In vino veritas...
(26 octobre)
Non, je ne me suis pas mise à boire. D'ailleurs, j'ai lu récemment qu'une étude tendrait à prouver que ces histoires de buveurs modérés en meilleure santé que les autres, c'est du pipeau: en fait, les gens qui boivent avec raison (je veux dire, raisonnablement) sont tout simplement de milieux sociaux plus favorisé et pratiquent plus souvent une activité sportive que les buveurs impénitents auxquels l'alcool ruine la santé. Les deux verres de vin quotidiens ne sont qu'une partie de leur bonne hygiène de vie, et rien ne montre qu'ils l'améliorent (même si les vendeurs d'alcool ont encore publié des résultats indiquant des produits anti-cancer dans le vin de table).
Bref, je ne bois qu'exceptionnellement, et je n'ai pas l'impression de m'en porter plus mal.
Néanmoins, je me pose une question, suite à une discussion que nous avons eue avec K. Il fait la cuisine et consomme de l'alcool, et prétend que, l'un dans l'autre, nous consommons nos 5 fruits et légumes quotidiens. Ce que je conteste. D'abord, il n'y a pratiquement jamais de fruits sur la table; sauf quand j'ai été récemment faire les courses. Ensuite, si nous mangions ce qu'il faut de légumes, est-ce que la question qu'il pose rituellement le mercredi soir pour savoir ce que nous avons mangé le midi en son absence serait: "du riz ou des nouilles"?
D'où ma question: peut-il compter comme une portion de fruit chaque verre de vin bu? En effet, si c'était du jus de raisin non fermenté, on me dirait que oui, bien sûr, ça compte. Et dans ce cas, il avale facilement trois portions de plus que moi.
Mais je n'ai pas pour autant l'intention de me convertir à l'alcool. Je préfère acheter des potimarrons au papa de M. (qui ne s'appelle même pas M..., en fait!) et me faire des blettes, comme hier midi. Ca au moins, c'est bon!
Libellés : cuisine, humeur, santé
Sans alcool
(7 janvier 2024)
Pour moi, le "dry january", c'est facile. En fait, je peux faire aussi "dry february" et "dry march", et... ainsi de suite.
Parce que je ne bois pratiquement pas d'alcool.
Il serait inexact de dire que je n'en bois pas du tout. J'ai pris un fond de coupe de champagne pour Noël. Et je me suis forcée à manger les chocolats alcoolisés que m'a envoyés mon amie allemande. Mais franchement, je trouve que c'est gâcher le chocolat que d'y ajouter de la liqueur.
Comment en suis-je arrivée là?
En réalité, je crois qu'on peut dire que je n'ai jamais commencé à boire.
Mes parents m'ont toujours versé quelques gouttes de champagne dans un verre à liqueur pour les anniversaires, Noël et le Jour de l'An, depuis que je peux tenir un verre. Il existe même une photo de moi trinquant à la mort de Franco.
Lorsque j'étais adolescente, mon père m'a fait goûter deux ou trois vins, des bons crus, à l'occasion. J'ai eu droit à un porto à l'apéritif, pendant un temps. Sans l'apprécier plus que ça. Et puis, majeure, je prenais un kir, quand ma grand-mère nous invitait au restaurant; cependant, je terminais le repas à l'eau. Et pas seulement parce que cela permettait à mon père de ne pas conduire au retour.
Et puis, j'ai dû boire deux ou trois bières, dans ma vie. Je me souviens de la première, un soir où j'avais accompagné ma soeur à l'anniversaire de deux amis. Nous étions rentrées à pied, après minuit, dans Paris, et c'est la seule fois de mon existence où des policiers ont contrôlé mes papiers en dehors d'un aéroport (avions-nous l'air de deux jeunes fugueuses?). Et j'avais aussi bu la Bitbuger Pils offerte avec un menu du jour à la Mensa de l'université de Trèves; je n'avais pas du tout aimé.
Je n'ai jamais réussi à apprécier les boissons alcoolisées. Aussi incroyable que cela puisse paraître à ceux qui ont éduqué leur palais au vin, quand on m'en fait boire, je ne perçois que le goût de l'alcool. A un ancien proviseur qui voulait absolument que je goûte les crus qu'il avait apportés pour fêter sa retraite, j'avais eu bien du mal à faire comprendre que ce serait du gâchis, parce que je suis incpable d'apprécier ce genre de breuvage.
