Lave-vaisselle et micro-ondes

 (25 août 2026)

D'un point de vue énergétique, il vaut mieux faire chauffer un plat au micro-ondes et laver sa vaisselle au lave-vaisselle. Dans un cas, on économise l'électricité, et dans l'autre, il paraît qu'on consomme moins d'eau.

(C'est sec, partout.)
Enfin, pour réduire la consommation d'eau, il faut remplir le lave-vaisselle, pas juste y laver trois assiettes et deux casseroles. Et c'est là que ça se complique, pour moi. Car, si j'ai suffisamment de vêtements pour attendre de remplir le lave-linge avant de lancer une lessive, j'aurais beaucoup plus de mal à rentabiliser l'utilisation d'un lave-vaisselle. J'ai certes des assiettes et des couverts pour 6 personnes, et aussi pléthore de tasses et mugs pour le petit déjeuner, le thé et la tisane de mamie du soir, mais pour les casseroles et autres poêles, il faut que je lave au moins une fois par jour.

Peut-être que je devrais me renseigner sur les lave-vaisselle miniatures, conçus pour les couples sans enfants? En attendant, je fais très attention. Et je n'utilise même pas la technique des deux bacs, supposément plus économe en eau. Je mets ma vaisselle dans l'évier, je fais couler l'eau dans une bassine le temps qu'elle chauffe (ça servira pour tirer la chasse d'eau, ou arroser les fleurs en période de canicule), et puis je lave en mettant le liquide vaisselle sur une éponge, et je rince dans l'évier, si bien que l'eau de rinçage vient mouiller la vaisselle sale. C'est une technique que j'ai adoptée en camping, quand je devais utiliser une bassine parce qu'il n'y avait pas de bonde pour fermer l'évier. Elle nécessite d'ouvrir et de fermer sans arrêt le robinet, mais je vous assure qu'à la fin, il n'y a que 4 à 5 litres de liquide dans la bassine. Evidemment, il faut plus d'eau quand il y a beaucoup de gras à nettoyer.

Celui qui va me coûter cher en eau, c'est Monsieur Ouille. Il ne boit qu'au robinet (ou dans la cuvette des toilettes; la tête plus bas que l'arrière-train, quoi).

Et bien sûr, il ne sait pas fermer quand il a fini.
J'ai bien testé la fontaine à eau, mais cet animal joue au plombier et démonte régulièrement l'engin, renversant ainsi le précieux contenu.

Et le micro-ondes du titre? Il n'y en a pas plus que de lave-vaisselle dans ma cuisne. Mais j'avoue que ça me manque un peu. Et comme j'ai réussi à me débarrasser du frigo encastré, il se pourrait que je profite de la prise pour brancher un four à micro-ondes. 

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N'en jetez plus!

 (15 juillet 2026)

Ce matin, en allant faire les courses (à pied), j'ai vu une petite dame qui, devant moi, jetait par terre son mégot après y avoir allumé une nouvelle cigarette. Mon sang n'a fait qu'un tour, j'ai rammassé le mégot (encore chaud) et lui ai rapporté.

"Excusez-moi, je crois que vous avez laissé tomber ça."

La madame ne devait pas parler français, ou elle faisait très bien semblant. Elle a cru que je l'engueulais parce qu'elle n'avait pas écrasé son potentiel déclencheur d'incendie. Ce qu'elle a fait illico. Mais je n'étais toujours pas contente, et elle, ça ne la dérangeait pas de laisser sur le trottoir son morceau de plastique.

Je l'ai ramassé. Et une dizaine d'autres, ensuite, jusqu'au magasin, où j'ai enfin trouvé une poubelle. Vous me direz, une poubelle, pour un mégot à peine éteint, ce n'est pas l'idéal...

Pour un fumeur ou une fumeuse, il est naturel de jeter son mégot par terre, ou par la fenêtre de la voiture (on a tellement dit qu'il ne fallait pas fumer dans ces espaces fermés qu'on en a retiré les cendriers), ou de l'enfouir dans le sable de la plage. Et pourtant, le plastique des filtres met des années à se décomposer. Et les braises éventuelles, dans une nature aussi sèche que ce que nous avons en ce moment, sont un véritable danger.

On pourrait faire payer ses pollueur·ses en instaurant une taxe supplémentaire sur les paquets de tabac, mais cela ne changerait probablement pas les comportements. Alors j'ai eu une idée: la consigne. On vend, pour une somme qui ne peut pas être juste symbolique (si on veut que ça marche) un cendrier transparent avec chaque paquet de cigarettes. Et le consommateur / la consommatrice qui rapporte son cendrier plein (de mégots, d'où la nessécité d'un contenant qui permette de vérifier visuellement le contenu) au moment de racheter un paquet s'en voit remettre un nouveau gratuitement. Pas de cendrier plein qand on veut acheter des cigarettes ou des filtres? On paye de nouveau la consigne.

Parce que, manifestement, compter juste sur la prévention, l'éducation et le civisme, ça ne fonctionne pas. 

 

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A sec

 (10 juillet 2026)

 Cet hiver, il a beaucoup plu. Je crois qu'on avait établi un record de jours successifs sans soleil. On n'en pouvait plus de toute cette eau, et on voulait... autre chose.

Avril a été conforme à un mois d'avril, plutôt clément par ici. Et puis en mai, ma foi il a fait frais, et je me souviens d'avoir ressorti mon dicton "en mai, remets ton gilet".

En juin, on a vu fleurir cet affichage dans les abribus:

Parce qu'il commençait à faire chaud, et que la Bretagne avait atteint un premier niveau d'alerte sécheresse. Et puis, on a eu une première vague de chaleur, si inattendue que les corps ont souffert: le P'tit Mousse a saigné du nez tous les jours. Il en a un peu plaisanté, faisant le compte des cours / salles / professeurs qui avaient été témoins de ces épistaxis*.

Comme j'avais repéré des ventilateurs sur le bonqwoin, je me suis dépêchée, au moment où on annonçait la deuxième vague de chaleur, d'en acquérir un. Cet objet est indispensable dans la chambre occupée par le P'tit Mousse, sous le toit. Et nous avons relativement bien supporté cette deuxième vague, peut-être aussi parce qu'elle a duré moins longtemps.

Les températures un peu descendues, et juste avant deux jours fort humides (on parle de crachin breton, seulement, pas de grosses pluies dévastatrices), j'ai tondu mon herbe. Je me suis vite rendu compte que c'était probablement la dernière fois que je passais la tondeuse avant longtemps; mais il fallait bien couper la tête aux herbes folles, non?

