N'en jetez plus!

 (15 juillet 2026)

Ce matin, en allant faire les courses (à pied), j'ai vu une petite dame qui, devant moi, jetait par terre son mégot après y avoir allumé une nouvelle cigarette. Mon sang n'a fait qu'un tour, j'ai rammassé le mégot (encore chaud) et lui ai rapporté.

"Excusez-moi, je crois que vous avez laissé tomber ça."

La madame ne devait pas parler français, ou elle faisait très bien semblant. Elle a cru que je l'engueulais parce qu'elle n'avait pas écrasé son potentiel déclencheur d'incendie. Ce qu'elle a fait illico. Mais je n'étais toujours pas contente, et elle, ça ne la dérangeait pas de laisser sur le trottoir son morceau de plastique.

Je l'ai ramassé. Et une dizaine d'autres, ensuite, jusqu'au magasin, où j'ai enfin trouvé une poubelle. Vous me direz, une poubelle, pour un mégot à peine éteint, ce n'est pas l'idéal...

Pour un fumeur ou une fumeuse, il est naturel de jeter son mégot par terre, ou par la fenêtre de la voiture (on a tellement dit qu'il ne fallait pas fumer dans ces espaces fermés qu'on en a retiré les cendriers), ou de l'enfouir dans le sable de la plage. Et pourtant, le plastique des filtres met des années à se décomposer. Et les braises éventuelles, dans une nature aussi sèche que ce que nous avons en ce moment, sont un véritable danger.

On pourrait faire payer ses pollueur·ses en instaurant une taxe supplémentaire sur les paquets de tabac, mais cela ne changerait probablement pas les comportements. Alors j'ai eu une idée: la consigne. On vend, pour une somme qui ne peut pas être juste symbolique (si on veut que ça marche) un cendrier transparent avec chaque paquet de cigarettes. Et le consommateur / la consommatrice qui rapporte son cendrier plein (de mégots, d'où la nessécité d'un contenant qui permette de vérifier visuellement le contenu) au moment de racheter un paquet s'en voit remettre un nouveau gratuitement. Pas de cendrier plein qand on veut acheter des cigarettes ou des filtres? On paye de nouveau la consigne.

Parce que, manifestement, compter juste sur la prévention, l'éducation et le civisme, ça ne fonctionne pas. 

 

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La photo des blogopotes: sentinelle

 (12 juillet)

Une sentinelle, c'est une personne qui surveille, monte la garde, et doit alerter en cas de danger. On dit aussi parfois que les phares sont des sentinelles de la mer, justement parce qu'ils indiquent les dangers de la côte.

Je ne suis pas sûre que Gribouille m'alerterait en cas de danger imminent, il aurait même plutôt tendance à prendre la fuite (et à moi d'interpéter ce signal), mais une chose est sûre: il monte la garde et observe attentivement les alentours.

 


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A sec

 (10 juillet 2026)

 Cet hiver, il a beaucoup plu. Je crois qu'on avait établi un record de jours successifs sans soleil. On n'en pouvait plus de toute cette eau, et on voulait... autre chose.

Avril a été conforme à un mois d'avril, plutôt clément par ici. Et puis en mai, ma foi il a fait frais, et je me souviens d'avoir ressorti mon dicton "en mai, remets ton gilet".

En juin, on a vu fleurir cet affichage dans les abribus:

Parce qu'il commençait à faire chaud, et que la Bretagne avait atteint un premier niveau d'alerte sécheresse. Et puis, on a eu une première vague de chaleur, si inattendue que les corps ont souffert: le P'tit Mousse a saigné du nez tous les jours. Il en a un peu plaisanté, faisant le compte des cours / salles / professeurs qui avaient été témoins de ces épistaxis*.

Comme j'avais repéré des ventilateurs sur le bonqwoin, je me suis dépêchée, au moment où on annonçait la deuxième vague de chaleur, d'en acquérir un. Cet objet est indispensable dans la chambre occupée par le P'tit Mousse, sous le toit. Et nous avons relativement bien supporté cette deuxième vague, peut-être aussi parce qu'elle a duré moins longtemps.

Les températures un peu descendues, et juste avant deux jours fort humides (on parle de crachin breton, seulement, pas de grosses pluies dévastatrices), j'ai tondu mon herbe. Je me suis vite rendu compte que c'était probablement la dernière fois que je passais la tondeuse avant longtemps; mais il fallait bien couper la tête aux herbes folles, non?