Quand il y a des bulles, à la rigueur, je peux boire. Est-ce que ce sont mes gènes bretons qui s'expriment? Je peux boire du cidre. Néanmoins, pas plus de deux verres d'affilée: quand on n'est pas habitué, l'alcool fait vite de l'effet...
Pour moi, boire ne va pas de soi. Et tant pis si cela va à l'encontre de la société et des habitudes françaises.
Libellés : humeur, psyché
Sansonnet
(19 mars)
Je viens de terminer
L'extravagant Voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet, de Reif Larsen. Je l'avais acheté parce que je n'ai pas pu voir le film, mais que l'histoire me paraissait intéressante. Evidemment, le livre était bien en vue dans les rayons, au moment de la sortie du film. De fait, l'adaptation au cinéma a pas mal modifié le récit, notamment en ce qui concerne l'âge du héros (dans le livre, T.S. a douze ans) et la raison pour laquelle il reçoit son prix. Pour Reif Larsen, T.S. est un jeune homme doué pour le dessin, qui "cartographie" tout ce qui l'entoure. Ici se pose bien sûr un problème de traduction, puisqu'une "
mind map" n'est pas vraiment ce qu'on appelle une "carte" en français, mais une fois qu'on a accepté que ce terme pouvait recouvrir aussi des schémas et qu'on s'est habitué à aller et venir entre le texte principal et les notes ou "cartes" situées dans les marges, le roman est passionnant. En tout cas, moi, je l'ai beaucoup apprécié, avec ses côtés parfois un peu délirants (et qui sont précisément la raison pour laquelle l'attention de Jean-Pierre Jeunet s'était portée sur ce livre).
Il y a par exemple, vers la fin du récit, un commentaire marginal dans lequel T.S. nous livre les indices qui lui permettent de reconnaître un vrai adulte.
(Je cite la traduction de Hannah Pascal, parue eu livre de Poche:)
"
On est un vrai adulte si:
1. On est toujours fatigué.
2. On n'a pas hâte que ce soit Noël.
3. On a très peur de perdre la mémoire.
4. On travaille dur toute la semaine."
Certes, je suis assez souvent fatiguée, mais j'aime toujours Noël, surtout depuis que j'ai des enfants auxquels faire des cadeaux. Pour ce qui est la mémoire, je ne suis pas encore assez vieille pour redouter de la perdre. pas assez âgée non plus pour le point suivant:
"
5. On porte des lunettes de vue autour du cou et on oublie toujours qu'on porte des lunettes de vue autour du cou.
6. On prononce les mots: 'Je me rappelle quand tu étais grand comme ça' et on secoue la tête en faisant une UA-1, UA-24, UA-41, qu'on peut traduire grossièrement par: 'Je suis très triste parce que je suis déjà vieux et que je ne suis toujours pas heureux.' "
Je ne suis pas sûre de dire souvent ce genre de choses à mes enfants, mais peut-être que cela viendra.
"
7. On paie des impôts et on aime bien s'énerver avec d'autres adultes en se demandant 'ce qu'ils peuvent bien faire avec tout le fric qu'on leur donne.'
8. On aime boire de l'alcool tous les soirs tout seul devant la télévision.
9. On se méfie des enfants et de ce qu'ils peuvent avoir derrière la tête."
Je me sens peu concernée par le point 7 (même si je paie des impôts, quand même!), et pas du tout par le 8: je ne bois pratiquement jamais d'alcool, et je regarde rarement la télévision le soir. Quant au neuvième indice, il ne me concerne pas du tout. J'aime bien les enfants, et je ne vois aucune raison de me méfier d'eux. Les dernier critère de reconnaissance des adultes me paraît bien triste, et je ne le partage pas du tout:
"
10. On ne se réjouit de rien."
Dieu merci, j'ai conservé une certaine capacité à me réjouir. Du texte que je viens de citer, par exemple. Mais, bien que je le trouve assez vrai sur certains points, je me demande, du coup, si je suis vraiment une adulte...