Et puis la troisème canicule est arrivée. L'herbe jaunit, j'ai cru rêver quand j'ai vu un employé municipal tondre les bordures, lundi: deux jours plus tard, ce qui était encore un peu vert dimanche avait pâli. Et dans l'après-midi de ce mercredi, j'ai reçu ça:

Ce qui m'étonne, c'est que le préfet avait pris sa décision dès le vendredi 3, et que les mairies et les citoyen·es n'ont été informé·es que 5 jours plus tard. Comme ça tout le monde a eu le temps de laver sa voiture / remplir sa piscine / noyer son jardin. Mercredi matin (à 10 heures), j'avais été un peu choquée de voir que la mairie faisait encore arroser les fleurs des plates-bandes.

Chez moi l'herbe tondue est jaune, il ne reste d'un peu vert que la partie laissée vaguement en friche (parce que la nouvelle rallonge est trop courte, excellent prétexte pour vérifier les bienfaits de l'absence de tonte), les pissenlits et autres adventices craquent sous les pas, les fleurs grillent, bien que les pieds des arbustes soient à l'ombre les uns des autres. Je n'arrose que la menthe, la sauge et la mélisse, qui sont à mi-ombre, et la verveine et les framboisiers, qui souffrent énormément. Et bien sûr, j'attends le soir pour effectuer cet arrosage, avec l'eau que le chat n'a pas bue et qui est celle que je tire du robinet en attendant qu'elle chauffe pour la vaisselle.

J'ai mis un récipient avec de l'eau aussi, au fond du jardin, mais je ne sais pas si les oiseaux l'ont trouvé et peuvent boire dedans quand le chat n'est pas là (ce serial killer nous a rapporté un troglodyte mercredi soir, il ne faisait manifestement pas assez chaud pour qu'il renonce à la chasse).

Et quand j'entends les voisins se préparer pour aller à la plage à 9 heures et demie, ça m'agace; parce qu'ils vont être au bord de l'eau au moment le plus chaud de la journée. C'est sûrement très bien pour fuir la chaleur chez soi, mais j'espère pour leur peau qu'ils ont un bon parasol. Enfin, tant que les gens ne comprennent pas que la plage, c'est mieux avant 11 heures (ou après 17 heures), ça me va très bien, je peux profiter dans le calme:

* épistaxis est le nom savant (et grec) du saignement de nez. Un mot entendu à Chypre en version originale, il y a belle lurette, quand le P'tit Mousse s'est mis à saigner du nez au moment de l'embarquement et qu'une hôtesse a fait déplacer l'infirmier de l'aéroport pour savoir s'il était raisonnable de faire monter cet enfant dans l'avion.
 

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Durable

 (26 novembre 2025)

Cette semaine, c'est la semaine européenne de réduction des déchets.

L'occasion de (re)parler de la manière dont je m'habille.

Aujourd'hui, par exemple, je ne donne pas de cours, et comme je reste chez moi jusqu'à l'heure de la danse, je porte un vieux pantalon de jogging avec des trous et un gilet zippé rose que j'ai acheté... à Douai, soit il y a nécessairement plus de 19 ans. Quant aux chaussettes, j'attends que les traces d'usure deviennent de vrais trous pour pouvoir les jeter (et cela ne saurait tarder).

Je crois que le plus vieux de mes vêtements est une chemise de nuit, dont je suis sûre qu'on me l'a offerte en 1989.


 Elle contient très certainement des matières à base de pétrole, ce qui explique sa longévité. Et aussi, le fait qu'elle ait été produite par une grande marque.

Car si on veut des vêtements qui durent, il faut y mettre (un peu) le prix. Mes T-shirts viennent le plus souvent de chez Petit Batal ou Ar Morlux. Ils valent jusqu'à une trentaine d'euros, neufs, mais je peux les garder une bonne douzaine d'années; c'est donc mieux qu'un vêtement payé 3 euros et qu'il faut jeter au bout de la saison.

Si seulement les gens qui achètent chez Chie-in pouvaient comprendre qu'au lieu de se payer 5 T-shirts à la composition douteuse chaque année, ils feraient mieux de ne s'en payer qu'un seul par an, mais de qualité, et de renouveler leur garde-robe progressivement au lieu de suivre aveuglément la mode, je crois que la planète s'en porterait un peu mieux.

Attention, toutefois, à la qualité. Mon papa et moi avons fait la même expérience assez désagréable avec un fabriquant de chaussettes de "luxe français" qui fait en ce moment sa publicité sur la radio du service public. Ses chaussettes à lui ont filé (c'est possible?) en deux temps trois mouvements; j'ai percé les miennes en ne les portant que 4 ou 5 fois. Heureusement, je connais d'autres marques fabriquées en France et qui durent. J'ai même un tricoteur de chaussettes, sur le marché de la Préfecture.

Et bien sûr, je continue à chercher des vêtements de seconde main. Je viens même de m'offrir une paire de chaussures, sur le Bonqwoin, pour lesquelles une collègue m'a félicitée. Pas besoin de se ruiner ni de ruiner la planète pour se vêtir correctement! 

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J'essaie

 (27 février)

Depuis le début de l'année (civile), j'essaie de diminuer les emballages. Ma résolution pour cette année pourrait se formuler ainsi: ne pas acheter emballé ce que je peux trouver en vrac.


 Cela fait déjà quelques temps que j'ai des sacs à vrac pour acheter en boutique bio. Je dispose aussi de suffisamment de contenants pour ranger mes achats, à la maison. Mais je n'ai pas encore systématisé la pratique. J'ai du mal, en particulier, pour les pâtes. Le vrac propose considérablement moins de variétés que les marques emballées. Et l'avantage du carton, c'est qu'il indique le temps de cuisson!

Et puis, il y a une résistance externe: le P'tit Mousse tient à ses céréales en paquet. Il trouve que celles que j'achète en vrac sont moins bonnes. Mais je ne désespère pas de le convertir. Et, tant que c'est moi qui fais les courses, je peux bien prendre des céréales en vrac de temps à autre.

Pour les fruits et légumes, je recycle les sachets en papier. Et si je peux éviter qu'on me donne un sac en plastique, dans les magasins, je le fais (j'ai pratiquement toujours un sac sur moi). Ce n'est, après tout, qu'une question d'habitude et d'organisation.

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Préférer le train?

