Des nouvelles de ma carte grise

 (21 juillet 2026)

Ah, les vacances, avoir enfin du temps pour soi pour les démarches administratives!

Ce matin, je me suis collée à la déclaration de ma nouvelle adresse aux différentes organisations auxquelles je donne généreusement. Et j'ai constaté que je devais perdre la mémoire, parce qu'en me connectant sur certains sites, l'adresse était déjà correcte, alors que je ne me souviens absolument pas avoir signalé le changement. Peut-être à une ou deux solicitations téléphoniques, mais certainement pas à tous les organismes qui ont les bonnes coordonnées (je le sais, j'ai noté chaque signalement).

Enfin, toutes les données de ces sites ne sont pas exactes non plus. Ainsi l'un d'eux indique: 23/02/0029 comme date de naissance. Un seul de ces nombres est exact. Et vous vous en doutez, ce n'est pas le dernier (ça, ce serait plutôt un numéro de département, non?). Je montrerai ça à mes enfants, la prochaine fois qu'ils me traitent de vieille.

Je me suis aussi lancée dans des démarches auprès de mon assurance maladie et de ma mutuelle, à propos du P'tit Mousse et de son ex appareil dentaire. Et de sa couverture par la mutuelle désormais obligatoire des professeurs. J'avoue que l'expérience d'Anne me fait avancer plutôt à reculons, sur ce dossier. Déjà, je ne comprends plus à qui ni où ni comment envoyer la demande d'entente préalable. Ensuite, Âme et Lie me dit que le P'tit Mousse n'a pas de complémentaire santé (alors qu'il a eu deux contrats de mutuelle, et puis qu'il a été radié d'un - évidemment celui qui était connu de la Sécu, je suppose...). C'est le bazar, comme disait ma nièce.

Il y a en revanche un dossier sur lequel je dois faire un mea culpa, et c'est celui du certificat d'immatriculation de mon véhicule. Car, si les choses ont traîné, ce n'est pas tout à fait la faute de l'administration. Je n'avais pas compris que c'était à moi d'aller consulter régulièrement le site pour voir s'il y avait du nouveau, et il y a donc eu un délai assez long avant que je pense à fournir les pièces complémentaires, puis de nouveau un temps avant que je voie qu'il fallait payer (bon, là, c'est eux qui ont déraillé pendant quelques jours), mais ensuite il n'a pas fallu une semaine pour que je reçoive enfin la carte grise à mon nom.

Avec tout de même une bizarrerie:

(En haut: la carte toute neuve; sous le pli: le dos de l'ancienne carte)

 La date du prochain contrôle technique indiquée ne correspond à aucun renseignement fourni par moi (et elle est inexacte). L'ancien certificat portait une date en 2022. Cette visite a été faite, et a permis de coller le petit papillon qu'on peut voir sur le bas de la photo, rayé parce que j'ai bien fait un contrôle en 2024, et j'ai fourni ce rapport à l'administration pour obtenir ma nouvelle carte grise. Cela n'a pas grande importance, puisque les deux certificats sont en ma possession pour prouver ma bonne foi, et que, de toute façon, la voiture va repasser au contrôle d'ici la fin de l'été. Mais je me demande toute de même comment il se fait que cette date (caduque) soit restée dans la mémoire du dossier de la voiture.

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Trouver la voie

 (17 juillet)

Dans l'Education Nationale, nous avons trois messageries.

Vous avez probablement entendu parler de Pr0n0te, que nous utilisions paraît-il pour communiquer avec les élèves à des heures indues, alors qu'en réalité, ce sont elles et eux qui nous envoyaient des messages à minuit moins le quart à propos du cours du lendemain à 8 heures. Une suspension de la messagerie pendant la nuit a été annoncée et certainement mise en place, mais il y a manifestement eu un retour en arrière: les professeurs n'ayant pas paramétré leur compte reçoivent de nouveau des réclamations en plein milieu de la nuit. Ce qui, en me concerne, n'est pas très gênant: je n'ai pas l'application sur mon téléphone, qui de toute façon est généralement éteint la nuit, et par conséquent, je n'ouvre Pr0n0te que quand ça me chante.


 A côté de cette plateforme qui permet l'interaction avec les familles comme avec les collègues, nous avons encore une boîte mail académique, par laquelle transitent les messages de l'administration, les mots gentils du ministre, les convocations et la propagande syndicale. Et puis il y a la messagerie sur i-prof, qui ne sert à rien que pour les informations de carrière. Elle est si peu fréquentée que chaque message reçu sur i-prof donne lieu à une notification sur la messagerie académique.

Juste après le pot de fin d'année, j'avais sur ma boîte académique un "avertissement i-prof", qui m'a conduite à ouvrir cette messagerie. Dans laquelle j'ai trouvé une notification m'indiquant que le tableau d'avancement à la hors-classe était consultable sur le site de l'académie. Comme ça fait quatre ou cinq ans que je suis promouvable, mais que j'avance à l'ancienneté, je me suis sentie moyennement concernée; et je me suis donc dit que j'allais essayer de consulter la liste des heureux·ses élu·es.

Le site de l'académie, il est aussi bien rangé que mon bureau, avec des icones qui font doublon et des chemins mystérieux pour trouver les informations. Un récent remaniement a rendu les choses encore plus obscures, au point qu'il y a maintenant un outil de recherche pour trouver la bonne application. Sauf que je n'avais pas le nom de cette application, et j'ai donc préféré taper quelque chose comme "promotion hors-classe 2026" dans mon moteur de recherche, ce qui m'a amenée rapidement au fameux tableau. J'y ai trouvé mon nom (ce qui veut dire que, pour la première fois de ma carrière, je n'avance pas à l'ancienneté, mais vraisemblablement au bénéfice de l'âge), ainsi que celui de deux collègues et, chose amusante, les noms des professeurs d'allemand de Numérobis et du P'tit Mousse. Le nombre de professeurs d'allemand promu·es m'a paru proportionnellement fort élévé, et je crois me souvenir qu'il n'y en avait pratiquement pas l'an dernier. C'est à se demander si notre inspecteur n'a pas rendu sa copie en retard en 2025.

Bref, est-ce qu'il n'aurait pas été aussi simple de m'envoyer sur ma boîte académique un lien pour tomber directement sur cette liste, au lieu de me faire faire des tours et des détours? Quelques jours plus tard, pour me communiquer l'arrêté correspondant à cette promotion (qui, salarialement parlant, ne change strictement rien), j'ai reçu un nouveau mail académique avec l'indication du chemin pour trouver le document sur le site. Manifestement un mail collectif, plutôt qu'un message individualisé avec le pdf qui va bien en pièce jointe, mais enfin un cheminement clair pour accéder à l'information, c'est déjà ça.

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Une fois n'est pas coutume...

 (5 juin 2026)

Quand j'écrivais un pré-blog (une page internet, régulièrement modifiée) pour mon lapin, il y a 25 ans environ, il m'est arrivé de le faire depuis le CDI du lycée où je passais alors beaucoup de temps entre deux remplacements.

Depuis, j'avais arrêté.

Mais aujourd'hui, c'est le dernier vendredi, je n'ai rien de mieux à faire, j'ai dû me connecter à mon compte Gogole pour amuser les élèves avec un K-out, et je viens de retrouver cette image dans mon espace personnel sur le serveur du lycée:

 

C'est la capture d'écran d'une conversation avec une responsable technique (manifestement pas la bonne) à qui j'ai osé demandé (et manifestement, je n'étais pas la première à le faire) qu'on change la cartouche de toner de l'imprimante. Cette photo a reçu le titre "surlatete", et vous imaginez bien pourquoi.

