Oxymore

 (26 juin)

Le Ministère de l'Education Nationale, qui ne recule devant aucune incohérence ni supercherie, a inventé cette année la notion de "visioconférence en présentiel".

J'explique: avant les oraux (et peut-être aussi pour les écrits, mais la réforme du bac m'a privée de copies), il y a une réunion d'harmonisation, pour qu'on se mette bien d'accord sur le fait qu'ils et elles doivent tous avoir de bonnes notes sur ce qui est évalué ou pas et comment. Il y a deux ou trois ans, comme j'étais de grand oral au lycée près de l'hopital, je m'y étais rendue pour cette réunion, on nous avait montré les grilles d'évaluation et nous avions pu faire la connaissance de notre binome, puisque, je le rappelle, le grand oral est évalué par un·e professeur spécialiste et par un·e candide. Il y a donc eu déplacement d'un tas de collègues, venu·es de plus ou moins loin, pour un peu plus d'une heure de présentation.

Cette année, je dois me rendre à Concarneau pour une demie-journée d'évaluation (je suis toujours candide, en filière STI2D*, cette fois), mais la réunion d'entente préalable s'est faite en visioconférence depuis mon lycée. Officiellement, il paraît que c'est pour épargner aux professeurs le coût de l'essence, à un moment où les prix du carburant atteignent des sommets. Et il y a eu des syndicats pour gober le morceau. En réalité, ça permet surtout une grosse économie au ministère, puisque, si nous avions dû nous déplacer, il aurait fallu nous rembourser (au tarif SNCF deuxième classe - mouarf). Et pour les gens qui habitent loin de leur établissement habituel, la visioconférence en présentiel occasionne un déplacement de plus sans contrepartie financière.

Mais pourquoi, me direz-vous, ne pas suivre cette conférence depuis chez nous? Malheureu·ses! C'est que, depuis notre domicile, nous aurions pu simplement ouvrir le lien de connection [oui, j'écris connection à l'anglaise, je ne comprends pas pourquoi on devrait mettre un X, puisqu'on a un verbe connecter, et que pour dicter, on a bien dérivé diction], et puis vaquer à d'autres occupations pendant que les trois guignols inspecteur·rices nous débitaient leur baratin. Alors que, en nous convoquant dans notre lycée, on pouvait nous faire émarger et vérifier que nous restions jusqu'au bout...

Alors, si le ministre cherche des économies, j'en ai une à lui suggérer: supprimer ces commissions d'entente. Puisque les animateur·rices de cette réunion avaient préparé un diaporama qu'il·elles nous ont lu, il aurait suffi de nous donner l'accès (depuis chez nous) à cette présentation, puis d'ouvrir une foire aux questions pour les flippé·es qui n'auraient pas tout compris / feraient passer le grand oral pour la première fois / auraient un doute sur la grille d'évaluation ou que sais-je encore.

Il y a un moment où il va falloir arrêter de prendre les professeurs pour des con·nes et de les traiter comme des enfants... 

* STI2D : Sciences et Technologies de l'Industrie et du Développement Durable 

Libellés : ,

Ca(t)nicule

 (23 juin)


 Chat 'Rlotte aux frais(es)

Libellés : ,

La photo des blogopotes: jovial

 (21 juin)

Illustrer un adjectif qui caractérise une personne sans montrer le visage de qui que ce soit me paraissait impossible, jusqu'à cette illumination, chez l'arracheuse de dents la stomatologue:


C'est Barre-bi dentiste qui nous accueille, avec son éternel sourire jovial.

Un peu plus loin, il y a la version "pieds mobiles" (comme disaient mes enfants), et puis une Barre-bi surfeuse, parce qu'on n'est pas loin de la mer...

(J'ai donc une dent en moins, mais tout va très bien, merci.) 

Libellés :

Des mathématiques

 (18 juin 2026; pas besoin d'être forte en maths pour savoir que je suis mère depuis 23 ans)

La semaine dernière, France 2 a produit, dans son journal de 20 heures, un sujet sur une énième réforme des retraites, une instance quelconque ayant produit un rapport qui disait que, d'ici 2070, il serait nécessaire de remonter l'âge de départ à 67 ans et 6 mois. Ce que l'infographie avait retranscrit par "67,6". Parce que, c'est bien connu, il n'y a que 10 mois dans une année. Tout était à l'avenant, avec "et quatre mois" qui devenait "-,4", j'en passe et des meilleures. Je me suis fendue d'un petit mail (j'ai eu bien du mal à choisir la catégorie de ma demande) en leur rappelant que 6 mois, c'est juste la moitié d'une année (donc "-,5"), et en leur demandant comment ils auraient fait s'il y avait eu à écrire "et 10 mois". J'attends toujours la réponse.