 (3 janvier 2025)

Pour aller chez mon père en région parisienne, j'ai utilisé ma voiture.

Parce que ça revient nettement moins cher que le train, quand on voyage en famille.

A l'aller, le Pirate est parti seul, depuis la sous-préfecture universitaire, en TGV. Pour avoir un billet à 39 euros, il a dû prendre le train qui arrive à 21 heures à Paris. Tous les autres billets étaient plus chers.

En voiture, avec Numérobis et le P'tit Mousse, j'ai payé 32 euros et des cacahuètes de péage. Plus l'essence, un peu plus d'un demi-plein, mettons 50, voire 60 euros. On est toujours en dessous du prix du TGV, puisqu'on arrive à 30 euros par personne. Et au retour, nous étions 4 dans la voiture...

J'en conclus une chose: il faut augmenter le tarif des péages. Passer à au moins 40 euros de la Bretagne à Paris, en tout cas pour les personnes qui voyagent seules dans leur véhicule. Et prévoir un tarif pour les professionnels qui n'ont pas le choix.

Evidemment, c'est pratiquement impossible à appliquer, puisque les guichets sont automatiques et ne peuvent pas analyser le nombre d'occupants dans les habitacles, ni le caractère professionnel ou privé du déplacement.

Mais il va bien falloir trouver quelque chose pour que les gens se posent sérieusement la question du mode de transport.

(En dehors de la nécessaire amélioration des horaires et fréquences des trains, et du problème de la ponctualité.)


Et dans le même genre, je ne comprends pas pourquoi les taxes sur le transport aérien devraient pénaliser plus les voyageurs sur les vols long courrier.

Si je vais à Marseille en avion, alors que je pourrais prendre le train (pour plus cher...), c'est que j'ai choisi un mode de déplacement polluant. Mais si je veux aller à New-York ou à Bornéo, je n'ai pas véritablement le choix: il faut que je prenne l'avion. Bien sûr, un vol pour Bornéo pollue plus qu'un vol pour Marseille; mais ce dernier est évitable, alors que le premier l'est plus difficilement.

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Vacances vagabondes

 (29 août)

Je l'ai dit chez Bleck, je viens de passer une dizaine de jours en Italie avec les enfants.

Depuis qu'ils ont fait du latin au collège (ceci nous ramène donc avant le Covid), les deux grands réclamaient d'aller voir Rome et Pompei. Ils voulaient vérifier si ce que leur avait raconté leur professeur, passionnée, était exact, notamment à propos de ceci:

(Et donc, oui, c'est vrai.)

Quand j'ai proposé le voyage, et précisé qu'il faudrait un passeport, parce que nous prendrions l'avion, le Pirate a demandé si on ne pouvait pas y aller en train. Mon fils aîné serait-il écolo?

Pour le train, j'avais regardé. Du fin fond du Finistère jusqu'à Rome, ce n'était pas simple. Surtout depuis que ce tunnel s'est effondré, et que les trains ne passent plus sous les Alpes. Les guides ne sont pas au courant, ils annoncent toujours deux trains par jour, en passant par Milan, ce qui est inexact. Il n'y a cet été qu'un aller-retour quotidien, et encore, la rame s'arrête dans une vallée, il faut alors prendre un bus et retrouver un autre train de l'autre côté. Evidemment, cela réduit les possibilités de correspondances à Paris et Milan. Et pour tout arranger, quand j'ai consulté le site d'Hassan Céhef, en avril, les places étaient déjà presque toutes prises.

Ce qu'Hassan ne sait pas, c'est qu'on peut envisager des itinéraires alternatifs, par exemple en prenant le train de nuit de Paris à Menton (il semblerait qu'il ne passe plus la frontière), ou en transitant par la Suisse. J'ai envisagé le premier trajet, jusqu'à ce que je me rende compte qu'il n'y avait que quelques minutes pour changer de train à Menton afin de passer en Italie, et là, encore une correspondance. J'ai renoncé à l'option suisse, j'en avais assez de chercher des combinaisons valables de chez moi à Rome, pour un prix incalculable, et j'ai regardé les trajets en avion, depuis Nantes.

J'avais pensé aller d'abord à Rome, prendre le train jusqu'à Naples (pour Pompei), et revenir directement de cette ville, ou bien faire l'inverse. Mais les horaires des vols vers ou depuis Naples n'étaient pas les meilleurs. Pour partir, il aurait fallu dormir à Nantes, le départ étant prévu à 7 heures et des cacahuètes (et bien sûr, il faut être sur place deux heures avant). Ce fut donc un aller-retour en avion pour Rome, et un trajet en train Rome-Naples et retour, ce voyage se faisant en un peu plus d'une heure.

Quand nous étions à l'aéroport de Rome, prêts à revenir vers la fraicheur bretonne (sans rire, les écrans des portes d'embarquement indiquaient les températures prévues à l'arrivée, et c'est notre destination qui avait la température la plus basse), Numérobis a vu qu'il existait des vols de Rome vers Naples. "Quoi? Il y a vraiment des gens qui prennent l'avion d'ici pour aller à Naples?" Mon fils cadet est peut-être écolo. Ou alors, il est juste pragmatique. Objectivement, étant donné le temps de trajet en train, ce doit être plus long, de centre-ville à centre-ville, de prendre la voie des airs. Il se peut même que la voiture soit plus rapide que l'avion, sur ce coup-là. Mais bon, peut-être que l'avion est moins cher? On marche sur la tête, parfois.


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Déviation

 (26 juillet)

Il y a quelques temps que je n'avais pas fait ma promenade du dimanche. Le boulanger est parti (un peu précipitamment, pour raisons de santé) à la retraite, et puis, il y a des travaux.


Alors, bien sûr, je ne suis pas une voiture, et je pourrais considérer que le barrage de la route ne me concerne pas. Néanmoins, la dernière fois que je m'étais aventurée dans cette voie (à gauche), il y avait des engins de chantiers, un trou en plein milieu de la chaussée, et des hommes munis de gilets réfléchissants et de casques. Il m'avait donc paru plus prudent de chercher un autre chemin.

En prenant sur la droite, on arrive sur une impasse. Mais je savais, pour avoir suivi un jour une randonnée accompagnée, qu'il était possible de trouver un passage. Et des flèches (dans l'autre direction) indiquaient qu'il y avait eu, au moins de façon provisoire, un parcours.

Effectivement, au bout de l'impasse, une entrée de chemin. Et le département a pensé à moi.