Il y a 25 ans, quand on voulait changer le toner de l'imprimante, on allait à l'intendance, et soit on ressortait avec une cartouche qu'on pouvait installer soi-même, soit une personne plus compétente venait le faire dans la demie-heure. Aujourd'hui, sous prétexte que les machines sont plus performantes, il faut un·e technicien·ne dédié·e, à contacter via une plate-forme centralisée. En gros, il faut envoyer un message à Rennes, pour que la personne qualifiée soit mise au courant qu'on n'a plus de toner. (Enfin, en théorie; en pratique, si on arrive à croiser la bonne personne, ça va évidemment plus vite.)

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C'est long, un mois...

 (12 mai)

Avec un titre pareil, je pourrais parler du peu de jours de classe qui restent avant les congés d'été.

Mais cette réflexion sur la longueur des mois m'est venue en consultant mes messages sur le site de l'ANTS (de nouveau disponible) où j'ai commencé* la démarche pour faire modifier l'adresse de la carte grise et en profiter pour faire rayer le nom du titulaire, puisque cette voiture est, depuis le divorce, en ma seule propriété.

Et donc, la messagerie me signale que les messages ne sont conservés que trois mois, et que j'ai une poignée de messages non lus. Ce qui m'étonne un peu, dans la mesure où je n'ai effectué aucune démarche en 2026.

Oui, mais voilà: 


... il y a trois mois, nous étions encore en décembre 2022.

Ce qui est inquiétant, c'est qu'on m'annonce "quelques semaines" de délai, et je me demande, si la durée des semaines est proportionelle à celle des mois, quand je vais bien pouvoir recevoir mon nouveau certificat d'immatriculation. 

* commencé seulement, parce que n'ai pas joint toutes les pièces dont on m'avait annoncé qu'elles étaient nécessaires, mais seulement celle qu'on m'a explicitement demandée (la preuve de mon changement d'état matrimonial) et un justificatif de domicile (parce que oui, j'ai deux demandes en une, je sens que ça va être rigolo) 

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Péripéties trainesques (encore...)

 (21 avril 2026)

La semaine dernière, je me suis rendue à Paris, pour voir deux spectacles (de ballet) à l'opéra.

J'avais réservé mes billets de train il y a longtemps, et ceux pour Garnier et Bastille il y a pratiquement un an, dans le cadre d'un abonnement. Et j'avais même pris une assurance, au cas ou un imprévu m'empêcherait d'arriver aux représentations. La veille du départ, j'avais vérifié les horaires, en me disant que j'étais large, et qu'au pire, si le train était en retard, je pourrais toujours aller directement au spectacle.

Etait-ce une prémonition, une intuition?

Il se trouve que mon train partait de la Préfecture à un horaire qui rendait possible l'économie du stationnement, à condition de prendre le bus (possibilité qui existait aussi au retour, et ce, même en cas de retard). J'ai donc effectué le trajet uniquement en transports en commun.

Tout s'est passé normalement jusqu'à Rennes. Et puis, le TGV a ralenti, et le "chef de bord" nous annoncé que, comme nous avions pu le voir sur l'appli, un accident de voyageur allait nous retarder d'au moins une heure. L'appli n'est pas installée sur mon téléphone, mais j'avais reçu un SMS prévoyant (seulement) 20 minutes de délai. Néanmoins, la situation a rapidement évolué dans un sens peu favorable.


 De une heure dix, on est passé à trois heures de retard, avec des annonces successives du contrôleur qui a même suggéré, alors que nous arrivions au Mans, que les voyageurs qui le souhaitent fassent demi-tour.

Chacun·e calculait au fur et à mesure le nouvel horaire d'arrivée, en particulier les voyageur·ses qui avaient une correspondance. Dans la rangée d'en face, un Italien se faisait répéter les annonces, qu'il ne comprenait pas bien. Quand il a été certain de rater son vol pour Milan, il est descendu du train, et nous ne l'avons plus revu. Heinz-Dieter et sa femme, qui voulaient rentrer chez eux à Osnabruck via l'Eurostar pour Cologne, ont aussi eu besoin d'un peu d'aide pour comprendre toutes les informations, notamment ce qui concernait la prise en charge de leur nuitée à Paris, puiqu'eux aussi allaient rater leur correspondance.

Quant à moi, je calculai que je ne pourrais pas passer à ma location pour déposer mon sac avant d'aller à l'opéra, et me suis donc mise en quête d'une consigne pour déposer ce bagage. (En théorie, les sacs à dos sont interdits en salle comme de vestaire, mais j'ai vu des gens rentrer avec des sacs à peine moins volumineux que le mien...)

Contrairement à ce qu'on nous avait annoncé au départ, nous avons eu le droit de descendre en gare du Mans, où l'on nous avait annoncé deux heures d'arrêt. Certain·es voyageur·ses râlaient vaguement auprès des agents, demandant pourquoi on ne repartait pas, et le personnel a patiemment expliqué que le procureur de la République devait d'abord se rendre sur place, qu'on ne pourrait ensuite circuler que sur des voies secondaires le temps qu'on ramasse les morceaux à la petite cuiller, la personne s'étant jeté sur les voies à un point stratégique en sortie de Paris (ce qui rendait un détour éventuel par Nantes inefficace), et que sur ces voies ne circulent que trois trains par heure.
 
Dans la voiture, chacun·e prenait son mal en patience; Heinz-Dieter disait que le rapprochement franco-allemand consistait donc désormais à avoir, de chaque côté de la frontière, des trains qui circulent mal; on discutait tranquillement. On a même plaisanté quand le chef de bord a fait une annonce pour nous inviter à rappeler nos ami·es qui étaient éventuellement allé·es jusque dans la gare. C'aurait été bête qu'il·elles ratent le départ du train!
 
Le Wego arrêté sur le même quai que nous est reparti en premier, il y a eu une annonce nous invitant à venir chercher des bouteilles d'eau, et puis nous avons pris la voie touristique via Tours et Versailles (mais sans escale supplémentaire), pour arriver à Paris avec 3 heures de retard. (Ce qui m'a permis de récupérer 75 % du prix du billet.) Le chef de bord nous a remercié au moins deux fois pour notre patience. Il doit avoir plus ou moins l'habitude se faire enguirlander...
 
Je suis passée déposer mon sac dans un resto derrière l'opéra, et je suis donc arrivée, environ trois quart d'heure avant le début de la représentation, par l'arrière du bâtiment, côté entrée des artistes. J'ai alors vu un gars très grand, cheveux mouillés et allure de danseur (oui, il avait un port particulier), sortir par cette issue réservée. Vérification faite, je suis à peu près certaine qu'il s'agissait d'Hugo Marchand.
 
Manifestement, il y avait quelqu'un d'important dans l'un des trains circulant dans l'autre sens. Et il est arrivé avec encore plus de retard que moi (tant mieux, j'aurais raté mon spectacle, avec 4 heures trente de retard!).

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Authentification réussie

 (17 avril)

Le P'tit Mousse ayant 16 ans depuis février, il était temps de le faire recenser ("quoi?" a demandé son grand-père, pas très au courant des démarches à accomplir). La chose n'était pas aisée, car le jeune homme est récalcitrant, et que la mairie ferme généralement avant que nous soyons lui et moi rentrés (oui, cet enfant a aussi un père, mais je ne suis pas certaine qu'il soit mieux renseigné que le mien sur les formalités administratives).

Bref, j'avais mon fils sous la main, un justificatif de domicile récent (puisque je dois en fournir partout pour ma nouvelle adresse) et il était trois heures de l'après-midi; j'ai demandé au P'tit Mousse s'il avait son passeport, et je lui ai annoncé que nous allions le faire recenser et faire mettre à jour mon inscription sur la liste électorale. A tout hasard, vu que mon fils ne porte pas mon nom et qu'il faudrait peut-être expliquer pourquoi il logeait chez quelqu'un qui ne s'appelle pas comme lui, j'ai embarqué aussi le livret de famille. Sur lequel est également mentionné le divorce (vu que je devais faire rayer le "épouse Truc" sur la liste électorale, c'était parfait).

