crois que je n'ai jamais vu autant de monde à la salle polyvalente du bourg. Dimanche, j'irai y voter, mercredi, j'irai y répéter le spectacle que notre école de danse y donnera fin juin.

Mais aujourd'hui, j'y étais pour rendre hommage à un collègue de mon ancien établissement, qui a mis fin à ses jours en fin de semaine dernière. C'est Numérobis qui m'a appris la nouvelle, parce que P., la petite dernière de DC, avait été dans sa classe au collège.


DC était issu d'une famille d'agriculteurs, famille nombreuse dont il a reproduit le modèle.

Il était aimé de ses élèves, de ses collègues.
Une année, il m'avait accompagnée pour l'échange en Allemagne, parce qu'il était toujours partant pour un voyage scolaire et qu'il maîtrisait la langue.

Il avait beaucoup d'amis et était très engagé dans le monde associatif, notamment le club de foot.

Il avait grandi dans la petite ville où il habitait encore, y avait été au collège.

Pas étonnant qu'une personne si bonne ait réuni autant de monde pour lui dire au revoir.

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Je suis de bonne bonne bonne humeur

 (17 avril 2024)

Non mais, il faut le dire, parfois, je suis de bonne humeur.

Hier, quand j'ai corrigé les copies des terminales, et que j'ai mis 20 à la moitié d'entre eux (en appliquant le barème de l'Educ' Nat', mais sans états d'âme, parce qu'ils avaient vraiment compris le texte, et même vu son côté humoristique), forcément, ça m'a mise de bonne humeur.
En plus, il y en a une qui a trouvé la faute de grammaire que j'avais laissée sur le sujet (pas exprès, hein, mais je l'ai vue seulement après leur avoir disribué les feuilles). Je leur ai signalé, ils ont cherché en espérant un bonus; que je ne peux pas mettre, puisqu'ils ont déjà 20.

Deux heures plus tard, je recevais quelques Allemands de l'échange, au collège, et à la fin du cours, il y en a une qui est venue me dire "Ihre Aussprache ist sehr impressiv." Ma grammaire est peut-être fautive, mais mon accent est excellent. C'est plutôt agréable à entendre.

Et ce matin, pendant une heure de trou, j'ai constaté que mon élève qui avait repéré la faute était encore en train de faire de l'allemand, alors, forcément, la collègue que j'ai croisée juste après a trouvé que j'avais l'air radieuse.
(J'ai eu l'occasion de dire à cette élève qu'elle avait éclairé ma journée, et je crois bien que ça a éclairé la sienne, bien que je n'aie pas pu lui donner le paquet de bonbons espéré à la place du bonus.)

Il fait beau!


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Drôle d'ambiance

 (7 avril)

Je me souviens bien de T.

Il est arrivé en seconde après le COVID. C'était une rentrée masquée pour tout le monde. J'ai trouvé qu'il ressemblait à son grand frère. Et puis est venu le moment de se démasquer, et j'ai été un peu surprise par le bas de son visage, qui n'était pas le même que celui de son aîné.

Il n'avait pas le même caractère, non plus. Tout aussi travailleur, et bon élève, mais moins réservé, plus souriant, plus enjoué.

Je le revois, l'an dernier, à sa place, à côté de M_r_n, sérieuse elle aussi, et qui le chambrait parfois un peu quand il ne comprenait pas aussi vite qu'elle. Evidemment, ils eu leur bac avec mention, en juin.

(Oui, là, juste devant, sa place...)

Et cette semaine, nous avons appris le "décès brutal" de T.

Après la mort d'une élève de seconde (que je ne connaissais pas), il y a dix jours, ça fait un peu beaucoup, et la nouvelle est dure à digérer.

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Sans alcool

 (7 janvier 2024)

Pour moi, le "dry january", c'est facile. En fait, je peux faire aussi "dry february" et "dry march", et... ainsi de suite.

Parce que je ne bois pratiquement pas d'alcool.
Il serait inexact de dire que je n'en bois pas du tout. J'ai pris un fond de coupe de champagne pour Noël. Et je me suis forcée à manger les chocolats alcoolisés que m'a envoyés mon amie allemande. Mais franchement, je trouve que c'est gâcher le chocolat que d'y ajouter de la liqueur.

Comment en suis-je arrivée là?

En réalité, je crois qu'on peut dire que je n'ai jamais commencé à boire.

Mes parents m'ont toujours versé quelques gouttes de champagne dans un verre à liqueur pour les anniversaires, Noël et le Jour de l'An, depuis que je peux tenir un verre. Il existe même une photo de moi trinquant à la mort de Franco.
Lorsque j'étais adolescente, mon père m'a fait goûter deux ou trois vins, des bons crus, à l'occasion. J'ai eu droit à un porto à l'apéritif, pendant un temps. Sans l'apprécier plus que ça. Et puis, majeure, je prenais un kir, quand ma grand-mère nous invitait au restaurant; cependant, je terminais le repas à l'eau. Et pas seulement parce que cela permettait à mon père de ne pas conduire au retour.