J'ai donc poursuivi. Je dois dire que le sentier est assez peu fréquenté, si l'on en juge par la végétation qui repousse. Et il débouche sur... rien. Une intersection en T, que j'ai d'abord prise vers la droite, avant de me rendre compte qu'on n'arrivait nulle part. Alors j'ai continué dans l'autre sens, en longeant ce que j'ai appris depuis être la plantation pour une future "ceinture verte" autour de mon village.

Ce que vous ne voyez pas très bien, à cette distance, ce sont les plants des arbres qui doivent devenir une "forêt urbaine". Ils sont certes très alignés, mais j'ai vérifié, il s'agit des différentes espèces. Ce n'est donc pas une bête monoculture.

Bébé chêne deviendra grand.

Bébé frêne (?) aussi.

Et ceci est peut-être un petit orme.

Il a fallu chercher un peu la sortie de cette pépinière, aussi bien lors de mon premier passage qu'à ma deuxième tentative, mais elle était là:

Ce qu'on ne voit pas sur la photo, c'est qu'il y a une forte pente, de l'autre côté du talus, et que l'endroit n'est pas tout à fait aménagé. Cependant, j'ai réussi à passer sans me casser la figure. Je m'inquiétais un peu, la deuxième fois, parce que j'entendais les engins du chantier. Je ne m'étais pas rendue compte qu'entre mon premier passage et le deuxième, une dizaine de jours plus tard, les travaux s'étaient déplacés d'une route à sa perpendiculaire.

Et effectivement, cette fois, les engins étaient en bas du petit bois.

Heureusement pour moi, ils étaient juste à la limite du débouché du sentier sur la route.

(Au premier plan, l'escalier en rondins qui facilite la descente; le chemin se termine juste là où sont posés les godets... et par chance, je voulais poursuivre vers la droite.)

La bonne nouvelle, c'est qu'avec le chantier derrière moi, j'avais la route pour moi toute seule.

Manifestement, ce sont les canalisations d'eau qu'on renouvelle.

J'ai poursuivi sur mon chemin habituel, en passant par le petit verger partagé installé par la commune voisine.

C'est un bel endroit, mais il y manque un banc, ou même une table de pique-nique.

Ensuite, je suis passée à côté de ce jardin en friche, et j'ai mangé les premières mûres de l'année.

Il faudra revenir pour en cueillir, si je veux faire des confitures (il y a également des sureaux, sur ce parcours).

En attendant, je suis rentrée chez moi par la route plus urbaine.

Je sais qu'il est dans les projets de l'association locale de randonnée de faire baliser un chemin, je pense que le tracé est en cours d'aménagement et que j'en ai emprunté une partie. Ca devrait être une balade plutôt sympathique.


(En relisant le début de ce message, je me rends compte qu'on pourrait presque y voir une métaphore de la situation politique actuelle...)










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Faut pas gâcher

 (3 mai 2024)

Vous savez déjà que je visite les rayons anti-gaspi des supermarchés et que je possède une appli pour récupérer des invendus alimentaires (je viens de commander des biscuits, en pots de verre). Donc vous vous doutez bien que je cuisine aussi les restes.

J'avais me semble-t-il publié ici une recette de tarte sucrée à base de reliquats de repas (chèvre et oignon rouge notamment), mais je n'ai pas très envie de la chercher maintenant dans les archives.

J'ai réalisé cette semaine deux desserts à partir de restes. En réalité, j'ai mangé pratiquement trois jours avec ce qui me restait du séjour des enfants, la semaine dernière...

Donc, j'avais récupéré le jus de la compote de rhubarbe utilisée pour faire une tarte. Tarte faite avec une partie de la pâte destinée à une tourte au poulet, mais dont il me restait encore une grosse boulette. Et puis j'avais aussi un yaourt périmé à la noix de coco. J'ai vérifié sur la toile mondiale, on peut faire un flan avec du yaourt; ça tombait bien, j'avais deux oeufs.

Pour cette recette, comptez donc un yaourt pour un oeuf, et une cuiller de noix de coco râpée (ingrédient destiné à remplacer la maïzena du flan, et découvert par bonheur dans mon placard). J'ai évidemment ajouté mon sirop de rhubarbe, et bien mélangé le tout.

Une partie de l'appareil est allée sur mon fond de tarte. Et hop, au four!

J'ai mangé ce dessert-là encore tiède, et je ne suis pas sûre que c'était une bonne idée, parce que j'ai nettement préféré les flans cuits directement dans  de petits moules (de récupération) et qui avaient eu le temps de refroidir, quand je les ai mangés aux repas suivants.

(Et non, je n'ai pas fait cuire ces ridicules machins seuls dans le four, j'ai fait réchauffer des restes, pendant une partie du temps.)


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Pourquoi je peux diffcilement aller au cinéma en bus

 (30 mars)

Si je veux aller au cinéma le samedi, je dois prendre la voiture. Ou alors, il faut bien calculer.

Il n'y a qu'un seul bus qui parte en début d'après-midi:

Impossible d'aller à la première séance, celle qui commence généralement avant 14 h. Il faut donc miser sur un film qui commence vers 15 h, sauf qu'en général, la deuxième séance est plutôt à 15 h 30, et donc, il faudrait patienter pendant presque deux heures avant de pouvoir entrer au cinéma... Mais, si le film n'est pas trop long, on pourrait revenir en bus.

C'est dommage de devoir choisir un film parce que l'horaire est compatible avec les transports en commun, plutôt que pour son histoire ou ses acteurs...

C'est pour ça que je vais au cinéma en voiture, et qu'en général, j'essaie plutôt de trouver, dans la semaine, une séance après mes cours, pour éviter un déplacement.

De toute façon, quand j'obtiens une réponse pour un trajet en bus, le site me fait généralement remarquer que l'empreinte carbone de ce voyage est supérieure à celle du même déplacement en voiture (parce qu'en véhicule individuel, je prends une voie plus rapide que les petites routes du transport collectif?).

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J'peux pas, j'ai l'cafard

 (7 février)

Bon, on va dire qu'avec cette météo stéréotypiquement bretonne, le moral n'est pas non plus au beau fixe.

Heureusement, il y a des petits bonheurs tous simples pour mettre un peu de joie dans la journée.
J'ai installé l'an dernier sur mon téléphone une application pour récupérer des invendus. Le bon plan, ce sont les petits déjeuners d'hôtels: il y a de quoi goûter pour deux ou trois jours, quand les enfants sont là. Mais je viens de découvrir aussi les colis anti-gaspi, et j'ai tenté ma chance avec un envoi de thés et infusions (parce que la nourriture pour bébé ou les compléments alimentaires, ce n'est pas mon truc).