(Et pour celles et ceux qui s'inquiètent pour Bellzouzou: disons qu'un indélicat est tombé sur son blog, et qu'elle a jugé bon, du coup, de l'expurger un peu. Elle reviendra dès qu'elle aura fini son petit ménage...)
Libellés : humeur, loisirs
La recette des patients
(4 décembre)
Si vous avez la patience d'attendre au moins deux semaines pour manger un gâteau, voici la recette du fameux
Christstollen. Je l'ai copiée dans un vieux manuel en oubliant la farine, il a donc fallu que je reconstitue les parties concernant cet ingrédient, mais la recette a été testée et approuvée (par mes enfants et mes élèves), donc je pense pouvoir vous livrer cette version (traduite!) sans danger.
Pour commencer, la liste des courses:
- 750 g de farine
- 300 g de raisins secs (vous pouvez mélanger les raisins blonds et les raisins de Corinthe)
- un petit verre de rhum
- 60 g de levure de boulanger
- 1/8 l de lait (pour ceux qui ont du mal avec les fractions, ça fait 125 ml)
- 100 g de sucre
- 1/2 cuillère à café de sel (facultatif si vous utilisez du beurre demi-sel)
- le zeste râpé d'une orange (bio, bien sûr)
- 1/2 cuillère à café de cardamome
- 2 oeufs
- 250 g de beurre
- 60 g d'amandes en poudre
- 50 g d'écorce d'orange confite, et autant d'écorce de citron, en petits dés
Pour le "glaçage": 100 g de beurre fondu et 125 g de sucre glace mêlé à un paquet de sucre vanillé
La veille:
faire tremper les raisins dans le rhum (personnellement, j'ajoute un peu d'eau; les gens qui préfèreraient faire tremper dans de l'eau ou du thé courent à mon avis un risque, l'alcool jouant probablement un rôle dans la conservation/fermentation du gâteau).
Le jour-même:
Verser les 2/3 de la farine (soit 500 g) dans une jatte, ajouter la levure, le sucre et le lait tiède, les épices (ah zut, j'ai oublié la cardamome!), les oeufs et le beurre à température.
Mélanger jusqu'à ce que la pâte fasse des bulles (bon, en fait, elle fait surtout des "prout").
Ajouter le reste de farine.
Terminer en ajoutant les raisins, les amandes, les dés de citron et d'orange. Le pétrissage final se fait à la main.
Laisser gonfler la pâte dans un endroit chaud. (J'ai fait le mélange en matinée, et j'ai repris la recette après la vaisselle du midi.)
Former deux pâtons, les déposer sur une plaque huilée / du papier cuisson / un tapis en silicone, et laisser monter encore. (Le temps de faire une petite sieste)
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| Avant que la pâte lève... |
Faire cuire 50 à 60 minutes à 175 ou 180°.
Dès la sortie du four, badigeonner les gâteaux de beurre fondu, et saupoudrer de sucre glace. (Je viens de lire dans une autre recette qu'on peut renouveler cette étape jusqu'à épuisement des stocks de beurre et de sucre, au lieu d'en mettre partout comme moi.)
Emballer les gâteaux dans du papier aluminium, et laisser reposer au moins deux semaines.
Nous avions essayé une fois de manger un
Stollen tout de suite, et ce n'était vraiment pas bon. Oublié dans le placard et ressorti après trois semaines, il était excellent!
(Les photos datent de l'an dernier ou d'il y a deux ans, je n'avais alors trouvé que de la levure déshydratée: les gâteaux de cette année, faits avec de la levure fraîche, ont beaucoup mieux levé; seulement, j'ai oublié la cardamome...)
Libellés : cuisine
Mon petit grain de folie
(16 juin)
Quand j'étais plus jeune, j'étais très chiante et surtout, plutôt coincée. Je ne l'étais sans doute pas lorsque j'étais enfant, mais j'ai certainement été une adolescente mal dans sa peau. La fille qu'on invitait rarement aux "boums" parce qu'elle n'osait pas danser, c'était moi. Il faut dire aussi que j'habitais loin, et que donc, j'étais sommée par mes parents (auxquels j'obéissais) de rentrer tôt. Parce qu'une jeune fille de 14 ou 15 ans toute seule dans le métro, à 11 heures du soir, c'est un peu étrange... Je n'allais pas aux concerts de rock, sauf celui de Sting au POPB, avec Phil Collins à la batterie. Si j'ai mis les pieds trois fois en "boîte" dans ma vie, c'est le maximum. Je n'ai jamais porté une cigarette qui ne soit pas en chocolat à la bouche. Un joint non plus, a fortiori. Et je ne bois toujours pratiquement pas d'alcool. Ennuyeuse, la fille, je vous dis.

