Aventures bancaires

(4 août)

Il y a quelques jours, je suis allée à la banque avec le Pirate pour lui ouvrir le compte courant dont il aura certainement besoin l'an prochain. Je voulais photographier la porte, où cohabitent curieusement, mais de façon prévisible, le vieil autocollant avec un visage masqué rouge et un visage découvert vert ("espace sécurisé") et deux affichettes au format A4, "espace protégé" (avec un visage masqué) et "port du masque obligatoire", mais mon téléphone a obstinément refusé de sortir du mode veille en entrant comme à la sortie.
Pour ouvrir un compte en France, maintenant, il est obligatoire de certifier qu'on n'est pas Américain des Etats Unis. Tout ça parce que ces arrogants ont une loi fiscale qui dit que tout malheureux possesseur de la nationalité américaine doit payer des impôts là-bas, même s'il n'y réside pas. Le Pirate a la nationalité canadienne, ce qui l'autorise sûrement à entrer aux USA sans visa, mais il n'est pas citoyen des Etats Unis, donc tout va bien. La banquière n'était pas très vendeuse, elle n'a pas insisté pour qu'il ait une carte avec un visuel pour un coût prohibitif, elle n'a même pas tenté le coup avec moi, alors qu'il va falloir renouveler ma carte aussi. Elle n'a pas non plus proposé l'ouverture d'un livret jeune pour Numérobis, alors qu'une autre me l'avait fortement conseillé quand le Pirate avait son âge. Peut-être qu'ils ont des instructions pour éviter les frais, en ce moment?
Elle a demandé au Pirate des informations confidentielles pour qu'on l'identifie s'il oubliait son mot de passe. Et les informations qu'il a données, je les connais pour au moins un élève de mon lycée. Car je sais connais le nom de jeune fille de sa mère (étant donné que je connais son oncle). En fait, en y réfléchissant, cette question est de moins en moins secrète. Il y a beaucoup d'élèves qui portent le nom de leurs deux parents. Et des couples non mariés qui ont des enfants, sans parler de ceux qui ont divorcé et dont la mère a repris son nom de jeune fille. C'est une question pour les vieux, ça...
En rentrant, j'ai trouvé une lettre du Crédit Félin (qui n'est pas ma banque, mais celle de mes parents). J'y suis co-détentrice d'un compte consorts (à mon nom de jeune fille, que donc ma postière connaît), sans trop savoir qui sont encore les autres détenteurs. Il faudrait que j'aille à Paris pour comprendre un peu mieux de quoi il retourne, parce qu'il y a aussi un portefeuille (d'actions). En tout cas, la lettre, je ne l'ai pas comprise. On me dit, je cite, que "compte tenu de la parité, vous avez reçu le nombre de parts immédiatement inférieur éventuellement assorti d'une soulte en espèces représentant la valeur de la fraction formant rompu évaluée au jour de la fusion". Et si je ne suis pas d'accord, je peux le faire savoir...
Bon, et sinon, j'ai lu ça, et c'était nettement plus intéressant:


(Même si, pour être honnête, j'ai un peu peiné sur le roman du prix Nobel de littérature, pourtant plein d'humour.)

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Nostalgie du dimanche (5)

(2 août 2020)

Mes enfants n'aiment pas ramasser l'herbe après la tonte. Moi, si. Peut-être parce que cette activité mécanique est reposante pour l'esprit. Mais sans doute aussi parce qu'elle me rappelle mes étés au Canada. Je ne suis pas sûre de l'avoir fait souvent, en fait, mais je me souviens avoir ramassé l'herbe que mon père ou mon oncle venait de tondre, dans le jardin de mes grands-parents, avec un râteau à longues dents (un râteau à feuilles mortes?).






L'été, beaucoup de choses me rappellent le Canada. C'est normal, dans la mesure où j'ai passé là-bas presque tous mes étés, étant petite. Alors, les matricaires (vous pouvez chercher l'article en demandant à Blogger), l'odeur du bois dans les combles chauds, celle de la confiture de fraises en train de cuire, et même celle de la "cave" font remonter des images de chez ma grand-mère ou de chez une de mes tantes.

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Mystérieuse technologie

(29 juillet, déjà?)