Deux jours plus tard, j'ai repensé à cette infographie en découvrant (en même temps que Numérobis, mais à environ 1 km à vol d'oiseau) le sujet de maths pour les élèves de première ayant suivi la spécialité. Parce qu'il y avait, dans le questionnaire à choix multiples, une question sur le nombre d'images par seconde d'un film qui durait une minute 40. Est-ce que certain·es élèves auront traduit la chose par 1,40 ou 140, tombant ainsi dans un piège aussi grossier que celui des douzes mois de l'année? Numérobis a fort bien converti cette donnée en 100 secondes, ce qui, avouons-le, est beaucoup plus commode pour calculer sans calculatrice.

Les premières questions de ce QCM m'ont paru d'une simplicité affligeante, avec un (a+b)² = a²+2ab+b² du niveau collège (sans blague, j'ai appris ça en cinquième, moi). Effectivemnt, il vaut mieux que ces choses-là soient des automatismes, pour des élèves qui ont choisi les maths en spécialité.


Ensuite, il y avait des affirmations à justifier. Et là, ce n'est pas le niveau des questions, qui m'a étonnée, mais celui des élèves que je surveillais. Et qui, donc, étaient en théorie des spécialistes.

L'une des affirmations donnait une équation, du type x²+ax-u² (u étant une variable), et il fallait dire si cette équation avait toujours deux solutions.
Dans l'une des premières copies rendues, j'ai lu ceci:
"Faux, car on a deux carrées: x² et -u² or un carré est toujours positif donc il y a une unique solution: x" (orthographe et absence de ponctuation d'origine). Heu? Où est la logique de ce raisonnement? Et si un carré est toujours positif, sa racine, elle, peut être négative (-3)² = 9 (et donc pour x² = 9, on a deux solutions, 3 et -3).
Dans une autre, j'ai vu "Oui, il y aura toujours deux solutions réelles distinctes car il y a du x ainsi que du u." Ben voyons, c'est si simple! (Je rappelle que u est une variable, et que la ou les solutions à trouver sont dissimulées derrière l'inconnue x...)
Une autre copie proposait deux solutions évidentes (dans "2x+2= 4", 1 est une "solution évidente"), ce qui justifiait pour l'élève une réponse positive.
En réalité, il fallait calculer un ∂ (merci de voir ce delta en majuscule), chose que je ne crois pas avoir apprise à faire, mais dont mes enfants m'ont déjà parlé, et si ce ∂ est positif, alors il y a bien deux solutions "quelque soit la valeur de u", comme je l'ai enfin trouvé dans une copie.

Pour le reste, il y avait des probabilités, ce qui ne devait pas être bien méchant pour un·e élève ayant à peu près suivi en cours dans l'année, et un exercice avec des produits scalaires qui n'a pas plu du tout. Le P'tit Mousse, qui avait eu du mal avec ce chapitre cet hiver, pense s'en être sorti correctement tout de même.

Ce qui m'inquiète, après avoir survolé les copies rendues, c'est le niveau des candidat·es qui étaient dans ma salle. Manifestement, une partie de ces élève n'avait pas suffisamment de logique pour suivre l'enseignement de spécialité mathématiques. Que diable sont-ils et elles allé·es faire dans cette galère? Ce choix était-il le choix par défaut d'élèves n'ayant pas envie de lire? L'autre souci est évidemment orthographique. Comment peut-on écrire "quelque soit" au bout de n années de démonstrations mathématiques?

Cette semaine, j'avais encore un sujet de maths, celui des teminales, et là, c'est l'ignorance de la collègue qui surveillait avec moi qui aurait pu leur coûter cher. Il y avait, avec les sujets, un rectificatif, à cause d'une coquille. Il manquait manifestement une espace sur le sujet. La collègue a donc indiqué au tableau qu'il fallait lire "In désigne" au lieu de "Indésigne"; ce qui, pour moi, n'avait aucun sens. J'ai feuilleté le sujet, trouvé l'endroit et corrigé. Ce que des élèves dyslexiques pouvaient tout à fait prendre pour un I (i) majuscule était en fait un l (L minuscule), et ce "in" un "ln" (comme "Hélène") de logarithme néperien. Je n'ai aucune idée de ce que c'est (comme pour le delta de tout à l'heure), mais j'en ai entendu parler, et puis il est sur les touches des calculatrices, mais j'avoue que la police choisie était fort trompeuse.

Libellés : , ,

Vous avez dit "vacances"?

 (16 juin)

Alors, ce n'est pas parce que je ne fais plus cours que je suis en vacances. Notre proviseur veille au grain, et cette semaine, entre le lycée et le reste, rime plutôt avec:

- conférence (sur la santé mentale des jeunes, lundi)
- surveillance (mardi)
- suppléance, et puis danse (mercredi)
- souffrance (jeudi, "extraction" dentaire)
- deuxième chance (vendredi, pour organiser le redoublement du P'tit Mousse)

Pour samedi, j'hésite entre somnolence et nonchalance; et je n'ai enore rien prévu pour dimanche (bombance est peu vraisemblable, vu mes talents culinaires).


