Ping pong médical
(05 août 2022)
Il y aurait plusieurs entrées pour vous raconter mes aventures médicales estivales. J'aurais pu faire un billet sur la difficulté d'avoir des rendez-vous, mais c'est un sujet que j'ai déjà abordé. J'aurais pu parler de tourisme dans les différents instituts médicaux de la Préfecture, dont la toute nouvelle polyclinique. Mais je me sens un peu comme le jouet des médecins, et la métaphore sportive me paraît une approche plus originale.
La balle de ping pong, c'est moi.
Au service, la remplaçante de mon médecin traitant.
(Grande parenthèse: quand j'ai vu mon médecin traitant, la dernière fois, et qu'elle m'a dit qu'on se reverrait dans six mois, je me suis retenue de lui signaler que la chose me paraissait difficile. Son ventre laissait nettement présager qu'elle serait en congé maternité. Effectivement, elle est abente jusqu'au mois d'octobre. Mais elle m'avait prescrit une prise de sang de routine, pour être sûre que tout allait bien, à faire en même temps que la vérification du taux de TSH pour ma thyroïde.)
Début juillet, j'ai fait une prise de sang, quelques jours avant le rendez-vous prévu pour le renouvellement de mon ordonnance. Les résultats montraient clairement une anémie. Deux jours après la prise sang, mon téléphone a sonné.
"Bonjour, c'est Asta Cadran [gnn? c'est une nom, ça?], la rempaçante de ***, je vous appelle au sujet de votre prise de sang, j'ai reçu les résultats, il faudrait qu'on en parle
Oui, j'ai vu, il y une anémie. On a rendez-vous lundi."
Elle a vérifié, et elle m'a dit au revoir. Le lundi, Asta (ce n'est pas son prénom, c'est juste qu'elle prononce mal les "è" et oublie les consonnes liquides: mais c'est un prénom qui existe en Islande) m'a expliqué que ce gendre d'anémie, chez les femmes, avait deux causes possibles: gastro-entérologique ou gynécologique. Mais elle n'a pas du tout parlé d'alimentation. Elle m'a posé des tas de questions, n'a pas paru satisfaite à l'évocation d'abondants saignements à l'automne, et a proposé de m'envoyer faire une fibroscopie gastrique, pour commencer. Elle a aussitôt appelé le service compétent à l'hôpital.
"Elle n'a encore jamais vu de gastro-entérolgue". Comme s'il s'agissait de tester toutes les spécialités médicales avant un certain âge. Il me reste encore le cardiologue, le neurogue, et si je pouvais éviter l'oncologue, ça serait pas mal, merci.
Le lendemain, le secrétariat d'un spécialiste au nom prédestiné m'appelait pour me dire que j'avais rendez-vous la semaine suivante.
Il fallait faire un test PCR et être à jeûn. Rétrospectivement, j'ai appris que le test tombait bien, parce que j'aurais pu avoir été contaminée par le kiné. Mais non, ce virus ne veut pas de moi.
Je vous passe le déroulement de l'examen, qui est aussi désagréable que ce qu'on peut lire à son propos sur internet. Heureusement qu'une aide-soignante d'une sérénité admirable était là pour "m'aider à respirer". Je me demande si, quand elle a murmuré à mon oreille que j'étais "d'un calme olympien", à moitié couchée sur moi, sa parole n'avait pas en réalité une visée performative (et sa position, le but de me maintenir: j'ai constaté ensuite qu'ils avaient relevé la barrière dans mon dos; il y a peut-être des patients qui ruent sur le brancard).
Mon estomac était tout propre. Le médecin m'a donc posé des questions sur mes règles et renvoyé la balle au gynécologue que je devais voir le 1er août, parce qu'on pouvait peut-être éviter de passer par la case coloscopie.
Lundi, je suis allée visiter la nouvelle maison médicale. Il paraît que c'était la première journée de rendez-vous. L'aile des dentistes n'est d'ailleurs pas encore terminée. Mais il y avait déjà une tache d'humidité au plafond de la salle d'attente.
Le gynécologue a posé les questions rituelles lors d'un premier examen. Quoique. Il a failli oublier de me parler contraception (pourtant, le DIU au cuivre peut provoquer des saignements importants, et je rappelle qu'on cherche la cause d'une anémie) et n'a pas demandé non plus si j'avais fait des fausses couches ou accouché sous péridurale. L'examen était normal. Pour éviter une anémie, m'a-t-il dit, si le régime alimentaire n'est pas aussi équilibré qu'on le pense, il faut manger de la spiruline. D'accord.
"Mais du coup, ce n'est pas la peine de faire une coloscopie?
Ah, si, si, il faut la faire." On ne sait jamais.
