Photo des blogopotes: Patience
(18 janvier)
Anne nous propose aujourd'hui d'illustrer la patience.
Il y a pratiquement un quart de siècle, mais tout de même au troisième millénaire, j'ai fait une mauvaise chute. Marchant trop vite sur une plaque de gadoue, j'ai continué à avancer alors que le pied s'engluait en torsion, et je me suis fait une splendide "fracture spiroïde de la métaphyse tibiale inférieure gauche". En gros, je suis cassé la cheville, tibia et péroné. Et le chirurgien, dont le nom s'écrivait "PDG", en abrégé, dans le service, m'a annoncé trois mois sans avoir le droit de poser le pied par terre.
Cette paire de béquilles, qui prend aujourd'hui la poussière, est donc devenue mon alliée pendant plus de quatre mois. Parce que, évidemment, je n'ai pas eu le droit de reposer intégralement le pied tout de suite (seulement 20 kg, pour commencer); et parce que, même quand j'ai eu le droit de marcher, il a fallu réapprendre à le faire. Je me souviens de boiter devant le kiné qui m'expliquait qu'il fallait rééquilibrer le bassin...A cette époque, j'ai donc dû faire preuve de pas mal de patience, et je me suis répété, comme des mantras, tous les dictons qui allaient en ce sens; dont beaucoup, il faut le reconnaître, viennent des fables de La Fontaine:
Patience et longueur de temps font mieux que force ni que rage.
Tout vient à point à qui sait attendre.
Rien ne sert de courir, il faut partir à point.
Chi va piano, va sano...
(Fun fact: le jour de la naissance du Pirate, j'ai croisé "PDG" dans l'ascenceur qui m'emmenait au service de la maternité, où cet enfant ne s'est pas vraiment fait attendre.)
Libellés : humeur



10 Commentaires:
Voilà une superbe façon de traiter ce mot "patience" une raison médicale, absolue, pas facile mais impérieuse et qui remet les priorités en place ! Bravo.
Bleck
Déja que j'ai trouvé long ma semaine de béquille "intégrale" lors de mon opération du genoux, alors que , au contraire il fallait que j'essaie de poser le pied par terre ;-)
Une fracture spiroïde de la métaphyse tibiale inférieure gauche, ce n'est pas rien, mais si en plus elle est splendide, je comprends que vous vous en souveniez parfaitement. Bref, face à un pied englué en torsion, il vaut mieux faire preuve de patience et prendre le temps de le dégager plutôt que de vouloir continuer à avancer. Merci pour la leçon et bravo pour votre texte.
Ouïe, tu as dû souffrir un chouïa aussi! Quant aux béquilles, dommage qu'on ne se connaissait pas à l'époque, on aurait pu faire la course ensemble ;)
La guérison est effectivement une affaire de patience !
Mes quelques jours de béquille c'était pipi de chat. Bravo pour la patience !
La seule fois où j'ai été limitée dans mes mouvements c'est quand je me suis sectionné le tendon extenseur de l'index droit. 15 jours sans l'utiliser. J'ai trouvé cela très long... Alors bravo pour ces mois en béquilles!
Tu as pu en profiter pour relire quelques fables. J'aurais trouvé ça trés dur aussi. Heureusement, tout cela n'est plus qu'un mauvais souvenir, et comme tu viens de nous le démontrer, patience et longueur de temps ont fait plus que force et que rage.
"Seulement 20 kgs" et comment on fait pour savoir ? Tu as pesé ta jambe ? ^^
Ah, Acanthe, voilà la question que j'attendais. Evidemment, quand le chirurgien m'a annoncé cette histoire de 20 kg, je me suis demandé comment on faisait. L'idée étant de ne pas placer tout mon poids sur la jambe réparée d'un coup, mais de continuer à en faire porter les deux tiers, en gros, par mes petits bras musclés et les béquilles. Et donc, j'ai effectivement marché sur une balance, pour voir ce que ça faisait de ne pas s'appuyer complètement, et trouver la bonne "sensation" pour environ 20 kg d'appui à chaque pas. En fait, j'avais tellement peur de recasser que je n'appuyais pas assez, au début.
Délia, c'est sûr, j'ai eu le temps de lire!
Anne, j'ai aussi eu le droit à une immobilisation de l'épaule pendant trois semaines, il y a quelques années. Je ne sais pas ce que je préfère.
Laurent, en tout, dans ma vie, j'ai dû passer pratiquement 6 mois sur trois pattes.
Agdel, exactement, et quel que soit le souci de santé.
Dr CaSo, les kinés (qui donnent leur autorisation de marcher avec des cannes anglaises après une opération, au lieu d'un déambulateur ou d'un fauteuil) ont toujours trouvé que je me déplaçais plutôt vite 😉
Madame Chapeau, merci
Gilsoub, tu es un petit joueur.
Bleck, merci du compliment.
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