Quand j'ai eu mon téléphone intelligent, il y a deux ans environ (ou bien trois, déjà?), j'ai installé l'appli qui me permet de lire mes mails dessus, bien évidemment. Au début, je recevais une notification pour chaque nouveau courriel. Et puis ce truc a cessé de fonctionné, et j'ai pris l'habitude de consulter l'appli pour voir si j'avais des messages. Au fond, c'était moins stressant que d'avoir sans arrêt un signal sonore.
Et voilà que, lundi ou mardi, le petit icône de la messagerie est réapparu dans le coin gauche. Je suppose que les bips sont revenus aussi. En tout cas, quelle stupeur de lire que j'avais 8 064 nouveaux messages!
(en haut, à gauche)

C'était faux, bien sûr. Il n'y avait que deux mails. Les 8 062 autres doivent être ceux que j'ai reçus pendant le temps où l'appli ne m'envoyait pas de notification. Soit au maximum deux ans. Et là, ça fait un peu peur, quand même. Ca veut dire que je reçois 4 000 messages par an. Même en comptant qu'un quart d'entre eux sont liés au boulot, parce que j'ai fait suivre mon courrier académique jusqu'au mois de décembre dernier, il reste 3 000 courriels annuels. Certes, vous me direz que ça ne fait qu'une soixantaine de courriels par semaine (soit une modeste dizaine par jour), mais au total, si je ne faisais pas régulièrement le ménage dans ma boîte mail, ça ferait quand même une quantité phénoménale de messages à stocker dans des banques de données qui consomment bien trop d'énergie.
Au passage, les liens vers les vidéos et les photos de ce blog occasionnent aussi une consommation importante, et je me demande si je ne vais pas faire un peu de ménage aussi. Je ne peux pas supprimer les photos de ma banque, apparemment, mais je peux enlever les liens les plus anciens vers les vidéos. Le seul problème, c'est qu'il va me falloir pas mal de temps pour les retrouver et remplacer chaque vidéo par un petit message du genre "le visisonnage de vidéo en ligne est mauvais pour la planète, cette vidéo n'est plus disponible".
Je pourrais aussi arrêter de mettre des photos, sauf que j'ai constaté que quand il n'y en a pas, il y a beaucoup moins de visiteurs!

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Nostalgie du dimanche (4)

(26 juillet)

En période de confinement, et avant qu'il soit possible de réserver des livres et d'aller les chercher à la médiathèque, j'ai eu plaisir à relire quelques livres que j'avais aimés dans mon enfance.


L'été et l'hiver aux arpents se passent dans une maison perdue quelque part en Amérique du Nord. Il y a quelques invraisemblances que je n'avais pas repérées à l'époque (s'il n'y a pas de courant, comment les enfants font-ils à manger, toutes les cuisinières américaines que je connais étant électriques?). Ce qui est amusant, c'est que dans Un hiver aux arpents comme dans L'inondation, les enfants se retrouvent seuls chez eux, isolés à cause d'aléas climatiques. Avais-je déjà des envies de solitude?
Je ne vous livre pas le secret de Jerémy, mais cette histoire m'avait marquée, tout comme celle de La cité des abeilles, qui, soit dit en passant, a été écrite par Thomas  Keneally, dont l'éditeur me dit qu'il est un "auteur confirmé de livres pour adultes". Il faudra que je pense à chercher des ouvrages de lui pour les grands, alors... Quant à la collection Castor Poche pour les jeunes lecteurs, quel dommage qu'elle n'existe plus!

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J'ai descendu dans mon jardin...

(22 juillet 2020)

Et pour cueillir du romarin, je n'ai pas à aller très loin. Le bac à plantes aromatiques est à deux pas de la porte de la cuisine. C'est pourquoi Flourig va encore jusque là, elle qui s'éloigne le moins possible de la maison.


 J'ai lu récemment que le romarin éloigne les mites, je crois que je vais tester la chose...
Pour manger de la rhubarbe, il faudra attendre encore un peu, mais le plant acheté cette année se porte beaucoup mieux que celui que nous avions planté il y a deux ans.


(Il faut dire aussi que Granit lui apporte régulièrement de l'engrais, hum...)
Pour les poires, qui poussent sur le poirier (évidemment!) qui fait de l'ombre à la rhubarbe le matin, je ne sais pas encore si nous pourrons les manger.


