Mobilisme
(25 août)
Allez savoir pourquoi je me dit que j'allais devenir propriétaire. Entre les bonnes âmes qui me rappellent que si je continue comme locataire, je vais payer jusqu'à la fin de ma vie pour ne rien avoir à moi (ben en même temps, quand je mourrai, ce ne serait plus à moi non plus, hein), et celles qui me disent que les prix de l'immobilier et les taux d'intérêt vont remonter, il faut croire que j'ai fini par me dire qu'il fallait me lancer dans la recherche active.
Et en effet, j'ai failli acheter un appartement, non pas dans la maison sur la droite de cette photo (on doit sacrément entendre le bruit des trains, à cet endroit-là!), mais au rez-de-chaussée du manoir XVIIIème qu'on devine au fond à gauche.
Sauf que les propriétaires ont retiré leur bien de la vente au moment de signer le compromis.
Alors, je me suis remise en quête de la maison idéale, celle qui a trois chambres, un petit jardin pour Gribouille, au moins 60m², le tout à l'égout et dans laquelle on peut "poser ses valises" sans faire de travaux.
Autant dire que, pour mon budget, cette maison n'existe pas.
Je contacte des agences, une étude notariale, et je rencontre des tas de négociateurs tous plus étranges les uns que les autres.
Il y a celui qui me confirme que le lit présent dans la chambre est bien un 160 en me montrant la photo de son propre lit (il a le même). Il y a celui qui dit juste qu'il n'y a pas de cuisine équipée, alors qu'en réalité, il n'y a même pas d'évier dans la pièce qui doit devenir la cuisine. Il y a celle qui me dit que le quartier est tranquille, alors que je sais pertinemment que l'endroit le plus proche pour faire ses courses a été récemment le lieu d'une fusillade. Il y a ceux qui me vantent les nombreux rangements alors que ces placards qui occupent tout un mur me paraissent bien grands, voire même encombrants, dans cette maison où un "dressing" s'arrête à peine un mètre avant d'obstruer la fenêtre.
Il y a celui qui me répond, quand je lui fait remarquer que ma commode ne rentrera pas dans la chambre très mansardée, que quand on déménage, on change de meubles. Heu, non. Ma commode, ça fait 35 ans que je l'ai (elle n'est pas vintage, elle est intemporelle). C'est un meuble en pin que j'ai verni moi-même, et si le P'tit Mousse ce souvient qu'elle a été dans sa chambre, c'est parce qu'elle m'a servi de table à langer. Donc en dehors de l'aberration écologique que représenterait sa mise à l'écart (à moins de la mettre sur Lebond-Quoin), c'est un sacrifice sentimental auquel je ne vois pas la nécessité de me livrer.
Bon, je ne suis pas à la rue. Un souci de chaudière pendant les vacances de mon plombier m'a privée d'eau chaude pendant une semaine, mais à part ça, je suis plutôt bien là où je suis. Donc je continue mes recherches sans trop de pression, mais sans trop d'illusions non plus.