Bingo! Il n'y a qu'un seul emballage qui indique une date dépassée, et le thé est encore tout à fait buvable. Certains produits sont même bons jusqu'en 2025, je me demande pourquoi les distributeurs voulaient s'en débarrasser. Et, cerise sur le gâteau, c'est essentiellement du thé vert, exactement ce dont je commençais à manquer.


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Feux de paille

 (27 janvier 2024)

Il y en a une qui est bien contente, parce que les agriculteurs lui font de l'ombre et qu'on l'oublie un peu.

Jeudi, j'avais un stage au Nord des Côtes anciennement du même nom, et un blocage en plein milieu du trajet. Une heure et demie à l'aller, deux heures au retour; il faut vraiment vouloir se former. Pourtant la déviation était en place et bien signalée, et le trafic relativement fluide autour de la cité des Bonnets rouges.

Globalement, je soutiens les paysans. Ils ont raison sur tout un tas de points. Par exemple, quand ils doivent renseigner à la fois le numéro d'une parcelle et sa superficie, je trouve ça totalement absurde. Avec les satellites, il doit être très simple d'associer automatiquement le numéro du champ à sa surface. Et puis, quand le prix de l'énergie augmente et que celui du lait stagne, je comprend bien qu'il est compliqué de payer ses factures.

En revanche, je m'interroge sur les revendications concernant le droit à polluer utiliser des pesticides à tout va ou à pomper dans les nappes phréatiques jusqu'à épuisement plus soif. Et ce qui me dérange, aussi, c'est que par chez moi, ils ont tronçonné les arbres des ronds-points qu'ils occupent, en guise de protestation. Symboliquement, ça renvoie une piètre image de ces gens qui se veulent proches de la nature.

Ce matin, la quatre voies était encore partiellement inaccessible autour de la préfecture. Quand on rentre juste au nord de la ligne noire sur la carte, pas la peine de vérifier dans le rétro: il n'y a personne qui puisse venir du sud. Des déviations sont mises en place, ça circule assez bien. Et ce soir, il paraît que le barrage est toujours en place. Pourvu que la situation ne se détériore pas d'ici lundi, je sais comment aller travailler.


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Empreinte carbone

 (26 décembre)

Il y a quelques temps, sans doute au moment de la COP, j'ai essayé de calculer mon empreinte carbone. Il existe différents sites, plus ou moins bien faits et qui prennent en compte plus ou moins de facteurs. J'ai tenté un site qui détaillait plutôt bien ma consommation, mais il a planté au milieu de l'interrogatoire du questionnaire, alors je suis allée voir ailleurs. Les questions étaient moins précises, et j'ai fini par un total de 7,1 tonnes de CO₂ émises par an. Le lendemain, je suis retournée sur le premier site, qui m'a reconnue (bravo les cookies) et permis de corriger (j'avais surestimé ma consommation de gaz et d'électricité). J'ai répondu aux dernières questions et fini avec un total de 7,4 tonnes de CO₂.

J'étais plutôt contente, parce qu'il paraît que le Français moyen tourne entre 8 et 10 tonnes d'émissions de CO₂ par an. Mais j'ai lu depuis sur un site de l'UE qu'en réalité, ce chiffre serait seulement de 7 tonnes. Voire, selon d'autres sites et en excluant les émissions importées, seulement 4,7 tonnes, soit légèrement au-dessus la moyenne mondiale.

Alors à qui se fier? Est-ce que mes calculateurs tenaient compte uniquement de ma consommation, auquel cas je suis une grosse émettrice? Est-ce, que, au contraire, mes efforts pour acheter bio et local sont significatifs?

En tout cas, une chose est certaine, ce qui pèse le plus, dans mon empreinte carbone, ce sont les transports. Rien que mon voyage au Canada me fait pratiquement atteindre le plafond idéal fixé pour l'avenir de la planète (2 t). Le problème, c'est que je ne vois pas trop comment faire autrement. J'ai déjà évoqué ici à quel point il peut être compliqué de prendre les transports en commun, à la campagne.

En tout cas, le sapin sous lequel Gribouille se cache n'a pas fait plus de 10km pour arriver chez moi, et il a fait les dernières centaines de mètres à pied...


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On s'ennuie dans le noir

 (12 novembre)

La semaine dernière, à la même heure, j'étais encore dans le noir.

Enfin, je n'étais pas totalement dans le noir, car seuls les stores qui donnent sur la rue sont électriques (et encore, le Pirate avait trouvé le moyen de profiter des 7 minutes de courant du jeudi matin pour lever celui de sa chambre), mais j'étais privée d'internet, faute de vie dans la boîte vivante, et les portables des deux grands criaient famine, n'ayant pas été rechargés depuis un bon bout de temps. Ces deux-là se sont particulièrement ennuyés, sans électricité. Au point que le camion d'Haine et Dix apparu en fin de matinée ce dimanche (5) a provoqué une exclamation de joie chez Numérobis. Le sauveur allait nous réapprovisionner!

Le P'tit Mousse n'a pas encore de téléphone portable, à 13 ans et demi. Ils ne sont qu'une poignée dans son cas, au collège, mais je suppose que les autres ont enduré la longue panne aussi bien que lui. Car ils ont encore d'autres moyens de se distraire, et pas seulement la lecture. Le P'tit Mousse a ressorti son jeu de sudoku en bois (il y a des fiches en bois de neuf couleurs différentes à piquer sur un socle de 81 trous, et il a utilisé les grilles données par le journal comme point de départ, en convertissant les chiffres en couleurs), il a également retrouvé un casse-tête dans lequel il faut sortir une navette spatiale d'un embrouillamini d'astéroïdes, avec, là aussi, de multiples combinaisons de départ.

Avec les grands, nous avons tout de même réussi à jouer à des jeux de société, le soir, à la bougie. Si j'avais eu une voiture (ah ah, il faut que je vous raconte ça, aussi), nous aurions sûrement pu aller au cinéma, aussi. Mais nous étions coincés dans notre petit bourg, et il pleuvait beaucoup, ou peut-être devrais-je dire qu'il pleuvait souvent; en tout cas, il était difficile d'envisager d'aller se promener sous les trombes d'eau et / ou dans le vent. Ma proposition d'aller à la piscine, où nous aurions aussi de l'eau chaude pour nous laver, n'a pas soulevé l'enthousiasme. Comme je ne savais pas trop non plus où étaient les maillots, je n'ai pas insisté.

