Besserwisserin
(3 juin 2026)
Ce terme allemand, et qui se dirait juste Besserwisser au masculin, désigne une personne qui est fort contente de faire savoir qu'elle est plus savante que les autres. Autant dire qu'il me va plutôt bien.
Derniers exemples en date, mes commentaires du dimanche chez Gilsoub, ou le message envoyé aux collègues d'un des lycée où j'enseigne, parce qu'une partie d'entre eux·elles ne respecte pas l'anonymat des candidat·es au bac et inscrit les prénoms des élèves dans les commentaires du livret destiné au jury de délibération. J'essaie de ne pas être trop cassante ou arrogante, mais je sais que mes remarques peuvent être assez désagréables à recevoir.
La première fois qu'on m'a fait sentir qu'il fallait que j'arrête de faire ma miss Je-sais-tout, ou en tout cas, la première fois dont je me souvienne, c'était au catéchisme. Je voulais sans arrêt répondre, et ça a fini par agacer les dames du caté.
Un deuxième moment très révélateur, c'était à cette époque-ci de l'année, quand notre prof de français lettres d'hypokhâgne nous avait demandé d'écrire un sonnet. Elle nous avait imposé des rimes, ou peut-être même les mots qui devaient se trouver à la fin de quatre vers, et à nous de nous débrouiller avec ça. Trois des rimes imposées étant -oupe, -er et -oile, ou bien deux des mots "poupe" ou "chaloupe" et "voile", en tout cas, le thème marin évident.
Sauf que je suis partie sur tout autre chose, et j'ai composé en octosyllabes, parce que ça m'est venu plus facilement qu'en alexandrins. Ça commençait comme ça:
Tous les joueurs veulent la coupe.
L'un d'eux, le drôle de la troupe,
A mis son maillot à l'envers.
Il est battu par un revers,
Et autour de lui on s'attroupe
???
Et puis il y avait un vers qui disait "Tandis qu'on déroule la toile", parce qu'évidemment, il s'était mis à pleuvoir, et mon sonnet s'appelait "Roland Garros".
C'était rigolo, ça m'avait pris du temps, pour respecter (presque) toutes les règles. Et je n'avais pas eu tort de choisir la métaphore, parce que le poème initial, que la prof nous avait lu, comparait une coupe de champagne à une barque sur l'océan d'une nappe, ou un truc comme ça.
Bref. Un seul autre élève s'était plié à l'exercice, ou avait osé proposer son oeuvre à la lecture. Et paf! je l'avais cassé, parce qu'il avait associé une rime féminine avec une rime masculine (en gros, il avait dû faire rimer "mer" avec "mère", ce qui est interdit en posésie classique, à cause du e qui termine le deuxième mot).
Parfois, je suis impitoyable.
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| (Lui aussi; il a encore cuisiné un mulot, hier.) |



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