La dame de l'accueil nous a d'abord dit que normalement, le recensement se fait sur rendez-vous. J'ignorais la chose, et j'ai vaguement jeté un oeil sur le site municipal depuis, sans trouver cette information. Bref, étant donné que nous avions tous les documents (livret de famille y compris, quelle chance), elle a fait le nécessaire pour se reconnecter au réseau (après une coupure accidentelle) et commencé à remplir tous les champs du questionnaire.

Au moment du numéro de téléphone, le P'tit Mousse ne savait pas répondre, j'ai donc cherché dans mon appareil intelligent. Mon fils ne connaît pas non plus son adresse mail, il a fallu que je la retrouve. Et quand la dame a voulu rentrer mon lieu de naissance, sa machine ne voulait pas du nom brut* (pas Villiers, mais imaginez une commune du même genre qui existe en quelques exemplaires), alors j'ai précisé le "sous Machin" qui va bien, et le numéro du département, et tout de suite, ça allait beaucoup mieux.

Ensuite, elle a demandé si elle pouvait garder le justificatif de domicile ou si elle devait en faire une copie, et je lui ai rappelé qu'il lui en faudrait un pour modifier mon inscription sur la liste électorale. Elle est revenue avec la photopie, et en deux clics, mon cas était réglé. Elle n'a pas jugé utile de me demander une pièce d'identité pour s'assurer que j'étais bien moi. Il faut croire que j'avais donné suffisamment de renseignements concordants pour prouver la chose...

(Une glycine s'échappe...)
* sur ma carte électorale, c'est le nom de la commune brut qui figure; et le plus souvent, quand je veux remplir un formulaire, on ne veut pas du "sous Machin", disparu (me dit la toile mondiale) en 1983. Encore un coup des gens qui ne veulent pas être "sous" ou "bas", ni "du nord", je suppose. Il ne reste, je crois, que le Bas-Rhin et le Nord à ne pas avoir honte de leur appelation; les plus ridicules étant à mon sens les "Alpes de Haute Provence" en remplacement des "Basses Alpes" et les "Hauts de France", qui seraient moins sujets aux inondations s'ils étaient effectivement un peu en hauteur.
 

 

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Une histoire de thermostat

 (7 janvier)

La France grelotte, le pays est paralysé par la neige.

Ah bon? Pas le moindre petit flocon par ici. Du verglas, un tout petit peu, mais franchement, ça ne valait pas la peine de suspendre les transports scolaires pour autant. Ou alors, au cas par cas, certains endroits ayant été plus touchés que mon coin à moi.

Surtout, la présence d'élèves en plus grand nombre (il en manquait un tiers, lundi et hier) aurait permis, grâce à la chaleur humaine, de réchauffer plus rapidement les bâtiments. Car dans les deux lycées que je fréquente, (presque) tout le monde a eu froid, en ces deux premiers jours de classe. Parce que, bien sûr, les établissements n'ont pas été chauffés pendant les vacances, que ce sont, malgré des travaux plus ou moins récents, de relatives passoires thermiques, et qu'il faisait donc entre 10 et 15 degrés dans les salles de cours.

Cela ne m'a pas vraiment dérangée. J'avais un bon pull, et puis, chez moi, il ne fait pas bien chaud non plus. J'ai beau régler la chaudière pour avoir une température ambiante de 20°, il ne fait que 15 à 16, dans mon salon. Et je ne vous parle pas de la chambre. Quand j'ai loué, l'agente immoblière m'a affirmé que les propriétaires ne chauffaient jamais l'extension où je dors, le radiateur du salon suffisant à assurer une température convenable dans cette pièce. L'aspect (brûlé) du convecteur électrique démentait absolument cette affirmation, et, de fait, si je ne chauffe pas, la température peut descendre à 10°, pendant la nuit, dans ma chambre.

Et vous savez quoi? Ca ne me dérange pas forcément. Hier soir, j'ai réchauffé un peu avant de me coucher. Et puis j'ai pris ma bouillote (la vraie) et Gribouille s'est installé à mes pieds. Nantie de ça et sous ma couette en polaire, avec une chemise de nuit en polaire aussi, j'ai bien dormi. J'ai même eu un peu chaud, à un moment (les hormones, sans doute); en tout cas, j'ai enlevé les chaussettes avec lesquelles je m'étais endormie. Il y a des nuits où j'ai froid, et je redoute un peu les nuits à venir, qui s'annoncent venteuses, mais je trouve toujours un moyen de me réchauffer.

Quand j'étais encore mariée, cela étonnait toujours ma belle-mère quand elle me voyait descendre au petit déjeuner, l'hiver, sans avoir encore enfilé mon pull. (Il était parfois sur mes épaules, tout de même.) Mais c'est que sa maison à elle était, de mon point de vue, surchauffée, avec plus de 20 degrés dans la cuisine. C'est tellement plus facile de s'adapter à un froid raisonnable qu'à la chaleur!

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Plus facile que prévu

 (19 novembre)

Hourra! Je viens de créer, en quelques clics, mon compte âme et lie.

Avant, tout était simple. En tant que professeur, je suis affiliée à la Aime GE Haine, qui gère à la fois la mutuelle et la sécurité sociale (pour moi, c'est comme ça depuis ma naissance, sauf la parenthèse étudiante). Depuis qu'elle existe et jusqu'à il y a deux ans, une seule carte (la carte Vitale) portait toutes les informations.

Et puis, il a eu cette histoire de mutuelle obligatoire pour tou·tes les professeurs, et la Aime GE Haine nous a envoyé, à mes enfants les plus grands et à moi, une carte papier pour attester de nos droits à la mutuelle, en prévision d'un éventuel changement, parce que l'appel d'offre pour la nouvelle mutuelle des professeurs étaient en cours.
Cet appel d'offre a été remporté par ma mutuelle, et il va falloir que je fasse les démarches nécessaires pour changer sans changer.

Maintenant, ce mois-ci, même, pour une raison que je n'ai pas très bien comprise, la Aime GE Haine me demande de créer mon compte âme et lie pour la partie sécurité sociale de mes remboursements. J'ai donc respecté les étapes, mis docilement ma carte Vitale à jour hier, et testé ce matin la création de compte.
Numéro de sécu? Ok. Date de naissance? Incroyable! La case s'est pré-remplie toute seule, le calendrier a affiché le bon mois, grâce bien sûr au numéro de sécurité sociale. Mais c'est la première fois que je vois un formulaire aussi intelligent. IBAN? Ah, crotte, ça c'est plus difficile, qui connaît ce numéro par coeur? Et comme les banques n'envoient plus de relevé papier... Un chéquier a fait l'affaire pour me renseigner.

Bien sûr, il a fallu indiquer un mot de passe. Ce qui, au moment de la confirmation, a encore activé la question de mon ordinateur sur les touches rémanentes (une histoire de raccourci, pour ne pas avoir à refrapper les mêmes caractères); ça m'agace, je ne vois en quoi ce serait utile d'avoir des raccourcis pour les 372 mots de passe que j'utilise. Le site a jugé le mien très sécuritaire, si j'avais eu l'informaticien qui a programmé ce jugement en face de moi je lui aurait demandé s'il trouvait vraiment ça inviolable, mais peu importe. Mon compte n'avait plus besoin que d'un petit clic de validation sur un lien envoyé par mail.

Et hop! J'ai vérifié, les informations du compte sont exactes, le P'tit Mousse y est bien rattaché aussi. Il va falloir que je rappelle à Numérobis qu'il doit créer son compte (et se munir de son IBAN, après avoir vérifié sur celui de la Aime GE Haine que c'est bien lui qui est remboursé, et pas moi, quand il va chez le médecin - il ne va jamais chez le médecin).

