Ca aurait pu être pire

(1er mai 2017)

Depuis qu'elle était revenue du garage la semaine dernière, ma voiture n'allait pas vraiment mieux. Faiblarde, de plus en plus, dans les côtes, avec le régulateur de vitesse qui sautait. Mardi, j'avais été signaler la chose au garagiste, qui m'a dit qu'il la reprendrait vendredi prochain.
Mais c'est trop tard.

Il y avait aussi une odeur de brûlé, et j'ai eu peur, vendredi dernier, de rester bloquée dans une côte en allant travailler, et qu'on me rentre dedans. La voiture allait me lâcher, restait à savoir quand. Elle aurait pu le faire à midi, me coinçant au lycée (K. était loin, et son portable déchargé). Ou alors, à "l'heure des parents", et je n'aurais pu ni aller chercher mes enfants à l'école, ni les emmener à leurs activités. Encore pire: refuser de repartir pour aller chercher Numérobis à l'aïkistroumpf, alors que je n'avais aucun moyen de prévenir ni le maître d'aïkido, ni aucune des mamans qui je connais.
Voyant venir la chose, je m'étais prudemment garée un peu loin de la salle, mais surtout pas sur le parking d'en face: la voiture n'aurait jamais pu remonter la ridicule côte qui le sépare de la route. Car elle est bien restée sur le parking, ce soir-là. Enfin, pas tout à fait, puisqu'en réalité, elle a démarré juste assez pour se trouver en plein milieu de la voie. Quand deux jeunes filles sont arrivées pour aller à leur entraînement de handball, et comme elles ne pouvaient pas m'aider seules, elles sont allées chercher des collègues. Parmi eux un mécano, qui a confirmé le diagnostic redouté d'une mort d'embrayage, et placé la voiture de manière qu'une dépanneuse puisse l'enlever plus facilement. Il a aussi pensé à me dire de faire marcher l'assistance, ce à quoi le stress m'aurait empêché de penser toute seule.
image de la toile mondiale


J'ai donc appelé l'assistance, qui m'a renvoyé un SMS pour me dire que le dépanneur ne serait pas là avant une heure et demie.
J'ai tenté de joindre K. à la maison, mais n'ai eu que le Pirate, auquel son père avait téléphoné qu'il était coincé dans des embouteillages à Lorient. Avec son nouveau téléphone, il n'avait pas le numéro de mon portable. Mais il avait pensé que le vendredi soir, normalement, je vais danser, et qu'il valait mieux qu'il prévienne de son retard: il avait donc acheté un kit pour recharger son mobile.

Numérobis et moi n'avions plus qu'à attendre. Il aurait pu pleuvoir, ou faire froid, mais par bonheur, il faisait encore jour et la température était clémente. Nous avons quand même tremblé (de stress) jusqu'à ce que je me souvienne qu'il restait deux carrés de chocolat, dans ma voiture en panne. Et bien je vous assure que ça nous a fait un bien fou. K. était même étonné de me trouver si peu énervée, en arrivant. Le miracle du chocolat (du vrai, du noir au beurre de cacao)! Je me suis même souvenue que le cartable de Numérobis était encore dans le coffre, et qu'il valait mieux l'en sortir avant que la voiture disparaisse dans un hypothétique garage. Ca nous a permis d'imaginer une discussion loufoque avec la maîtresse à propos de devoirs non faits et de cahier resté dans un coffre.
K. nous avait à peine ramenés à la maison que le dépanneur appelait. Il avait trois quarts d'heure d'avance, mais tant pis, je suis retournée signer son papier et assister à l'enlèvement de mon véhicule. Demain, il doit arriver au garage le plus proche (de chez moi) et, si j'ai le courage, j'irai voir le garagiste pour qu'il me fasse un devis. Un embrayage, ça peut aller de 500 à 1500 euros selon ce qui est cassé exactement... Il faudra aussi que je pense à appeler l'autre garagiste, pour lui dire qu'il ne reverra pas ma voiture tout de suite.

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Ce n'est pas ma pédale préférée

 (15 novembre 2023)

Au départ, j'avais pensé appeler ce message "une semaine sans voiture", comme si c'était une petite expérience amusante. Et puis l'expérience s'est prolongée et ça devenait de moins en moins drôle. Surtout pour mon portefeuille.

Le vendredi de la première semaine de vacances, il pleuvait des cordes quand je suis allée chercher le Pirate à la gare. Evidemment, il y avait un embouteillage. Et au bout d'un moment, j'ai eu la sensation étrange de ne plus appuyer sur la pédale d'embrayage. J'ai trouvé miraculeusement une place sur le parking, dans laquelle je n'ai pas pu rentrer entièrement avant de caler. Impossible de redémarrer la voiture, et la pédale enfoncée à bloc, qui ne remonte que si je tire manuellement dessus.