J'ai donc recontacté le service comprétent à l'hôpital.
C'est la pause entre deux sets. Le médecin est en vacances (Asta Cadran aussi, et ellen 'est pas remplacée, c'est un peu la galère à la maison médicale du bourg, en ce moment, paraît-il).
Libellés : santé
Comment créer la panique pour rien
(25 février)
Numérobis aurait dû voir la spécialiste pour son dos au mois de décembre. Mais, comme nous avons su fin septembre qu'une sortie scolaire était programmée pile-poil ce jour-là, j'avais téléphoné (immédiatement) pour faire décaler le rendez-vous. Au mois de février.
Avant d'aller voir le médecin, il convenait de faire une radio du dos du patient, sans le corset, qui devait être ôté au moins six heures avant. Etant donné que le service de radiologie m'avait donné un rendez-vous à 9h du matin, Numérobis a dormi sans son corset. Et nous sommes allés faire irradier sa colonne vertébrale. La modernité des installations est telle qu'on ne nous donne plus le compte-rendu immédiatement, mais qu'il nous parvient par mail. Qu'à cela ne tienne, j'ai jeté un oeil sur les clichés à la sortie de la clinique, et ce rachis m'a semblé assez droit, quoique passablement déformé. En rentrant à la maison, j'ai vérifié en comparant avec la dernière radio avant la mise en place du corset: à vue de nez, le dos s'est redressé.
En soirée, j'ai consulté ma messagerie pour trouver le compte-rendu, et j'ai failli hurler. "Scoliose évolutive". Quoi? Mais vous comparez avec quoi, au juste? Le dernier examen, il l'a fait avec son corset, donc forcément, c'est moins bien. Non? Avec un cliché de mars 2021? Ca m'étonnerait, le compte-rendu de 2021 notait un angle de pratiquement 30°, et là, vous nous parlez de 12° pour le vieux cliché (ce qui était la mesure avec le corset, en juillet, si je ne m'abuse). Est-ce que vous ne vous êtes pas un peu emmêlé les pinceaux dans vos archives, dites-moi?
En tout cas, une à qui ce compte-rendu n'a pas plu du tout, c'est Asta Cadran. Dès qu'elle l'a reçu, elle a paniqué téléphoné. Sans laisser de message. Heureusement, quand j'ai demandé à Gogole à qui était ce numéro, il m'a dit que c'était celui du Dr T. Celui qui a pris sa retraite il y a 3 ou 4 ans. Très au courant, Gogole. Bon, donc j'ai rappelé le cabinet médical, Bonjour, c'est Madame [mon nom à moi], vous avez essayé de m'appeler? Ah? (incompréhension au bout du fil) C'est peut-être parce que mon fils P'tit Mousse [nom des enfants] a rendez-vous demain? Vous avez aussi un fils qui s'appelle Numérobis? (ce que c'est que de porter un autre nom que celui de ses enfants) Oui. La remplaçante du Dr [nom du médecin traitant] a reçu le compte-rendu des radios, il faudrait que vous preniez rendez-vous rapidement.
J'ai rassuré tout ce petit monde : la secrétaire en lui disant que Numérobis avait rendez-vous la semaine suivante chez sa spécialiste, et Asta Cadran, dès le lendemain, en lui expliquant que le compte-rendu comparait deux choses qui n'avaient rien à voir (oui, bon, ce n'est pas tout à fait exact, mais le détail des erreurs de ces conclusions aurait été un peu long à expliquer; et puis je ne veux pas avoir l'air d'en savoir plus qu'un médécin qui a sauvé le doigt du P'tit Mousse). Et mercredi dernier, la spécialiste a confirmé que j'avais raison. Elle est très contente du dos de Numérobis, et envisage de lui faire quitter son corset pour les vacances d'été.
(Rien à voir, mais j'ai ramassé ça à côté du container pour les recyclables, cette semaine.)
Libellés : enfants, humeur, santé
Alignement des horaires
(5 février)
J'ai déclaré cette fin de semaine une méchante rhino-pharyngite. Ce qui est fort fâcheux, en raison de l'opération prévue vendredi.
Quand j'ai rempli la "check liste" envoyée par la clinique, lundi, j'ai indiqué une modification de mon état de santé depuis la visite chez l'anesthésiste. Et un message "une infirmière va vous recontacter" s'est affiché. L'ennui, c'est que me téléphone est en mode silencieux, quand je suis en cours, et que j'avais peur de rater l'appel.
Mardi matin, à 7 h 58, mon téléphone a sonné. J'étais en train de m'installer pour commencer un cours, j'ai rejeté l'appel et entendu le bip annonçant le dépôt d'un message. Je pensais que c'était l'infirmière, qui n'avait pas perdu de temps.
