Tête en l'air
(23 janvier)
Nous avons, au lycée, une collègue qu'on décrivait il y a quelques années comme "un peu perchée". Aujourd'hui, on dit carrément qu'elle est folle. En tout cas, une chose est certaine, elle ne comprend rien.
Dernier exemple en date: un collègue envoie un message pour annoncer une sortie avec un groupe de spécialité. Son intention est juste de prévenir de l'absence de certains élèves. Aucune demande pour trouver des accompagnateur·rices. Et la collègue de répondre "aucun problème, si mes élèves sont d'accord pour déplacer le cours, tu peux compter sur moi".
Déjà, elle n'a pas compris le sens du message. Ensuite, elle se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'au coude en pensant que l'administration va l'autoriser à déplacer deux heures de cours pour aller au cinéma avec des élèves qu'elle ne connaît pas.
Et c'est comme ça tout le temps. Elle répond à côté de la plaque, ou elle envoie des messages à demi-compréhensibles à des gens qui, de guerre lasse, ne lui répondent plus. Elle-même prétend avoir donné une réponse à une question urgente alors que ce n'est pas encore fait (ce jour-là, la collègue qui attendait une réponse l'a eue par mail environ dix minutes après s'être fait dire "mais si, je viens de t'envoyer un message" par la collègue perchée).
Evidemment, avec les élèves ça ne peut pas être mieux. C'est elle dont j'avais déjà parlé une fois, me semble-t-il, et qui avait donné un sujet sans le relire, avec des questions portant sur des graphiques absents des annexes. Mais jamais elle n'aurait admis avoir fait une erreur.
Elle s'immisce dans les conversations à grand renforts de "non mais vous vous rendez compte?", monopolise la parole pour dire tout et son contraire. On ne peut pas suivre le fil de sa pensée, il n'y en a d'ailleurs peut-être pas. Alors la plupart des collègues ne lui répondent plus et font leur possible pour l'éviter, et les échanges sont réduits au strict minimum.
C'est un peu triste, comme situation. L'autre jour, j'ai mangé dans la même pièce qu'elle, mais sans un mot dans un sens ni dans l'autre (elle a fini par comprendre que je faisais partie des gens qui n'aiment pas sa conversation). Si la mise à l'écart est une forme de harcèlement, alors on peut dire que cette collègue est harcelée. Mais elle est insupportable, et ne s'en rend pas compte.
Moi, j'ai un peu plus les pieds sur terre. Et les yeux souvent au sol: en dehors des élastiques à cheveux, la chose que je ramasse le plus, ce sont les chiffonettes pour lunettes.

1 Commentaires:
Et cerise sur le gâteau, cette dame est est prof de math 🎂
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