Il était presque 19h. J'ai envoyé un message au Pirate, pour qu'il ne reste pas attendre sous la pluie et qu'il trouve la voiture. Et j'ai appelé l'assurance. Trop de monde, on vous envoie un SMS, me dit-on. Fort bien, j'attends le message, qui me propose un lien pour déclarer mon sinistre et demander de l'aide. Ici mon Papa, dont le téléphone n'est pas intelligent, aurait été dans de beaux draps. Mais j'ai cliqué sur le lien, activé la géolocalisation de mon appareil et coché des cases tandis que le Pirate envoyait un message à ses frères pour leur dire que nous ne serions pas rentrés tout de suite. Dépannage pévu vers 20h, avec remorquage vers le garage le plus proche, en centre-ville, si la voiture ne repart pas toute seule.

Evidemment, la voiture n'est pas repartie toute seule. Je ne gênais personne, mais il y avait trop de circulation pour faire intervenir une dépanneuse immédiatement. Le mécanicien m'a donc, après avoir confirmé mon diagnostique sur l'embrayage (case inexistante sur le formulaire en ligne), renvoyée chez moi en me disant qu'il reviendrait plus tard chercher la voiture, et qu'il l'emmènerait au gros garage de la marque, qui ne pourrait sans doute pas la regarder avant le lundi, l'atelier mécanique étant fermé le samedi. Sur le moment, je n'ai rien dit, mais ce n'était pas le réparateur prévu par SMS.

Je suis rentrée chez moi. J'ai patienté. Le lundi, j'ai appelé le garage prévu, qui m'a expliqué que non, ils n'avaient pas la voiture, et que, de toute façon, je devais rappeler l'assistance pour qu'ils déplacent le véhicule, qui devait être sur leur aire de stationnement. Ce qui m'a un peu étonnée, parce que, la dernière fois et dans les mêmes circonstances, je n'avais pas eu besoin d'intervenir pour que le dépanneur redéplace la voiture. La chose m'a pourtant été confirmée par la dame que j'ai eue au téléphone, et avec qui j'ai convenu que le garage de livraison était celui du centre-ville.

Le petit établissement n'a jamais vu la couleur de ma voiture, que j'ai retrouvée le mardi soir, par téléphone, dans le gros garage où nous l'avions achetée. On m'a alors promis un devis. Qui n'est pas arrivé le soir même. Le lendemain, c'était le premier novembre. Le jeudi, j'avais un rendez-vous médical, et j'ai étudié les horaires de bus pour m'y rendre. Je pouvais être à l'heure en partant à une heure raisonnable, mais il faudrait attendre presque deux heures pour pouvoir rentrer.

Et puis, Ciaran est venu s'en mêler. Plus question d'aller au rendez-vous, mais impossible aussi de contacter le garagiste. J'ai réussi à avoir quelqu'un le jeudi soir, et le réseau encore trop faible a interrompu la liaison. Un devis m'est alors parvenu par mail. J'étais sans voiture depuis une semaine, et la réparation s'annonçait longue et coûteuse (2000 euros, rien que ça). J'ai donné mon aval et monté un dossier pour payer en plusieurs fois, mais personne n'était capable de me dire quand je pourrais de nouveau rouler avec cet engin. Et l'école reprenait le lundi; j'ai donc étudié les horaires de bus...

Fort heureusement, mon ex-belle-soeur, mise incidemment au courant de mes malheurs, m'a prêté une voiture. Que j'ai utilisée toute la semaine dernière, car personne ne m'a jamais contactée pour me dire que la mienne était prête. Et pour cause. Le garage avait conservé le numéro de téléphone du père des enfants (qui est toujours, d'après la carte grise, propriétaire du véhicule) et lui a donc laissé un mesage qu'il n'a pas compris. L'attente n'était pas terminée pour autant. Quand une collègue m'a fort gentiment déposée sur place, lundi matin, il a encore fallu trois quart d'heure avant que je puisse m'installer au volant. A un moment, je me suis dit que j'aurais mieux fait de venir avec la deuxième clé et de partir sans payer. Mais ce n'aurait même pas été possible: il y avait une voiture garée devant, et une autre derrière la mienne.

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La voiture de Gaston Lagaffe

 (8 décembre 2023)

Il y a une semaine, pratiquement heure pour heure, ma voiture tombait (encore) en panne.

Je revenais de la Préfecture, où j'étais allée chercher des trucs dénichés sur Lebonqwoin. Cela m'a permis de me fournir en biscuits de Noël chez une chaîne allemande et de découvrir le fameux PetitFrais dont tout le monde parle. Je n'ai pas été vraiment convaincue, sauf qu'ils avaient des gâteaux de Noël, eux aussi, et d'une marque alsacienne réputée. Miam.

Je me suis arrêtée à Intermarket pour terminer mes courses. Et ma voiture n'a pas voulu repartir. Depuis que je l'avais récupérée après la tempête, avec une batterie pourtant neuve, elle avait le démarrage difficile. Et là, plus rien. Le tableau de bord s'allumait normalement, mais en appuyant sur le bouton, aucune réaction ne se produisait.