Heureusement, en ville, il y a une médiathèque. Elle est fermée le jeudi, et elle n'ouvre que l'après-midi, le vendredi, mais nous n'avons pas été les seuls, le P'tit Mousse et moi, à y chercher refuge. Car elle dispose de multiples prises de courant et offre le wifi gratuit, ce qui n'était pas négligeable pour des gens privés d'électricité et de réseau. La première question que tout le monde se posait était "Vous avez du courant?" (et cela a duré encore jusqu'au lundi, partout où je suis allée), suivie de "Pas trop de dégâts, chez vous?"

C'est que, des dégâts, il y en avait. Le P'tit Mousse et moi avons constaté, en descendant vers la médiathèque, que la cour de l'école primaire était pleine de branches. Et puis, c'est un arbre qui était tombé sur le bâtiment administratif du collège. Et c'est avec en bruit de fond celui des tronçonneuses qui s'affairaient dans ces deux établissements, et collée à l'un des radiateurs de la médiathèque, que j'ai lu le message du lycée de Numérobis nous informant qu'il n'aurait pas cours le lundi ni le mardi, pour des raisons de sécurité.

(Ce qu'il reste de l'arbre des voisins, tronçonné dès le jeudi.)

Le P'tit Mousse et moi avons été forts déçus de constater que nos établissements à nous ouvriraient normalement. Certains de mes collègues, longuement privés de courant comme moi (aux dernières nouvelles, l'une d'eux n'en avait toujours pas) partageaient d'ailleurs mon avis selon lequel il était bien difficile de revenir en cours après une fin de vacances si éprouvante. Etant donné les difficultés diverses et variées (routes jonchées de feuilles et bordées de branches et arbres abattus à dégager, voies partiellement inondées, cours d'écoles envahies de branchages, toits abîmés, établissements privés de chauffage par la tempête, j'en passe et des meilleures), le préfet aurait bien pu suspendre les transports scolaires et décider une fermeture collective des écoles, collèges et lycées du département le lundi. Une trentaine n'ont de toute façon pas accueilli leurs élèves avant le mardi.

(Quand je vois les inondations actuelles dans le Pas de Calais, je me dis que, en comparaison, nous autres sinistrés électriques avons eu bien de la chance. Et je me dis aussi qu'il est urgent de faire quelque chose...)


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Retour au siècle dernier, voire même avant

(9 novembre)

Hier soir, Couleur m'a informée que ses équipes mettaient tout en oeuvre pour rétablir le réseau. Car la tempête Ciarán a bien tout fichu en l'air. Si nous avons correctement reçu les messages d'alerte, qui passent par la 4G, jusqu'à 7h ou 7h 30 jeudi dernier, à 8 heures, il n'y avait plus de réseau ni d'électricité. Et je n'avais pas de bonne vieille radio à pile (ni d'auto-radio, mais c'est une autre histoire). Comment, dès lors, obtenir des informations? Le dernier message disait de consulter le site de la préfecture, mais il était premièrement inaccessible pour beaucoup de gens, et deuxièmement, d'après le personnel de la mairie, pas à jour.

En effet, je me suis rendue à la mairie, profitant d'une accalmie le jeudi en fin de matinée, pour obtnenir quelques renseignements et signaler que nous étions dans le noir. Il n'y avait pas de journal disponible, les camions n'ayant pas circulé pour les livrer. Mais j'ai lu dans celui du lendemain que les différents opérateurs demandaient de les prévenir afin qu'ils puissent intervenir. Ah, et je préviens comment, sans réseau? De l'électricité, il y en avait à la mairie, qui est restée ouverte le samedi et le dimanche pour que les sinistrés puissent recharger leur téléphone, se faire à manger et même prendre des douches chaudes.

La nourriture était en effet un véritable défi. D'une part, il y avait le contenu des frigos et congélateurs qui était en péril. Et d'autre part, la plupart des foyers étant maintenant équipés de plaques qui ne fonctionnent pas sans électricité, il était compliqué de cuisiner. Le rayon pâté du supermarché à été dévalisé. Quant à moi, j'avais un petit réchaud à gaz de camping, déjà utilisé quand l'ancienne plaque avait rendu l'âme, et qui nous a bien sauvé la mise. Cependant, mes possibilités étaient d'autant plus limitées que je voyais le temps passer et ma réserve de gaz diminuer sans perspective d'amélioration. Je faisais les courses au fur et à mesure, en essayant de sortir quand il ne pleuvait pas, nous avons mangé froid (chips et pâté, comme tout le monde) et nous sommes aussi allés au restaurant le vendredi midi, entre deux averses.

Le jeudi soir, nous avions déjà tenté la pizzeria, mais il n'y avait plus de place. Les deux autres restaurants du bourg étaient fermés. Il pleuvait comme vache qui pisse. Nous sommes rentrés mouillés et bredouilles à la maison, juste avant qu'il fasse trop noir pour que nous ayons besoin d'allumer la lampe-torche prudemment emportée. J'étais gelée et dépitée, les enfants trempés. Mais nous avons dû nous contenter de semoule et d'une boîte de sardines. Je ne sais plus ce que j'ai sorti de mon chapeau le vendredi soir, mais le samedi, j'ai réussi à récupérer les soupes commandées au Potage des Chefs (une bonne action locale), et nous avions quelque chose de bon à manger.

L'autre défi, quand il n'y a pas de courant, c'est de trouver comment s'occuper, en particulier lors des (trop) longues soirées. Mais je crois que j'en ai assez raconté pour aujourd'hui, la suite plus tard...

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Une sacrée expérience

 (7 novembre 2023)

Cela faisait plusieurs jours qu'on nous prévenait: attention, la tempête qui arrive est vraiment phénoménale, elle va faire d'autant plus de dégâts que les sols sont gorgés d'eau et les arbres encore pleins de feuilles...

Le matin du premier novembre, les gens expliquaient qu'ils avaient vérifié leurs lampes-torches. J'avais, de mon côté, pris la précaution de recharger la lampe de camping, au cas où.

Et la cas échut.

Pas seulement lui, d'ailleurs.

Le mercredi soir, les enfants et moi avons pu vérifier qu'en France aussi, il y a un système d'alerte qui contacte les téléphones portables d'une zone menacée.