L'avantage, c'est que je ne me suis pas sentie privée, quand il a fallu préparer des concours. Et c'est peut-être ça qui m'a permis de rentrer si vite dans l'Education Nationale (quelle drôle d'idée)!
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| (premiers ex aequo) |
Au début de ma carrière, j'étais encore assez pointilleuse sur mon image, je faisais attention à la manière dont je m'habillais et me coiffais pour que les élèves me prennent au sérieux. J'avais encore peur de paraître ridicule.
Cette peur m'a quittée. Sinon, je ne danserais pas avec des filles qui pourraient être les miennes. Et je ne me serais pas pliée non plus au mot d'ordre lancé par une collègue pour le dernier jour: "on se met de la couleur dans les cheveux". Moi qui me maquille si peu et n'ai pas encore songé à la moindre teinture (pourquoi faire, je dois avoir dix cheveux blancs au maximum?), je me suis procuré deux longues mèches violettes que j'ai accrochées dans mes cheveux.

Et puis, cette année, je me suis lancée dans la participation à la régate des bateaux en cartons de Douarnenez. Nous y allons chaque année, et jusqu'ici, c'est le Pirate qui pagayait. Mais pour cette édition, il avait décidé de ne pas le faire, alors je me suis dit que je pouvais prendre le relai, histoire d'accompagner le P'tit Mousse qui, lui, voulait absolument son bateau. K. a donc réalisé une chaloupe en pliant un grand carton, puis il en a judicieusement renforcé le fond. Si l'embarcation ne payait pas de mine, beaucoup ont été surpris par sa capacité non seulement à flotter, mais aussi à aller assez vite sur l'eau.
Quant à moi, j'étais déguisée en chat (Numérobis a trouvé ça moche), et je l'ai trouvée plutôt maniable, cette chaloupe. Après un (très) mauvais départ, nous avons quand même fini quatrième de notre course (devant les indiens, mais derrière Super Mario).
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Les questions du lundi matin...
(7 mars)
Comme je suis un peu en panne d'inspiration, j'ai été piquer un questionnaire chez L. pour y répondre, aujourd'hui (avec le décalage horaire, impossible d'y répondre hier soir...):
- Qu’avez-vous réussi à ne PAS dire cette semaine?
Franchement, je ne sais pas. En général, je ne me prive pas de dire ce qui me passe par la tête. Mais je me suis quand même abstenue de demander à mon infidèle comment va sa copine, quand il est revenu chercher les enfants après avoir fait une escapade amoureuse un convoyage à Paris.
- Avez-vous déjà consommé des substences illégales? Si oui, lesquelles?
Ah, navrée, je suis mortellement ennuyeuse, comme fille. Par deux fois, je me suis vu proposer un joint, et à chaque fois, j'ai décliné l'offre. Je ne bois pratiquement jamais d'alcool non plus, et du café seulement quand les circonstances l'exigent.
- Qu’aimeriez-vous pouvoir faire pour changer un peu (ou beaucoup) le monde autour de vous?
Ce serait bien si tout le monde pouvait manger correctement pour un prix raisonnable, et que les agriculteurs soient payés convenablement, en plus. Développer des potagers partagés me paraît une bonne idée, dans cette optique.
- Quelle chanson avez-vous écouté en boucle à une époque, et pourquoi?
Pas une chanson, mais j'ai eu une époque Canon de Pachelbel, ado. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être que j'étais mélancolique?
- Qu’est-ce qui vous a fait rire (ou sourire) cette semaine?
Les tas de compliments à propos de mon masque (La Laitière, cousu main) et de ma tenue mardi. Même des élèves que je n'ai pas en cours m'ont fait des remarques sur mon masque.
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