Elles ont l'air bien, comme ça, mais le poirier est atteint de tavelure. C'est peut-être la raison pour laquelle il nous a fallu plusieurs années pour comprendre que c'était un poirier... Il y a deux ans, nous avons pu manger quelques fruits, mais le plus souvent, ils sont trop abîmés pour être consommés. Cette année, la météo semble être de notre côté, mais j'ai tout de même aperçu quelques fruits marqués. On verra bien.
Ce que nous attendions aussi avec impatience, c'est que la liane plantée il y a quatre ans, au moins, se décide enfin à porter des fruits. Il faut dire que nous ne l'avions jamais vraiment taillée correctement. Mais ce printemps, enfin, le P'tit Mousse et moi avons vu les premières fleurs. Il y en avait cinq. Pourtant un seul kiwi arrivera peut-être à maturité.


Et puis, dans le jardin, il y a des invités.
Certains sont ravissants, comme ce caloptéryx:


(Moi qui ai fait du grec, je sais que calo-ptéryx, ça veut juste dire qu'il a de belles ailes.) Le P'tit Mousse me dit qu'il a vu aussi une grande libellule jaune, ce qui est une mauvaise nouvelle pour les larves de moustiques.
D'autres hôtes ont l'air tout à fait charmants, eux aussi, mais on se passerait bien de les voir grignoter les plantations:

(escargot des bois)
Heureusement, on trouve aussi parfois des visiteurs discrets qui se font un festin des gastéropodes.


Oui! Il y a un hérisson dans mon jardin, ou peut-être dans celui d'une des deux voisines, il y a suffisamment de tas de bois pour qu'il ait pu s'y installer, et il passe facilement d'un jardin à l'autre, parce qu'il n'y a pas de clôture. Celui-là, on aimerait bien qu'il reste!
Enfin, j'ai laissé les ronces envahir ce qui fût une haie. Elles cachent les troncs sans feuille, de notre côté, et comme ça, nous avons des mûres dans le jardin.

(Il se peut que l'image soit à l'envers, j'ai dû la positionner sans mes lunettes.Mea culpa.)

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Nostalgie du dimanche (3)

(19 juillet)


C'est l'actualité qui me fournit mon sujet. Pendant 24 heures, mon téléphone portable m'a suggéré cette chanson comme premier objet de recherche (avant de passer au port du masque obligatoire, ce qui est nettement moins fun, comme thème).
Ce tube me rappelle le premier mariage auquel je me souviens d'avoir assisté. J'avais huit ans, et nous étions allés, mon père, ma soeur, mes grands-parents et moi, au mariage d'une cousine bretonne (si maman n'était pas là, c'est parce qu'elle avait un ventre énorme, avec ma seconde soeur à l'intérieur). Et pendant le bal, le soir, je me souviens avoir dansé la danse des canards avec mon grand-père, qui était prêt à tout pour faire plaisir à ses petites-filles. En dehors d'une partie de foot jouée par les hommes dans un pré aujourd'hui devenu un plan d'eau et de la nécessité de décorer les voitures (avec du tulle), c'est le seul souvenir que je garde de cette fête.

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Rester à la maison

(17 juillet)

Il semblerait que la voiture familiale soit au bout du rouleau. Plus de 340 000 km, et c'est la suspension qui lâche. Le garagiste annonce des frais prohibitifs par rapport à la valeur du véhicule. Et en attendant que nous prenions une décision, elle reste au garage, et moi, je suis coincée à la maison.
Alors je retourne sur le petit chemin, guetter les mûres qui noircissent. Et je croise des papillons, seuls comme ce myrtil:






Dans la mesure où je vois du blanc sur les ocelles, je serais tentée de dire que c'est une myrtille (comme ça, le correcteur d'orthographe ne souligne plus), puisque, d'après mon guide, c'est la femelle qui a le dessus des ailes roussâtre et des ocelles en noir et blanc. Et puis, une myrtille dans les ronces, c'est amusant.
J'ai croisé d'autres papillons solitaires, mais ils se laissent difficilement approcher. Et puis j'ai repéré ce couple de piérides du navet, que j'ai dérangé plusieurs fois. A chaque fois, Madame s'est envolée en emportant Monsieur, manifestement accroché tête-bêche:


(Oui, la photo est floue, parce que je n'ai pas réussi à trouver le réglage de l'appareil photo qui me permette de faire la mise au point sans m'approcher dangereusement; mais on distingue quand même les nervures sur les ailes, leur extrémité plus foncée et une tache sombre. Le mâle est plus foncé, si bien que j'avais d'abord pensé à des citrons - avec les myrtilles, ça irait bien -, mais cette dernière espèce est plus rare et sans nervures. Et puis je sais dans quel champ les navets ont poussé...)

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