 


Nos téléphones se sont mis à vibrer et à sonner d'une manière inhabituelle. Celui du Pirate a même refusé de cesser ce boucan tant qu'il n'a pas appuyé sur "OK".

L'alerte a été réitérée au cours de la nuit, à 3 heures du matin. Je le sais, je n'avais pas éteint mon portable, parce que j'avais un rendez-vous médical et que, pour ne pas risquer la panne de réveil consécutive à une panne de courant, j'avais décidé d'utiliser l'alarme du téléphone. Ce dont je m'étais félicitée à 1h 50, quand j'avais entendu le "bip" désespéré de la plaque de cuisson privée d'alimentation électrique.

Ni à 1h 50, ni à 3h, ni à 6h, quand est tombée la première interdiction préfectorale de circuler, je ne dormais. Il y avait bien trop de bruit pour ça. Gribouille, collé à moi sur la couette, n'étais pas tranquille et sursautait de temps à autre.

Je me suis levée à l'heure prévue. Et quand j'ai tenté de me connecter à internet pour voir si l'interdiction de se déplacer était toujours valable, j'ai constaté qu'il n'y avait pas de réseau. Je suis sortie et me suis dirigée vers le centre-bourg pour voir si on captait mieux, mais non. Tout n'était que désolation.

(Oups, l'arrêt de bus.)



Il y avait des débris partout, des tuiles, du plastique. Et même, mais je ne l'ai vu que plus tard et je faisais attention à ma batterie, donc je n'ai pas pris de photo, le contenu d'un des collecteurs pour le recyclage. Le vent avait réussi à renverser ce gros bac, à plier des panneaux indicateurs, à arracher des auvents et des lampadaires

Les arbres autour de l'église étaient eux aussi bien mal en point.

Et malgré cela, il y avait quand même des gens qui circulaient, en dépit de l'interdiction et du risque de se prendre une branche arrachée sur la figure voiture.

Peut-être qu'une partie de ces personnes n'a pas de téléphone intelligent. Et que, sans électricité chez elles, elles n'ont pas non plus pu entendre les informations. Mais il y en avait quand même beaucoup, et tout ce monde ne pouvait pas avoir un besoin urgent de se déplacer.

Quant à moi, je ne suis pas allée à mon rendez-vous. Et en l'absence de réseau, je n'ai pas pu prévenir non plus. Mais la secrétaire n'a fait aucune difficulté pour me trouver une place dans le planning de cette semaine, quand j'ai téléphoné lundi.

Car le réseau n'est pas revenu avant le vendredi soir.

Et l'électricité, après une courte tentative le jeudi en fin de matinée, a disparu de nouveau jusqu'au dimanche après-midi. Ce qui était frustrant, c'est que, depuis le premier étage de la maison, on pouvait voir de l'éclairage public de l'autre côté du champ et en face, près du château d'eau. Il y avait aussi de la lumière à 150m, plus bas dans la rue. Mais notre ligne à nous vient manifestement de la campagne, et il a fallu trois jours et demi pour la rétablir.

Je ne vais pas me plaindre: certains de mes collègues, ce matin, n'avaient toujours pas de courant.


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Circuler

 (27 septembre)

Parenthèse: je n'ai pas de lien dans mes favoris pour ce blog; je passe donc toujours par le moteur de recherche, qui m'informe que c'est "Un blog de voyage et de loisirs qui raconte les expériences de parents célibataires qui font voyager leurs enfants au Canada. Il aborde des sujets variés comme la police aux [frontières]" et blabla bla. Il y a peu, c'était un "blog de voyage au Canada". Alors, certes, j'ai parlé de mes vacances, mais je ne crois pas avoir mentionné les expériences d'autres parents, je suis bien trop centrée sur moi-même pour ça! L'IA qui rédige des résumés a encore des progrès à faire.

 

La semaine dernière, j'ai eu un problème de voiture. Il y a des travaux un peu partout, en ce moment, et notamment à un coin de rue où je me prends régulièrement le trottoir. Cette fois, le passage était rétréci par les travaux, il y avait une voiture à ma droite, et, pour l'éviter, j'ai violemment mangé la bordure. Ou plutôt, comme je m'en suis rendu compte en arrivant chez moi, c'est elle qui a méchamment mangé mon pneu. Le garage, appelé à un quart d'heure de la fermeture, ne pouvait rien pour moi dans l'immédiat.

Comme j'avais un peu peur de rouler encore avec cette gomme à moitié arrachée, j'ai décidé de tester le bus. J'avais acheté un billet pour 10 voyages, l'an dernier, au moment où le prix de l'essence était au plus haut, mais je ne l'avais jamais utilisé. Les prix du carburant atteignent de nouveau des sommets, c'est donc le moment de vérifier la compatibilité des transports en commun avec mes trajets. Mon emploi du temps de cette année est effectivement bien plus adapté aux horaires du bus urbain. Le second* bus de la matinée semble parfait quand on commence à 9 heures. Et le soir, je finis assez tard pour attendre un peu un véhicule de retour.

Mercredi matin, je me suis donc rendue à l'arrêt approprié. Le bus était prévu pour 7h 57. J'ai entendu sonner 8 heures avant qu'il arrive. Il a emprunté un long circuit par des petites routes que je ne connaissais pas, histoire de ramasser sur son passage autant d'élèves (mais aussi quelques adultes) que possible. Et je suis arrivée au lycée avec assez d'avance pour faire des photocopies. Le retour, en revanche, m'a paru interminable. Le départ (le lycée est à l'arrêt terminus) était tardif, et je ne suis pas arrivée chez moi avant 13h, affamée. Le lendemain matin, le transporteur n'était pas à l'heure non plus au bourg, et le temps que j'arrive au lycée, il ne me restait plus que deux minutes pour aller en cours (alors que, théoriquement, l'arrivée est 15 minutes avant le début du deuxième cours de la matinée).

Quant au jeudi soir... Une réunion était prévue à 18h au lycée. Or c'est l'heure à laquelle part le dernier bus pour rentrer chez moi. J'avais donc demandé à un collègue qui habite encore plus loin s'il pouvait me ramener. Ce qu'il a fait. Mais il emprunte en ce moment, comme beaucoup de gens, la vieille route, histoire d'éviter les travaux sur la quatre voies. Si, jeudi soir, le gain de temps n'était pas évident, hier soir, il était certain. Du pont qui passe au-dessus, j'ai pu voir qu'il était inutile d'essayer de s'engager sur la voie "rapide", qui bouchonnait sérieusement. Même avec un tracteur, la route de campagne était plus fluide... Et Numérobis m'a dit que le bus ne passe plus par là non plus (alors que c'était une partie du trajet retour).