Et puis, j'ai dû boire deux ou trois bières, dans ma vie. Je me souviens de la première, un soir où j'avais accompagné ma soeur à l'anniversaire de deux amis. Nous étions rentrées à pied, après minuit, dans Paris, et c'est la seule fois de mon existence où des policiers ont contrôlé mes papiers en dehors d'un aéroport (avions-nous l'air de deux jeunes fugueuses?). Et j'avais aussi bu la Bitbuger Pils offerte avec un menu du jour à la Mensa de l'université de Trèves; je n'avais pas du tout aimé.

Je n'ai jamais réussi à apprécier les boissons alcoolisées. Aussi incroyable que cela puisse paraître à ceux qui ont éduqué leur palais au vin, quand on m'en fait boire, je ne perçois que le goût de l'alcool. A un ancien proviseur qui voulait absolument que je goûte les crus qu'il avait apportés pour fêter sa retraite, j'avais eu bien du mal à faire comprendre que ce serait du gâchis, parce que je suis incpable d'apprécier ce genre de breuvage.

Quand il y a des bulles, à la rigueur, je peux boire. Est-ce que ce sont mes gènes bretons qui s'expriment? Je peux boire du cidre. Néanmoins, pas plus de deux verres d'affilée: quand on n'est pas habitué, l'alcool fait vite de l'effet...

Pour moi, boire ne va pas de soi. Et tant pis si cela va à l'encontre de la société et des habitudes françaises.

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A star is born

 (21 décembre 2023)

Le P'tit Mousse et moi sommes allés à la médiathèque en prévision des vacances (il fait des stocks pour quand il est chez son père).

Et soudain, un monsieur me dit:

- Bonjour

- Bonjour (?)

- Je vous ai reconnue.

- (?)

Pas le temps d'en dire plus, il était reparti vaquer à ses occupations. Mais moi, je n'ai pas du tout reconnu cet homme, qui était masqué, en plus.

J'ai demandé au P'tit Mousse s'il connaissait le monsieur, des fois que ce soit le père d'un·e de ses (ancien·nes) camarades de classe. Mais mon fils n'identifiait pas plus le bonhomme que moi.

Un parent d'élève, peut-être, récemment rencontré en réunion? Ma mémoire défaille parfois, mais enfin il n'y avait pas tant d'hommes que ça, donc ce ne doit pas être la solution.

Peut-être le monsieur s'était-il trompé.

Ou bien... Si lui m'a reconnue, peut-être que moi, je ne le connais pas? Et s'il avait accompagné le groupe de personnes handicapées (qu'il emmenait justement à la médiathèque) au spectacle du téléthon? Il peut m'avoir vu danser, et m'avoir reconnue alors que je ne suis pas en tenue de scène.

Mais alors, ça veut dire que je suis une vedette?

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Le retour du pangolin...

(vendredi 13 octobre 2023)

Deux pangolins très calins se sont rappelés à ma mémoire hier soir. Je voulais réécouter le générique des Mondes engloutis, et j'ai aussi retrouvé ça sur Tutube (Vladimir Cosma, quand même):

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Mes bras

 (23 septembre)

Chaque année, au spectacle de danse, il y a des gens qui prennent des photos. Il y a des photographes plus ou moins officiels, qui envoient leurs photos à la prof. A une époque, on pouvait avoir des planches de miniatures pour choisir les clichés qu'on voulait acheter. Cela ne se fait plus, pour une raison que j'ignore. mais ce n'est pas bien grave. La prof met la plupart des photos sur une clef USB pour que je les montre au forum des associations, à la rentrée, histoire d'attirer de nouveaux élèves (oui, je laisse au masculin pluriel, c'est un peu provocateur, pour des cours de danse). Et moi, je récupère les images de ma pomme qui me plaisent sur mon ordinateur.

Cette année, j'étais souvent devant et côté jardin, ce qui est l'un des meilleurs endroits pour être prise en photo. Il y a donc pas mal de clichés de moi. La plupart du temps, j'ai l'air trop sérieux et je regarde par terre, ce qui n'est pas du meilleur effet. Mais il y a une photo très chouette où je souris. Et puis il y a celle-là, qui m'a fait encore une fois me poser des questions sur mes bras:

Il arrive assez souvent que je me reconnaisse sur des photos de danse, même quand on ne voit pas ma tête, à mes bras plus musclés que ceux des autres. Est-ce parce que je suis plus vieille, que j'ai l'air d'avoir des épaules d'athlète? Je ne suis pas particulièrement plus mince que les autres filles (au contraire...), donc ce n'est pas l'effet de l'absence de gras. Est-ce parce que j'allais nager une fois par semaine (chose que mon emploi du temps ne me permet hélas pas cette année)? Ces épaules m'intriguent d'autant plus que c'est bien le seul endroit de mon corps où les muscles sont saillants.

Sur la clef USB de cette année, il y avait aussi des films, et notamment un de l'année dernière avec la chorégraphie de notre groupe et celle du cancan; je me suis empressée de copier cet extrait du spectacle, c'était un bon souvenir.


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