Un petit air de Covid...

 (15 octobre)

 Non, je ne suis pas malade.

C'est juste que l'un de mes lycées est (re)passé en cours à distance, après une tentative de retour en présentiel (peut-être un billet sur les alea dus au mouvement lycéen pendant les vacances, il y a tant à dire...), et que cela suscite, chez les professeurs, des réactions variées. On a entendu des "bonnes vacances!", mardi, mais aussi des "oh non, moi je ne supporte pas le distanciel"... En ce qui me concerne, j'ai le Q entre deux chaises, puisque le lycée de la rive gauche, lui, n'est aucunement affecté par le mouvement et que, cet après-midi, je vais voir des élèves en chair et en os.

A l'annonce du premier épisode de "télé-enseignement" (c'est le terme officiel), une collègue faisait part de son désarroi. Car, disait-elle, si on donne des exercices à faire, il va falloir les corriger, après. Que nenni, lui avons-nous répondu: tu envoies la correction un peu plus tard, et puis c'est tout. Soit les élèves ont fait le travail, et ils·elles consultent le corrigé; soit (et c'est souvent le cas) ils·elles n'ont rien fait, et ils·elles ne regardent pas ce corrigé; mais dans tous les cas, le·la professeur·e qui a donné des exercices n'est pas complètement démoralisé, au retour, quand il·elle constate, en faisant la correction en cours, qu'à peine la moitié des élèves a fait le travail.

Au retour, nous partagions ce que nous avions fait pendant que les élèves étaient censé·es plancher sur leurs devoirs: bricolage, lessive, jardinage (il faisait encore beau). Ce qui ne veut pas dire que nous n'avions pas travaillé, puisqu'il avait bien fallu rédiger un peu les cours, et mettre en forme une correction qui, en ce qui me concerne, n'existe d'habitude qu'à l'état de notes très succintes. Aujourd'hui encore, je dois préparer ce que je mettrai en ligne demain dès l'aube*, pour les élèves qui auraient eu cours à 8 heures trouvent de quoi s'occuper un peu.

L'annonce du deuxième passage en distanciel, un vendredi à midi, a provoqué des réactions un peu plus enthousiastes.

Le collègue qui avait crevé (à vélo) et qui attendait que sa femme arrive avec une voiture pour rentrer et revenir avec l'autre voiture: - C'est pas sûr qu'avec les embouteillages, je sois à l'heure au lycée, cet après-midi.
- Mais tu reviens pas, on passe en distanciel.
- C'est sûr? Ah mais c'est génial, ça m'arrange!

La collègue qui a deux enfants en bas âge: - Ça veut dire que j'ai une demie-journée sans cours et sans enfants? Et si j'en profitais pour aller au cinéma, cet après-midi? Voir autre chose que la Patte Pas Trouille, je veux dire... Ah ben oui, mais si je veux être sortie pour la fin de l'école, ça le fait pas.
- Et ben moi, je vais lire un peu, je crois.
- Oh oui, un livre! Merci de me rappeler qu'il y a autre chose que les écrans, dans la vie. Un livre! Pour une fois que je vais pouvoir lire sans être interrompue toutes les deux minutes...

* ou peut-être plutôt ce soir, car il s'est avéré pendant que je rédigeais cet article que le lycée du P'tit Mousse a finalement renoncé aux cours en présentiel. Et si lui et moi sommes en distanciel demain, personne n'a besoin de se lever avant le soleil... 

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