Erreur.
C'était, comme je l'ai compris un peu plus d'une heure plus tard, la secrétaire de mon médecin, que je devais voir le jour-même pour renouveler mon ordonnance de Levothyrox. Mon médecin était souffrant (à force d'ausculter des patient·es grippé·es, sans doute) et mon rendez-vous annulé. Si je voulais, je pouvais rappeler, sans garantie que la secrétaire décroche (étant donné tou·tes les malades de la grippe ou d'autre chose qui appellent chaque matin).
J'ai rappelé illico presto, et expliqué que oui, c'était relativement urgent, vu qu'il me restait à peine une semaine de traitement (le rendez-vous était pris depuis des semaines, calculé pour être juste avant l'échéance de vendredi). Et puis, j'avais besoin d'un avis sur mon nez bouché. Si j'acceptais de voir un autre médecin? Oui, bien sûr. 14 h 40? "C'est un peu juste", dis-je, car je finissais à 13 h 05, et il me fallait le temps de ranger mes affaires et de faire le trajet. La secretaire a répondu que c'était le premier rendez-vous et qu'il n'y aurait pas de retard. J'ai pris le créneau quand même.
Je suis arrivée pile poil. En revanche, le médecin (le remplaçant d'Asta Cadran, qui a désormais sa place au cabinet) ne m'a reçue qu'un gros quart d'heure plus tard. Et l'infirmière qui devait m'appeler a eu le temps de me joindre pendant que j'étais dans la salle d'attente. Je lui ai dit que j'attendais l'avis d'un médecin, et elle m'a demandé de la rappeler après, en précisant de demander [nom d'une collègue partie en retraite].
Le médecin m'a examinée, et il a fait un test trois en un qui a révélé que je n'ai ni le Covid, ni la grippe A, ni la grippe B. Il m'a dit aussi que je devrais aller mieux vendredi (de fait, je vais déjà mieux, c'est le P'tit Mousse qui mouche, maintenant). Ce qui a rassuré l'infirmière de la clinique.
Et donc, l'intervention devrait avoir lieu comme prévu dans deux jours.
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(L'autre face de la passoire thermique désacralisée. La porte mystérieuse se situe approximativement au même niveau que la parabole.)
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Libellés : école, santé
En attendant mieux
(20 février)
Mais pourquoi est-ce qu'il faut 5 jours aux virements de la Aime G Heu Haine pour arriver sur mon compte en banque? En fin de mois, la double couronne dentaire à 740 euros commence à peser lourd...
A part ça, bientôt des nouvelles d'Asta Cadran et de l'administration française, si tout va bien.
Chenilles processionnaires, c'est le printemps... (Numérobis ne se souvenait pas en avoir vu et a été épaté par cette petite procession, l'autre jour, quand nous avons goûté à la plage après mon rendez-vous chez le dentiste.)
Libellés : brève(s)
Ping-pong médical: troisième manche
(6 octobre)
Le semaine dernière, j'ai accompagné le P'tit Mousse à son dernier rendez-vous avec le chirurgien. Apparemment, le tendon coince encore un peu à l'extension, pas sûre que le doigt puisse se tendre comme avant.
En patientant dans la salle d'attente, nous avons vu passer des gens qui venaient manifestement du service voisin, et à qui on faisait passer un électrocardiogramme "avant de voir le docteur". Le service voisin, c'était l'anesthésie, où j'avais moi-même rendez-vous le lendemain. J'ai donc supposé que j'aurais moi aussi droit à ce genre d'examen, puisqu'on m'avait posé la question de savoir si j'avais déjà vu un cardiologie (non, ne le répétez surtout pas à Asta Cadran), et j'ai été un peu déçue, le lendemain, de constater que non.
J'ai été vue par un jeune anesthésiste (il a déjà fini sa spécialisation, lui?), et pas par le médecin tellement âgé que même les secrétaires avaient l'air de lui parler comme à un vieux monsieur (plus fort et en articulant bien). Il m'a réexpliqué un certain nombre de choses, posé quelques questions sur mon allergie aux abeilles et ma dilatation des bronches, demandé si je faisais un peu de sport sans attendre de précision, et m'a dit au revoir.
Sauf qu'aujourd'hui, ce n'est pas lui que j'ai vu, au bloc, mais le chef du service d'anesthésie. Je le sais, non pas qu'il se soit présenté, mais parce que son nom figure sur le compte-rendu, et que son nom, je l'avais retenu, vu que j'ai eu deux de ses fils en classe. Un nom plutôt peu courant en Bretagne, donc il y a peu de chances de confusion. Et puis, en y repensant, même si ses enfants doivent être plus grands que lui (en même temps, j'étais alongée, difficile de juger), le petit dernier a la même façon de se mouvoir que son père.