Et puis la troisème canicule est arrivée. L'herbe jaunit, j'ai cru rêver quand j'ai vu un employé municipal tondre les bordures, lundi: deux jours plus tard, ce qui était encore un peu vert dimanche avait pâli. Et dans l'après-midi de ce mercredi, j'ai reçu ça:

Ce qui m'étonne, c'est que le préfet avait pris sa décision dès le vendredi 3, et que les mairies et les citoyen·es n'ont été informé·es que 5 jours plus tard. Comme ça tout le monde a eu le temps de laver sa voiture / remplir sa piscine / noyer son jardin. Mercredi matin (à 10 heures), j'avais été un peu choquée de voir que la mairie faisait encore arroser les fleurs des plates-bandes.

Chez moi l'herbe tondue est jaune, il ne reste d'un peu vert que la partie laissée vaguement en friche (parce que la nouvelle rallonge est trop courte, excellent prétexte pour vérifier les bienfaits de l'absence de tonte), les pissenlits et autres adventices craquent sous les pas, les fleurs grillent, bien que les pieds des arbustes soient à l'ombre les uns des autres. Je n'arrose que la menthe, la sauge et la mélisse, qui sont à mi-ombre, et la verveine et les framboisiers, qui souffrent énormément. Et bien sûr, j'attends le soir pour effectuer cet arrosage, avec l'eau que le chat n'a pas bue et qui est celle que je tire du robinet en attendant qu'elle chauffe pour la vaisselle.

J'ai mis un récipient avec de l'eau aussi, au fond du jardin, mais je ne sais pas si les oiseaux l'ont trouvé et peuvent boire dedans quand le chat n'est pas là (ce serial killer nous a rapporté un troglodyte mercredi soir, il ne faisait manifestement pas assez chaud pour qu'il renonce à la chasse).

Et quand j'entends les voisins se préparer pour aller à la plage à 9 heures et demie, ça m'agace; parce qu'ils vont être au bord de l'eau au moment le plus chaud de la journée. C'est sûrement très bien pour fuir la chaleur chez soi, mais j'espère pour leur peau qu'ils ont un bon parasol. Enfin, tant que les gens ne comprennent pas que la plage, c'est mieux avant 11 heures (ou après 17 heures), ça me va très bien, je peux profiter dans le calme:

* épistaxis est le nom savant (et grec) du saignement de nez. Un mot entendu à Chypre en version originale, il y a belle lurette, quand le P'tit Mousse s'est mis à saigner du nez au moment de l'embarquement et qu'une hôtesse a fait déplacer l'infirmier de l'aéroport pour savoir s'il était raisonnable de faire monter cet enfant dans l'avion.
 

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On prend les mêmes et on recommence

 (8 juillet)

Il était une fois un Numérobis qui se disait depuis janvier qu'il serait bon de redoubler pour avoir une année encore pour progresser et obtenir les meilleurs résultats possibles aux concours.

Il était une fois un P'tit Mousse qui vivotait autour de la moyenne, mais plutôt en dessous, et que le conseil de classe du premier semestre avait averti qu'il risquait gros s'il continuait ainsi et qu'on le laissait passer en terminale. Cet enfant ne voulait pas entendre parler de redoublement.


 Il était une fois une maman, qui avait en son temps fait trois ans de classe préparatoire, et puis qui était devenue professeur et voyait des élèves galérer en classe.

(Nous laisserons de côté le papa, qui pourtant n'est pas une donnée minime dans cette histoire.)

Arrive le mois de mai. Numérobis a passé des tas d'écrits, il est même admissible ici ou là, mais il attend que son conseil de classe l'autorise à redoubler. Le P'tit Mousse a tenté le passage en force, personne n'ayant recontacté la famille (malgré les promesses hivernales) pour évoquer sa situation.

Au mois de juin, le conseil de classe du P'tit Mousse se prononce contre le passage en terminale. Pourtant le bulletin, toujours autour de la moyenne, ne comporte que des appréciations certes mitigées, mais plutôt encourageantes. Il faut prendre rendez-vous avec la direction. Et préparer quand même le passage des épreuves.
Il a passé les écrits, nous avons (re)vu la cheffe d'établissement (et croisé mon proviseur dans les couloirs, mais c'est une autre histoire), et il s'est présenté à l'oral de français, pendant que nous profitions d'un court délai de réflexion (avec X, tiens, aussi) avant d'accepter la décision du conseil de classe.

Numérobis, lui, n'avait pas de nouvelles. Mais sa mère, voyant les futurs élèves de classe préparatoire s'inscrire dans le lycée du petit frère, lui a conseillé de se renseigner auprès de ses professeurs. Qui étaient bien d'accord pour qu'il retente sa chance l'an prochain. Il a donc reçu un dossier d'inscription à renvoyer... dans la semaine. Heureusement que nous avons insisté!

