De rendez-vous en rendez-vous

 (11 février)

La semaine dernière, j'ai enchaîné les réunions parents-professeurs en tant que maman, pour m'entendre dire que mon P'tit Mousse ne travaille pas assez, mais qu'il y a encore un espoir qu'il ne redouble pas, s'il met un bon coup de collier. Et moult allusions à un potentiel état dépressif. L'idée n'étant pas complètement dépourvue de fondement, j'essaie de convaincre cet enfant d'aller causer à quelqu'un. Ca n'a sûrement pas été facile à vivre, de subir successivement le confinement, le divorce de ses parents, les problèmes de santé paternels et d'endurer la garde partagée.

Le chef d'établissement en a remis une couche le vendredi: si le P'tit Mousse ne redresse pas la barre, il coule (métaphore filée).

Au milieu de ces audiences, j'ai joué à la gentille prof qui téléphone à une maman inquiète pour son fils. Ce gamin a de grandes difficultés, mais il est gentil et plein de bonne volonté. Heureusement pour lui, dans six mois, il sera libéré de la corvée de LV B, puisqu'il est en terminale.

Et puis j'ai accueilli les parents et potentiel·les élèves qui venaient visiter le lycée près de l'hôpital. C'est-à-dire que j'ai fait le pied de grue pendant des heures pour n'accompagner que trois familles vers les lieux qui les intéressaient, les autres préférant se débrouiller avec le plan remis par un chef de travaux. Le seul bénéfice que j'en ai tiré a été de pouvoir annoncer à la proviseure (qui savait qui j'était, elle*) que j'aimerais bien continuer à effectuer là-bas mon complément de service, l'an prochain.

Après les vacances, je remets ça dans l'autre lycée, mais avec une salle attitrée pour me présenter et présenter les travaux des élèves.

Alors, quand j'ai découvert un message intitulé "enseignement allemand" sur la messagerie Pr0n0te, je n'étais pas très bien disposée. Et franchement, le papa qui me dit qu'il ne comprend pas, ses fistons adorés avaient de très bonnes notes, au collège, et ils participent à des échanges et gardent contact avec leurs amis allemands, mais là, depuis qu'ils sont au lycée, "leurs intérêts" pour la langue s'émoussent, et les notes aussi, surtout pour celui qui est en première; est-ce qu'on pourrait se voir pour en discuter? Ce papa m'a énervée.

Je n'ai pas répondu tout de suite. J'ai été vérifier les bulletins de Fiston N°1. Depuis qu'il est au lycée, j'ai écrit 4 fois (à chaque trimestre, donc), que ce jeune homme ne travaille pas, ou pas assez. Il y a pratiquement toujours une remarque négative sur l'attitude aussi, parce que ce gamin passe au moins un quart de l'heure de cours retourné. Er donc, c'est curieux, mais ses notes ne sont pas follichonnes; au dernier devoir (le papa a-t-il demandé à voir la copie avant de m'écrire?) il n'a pas été capable de formuler une seule phrase en allemand. Quand à N°2, je suis ravie d'apprendre qu'il a de l'intérêt pour la langue que j'enseigne; il n'a jamais levé la main pour participer au cours, même au début de l'année.

Le papa a donc reçu une réponse un peu sèche l'invitant à relire les bulletins de son génial fils aîné, et dans laquelle je l'assurais aussi que N°2 était un bon élément mais devrait participer davantage. Et bien sûr, je restais disponible pour un rendez-vous. Pas la peine, a dit le paternel un peu vexé. Ou bien il m'a prise pour une vieille sotte qui ne veut pas se remettre en question.

* Je rappelle qu'à la fin de l'année dernière,le proviseur du lycée du bas de la côte, au pot de fin d'année, ne savait pas qui j'étais... 

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12 Commentaires:

At 2:03 PM, Anonymous Dr. CaSo a bien voulu donner son avis...

Oh P'tit Mousse! Ca doit être tellement difficile d'être un jeune, de nos jours! Dis-lui de ma part que "parler à quelqu'un" ça permet de râler contre tout et tout le monde sans se faire rembarrer, c'est très agréable :)

 
At 5:25 PM, Blogger Mme Chapeau a bien voulu donner son avis...

Les réunions parents-professeurs sont souvent source de stress. Ici, avec votre double casquette, ce fut double ration. J'espère que l'attitude du papa des fistons adorés ne vous a pas trop pourri la vie et que vous trouverez une solution pour aider votre P'tit Mousse tout autant adoré. Courage.

 
At 8:28 PM, Anonymous Béatrice a bien voulu donner son avis...