Après un petit somme d'environ une heure, je me suis retrouvée en salle de réveil, et je me suis dit qu'il faudrait que je me réhabitue à mon nom de jeune fille avant la prochaine anesthésie, sinon, je risquais de ne pas réagir quand on allait m'appeler pour me tirer des bras de Morphée. J'avais froid, mais le mouchard indiquait un rythme cardiaque tout à fait rassurant de moins de 60 bpm, une saturation en oxygène à 99% et une tention entre 12 et 13. Il fallait juste attendre un peu avant de retourner dans l'unité "cocon".
Un petit M*thieu, 4 ans, est arrivé à côté de moi, et vu qu'un peu de sang coulait de sa bouche et de son oreille, je dirais qu'il venait de subir une intervention ORL. Il pleurait et voulait voir sa maman. Son doudou n'y suffisait pas, ni les efforts des infirmiers pour le consoler ou le distraire. Rien à faire des peluches autour de lui. A chaque question, il répondait qu'il voulait sa maman. Nous avons quand même appris qu'il était dans la classe de V.Ronique et que Maman, ça commence avec un C... Et puis les infirmiers ont eu pitié de lui, lui ont enlevé ses "gommettes" (celles qui avaient servi à contrôler son rythme cardiaque, mais il n'était plus branché à rien en revenant du bloc) et il est retourné voir sa maman.
Pratiquement à sa place est arrivée une dame, qui, elle, voulait revoir son mari (chacun son truc, à chaque âge ses lubies). Et puis une jeune femme à qui on venait d'enlever les 4 dents de sagesse, et qui avait soif. De ce côté-ci de la salle de réveil, donc, en dehors du petit M*thieu, que des femmes. Le barbu arrivé en brancard est passé de l'autre côté, où il y avait déjà une personne allongée. (Pour une fois, je ne me suis pas réveillée de mauvaise humeur, et même plutôt en forme; mais c'était une petite intervention, par rapport aux chirurgies précédentes. Alors j'en ai profité.)
Au bout d'une heure (j'avais la pendule en ligne de mire), je suis moi aussi retournée d'où je venais, c'est-à-dire dans l'unité "cocons", ainsi nommée parce qu'elle est en tampon entre le bloc et le service d'hospitalisation de jour. On n'y entre qu'en tenue de bloc (tout le monde avait un pantalon, sauf moi; j'ai vu les jambes sous les portes façon saloon, mais pas battantes), et les médecins peuvent venir voir les patients sans quitter la leur et refaire ensuite tout le parcours de désinfection, entre deux opérations. En revanche, l'infirmière est prisonnière et ne peut sorir sous aucun prétexte.
Là, il fallait d'abord attendre de faire pipi pour avoir le droit de passer à l'étape suivante, soit le rhabillage, le "brunch" puis la sortie, une fois le chirurgien passé. Les "cocons" étant des box, j'entendais tout ce qui se passait à côté. Un monsieur qui arrivait pour une chirurgie gastrique, un autre qui remontait après un rafistolage (du nez, je l'ai vu après), un qui partait pour une cataracte et une dame qui en revenait. Et l'infirmière, un peu débordée, qui expliquait qu'il y avait des retards aux blocs, à cause de deux patients arrivés sans PCR. Tout était décalé, et des gens à qui on avait dit d'arriver pour 7h 30 étaient encore dans la salle d'attente alors qu'il devait être plus de 11h. J'étais bien contente d'être passée la première (il a même fallu attendre un peu pour m'endormir, parce que le Dr Médoc ne répondait pas).
Quand j'ai voulu aller aux toilettes, j'ai été un peu surprise que l'infirmière ne vienne pas se mettre à côté de moi au cas où je ferais une chute de tension. D'habitude (oui, je suis déjà passée par 4 anesthésies générales, alors j'ai un peu l'habitude), elles ont toujours peur qu'on tombe. Je me suis levée prudemment, et j'ai tenu ma casaque dans le dos pour aller soulager ma vessie. Après quoi, j'ai entendu l'infirmière qui appelait pour savoir si elle pouvait libérer un box en se débarrassant de moi m'envoyer me rhabiller et déjeuner. Mais le chirurgien était en train de dilater son patient et ne pouvait répondre au téléphone. Je suis quand même allée au vestiaire, et le Dr Médoc a frappé pour me dire que tout allait bien. J'ai juste le côlon un peu long.

Et on va faire un examen pour vérifier "le grêle", maintenant. Ah? Avec un nouveau régime préparatoire avant d'avaler un micro appareil photo. Comme ça je pourrai vous raconter le fameux régime, parce que là, ça commence à faire un peu long pour un seul message.
Libellés : humeur, santé