Vendredi, comme je n'avais pas cours, j'ai laissé ma voiture au garage et fait poser deux pneux neufs. De toute façon, il fallait les changer. Mais je ne suis pas certaine de renouveler l'expérience du bus très souvent. Certes, elle m'a rappelé des trajets effectués quand j'étais jeune. La voiture reste cependant bien plus pratique; en tout cas quand on peut, comme moi, se garer sur son lieu de travail.

* Larousse nous rappelle qu'on dit second, plutôt que deuxième, quand il n'y a que deux éléments.

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De la diffusion des informations

 (16 septembre)

J'aurais voulu écrire ce message vendredi de la semaine dernière, mais le temps hémophile coule (comme dirait l'autre).

Entre temps, j'ai été submergée d'informations de rentrée de la part du rectorat, des inspecteurs, du lycée où j'enseigne, du collège où j'enseigne, du collège du P'tit Mousse et du lycée de Numérobis. Evidemment, la même information peut me parvenir en plusieurs exemplaires, parfois par le même canal.

Et à côté de ça, il y a des informations qui ne parviennent pas aux personnes concernées. Par exemple, vendredi dernier, c'était la canicule, et le préfet avait émis une alerte aux particules fines, demandant à chacun de ne pas faire de feu dans sa cheminée (heu?) et de retarder la tonte des pelouses. Et surtout, cet arrêté limitait la vitesse à 90 km par heure sur les 2x2 voies. Sauf que... Si j'ai bien reçu le message via l'un des collèges (celui où j'enseigne désormais quelques heures, je crois), aucun des adultes avec qui j'en ai parlé lundi n'était au courant. Même ceux qui avaient emprunté une quatre voies, puisqu'il n'y a pratiquement pas de panneau sur ces routes qui permettrait d'afficher le message. En fait, je crois que les premiers panneaux lumineux se trouvent dans le Morbihan. Alors, à quoi bon émettre des arrêtés si l'information n'est pas diffusée? Pourquoi prendre des mesures si on ne se donne pas les moyens de les faire appliquer?

Il existe pourtant des moyens d'informer une population: la radio, la presse écrite, l'affichage sur les portes des écoles ou en mairie. Je me souviens qu'en 2003, le préfet du Nord avait fermé les écoles un samedi matin de février, en raison de la neige tombée depuis l'après-midi précédent, et qui perturbait fortement la circulation. J'avais appris la nouvelle par une radio nationale au petit déjeuner, et j'étais retournée me coucher au lieu d'aller travailler. J'avais pu vérifier l'information sur la grille d'une école primaire où elle était placardée.

Aujourd'hui, les téléphones portables permettent d'envoyer une information à un public ciblé. J'ai reçu des messages pour me faire vacciner contre la COVID, par exemple. Et cet été, "les habitants" d'un petit coin de l'Est français concernés par une tempête imminente ont paraît-il tous reçu un message sur leur téléphone. J'espère qu'en réalité, le SMS est plutôt parvenu à toutes les personnes présentes sur la zone menacée, y compris aux touristes qui devaient trouver un abri plus solide qu'une tente de camping. Je sais que c'est possible, parce que les enfants et moi avons reçu ce genre d'alerte, au mois de juillet, pendant notre séjour au Canada.

(Je ne sais pas ce qu'elle a de "présidentielle", je suppose qu'il s'agit d'une coquille ou d'une erreur du correcteur orthographique.) Le Pirate et Numérobis ont lu le message avant moi, et ils l'ont reçu bien qu'ils n'aient pas, comme moi, souscrit de forfait pour utiliser leur portable aux Amériques. Manifestement, il est possible de contacter tous les appareils présents dans une zone donnée et de faire afficher l'alerte dès le dévérouillage. Voilà une méthode efficace de prévenir 80 à 90% de la population.


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Deux nouvelles parmi d'autres

 (13 septembre)

Oui, la semaine de rentrée a été mouvementée. Un peu plus que prévu, dans la mesure où les enfants ont trouvé le moyen d'y ajouter leurs urgences médicales (urgentes, certes, mais pas rien de grave; épilogue cet après-midi pour l'un et demain pour l'autre, je raconterai peut-être leurs aventures ici bientôt).

Alors, juste deux petites nouvelles, en images.

Je commence par la moins bonne:

Les imagos de pyrale ont envahi mon jardin. Avec quelques individus bruns, qui sont une variante non liée au genre de ces adultes. Evidemment, ils vont se reproduire, et possiblement élargir leur espace vital. Il paraît qu'une voisine a perdu une dizaine de buis... Vivement l'hiver qu'une partie des larves meure!

Néanmoins, les arbustes de chez moi ne sont pas encore à l'agonie. La taille effectuée par un jardinier professionnel (il y a trop de haie, trop haute, pour que je la taille moi-même) a révélé ceci:

Ca repousse!

(Ma soeur, devant la première photo, a dit: "oh, c'est joli!" et "ah, zut", en voyant la deuxième. C'est exactement l'inverse de ce que je pense. Les papillons sont peut-être beaux, mais ils profitent trop largement du climat tropical et leurs chenilles font des ravages. Heureusement, le buis semble résilient.)

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Pas sûre que ce soient les satellites, ma bonne dame...

 (6 septembre)

On nous a tout détraqué le climat. Alors que je me vantais il y a peu de l'absence de canicule en Bretagne, cet été, voilà que la météo de rentrée vient me contredire.
Dans la salle que j'occupe au collège, et qui est habituellement une salle d'anglais, il y a un thermomètre. Lequel affichait ceci, hier en fin d'après-midi:

J'étais tellement accablée par la chaleur, d'une part, et intéressée par la déco de la salle (j'adore!), d'autre part, que je n'ai pas prêté attention aux noms des élèves qui se présentaient. je n'en ai retenu que deux ou trois.

Gribouille trouve également qu'il fait chaud, et il essayé de dormir dans la baignoire. Ce qui m'arrange, parce que comme ça, il n'est pas collé à moi, qui ai aussi du mal à supporter les températures élevées de la nuit.

Si les températures ne baissent pas d'ici vendredi, je vais profiter de ce que cette journée est (pour le moment) libre, dans mon emploi du temps, pour retourner prendre un peu le frais.
Là, par exemple:

(Oui, j'ai de la chance; j'habite à moins d'une demie-heure de la mer...)




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