La suite, ce sera le passage à la mutuelle obligatoire. Nous (les profs) avons reçu 36 mails, depuis la rentrée, nous informant de l'imminence du changement et de la nécessité d'attendre le message avec le processus à accomplir en novembre. Aucune information sur le coût ni la couverture qui sera proposée. Et aujourd'hui, aux deux tiers du mois de novembre, toujours pas de mail pour accomplir la démarche. J'ai peur que ce ne soit un peu plus complexe...


 

 (Rien à voir, mais ce mail de mon fournisseur de gaz me fait légèrement sourire. Pourquoi ma consommation est-elle si largement inférieure à celle du même mois de l'an passé? Tout simplement parce qu'à cause d'un problème de chaudière, et en raison aussi des températures clémentes, je n'ai pas remis le chauffage avant la première semaine de novembre, cette année. Ca m'étonneriat que je sois aussi économe le mois prochain.)

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Encore un truc bien pensé

 (21 octobre)

Ce n'est pas parce que je suis en vacances que je n'ouvre pas ma boîte mail professionnelle. Et qu'y découvris-je ce jour? Un message disant "vous allez participer à la formation machin-truc..." Quoi? Mais je n'ai pas demandé ce stage! Ah, c'est une formation sur les nouveaux programmes de langues vivantes, le genre de truc automatique quand on dépoussière les directives ministérielles.
Elle aura lieu le 1er décembre, et je suis priée, avant d'y aller, de lire lesdits nouveaux programmes.
Mais quel sens de l'organisation et des responsabilités!
Les nouveaux programmes s'appliquent depuis le mois de septembre, pour la seconde (et la sixième, parce que, tant qu'à faire, le stage va concerner les enseignant·es de collège et de lycée en même temps). Et donc, vous imaginez bien que j'ai déjà jeté un oeil à ces fameuses directives. Il serait bien temps de nous les expliquer, trois mois après la rentrée!

("Il m'a donné une chaussette, et maintenant, je suis libre." Vous avez la ref?) 

Et puis, est-ce bien judicieux de déplacer je ne sais combien de collègues au même endroit, le premier jour de décembre, alors même que la période des conseils de classe sera lancée et que donc, il nous faudra être dans nos établissements dès la fin des cours (et certainement avant l'heure à laquelle cette formation se terminera)? 

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A n'en plus finir

 (24 septembre)

Depuis le printemps dernier, il y a des travaux sur la portion de route qui mène de la sortie du bourg à la bretelle de la quatre voies que j'emprunte pour aller au lycée (du haut de la côte). Ils doivent durer jusqu'aux vacances d'automne, il s'agit de refaire le réseau d'eau potable et je ne sais quoi encore.

A la fin de l'été, des travaux ont été annoncés sur la quatre voies. Ils devaient commencer mi-septembre pour se terminer fin octobre. Et puis, on nous a prévenu·es que la bretelle d'accès serait fermée. Dès le premier jour des travaux de réfection, j'ai donc pris la vieille route vers la préfecture, rejoignant par là le rond-point qui me permet de faire la jonction avec la rocade. Les panneaux indiquant la déviation par cette même route n'ont été apposés que le lendemain.

Et voilà que, en fin de semaine dernière, c'est sur la rocade que des travaux ont commencé. A peine annoncés, et prévus pour cinq jours seulement. J'en ai discuté avec un collègue, qui trouvait que ça commençait à faire beaucoup, ces travaux. Et comme je disais bizarre qu'on puisse faire en une semaine, sur la rocade, ce qui en prenait au moins six, sur la voie express, il m'a répondu que, peut-être, sur cette dernière, ils allaient refaire les deux côtés. Alors, je lui ai rappelé que ça faisait trois ans qu'ils nous faisaient le coup des travaux, sur la quatre voies. D'abord un tronçon dans un sens, puis, l'an dernier, le même dans l'autre direction, et maintenant, un morceau avant la partie qui avait été refaite en premier. Donc, à mon avis, on s'oriente plutôt vers des travaux à l'automne 2026 pour refaire le même tronçon dans l'autre sens de circulation.

Il n'empêche que j'avais raison de m'interroger sur la durée des travaux: la réfection de la rocade est désormais prolongée jusqu'aux vacances de la Toussaint. La bonne nouvelle, c'est donc que tous les travaux devraient être terminés à la reprise de novembre. La mauvaise, c'est que, en attendant, c'est un peu le bazr pour aller travailler, et souvent encore plus compliqué au moment de rentrer. Car j'ai la chance de circuler dans le bon sens, semble-t-il.

Il n'empêche, les ralentissements, sur la quatre voies, sont imprévisibles. Je continue à passer par là au retour, notamment quand je passe faire des courses. Et, si la circulation est restée fluide tout du long, hier, vers 17 heures, c'était bien la première fois que cela arrivait. Mardi dernier, comme les fois précédentes, il y avait un ralentissement au moment où tout le monde doit passer sur une seule voie. Avec des gens qui essaient de gruger en doublant jusqu'à la dernière minute. Mais nous sommes quelques un·es que cela agace, et qui nous plaçons au milieu, sur la ligne discontinue, pour dissuader ces tricheur·ses. En revanche, vendredi, alors que je passais sur le pont qui enjambe cette voie rapide, j'ai vu qu'elle était complètement bouchée, sur les deux voies. Alors, au rond-point, j'ai pris la vieille route. Excellent choix, confirmé d'abord une heure plus tard par le P'tit Mousse, dont le bus est "resté un temps fou" dans cet embouteillage, et ensuite le lendemain par une conversation surprise à la boucherie ("une heure pour rentrer de [la préfecture], hier soir").

Moi, je n'ai rien contre les travaux, puisqu'ils sont censés améliorer les conditions de circulation. Mais là, entre la petite route sinueuse et les ralentissements, je commence à trouver ça fatigant. Hier matin, au moment où j'arrivais enfin au rond-point par où j'entre habituellement dans la préfecture, et alors que j'allais me dire "ouf, c'est fini", je me suis rendue compte que, de cette entrée, on ne voyait strictement rien, à cause du soleil qui se levait en face. Vivement l'hiver, qu'on arrive de nuit et par des routes rénovées! 

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Nationalité de papier

 (18 septembre)

Lorsque j'ai divorcé, je n'ai pas fait refaire immédiatement ma carte d'identité. Il faut dire qu'il y avait à l'époque des délais abominables pour obtenir un rendez-vous. C'est seulement cet été que je me suis enfin lancée dans la démarche.

J'ai rempli le formulaire en ligne, en pestant contre le menu déroulant qu'il a fallu ouvrir une bonne dizaine de fois avant qu'il me propose enfin le département adéquat pour la commune de naissance de mon papa, dont j'ai découvert à cette occasion qu'elle avait deux homonymes (pourtant, quand on demande à la toile mondiale, c'est cette ville de banlieue qui apparaît comme premier résultat). Je ne me souviens pas qu'on m'ait demandé de préciser le département de naissance de ma maman, mais j'ai pris soin, par honnêteté, de préciser "Canada" entre parenthèses après le nom du saint.

J'arrive à mon rendez-vous, quelques semaines plus tard, et là, la Madame, en voyant que j'ai écrit "française" pour la nationalité de mes deux parents, me dit que ma maman est canadienne, puisqu'elle est née au Canada.
Quoi?
Je lui réponds que, lorsque je suis née, ma maman était française (et née là où je l'ai indiqué*).
Elle persiste, elle est devenue française par son mariage, oui, mais elle est canadienne. Et elle laisse entendre que la préfecture pourrait faire des problèmes.

Je me retiens de lui renvoyer l'identité de papier de ma mère à la figure, et que puisque c'est comme ça, je vais me contenter de mes documents canadiens. J'insiste pour laisser "française", et j'évite de lui raconter qu'il y a des Français·es qui naissent à l'étranger tous les jours, elle ferait moins la maline si ma mère était fille de diplomates et que j'avais indiqué comme lieu de naissance celui qui figure sur son certificat de décès (et qui est différent de celui qui est mentionné sur mon acte de naissance*).

