Péripéties trainesques (encore...)

 (21 avril 2026)

La semaine dernière, je me suis rendue à Paris, pour voir deux spectacles (de ballet) à l'opéra.

J'avais réservé mes billets de train il y a longtemps, et ceux pour Garnier et Bastille il y a pratiquement un an, dans le cadre d'un abonnement. Et j'avais même pris une assurance, au cas ou un imprévu m'empêcherait d'arriver aux représentations. La veille du départ, j'avais vérifié les horaires, en me disant que j'étais large, et qu'au pire, si le train était en retard, je pourrais toujours aller directement au spectacle.

Etait-ce une prémonition, une intuition?

Il se trouve que mon train partait de la Préfecture à un horaire qui rendait possible l'économie du stationnement, à condition de prendre le bus (possibilité qui existait aussi au retour, et ce, même en cas de retard). J'ai donc effectué le trajet uniquement en transports en commun.

Tout s'est passé normalement jusqu'à Rennes. Et puis, le TGV a ralenti, et le "chef de bord" nous annoncé que, comme nous avions pu le voir sur l'appli, un accident de voyageur allait nous retarder d'au moins une heure. L'appli n'est pas installée sur mon téléphone, mais j'avais reçu un SMS prévoyant (seulement) 20 minutes de délai. Néanmoins, la situation a rapidement évolué dans un sens peu favorable.


 De une heure dix, on est passé à trois heures de retard, avec des annonces successives du contrôleur qui a même suggéré, alors que nous arrivions au Mans, que les voyageurs qui le souhaitent fassent demi-tour.

Chacun·e calculait au fur et à mesure le nouvel horaire d'arrivée, en particulier les voyageur·ses qui avaient une correspondance. Dans la rangée d'en face, un Italien se faisait répéter les annonces, qu'il ne comprenait pas bien. Quand il a été certain de rater son vol pour Milan, il est descendu du train, et nous ne l'avons plus revu. Heinz-Dieter et sa femme, qui voulaient rentrer chez eux à Osnabruck via l'Eurostar pour Cologne, ont aussi eu besoin d'un peu d'aide pour comprendre toutes les informations, notamment ce qui concernait la prise en charge de leur nuitée à Paris, puiqu'eux aussi allaient rater leur correspondance.

Quant à moi, je calculai que je ne pourrais pas passer à ma location pour déposer mon sac avant d'aller à l'opéra, et me suis donc mise en quête d'une consigne pour déposer ce bagage. (En théorie, les sacs à dos sont interdits en salle comme de vestaire, mais j'ai vu des gens rentrer avec des sacs à peine moins volumineux que le mien...)

Contrairement à ce qu'on nous avait annoncé au départ, nous avons eu le droit de descendre en gare du Mans, où l'on nous avait annoncé deux heures d'arrêt. Certain·es voyageur·ses râlaient vaguement auprès des agents, demandant pourquoi on ne repartait pas, et le personnel a patiemment expliqué que le procureur de la République devait d'abord se rendre sur place, qu'on ne pourrait ensuite circuler que sur des voies secondaires le temps qu'on ramasse les morceaux à la petite cuiller, la personne s'étant jeté sur les voies à un point stratégique en sortie de Paris (ce qui rendait un détour éventuel par Nantes inefficace), et que sur ces voies ne circulent que trois trains par heure.
 
Dans la voiture, chacun·e prenait son mal en patience; Heinz-Dieter disait que le rapprochement franco-allemand consistait donc désormais à avoir, de chaque côté de la frontière, des trains qui circulent mal; on discutait tranquillement. On a même plaisanté quand le chef de bord a fait une annonce pour nous inviter à rappeler nos ami·es qui étaient éventuellement allé·es jusque dans la gare. C'aurait été bête qu'il·elles ratent le départ du train!
 
Le Wego arrêté sur le même quai que nous est reparti en premier, il y a eu une annonce nous invitant à venir chercher des bouteilles d'eau, et puis nous avons pris la voie touristique via Tours et Versailles (mais sans escale supplémentaire), pour arriver à Paris avec 3 heures de retard. (Ce qui m'a permis de récupérer 75 % du prix du billet.) Le chef de bord nous a remercié au moins deux fois pour notre patience. Il doit avoir plus ou moins l'habitude se faire enguirlander...
 
Je suis passée déposer mon sac dans un resto derrière l'opéra, et je suis donc arrivée, environ trois quart d'heure avant le début de la représentation, par l'arrière du bâtiment, côté entrée des artistes. J'ai alors vu un gars très grand, cheveux mouillés et allure de danseur (oui, il avait un port particulier), sortir par cette issue réservée. Vérification faite, je suis à peu près certaine qu'il s'agissait d'Hugo Marchand.
 
Manifestement, il y avait quelqu'un d'important dans l'un des trains circulant dans l'autre sens. Et il est arrivé avec encore plus de retard que moi (tant mieux, j'aurais raté mon spectacle, avec 4 heures trente de retard!).

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