Plein de bonnes ondes au P'tit Mousse (un Quelqu'un, ça fait vraiment du bien, souvent).
Ca doit être bien compliqué d'enseigner l'allemand hors de nos contrées où on trouve 3 ou 4 profs de cette langue par lycées et collèges (par contre, pour faire italien, au lycée de N°4 c'est via le CNED, et pour l'espagnol, c'est limite).
Bonne soirée ;-)

 
At 9:47 PM, Blogger Bleck a bien voulu donner son avis...

Très difficile d'être un p'tit jeune aujourd'hui, clairement. Je rejoins le Doc' ci-dessus, ça peut faire un bien fou d'aller parler à "Quelqu'un" sans affect, sans jugement encore faut-il qu'il le veuille...
Tu fais une activité professionnelle bien difficile, trop vaine souvent à mon sens mais bien difficile.

Bleck

 
At 9:15 AM, Blogger Anne a bien voulu donner son avis...

Mes garçons (et, en y pensant, ma fille aussi) ont tous eu, de manière plus ou moins forte, visible, des moments sans.
Sans envie, sans ressort, sans moral, sans vision d'avenir.
Et avec une pression énorme. La nôtre, les parents, qui savent comment c'est difficile sans diplôme (alors qu'en fait... C'est possible.), qui veulent qu'il y arrivent (à quoi? À être heureux? Je l'espère), celle de la société qui attend d'eux beaucoup sans leur donner grand chose de positif, sans objectif souriant (autre que d'être un "bon" consommateur obéissant?), celle qu'ils se mettent à vouloir trop ce qui rend le chemin plus raide, plus aride.
Ce sont des moments compliqués. Où une oreille extérieure peut aider, en effet (il faut trouver la bonne personne. Et parfois ce n'est pas le chemin (mon 4éme n'a jamais pu exprimer son mal être avec un psy. Il a fait de la musique)).
Il faut être attentif mais pas intrusif.
Pas ingérant, ce sont des adultes en devenir (forts), sans protection à cause de l'adolescence (faibles).
Ils doivent savoir qu'on les aime quoiqu'il se passe, quoiqu'ils choisissent (ou pas), qu'ils réussissent ou échouent (à atteindre leurs objectifs (pas les nôtres)).
Je suis de tout cœur avec toi, pas facile à vivre...

 
At 10:34 AM, Blogger Bleck a bien voulu donner son avis...

Je plussoie mieux, je noussoyons !!

Bleck

 
At 10:39 AM, Blogger Bleck a bien voulu donner son avis...

Eh ben voilà que le papa des fistons adorés endosse la veste de pourrisseur de vie... comme ça, gratos. Alors ça Madame Chapeau cela mérite bien un voire, deux gros "pardon" tu nous feras un petit tour de ton église favorite à genoux par la même occasion, hein...

Bleck

 
At 11:45 AM, Blogger Bismarck a bien voulu donner son avis...

Merci à toutes et à tous pour votre soutien. J'essaie de ne pas trop mettre la pression et de dire / montrer au P'tit Mousse que je l'aime et qu'il est quelqu'un de bien. Nous partageons de bons moments, et je l'ai vu hier soir sourire avec des amis (sortie spectacle avec le lycée).
Madame Chapeau, j'ai parlé de ce papa qui voulait m'apprendre le métier aux collègues, ça m'a fait du bien.

 
At 12:19 PM, Blogger Mme Chapeau a bien voulu donner son avis...

Là, cher ami Bleck je suis déçue, . D'abord, mon commentaire sentait le vécu. Cette délicate odeur ne serait-elle pas parvenue jusqu'à vous? Ensuite, comme vous l'écriviez hier chez Gilsoub à chacun ses choix et les vaches seront bien gardées. Bref, si Sainte Ironie me guide souvent, je n'ai pas église favorite, la raison étant facile à comprendre, Sainte Ironie n'habite dans aucune église.

 
At 12:23 PM, Blogger Mme Chapeau a bien voulu donner son avis...

Parler fait toujours du bien.

 
At 6:49 PM, Blogger Bleck a bien voulu donner son avis...

Je suis navré Madame Chapeau toutefois cette "délicate odeur" ne m'est pas parvenue. Je ne vois aucun rapport direct avec ce que j'ai écrit chez Gilsoub et oui, je trouve ton com' bien sévère, ce n'est que mon avis et ça n'a aucune conséquence au-delà de ce billet.

Bleck

 
At 7:51 AM, Blogger Mme Chapeau a bien voulu donner son avis...

Une odeur récalcitrante ou un nez bouché, on ne le saura jamais. Par contre, votre « aucune conséquence au-delà de ce billet » est rassurant.

 

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