Il était midi, le garage juste en face était fermé. Je suis rentrée chez moi à pied (après tout, je fais souvent mes courses à pied, et là, il n'y avait rien de lourd), et j'ai regretté de ne pas avoir de gants, parce que la bise gelait mes doigts.

(Vous voyez le bâtiment bleu, au fond? C'est le garage, vu depuis l'extrémité du parking abrité.)

En début d'après-midi, je suis retournée à ma voiture, voir si elle démarrait ou pas, en me demandant à quel réparateur je l'emmènerais si elle voulait bien rouler. Celui d'en face était semble-t-il ouvert le samedi, alors que mon garagiste habituel, un peu plus loin, fermait le soir jusqu'au lundi, d'après internet. La question s'est résolue d'elle-même, la voiture refusant encore une fois de démarrer.

Je me suis donc rendue chez Jules en face. Où je me suis fait dire qu'il fallait que je contacte mon assistance et qu'ils remorqueraient mon véhicule chez mon garagiste habituel. Ce qui est inexact. Mon assurance ne remorque ma voiture que dans un rayon de 15km. Bon, ça tombait bien, mon réparateur habituel était à 5km, et c'est effectivement celui que l'assureur a désigné au dépanneur, lequel venait de la Préfecture, via un détour par le département voisin. Voilà qui n'est pas très écologique. A ce moment-là, je pensais même que c'était totalement ridicule, la panne pouvant venir juste de bougies qui n'auraient pas nécessité plus d'un quart d'heure d'intervention de la part de l'incompétent d'en face.

Le dépanneur a mis un peu de temps pour arriver, mais je pouvais l'attendre à l'intérieur. Evidemment, il n'a pas eu plus de chance que moi pour mettre le moteur en route. Il a donc effectué une manoeuvre un peu osée en rentrant son gros camion sous l'abri du parking (ça passait juste), et puis il a fait monter la voiture sur le plateau, et il m'a proposé de me déposer plus près de chez moi. Tant qu'à faire, lui ai-je dit, emmenez-moi au bout de la terre jusqu'au garage, comme ça, je pourrais voir avec eux.

Un petit tour en dépanneuse plus tard, j'apprenais que mon garagiste ne ferme pas du tout le samedi (je me disais, aussi), mais qu'il était un peu en manque de main d'oeuvre et ne pourrait peut-être pas s'occuper de ma voiture avant le lundi. Néanmoins, la question principale pour moi était de savoir si je pouvais avoir un véhicule pour aller travailler, et surtout pour revenir tard, parce qu'il n'y a pas transport public (hors centre-ville) après 18h, et que j'avais des conseils de classe.

C'était presque l'heure de la fermeture, il restait une voiture. Une "petite voiture", a dit le garagiste.

La vieille clio rouge sentait carrément l'humidité, à l'intérieur. Elle souffre d'un gros problème de condensation, et évidemment, le temps d'automne n'aide pas. Il faut rouler avec la ventilation à fond, quand il pleut. Et essuyer sérieusement l'intérieur du pare-brise avant de partir. Il y avait des taches indéfinies sur certaines ceintures, le P'tit Mousse n'a pas réussi à attacher l'une de celles de la banquette arrière. Je n'ai compris qu'au bout de trois ou quatre jours que le verrouillage automatique ne contrôle pas le côté passager. Curieusement, personne n'a essayé de voler ce véhicule. Pourtant, il roule très bien, ne cale pas malgré mon utilisation pafois limite de l'embrayage. La bonne vieille clio nous a emmenés au cinéma (depuis le temps que les enfants voulaient voir Le Garçon et le héron!), le l'ai garée sans soucis partout où je suis allée (elle est nettement moins encombrante que mon véhicule habituel) et j'étais vraiement bien contente de l'avoir.

Et puis, cette voiture, avec sa clef de contact, son vrai frein à main et son manque d'électronique, m'a donné une idée de scénario. Imaginons, dans les années 2040 ou 2050, des jeunes, ou même des trentenaires, qui ne savent conduire que des voitures automatiques et électriques bourrées de gadgets. Ils doivent sauver le monde, ou accomplir je ne sais quelle mission alors qu'il n'y a plus d'électricité et que leurs véhicules habituels sont inutilisables. Seule solution: le vieille voiture thermique de Mamie. Comme ils ne savent pas la faire marcher, il faut aller chercher Mamie dans son Ehpad (première péripétie). Mamie est un peu sourde, ou bien elle a Alzheimer, pour des scènes comiques (avec Alzheimer, on peut envisager des scènes touchantes, conduire la voiture ramenant Mamie a une autre époque). Il faut aussi retrouver la clef de la voiture, voire trouver de l'essence (autres péripéties). Peut-être que le premier démarrage en côte est difficile, qu'il faut une collaboration entre les générations pour lever le frein à main. Enfin bref, je suis sûre qu'il y a des tas de choses à tirer de cette idée. Je veux bien la vendre, si quelqu'un est intéressé.

(Oui, une idée se vend, surtout quand ma voiture vient d'engloutir, en deux pannes à un mois d'intervalle, 75% de mon salaire mensuel.)



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