Elle consent en faisant la moue, et on verra bien si la préfecture demande des précisions, me dit-elle.
Mon sang bouillonne, je vérifie en rentrant si la nationalité figure sur les actes de naissance dont j'ai une copie à la maison.
Bien sûr que non, et cette bonne femme était dans son tort. J'ai reçu à peine dix jours plus tard une notification m'invitant à aller chercher ma nouvelle carte d'identité. Et j'ai eu le bonheur de tomber sur une remplaçante, au moment de la récupérer (bon, du coup, on n'a pas trop su quoi faire quand il s'est avéré que la carte était "désactivée" et qu'il était impossible de confirmer mon identité numérique).

Depuis, Numérobis s'est lancé dans les démarches pour obtenir son passeport canadien.
Et là, c'est l'administration qui devrait revoir la version francophone de ses formulaires...

("fournir les informations demandées qui se trouve dans le passeport délivrer a son nom") 

 
("Veuillez précisez")

* Ma maman avait été adoptée bébé. A l'époque de l'adoption, les autorités canadiennes notaient comme lieu de naissance celui du baptême, ou de la commune de résidence des adoptants, soit, pour ma mère, un Saint-N. C'est ce lieu de naissance qui figure sur l'acte de mariage de mes parents et sur tous nos actes de naissance. Mais dans les années 1980, une loi est passée au Canada, avec effet rétroactif, obligeant à indiquer le lieu de naissance réel. Ma mère a donc découvert, en voulant faire refaire ses papiers (français, il lui fallait un acte de naissance), qu'elle était née à Montréal. Et c'est le nom de cette métropole qui figure comme lieu de naissance sur son certificat de décès. Ce qui conduit à cette absurdité: la femme dont mon père est veuf n'est pas née au même endroit que celle qu'il a épousée...

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C'est complet!

 (10 septembre 2025)

Le problème, avec les effectifs de germanistes, c'est qu'ils varient d'une année sur l'autre, et qu'on ne sait jamais à quoi s'attendre, en seconde.

Au moment des affectations, on nous annonçait 35 élèves, dans le lycée en haut de la côte. Et quelques jours plus tard, il y en avait potentiellement 37. Ce qui était beaucoup mieux, parce que, pour 37, il fallait faire deux groupes. Mais deux jours plus tard, le proviseur affirmait (j'aurais envie de dire "décidait") qu'ils et elles ne seraient que 35.

Le jour de la pré-rentrée, j'ai découvert une liste de 36 élèves, dans le même groupe, avec une paire de jumelles et une paire de jumeaux. J'avais vu les jumeaux aux portes ouvertes, ils sont identiques. Et comme les jumelles, en dehors des cours d'allemand, ne sont pas dans la même classe, il y avait des chances qu'elles le soient aussi.

A la fin de la première semaine, j'ai découvert le groupe. Il y avait bien 36 élèves en face de moi. Mais seulement 35 tables et chaises. J'ai donc été chercher un pupitre dans la salle voisine, heureusement inoccupée à cette heure-là, et je suis allée dès que possible réclamer une délocalisation pour ce groupe.


 Lundi, j'étais dans une salle un peu plus grande, mais avec seulement 35 tables et chaises. J'ai donc fait une demande pour qu'on ajoute le mobilier nécessaire, puisque, manifestement, il n'est pas prévu plus de 35 élèves par salle de classe (or je ne suis pas la seule à devoir en accueillir parfois 36). Comme j'avais prévu un travail en îlots, le regroupement des tables et la chaise du bureau ont permis à chacun·e de trouver une place. Car, malgré le départ d'une élève, ils étaient toujours 36, puisqu'un autre l'avait remplacée.

Mardi, le pupitre supplémentaire n'avait pas été installé*, et il restait encore 2 places libres après l'appel, en raison des retardataires. Les deux premier·es ont pu s'asseoir. Quand le dernier élève est arrivé, j'ai ouvert la porte en disant "C'est complet!" avant de trouver une solution pour qu'il puisse tout de même s'installer (sur un coin de table).

Ce jour-là, comme il restait un peu de temps, j'ai fait un petit jeu: j'ai posé des questions, en allemand bien sûr, en demandant à toutes les personnes concernées de se lever. L'une de mes questions était: Qui a un frère jumeau ou une soeur jumelle? Et là, j'ai vu 6 élèves se lever. En dehors des deux paires évidentes, il y a un jeune homme qui a un jumeau (hispanisant, dans une autre classe) et une jeune fille qui a une jumelle (comme je n'ai pas encore appris le nom de cette élève, je n'ai pas pu chercher sa soeur sur les listes de classe).

C'est décidément un groupe exceptionnel!

* pour avoir du mobilier en plus, je suis d'abord passée par l'intendance, où on m'a répondu qu'il fallait envoyer un message informatique via la plate-forme de la région. Autrement dit, au lieu d'appeler un agent pour aller chercher ce qu'il faut dans une réserve qui se trouve nécessairement quelque part dans l'établissement, il faut passer par Rennes et attendre que le message redescende vers le lycée. (C'est la même chose quand il faut ajouter du toner dans une photocopieuse.) Vive la gestion à la française!

Post Scriptum: il semblerait que l'administration essaie de réduire l'effectif d'une classe de première, qui compte 36 élèves, en transférant une ou deux personnes vers une autre classe. Mais 36, pour un cours d'allemand en seconde, ce n'est pas surchargé? 

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Quand le téléphone sonne

 (4 septembre)

Quand le téléphone sonne en mon absence, personne ne répond. Les enfants, quand ils sont là, n'osent pas décrocher le combiné.

Le P'tit Mousse a eu beaucoup de mal à contacter son lieu de stage, avant de s'y rendre, l'an dernier. Et une fois sur place, il a été peu bavard. En classe, ses professeurs le trouvent souvent isolé.

Pour Numérobis, l'entrée en seconde, dans une classe où il n'avait aucun ami proche, a été un véritable drame. Il déteste les transports en commun, qui sont plein d'inconnus. Et, même si cela s'améliore, je l'ai senti sur le point de renoncer plusieurs fois, lorsque nous avons fait la queue pour renouveler sa carte de bus (Mais je n'ai pas de photo? Mais je n'ai pas de pièce d'identité?) il y a quelques jours. Oui, je l'accompagne encore, parce que je ne suis pas certaine que, seul, il y serait allé. La prise de parole est une chose difficile pour lui aussi.

Dans son rapport / mémoire de M2, le Pirate a mentionné ses difficultés avec les interactions sociales. Nous en avons discuté, à table, avec ses cadets, et j'ai dit que je n'étais pas très douée là-dedans non plus, que c'était plus le domaine de leur père. Etonnement de Numérobis: "Mais tu es prof?"

Oui, je suis prof, et j'ai plein d'élèves en face de moi. Ce qui est parfois un vrai problème. Je me rends compte que je ne parviens pas toujours à établir un contact visuel. Quand on corrige un exercice, il peut m'arriver de rester le nez collé dans mon livre, au lieu de regarder l'élève que je viens d'interroger. Plus ils et elles sont nombreux dans la classe, pire c'est.

Alors je ne sais pas trop ce qui m'a pris de répondre oui, l'autre soir.

J'étais en train de préparer à manger, la radio a annoncé le sujet de l'émission inter-active du soir, une annonce gouvernementale dont j'avais justement discuté avec mes deux cadets avant de ramener Numéobis à la sous-préfecture. J'ai saisi mon portable pour envoyer un message Ouatsape au 524 7000 (avec quelques chiffres devant en plus, mais je connais ce numéro depuis mon enfance), et j'ai mis mon plat au four.


 Quelques minutes plus tard, mon téléphone a sonné, affichant un numéro privé.