Les notes du P'tit Mousse aux épreuves anticipées confirment que la réussite au bac l'an prochain aurait été fort compromise. Lui s'est fait à l'idée de redoubler, mais il faudra l'accompagner dans la mise en route et l'organisation du travail l'an prochain, pour être sûr que la chose soit efficace. Il repart avec les mêmes spécialités, en espérant pouvoir atteindre la moyenne avant d'abandonner (enfin) la physique... 

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Le quotidien des blogopotes

 (5 juillet 2026)

Un quotidien, c'est un journal. Mais je ne lis pas de journal. Et je suppose, aussi, que ce "quotidien" est plutôt l'adjectif, qui s'oppose à "éphémère", en quelque sorte.

La première idée qui me vient, très certainement à cause de cette prière qu'on appelle le Notre Père, c'est le pain. Denrée dont je mange tous les jours, effectivement. Baguette (pas trop blanche, merci, c'est quand même meilleur cuit!), ou pain plus spécial, aux noix, aux graines, au levain... J'avais beaucoup apprécié les différentes sortes de pain disponibles en Allemagne, lors de mes premiers séjours dans ce pays. Je les aime toujours autant, mais les boulangers tricolores ont, depuis, largement diversifié leur gamme, et le pain allemand s'en trouve un peu moins exotique.

Le pain, il y en a pratiquement tous les jours au petit déjeuner. Quatre tartines, deux avec du beurre, une de confiture et une au miel. Inlassablement, sauf le dimanche, où la brioche et la pâte à tartiner viennent rompre la monotonie. Parfois, pour mettre un peu de fantaisie, j'achète des crêpes ou un croissant. Mais pour sortir un peu de la routine, je peux aussi prendre mon petit déjeuner dehors:

(En tout cas, tant que les fortes chaleurs ne sont pas quotidiennes...)

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C'est l'oral à la plage...

 (2 juillet)

Comme annoncé, je me suis rendue hier pour une demie-journée d'interrogation dans un petit lycée pas très loin de la Ville Close. Et heureusement que j'avais regardé le trajet avant (j'utilise très peu mon GPS, qui n'est pas à jour des derniers ronds-points ou sens interdits, ce qui peut être embarrassant en ville), car l'endroit n'est absolument pas indiqué. Je savais que c'était près de l'hôpital et d'un collège qui, eux, bénéficient d'une signalisation correcte. Et j'ai réussi à trouver une place à l'ombre, près du complexe sportif voisin.

Il ne faisait plus trop chaud, et la température dans la salle était tout à fait convenable. Mon collègue spécialiste était fort avenant et sympathique, et, comme je m'y attendais, les questions choisies par les candidats tout à fait abordables par une non-spécialiste, puisqu'ils traitaient tous de quelque chose en rapport avec l'environnement ou l'écologie (ce qui est normal, vu que le "2D" de l'intitulé de leur série renvoie au développement durable). Je ne me suis donc pas ennuyée, et là encore, c'est heureux, parce que j'avais quand même commis la folie de veiller pour regarder le match de foot.


En sortant, j'ai dépassé l'aire de camping-cars pour aller jusqu'à la mer, mais je ne me suis pas promenée sur le sentier côtier ni ne suis descendue tremper mes petits pieds. Un méchant mal de crâne, sans doute lié à la fatigue, commençait en effet à se faire sentir. Je suis donc sagement rentrée chez moi me reposer, afin d'être fraîche et dispose pour la réunion de ce matin.

(Et demain, dernier conseil pédagogique - pour avoir des infos sur les effectifs - et pot de fin d'année, et puis c'est fini pour cette année!) 

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Les blogopotes sont éphémères

 (28 juin)

Figurez-vous qu'il pleut (enfin! Une bonne petite pluie qui va amollir le sol et y pénetrer tranquillement). Et que, par voie de conséquence, je peux difficilement aller photographier mes roses, qui sont pourtant un excellent exemple de ce qui ne dure pas, ainsi que Ronsard l'a beaucoup mieux dit que moi.

Bref, je vous propose une autre illustration.

Depuis que la médiathèque est en travaux, une partie des ouvrages est dans des cartons, mais un petit reste est disponible dans les locaux de l'ancienne caserne, aile rebaptisée pour l'occasion "bibliothèque éphémère":


Et ne me demandez pas "ancienne caserne de quoi?", j'ai oublié. Depuis 16 ans que j'habite dans le coin, j'ai toujours entendu l'appellation "ancienne caserne". La moitié de la population locale n'a jamais dû voir le moindre uniforme là, même le café / bistrot d'en face a fermé depuis belle lurette et seule son enseigne atteste de cette ancienne présence.