 Et sinon, puisque "plein d'essence", ça rime aussi: la preuve que je peux rouler plus de 1000 km avec ma voiture avant de retourner à la pompe (je remets le compteur à zéro après chaque plein).

 

Bon, il faudra quand même que je trouve deux dizaines de minutes pour parler (bac de) maths et visio en présentiel, parce qu'on ne s'ennuie pas dans l'Educ' Nat', au mois de juin! 

Libellés : , ,

Les blogopotes au jardin

 (14 juin)

Alors voilà, tandis que d'aucun·es se creusaient la tête pour illustrer le thème de la semaine dernière, j'étais quant à moi déjà en train de penser à celui de cette semaine, car je me suis payé (oui, 6 euros, pour la bonne cause) une petite randonnée qui passait, j'en étais sûre, par un jardin local (et pour ainsi dire devant chez moi, quelques kilomètres plus loin).

A travers des sentiers pas toujours accessibles mais exceptionnellement ouverts, dans une campagne un peu sombre du fait de la météo, le parcours prévoyait 11 km de marche.

Et au point le plus haut, le "jardin picart", en libre accès à l'année.

Ce n'est pas le genre de jardin où l'on peut admirer des fleurs ou plantes originales. Du point de vue botanique, il est assez peu entretenu (mais la toile mondiale me rappelle qu'on peut y pique-niquer, comme mes enfants l'avaient fait une année avec l'école).

C'est plutôt un bois ou un sous-bois, et il faisait vraiment très sombre, en y pénétrant, dimanche dernier.


 Un dolmen probablement factice plante un décor breton, mais ce n'est pas le thème du jardin. Je ne suis pas certaine, d'ailleurs, qu'il y ait vraiment un thème.

Un sculpteur a mis en scène, dans cet espace, ses oeuvres, qui font appel à différentes techniques.

Il y a de grands tableaux en mosaïque, et je pense que le lieu est évolutif, parce que j'ai l'impression d'avoir vu de nouvelles créations, d'une part, et parce que les allées elles-mêmes ne sont pas encore toutes aménagées.

Il est vrai que le parcours de la randonnée ne passait pas par les mêmes chemins que la dernière fois, ni par le circuit (jaune) habituel, en tout cas au début.


 

On le croisait ici, à contre-sens. J'ai voulu aller admirer le point de vue, un peu à gauche de la photo, mais des chênes ont poussé et on ne distingue plus les Monts d'Arrée.


Ensuite, il fallait descendre dans le petit bois. C'est toujours un peu aménagé, car on est ecnore dans le jardin.

Je me suis fait dépasser par trois ou quatre personnes qui n'avaient manifestement que faire des oeuvres présentées de part et d'autre du parcours. Pourtant les organisateurs avaient évidemment fait exprès de créer ce détour par le jardin...

Ces installations plus anciennes signalent l'entrée du lieu aux randonneurs (du circuit labellisé), avec le nom de Pierre-Yves Burban.

Pour moi, c'était l'indication que j'étais à peu près à mi-parcours, et qu'il ne restait plus qu'à descendre vers le bourg, non sans admirer la lumière qui baignait les champs (et les éoliennes) un peu plus loin.
 


Libellés : ,

Intermède courgette

 (11 juin 2026)

Allez, une petite recette, pour changer (et parce que ma vie n'est pas tout à fait rigolotte, en ce moment).

L'autre jour, dans mon magasin de producteurs bio, il y avait des courgettes siamoises.


 Le genre de truc qu'on ne vous vendra jamais dans un supermarché, parce que c'est carrément hors norme. Je les regardais, en les trouvant sympathiques tout de même, et en me demandant comment on pouvait les accommoder.

Et je me suis dit qu'avec des rondelles en forme de huit ou de lunettes, l'option gratin était toute indiquée.

Voilà bien longtemps (au moins deux ans, d'après les calculs du P'tit Mousse) que je n'avais pas réalisé un gratin de courgettes au bleu.

Il faut donc des courgettes (deux, ou une double comme la mienne!), de la pulpe ou du coulis de tomate, et un fromage bleu (je l'ai déjà fait avec du Roquefort, du Bresse bleu, et, cette fois-ci, du Gorgonzola); un peu de poivre, pour les adeptes (mais pas de sel, à cause du fromage), et pourquoi pas du thym.

On coupe les courgettes en rondelles de quelques millimètres d'épaisseur, et on alterne le couches dans un plat à gratin: courgette, fromage, tomate... avant d'enfourner pour environ une demie-heure.

Ça rend beaucoup d'eau:


Alors il m'est déjà arrivé de mettre du kasha (sarrazin grillé) au fond du plat pour absorber. Avec de la semoule ou du riz, ça doit fonctionner aussi: les céréales vont cuire dans l'eau rejetée par les courgettes, et le plat sera un peu plus consistant, pour les gens qui tiennent à avoir des féculents dans leur assiette.

Libellés :