A priori donc, ce n'était pas Clara Vivaldi (son numéro commence par 01); mais je supposais tout de même un importun que je n'aurais pas de mal à moucher.

Que neni, bien sûr, vous l'avez compris, c'était un standardiste de l'émission qui me rappelait, parce que mon témoignage les intéressait, et est-ce que j'étais d'accord pour passer à l'antenne?

Heu... L'hésitation était réelle, mon petit coeur commençait déjà à s'emballer, mais j'ai répondu oui quand même. Alors Pierre (?) m'a dit qu'il allait me passer un technicien, et j'ai entendu un grésillement, et puis la radio dans mon téléphone.

Je crois que j'avais déjà entendu la radio dans mon téléphone, un samedi après-midi, quand j'avais donné la réponse à une devinette, il y a longtemps.

Bref, mon coeur commençait à battre la chamade, je me suis dit qu'il fallait que j'éteigne mon radio-réveil pour éviter l'effet d'écho, et j'ai suivi autant que possible le débat. Le technicien m'a demandé si j'entendais bien la radio, si j'étais sur un fixe ou un portable, si j'avais bien éteint mon poste, et m'a recommandé de bien garder mon téléphone à l'oreille et de ne pas mettre le haut-parleur (il y a toujours des gens qui attendent en mettant le haut-parleur, il se passe quelques secondes avant qu'ils ne reprennent leur téléphone quand c'est leur tour, et on entend la radio en écho derrière).

Je ne sais pas combien de mois d'espérance de vie j'ai perdu dans cette affaire, mais mon taux de cortisol ne cessait de grimper, et quand j'ai entendu Fabienne S. dire qu'elle allait repasser au standard, je me suis demandé si j'allais réussir à parler. J'ai causé dans le poste, et l'animatrice m'a relancée (ah non, pitié, quelle torture!); j'ai eu l'impression de bafouiller dans ma réponse, et j'ai été bien contente quand le technicien, au bout de quelques minutes, m'a remerciée et dit que je pouvais raccrocher.

Manger a été un peu diffcile, tant je tremblais, après cette minute de gloire (inter)nationale. J'ai été chercher le son de l'émission sur la toile, et je me suis rassurée: mon trac est peu audible. En fait, je me rends compte que beaucoup d'auditeur·rices qui passent doivent être aussi ému·es que moi, ils et elles ont les mêmes hésitations dans leurs phrases. Alors qu'il s'agit juste d'une conversation téléphonique, et que tous les interlocuteur·rices qui m'ont parlé étaient très aimables. 

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Un autre rythme (avec supplément de dernière minute)

 (19 juin)

Diantre, il fait chaud!

Et les candidats au bac ont bien chaud, hier, pendant les épreuves. Il faut dire aussi que les fenêtres de la salle étaient restées ouverte toute la matinée, alors que ladite salle prend le soleil le matin, et que les rideaux fermés avaient juste rendu l'air plus lourd. Résultat: il faisait paradoxament meilleur après l'épreuve (fenêtres, rideaux et portes ouvertes pour faire courant d'air) qu'avant.


Et la collègue idiote qui ne comprend jamais rien de s'exclamer, en arrivant vers 14 heures, que vraiment, on se demande à quoi pensent les gens qui, au ministère, ont décidé que les épreuves auraient n'auraient pas lieu le matin.

Pourquoi je dis que cette question est idiote? Parce que la réponse est fort simple, il suffit de consulter le calendrier: les candidat·es d'outre-mer composent en même temps que les élèves de métropole. A 14 heures chez nous, il est... 8 heures du matin, pour celles et ceux de Martinique et de Guadeloupe. Comme ça, tout le monde planche sur les mêmes sujets. Sujets manifestement particulièrement compliqués en physique: beaucoup de copies comportaient pas mal d'espaces vides, laissés là par des élèves qui espéraient pouvoir y revenir par la suite. Une candidate a même pratiquement fondu en larmes, tellement elle étaient perdue.

La vraie question, quant à l'horaire des épreuves, c'est: pourquoi est-ce que la philosophie est toujours à 8 heures du matin en métropole? Les Antillais·es et candidat·es de Saint-Pierre et Miquelon ont nécessairement un sujet différent pour cette matière, puisqu'ils ne composent pas de nuit (mon papa m'avait expliqué que, pour les concours de recrutement de l'Education Nationale, les inscrit·es de la Réunion et des autres territoires devaient se présenter à des horaires étranges, pour découvrir les sujets en même temps que celles et ceux de métropole; et en cas de cyclone ici ou là, tout le monde était reconvoqué).

L'ennui, avec ces épreuves dans l'après-midi, c'est effectivement qu'il fait souvent plus chaud. Et puis, les élèves qui bénéficient d'un tiers-temps, s'ils et elles l'utilisent en entier, peuvent terminer à... 19 h 20, c'est-à-dire parfois après le passage du dernier car qui aurait pu les ramener à la maison (de toute façon, certain·es candidat·es n'ont pas non plus de moyen de transport collectif pour arriver après 9 heures).

Il est possible que j'aie déjà fait des remarques évivalentes l'an dernier ou l'année encore avant; pardonnez-moi ce radotage. Les écrits étant terminés, je n'ai plus pour ma part qu'à encadrer une journée les élèves qui passent le grand oral, et je peux donc pratiquement considérer que je suis en vacances. Au contraire du P'tit Mousse, qui se lève vaillammant tous les matins pour aller effectuer son stage de seconde, et qui a dû faire hier une journée complète au lieu de terminer à midi comme d'habitude. Il y aura là certainement de quoi écrire un billet. J'attends juste de voir si son plaisir de découverte de s'émousse pas.

Petite information suppémentaire: après consultation de ma boîte mail académique, il s'avère que j'ai reçu à 16 heures une convocation comme vice-présidente de jury, les 3 et 9 juillet prochains. 

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Et l'an prochain?

 (3 juin 2025)

C'est l'heure des répartitions de service, celle où les équipes de chaque matière s'arrachent les cheveux pour se répartir les heures disponibles l'an prochain.

Et cela ne me fait ni chaud ni froid.

Laissez-moi vous expliquer pourquoi mon problème à moi est fort différent. Et répondre en même temps à une interrogation de Madame Chapeau laissée en suspend: aurai-je encore des BTS?

Il me semblait avoir déjà évoqué le fait que, dans l'établissement qui est officiellement mon poste, il n'y a plus assez de germanistes pour un nombre de groupes suffisants afin que mon service y soit complet. Ou plus simplement: les effectifs baissent, le nombre d'heures disponibles en allemand aussi. C'est ce qui m'a conduit à faire de l'EMC pendant quelques années. Puis à devoir accepter un complément de service, au collège l'an dernier, au lycée d'en bas pour celle-ci.

La difficulté, c'est qu'on ne peut pas prévoir le nombre de germanistes qui s'inscriront en seconde. Pour la rentrée 2023, le chef d'établissement comptait sur deux groupes, il n'y en a eu qu'un, et je me suis trouvée en sous-service malgré le complément au collège. Pour cette année, le complément de service était calculé sur la base d'un seul groupe en seconde, et les 40 élèves* ont bien évidemment été réparti·es en deux moitiés (inégales); j'en ai profité pour faire disparaître l'EMC de mon service, mais j'ai quand même des heures supplémentaires.

La question de l'endroit où je ferai mon complément de service l'an prochain s'est posée en janvier, au moment où le rectorat commence à préparer la rentrée. Et 5 mois avant les inscriptions des élèves en seconde. J'avais le choix entre rester au lycée d'en bas ou compléter encore une fois mon service dans un collège (mais un autre que celui de l'an dernier). Si jamais il y a plus de 36 élèves qui s'inscrivent en seconde début juillet, le complément de service au lycée (et avec les heures de BTS) ferait exploser le compteur des heures supplémentaires. Mais si je vais au collège, et qu'il n'y a qu'un seul groupe de germanistes en seconde, il manquera une heure à mon emploi du temps.

N'ai-je pas déjà raconté que le proviseur m'avait laissé environ une demie-journée pour choisir entre ces deux options? Au coeur de l'hiver, perdue dans la préparation de l'examen des BTS, j'ai préféré la tranqillité de petits groupes de collège, le chef d'établissement m'ayant assurée qu'il trouverait bien à m'occuper s'il me manquait des heures (pitié, pas le retour de l'EMC!). Ce qui est dommage, c'est que, si on en reste là, je ne pourrai plus passer par le petit bois entre mes deux établissements.

Réponse fin ou début juillet, lorsque les élèves de troisième auront reçu leur affectation et confirmé (ou non) leur venue au lycée d'en haut.

(* Le proviseur était bien embêté de m'annoncer ce nombre, début juillet; il n'avait pas vu non plus la dizaine de nouveaux·elles inscrit·es en première: un peu plus, et il fallait là aussi un deuxième groupe.) 

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Organisation à la française...

 (28 mai)

Cette année, j'ai enseigné en BTS. On m'a parachutée là, sans qu'aucune formation soit prévue. Les profs sont polyvalents, du collège aux classes après le bac, et puis c'est tout. Bien qu'il n'y ait absolument aucune (in)formation lors de la prétendue "formation initiale" sur ce qui se passe après le baccalauréat.

Donc, il a déjà fallu que je décode les initiales du BTS SAM. Ce n'est pas celui qui ne boit pas (coucou, Madame Chapeau et mes lecteur·rices de Belgique!), c'est celui qui forme, théoriquement, des sécrétaires trilingues. Et donc, je devais y enseigner la seconde langue vivante. Heureusement, la collègue dont j'ai pris la place m'a gentiment mise au courant des programmes et des épreuves, parce que, sur la toile mondiale, on ne trouve pas grand chose. Et en particulier, je n'ai jamais réussi à trouver les sujets des épreuves auxquelles je devais préparer mes élèves.

Certes, il y a une banque de données que les professeurs de BTS peuvent consulter. A condition d'y avoir accès. Je n'ai obtenu l'autorisation d'aller voir ces sujets qu'au mois de mars. Et il n'y avait pratiquement rien, suite à je ne sais quelle refonte du système. C'est dommage, parce que je n'ai pas pu répondre à l'inspecteur qui nous demandait si on avait utilisé des sujets pour entraîner nos étudiant·es à l'oral (et j'ai failli donner l'un des documents audios sur lesquels mes élèves sont effectivement tombées le jour J).

Quant à moi, j'ai été convoquée à Rennes pour faire passer ces fameux oraux. Sur ma convocation, il était écrit "une demie-journée", et que je devais y être à 7 h 45. Je vous rassure tout de suite, dans une telle situation, l'EducationNationale est prête à me rembourser une nuitée, afin que je ne sois pas obligée de me lever à 4 heures du matin. Là où ça se complique, c'est que, sur la circulaire d'organisation du machin, il était noté que des candidat·es étaient convoqué·es à 8 heures, et d'autres à 13 h 30. Je ne sais pas qui, de moi ou du rectorat, se trompe dans la signification du concept de "demie-journée"...

Au départ, je n'avais pas lu la circulaire dans le détail, j'avais prévu de rentrer par le train de 14 h 40, histoire de pouvoir faire deux ou trois courses avant d'aller à mon cours de danse. Et puis, ce train-là était à 10 euros, ça valait le coup, non? Et bien non, les dix euros resteront de ma poche. Parce que j'ai dû acheter un nouveau billet à 29 euros pour revenir plus tard. Inutile d'essayer de changer mon billet à bas coût: il y avait 19 euros de frais, plus "le surcoût éventuel", cela m'aurait donc coûté plus cher...

Bref. Si encore il n'y avait eu que ce problème de train.

Les élèves que j'interrogeais l'après-midi étaient des candidates en option facultative, pour un BTS NDRC que je ne connaissais pas, et sur lequel il a d'abord fallu que je me renseigne, parce que la convocation mentionnait bien que je devais fournir les sujets. J'ai donc trouvé deux textes qui parlaient de monde Digital et de Relation Client (mais ne me demandez pas ce à quoi le N fait référence, j'ai oublié). Les deux étudiantes étaient charmantes, mais pas très au courant non plus, notamment sur la question de savoir si le compte-rendu se faisait en français ou en allemand...

Mais le bouquet, ç'a été au moment de rentrer les notes que je leur avais attribuées. Regardez bien le bordereau: il mentionne la date de l'examen, et celles de la saisie des notes. Hm. Quelqu'un peut me dire comment j'aurais pu saisir les notes avant même d'avoir interrogé les candidates? Parce que la majorité des épreuves facultatives ont eu lieu début avril, mais qu'il aurait été ridicule de me déplacer pour une heure à ce moment-là, je n'étais pas dans les clous, et personne n'avait prêté attention à ce détail. Heureusement, la cheffe de centre a réussi à joindre quelqu'un au rectorat pour débloquer la situation.
 
Je suis rentrée chez moi bien fatiguée, et j'ai complété immédiatement l'état de frais (quelle bonne idée de dire que je voyageais 'pour affaire", j'avais une facture pour l'hôtel). Il n'y a plus qu'à attendre pour voir combien on me rembourse...
 

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Non, je ne fais pas le pont

 (8 mai)

Cette copine qui trouve que les profs ont beaucoup de vacances et qui, elle, profite de la moindre semaine de congé pour partir aux Canaries ou à Vienne (elle ferait mieux de réfléchir à son empreinte carbone, tiens!) m'a demandé si je faisais le pont.

Quel pont?

(Non, ça c'est un couloir.)

Si les journalistes considèrent que tout le monde peut être en congé entre un jour férié et la fin de semaine, les professeurs savent bien que ce n'est pas le cas (les parents, moins...). Dans certains établissements voisins de l'enseignement privé, la semaine dernière, les élèves ont été dispensés de cours, mais les collègues se sont ennuyés concertés lors de réunions diverses et variées. Et nous, pauvre enseignants du public, avons fait cours devant des classes un peu clairsemées. Il faut avouer aussi que, pour les internes, il est parfois un peu compliqué d'avoir les transports ad hoc pour revenir un vendredi matin.

Et cette semaine, tout le monde rempile.

Il n'y a pas de pont dans l'éducation nationale. Sauf pour l'Ascension, mais cette année, malgré toutes les promesses de "reconquête du mois de juin", les dés seront largement jetés, à ce moment-là.

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Préférer le train?

 (11 avril 2025)

En début de semaine, je me suis rendue à Paris. Initialement, nous avions programmé une rencontre d'anciens camarades de lycée. Mais au fur et à mesure des désistements, le dîner a été annulé, et je me suis donc retrouvée toute seule. Si j'avais pu me faire rembourser l'hébergement que j'avais réservé, je ne serai peut-être pas partie.

Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, j'ai profité de l'après-midi pour me promener dans un quartier assez chic et visiter (enfin) le musée Jacquemart-André (encore un tuyau de Matoo).

C'est vraiment un très bel endroit. Je n'avais pas de réservation, et j'ai fait un peu la queue à deux heures de la fermeture, parce qu'ils limitent le nombre de visiteurs (ce qui est une excellente chose). Ensuite, j'ai flâné dans les rues alentour, pour échouer chez un chocolatier encore ouvert.

Le lendemain, je suis partie assez tôt de mon hôtel du quartier de l'Europe pour aller jusqu'à la gare Montparnasse à pied, en empruntant un détour par les passages couverts que je n'avais pas eu le temps d'apprécier vraiment, l'an dernier, quand j'avais accompagné les élèves de mes collègues d'histoire.

Comme il n'était pas dix heures, il n'y avait pratiquement personne.

Je suis arrivée à la gare à temps pour déjeûner tranquillement et m'asseoir dans un train où, contre toute attente, il y avait des places dont les numéros se terminent par 9 ou 0. Dans une rame classique, les places sont numérotées par 8, pour faire des carrés, sans doute. Mais dans les trains pourris pas chers, on met le plus de sièges possible.


 Le train est parti à l'heure.

C'est à Redon que les choses se sont gâtées. J'ai trouvé curieux qu'on ralentisse à cet endroit; et la rame c'est complètement arrêtée à la gare, ce qui n'était pas prévu.

On nous a demandé de ne pas essayer de sortir pendant que le conducteur effectuait de vérifications. Il y avait eu semble-t-il de la fumée, quelque part dans le train.

Après trois quart d'heure d'arrêt, nous sommes repartis. Pour nous entendre dire, à Vannes, que les personnes assises dans la partie arrière du train devaient descendre et s'installer librement dans la première moitié du convoi.

J'ai eu deux pensées contradictoires: il y avait des familles avec des enfants, si on avait été dans un avion, le personnel leur aurait donné la priorité pour essayer de les recaser au mieux ensemble; et: si je voulais une place, il fallait que je me dépêche, puisque j'étais dans la toute dernière voiture et qu'il y aurait pas mal de monde devant moi. Heureusement, je marche encore assez vite et je n'avais qu'un petit sac à transporter.

Mais une fois assise, j'ai entendu une annonce qui a fait rire la plupart des passager·es autour de moi (et moi aussi): on cherchait un mécanicien. Est-ce qu'ils ne voulaient pas qu'on pousse la rame, pendant qu'on y était? Ou qu'on pédale, peut-être. C'est devenu moins drôle quand le chef de bord a indiqué que nous pouvions patienter sur le quai. Puis que les voyageurs pour Auray et Quimper étaient priés de descendre pour prendre le TGV qui arrivait "derrière nous". Pour ceux à destination de Lorient, c'était moins clair. Le train devait aller jusque là, mais pas tout de suite. Il ne repartait pas. Et le TGV suivant, celui dans lequel devaient monter les personnes à destiantion de Quimper, a finalement été indiqué sur une autre voie.

Le temps de se rendre sur le nouveau quai, une nouvelle annonce priait les voyageurs pour Auray de prendre le TER, s'il vous plaît, et ceux pour Lorient de rester dans le train en panne, parce qu'il n'y aurait pas assez de places (assises) dans le TGV. Effectivement, il y avait beaucoup de monde sur le quai, et la rame qui est entrée en gare n'avait qu'un étage, alorq que nous sortions de voitures à deux niveaux. J'étais du côté de la première classe, je me suis dit que j'avais bien le droit et une dame m'a invitée à m'asseoir en face d'elle pour terminer mon voyage.

Le train dans lequel je suis montée à Paris n'est jamais arrivé à Quimper. Celui que j'ai pris à Vannes circulait une heure quarante plus tard. Et combien croyez-vous que Wego me rembourse, sur ce trajet? Un quart du prix du billet, soit 12,25 euros, pas plus. (Et encore, si je veux un remboursement, il faut que je rentre mes coordonnées bancaires pour convertir ce qui n'est pour l'instant qu'un bon d'achat.)

A nous de vous faire préférer le train, qu'ils disaient.

(Au moins, à Vannes, nous étions sous un agréable soleil pour attendre, et personne autour de moi ne s'est énervé.)

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Le temps des choix

 (12 mars 2025)

C'est en ce moment que se prépare la prochaine rentrée.

Pour les gens comme moi, qui n'ont pas suffisamment d'heures dans leur établissement pour y effectuer un service complet, c'est en ce moment que le rectorat décide de l'endroit où nous devrons aller compléter ce service.

Cette année, pour la première fois, on m'a demandé mon avis, par l'intermédiaire du chef d'établissement. Il est venu me trouver à 10 heures en salle des professeurs pour une réponse à fournir avant le soir-même. Avec deux propositions très différentes, bien qu'à peu près à égale distance de mon camp de base établissement principal.

J'avais le choix entre continuer à faire des aller-retours par le petit bois, pour 8 heures et demie et un complément de service dans cet autre lycée que je connais, ou traverser un rond-point pour 4 heures trente dans un collège inconnu. La cohérence de ces propositions m'échappe, puisque l'une est pratiquement le double de l'autre. (Une mienne collègue a reçu le même genre d'offre: six heures dans un lycée voisin, ou deux et demie dans un collège lointain.)

Selon les prévisions actuelles, fondées sur la perspective de deux groupes de seconde l'an prochain, continuer à effectuer mon complément de service en bas de la côte implique 4 heures supplémentaires devant les élèves. Mais s'il n'y a qu'un seul groupe de seconde en septembre 2025, aller au collège voisin me laisserait en sous-service pour une heure. Et c'est maintenant qu'il faut se décider, alors que les effectifs de seconde ne seront connus qu'à la fin du mois de juin...

J'ai réfléchi, regardé le site du collège, notamment pour essayer de comprendre comment il pouvait n'y avoir que 4,5 heures, alors que l'horaire officiel est de 2,5 heures par niveau. Bien sûr, je n'ai rien trouvé. Et je n'avais pas vraiment le temps de pousser mes recherches.

J'ai quand même décidé de prendre le risque du sous-service, en annonçant à mon proviseur que j'irai au collège, l'an prochain.

A moins que les données ne changent d'ici là (c'est déjà arrivé à des collègues)...

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La photo du dimanche (9)

 (2 mars 2025)

Cette semaine, le thème proposé par Virginie est "vacances".

Un sujet qui fâche, quand on est prof. Parce qu'on entend tout le monde nous reprocher d'être sans arrêt en vacances. Voire, d'avoir 6 mois de vacances.

Une mienne amie (quoique?) se plaignait cet hiver de ne pas avoir autant de vacances que moi. Ce qui est vrai. Elle me disait que j'avais de la chance d'avoir deux mois de congés en été. Ce qui est faux. Cette, année, nous devons rester disponibles jusqu'au 10 juillet, à cause du bac. Et la pré-rentrée est prévue le 29 août. Ca ne peut pas faire deux mois. Si vous prenez un calendrier, vous verrez que ça fait 7 semaines (mais seulement 6 exploitables en location de samedi à samedi). Au fond, nous ne sommes pas si loin des 6 semaines dont on nous menace depuis quelques années.

Oui, mais nous avons plein de congés, au cours de l'année. Evidemment. Et aussi pas mal de travail (copies, cours à préparer, bulletins à remplir...) pendant ces congés. Sans parler de la préparation intense qui nous attend l'été prochain, étant donné que quelqu'un au ministère a eu la bonne idée de décider qu'il fallait changer tous les programmes de tous les niveaux de lycée en même temps. Quand j'habitais dans une école, j'ai vu, pendant chaque période de vacances, sauf peut-être à Noël, des collègues revenir dans leur établissement pour faire des photocopies ou préparer / ranger leurs classes. Je ne connais aucune autre profession où les employé·es ou salarié·es travaillent quand ils sont en congé.

Et il ne faudrait pas que les politiques qui veulent allonger notre temps de travail oublient une chose: en réalité, le salaire des professeurs correspond à 10 mois de travail annuel. Un professeur qui touche 36000 euros par an touche 10 x 3600 euros, étalés sur 12 mois de l'année, soit 3000 euros par mois.

Ce qui explique aussi que ma copine, tout en ayant moins de congés que moi, peut partir plus souvent que moi en vacances. Elle est nettement mieux payée... Et elle était sur une île espagnole, pendant la semaine qu'elle a posée en février.

Mais venons au prétexte de ce message. La photo du défi de Virginie:

Les indispensables, l'été dernier en Italie: lunettes de soleil, chapeau de paille et crème solaire!

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