Regard (trop) critique

(25 octobre)

Quand je lis un roman et qu'on me dit que le personnage admire dans le paysage le jaune du maïs et du colza, je tique. Certes, le colza fleurit jaune. Mais il le fait au mois de mars, quand le maïs est à peine sorti de terre. Et quand le blé d'Inde se met à jaunir, le colza a été ramassé depuis longtemps. C'est bien joli de vouloir parler des plantes, encore faut-il ne pas dire n'importe quoi.
Cette histoire de maïs, ça me rappelle un film, vu avec les élèves (vive le Collège au cinéma). Le scénario raconte l'année scolaire d'une jeune fille. Qui, pendant des vacances qui devraient être celles de Pâques, se demande si elle va redoubler, et en discute avec sa cousine au milieu d'un champ de maïs. Les plants sont déjà aussi hauts que les actrices. Lesquelles, quelques plans (cinématographiques) plus tard, sont juchées sur un tas de betteraves qu'on vient de ramasser. Ces scènes ont donc été tournées en automne, et moi, ça m'a un peu perturbée, cette fin d'année scolaire en automne. Ils n'ont pas pensé, les citadins qui ont tourné cette fiction, que la végétation change selon les saisons?
Dans le même film, censé se passer dans les années 70, on voyait la collégienne courir dans une rue de Paris et passer devant un arrêt de bus. Vert d'eau et violet, l'arrêt de bus. Alors que dans les années 1970, ils étaient jaunes (et rouge, avec un poteau marron). Détail gênant pour moi, alors que tant de choses avaient été si bien reconstituées, et que d'autres points gênants étaient si bien éludés (quand elle prend le métro, on ne voit pas la rame, par exemple).
Au rayon des anachronismes, j'en ai trouvé aussi dans La Reine Margot. Les scènes de chasse, prétendûment en forêt de Compiègne, se déroulent au milieu des troncs bien droits de conifères. Ca m'étonnerait qu'il y ait eu tant de pins, au XVI ème siècle, dans le bassin parisien. Mais bien sûr, c'est plus facile de filmer au coeur de troncs lisses et rectilignes que dans un taillis de feuillus. Pendant une de ces parties de chasse, Margot s'enfuit en passant une grille au bord d'un cours d'eau souterrain. Sans doute, il était encore une fois difficile de tourner ailleurs, mais je suis sûre d'avoir reconnu le canal Saint-Martin, ce qui nous met bien trois siècles plus tard.
Oui, je chipote. Mais ça me dérange un peu, quand même, ces approximations, même si je me dis qu'après tout, seule une minorité de spectateurs se rendra compte du problème. Normalement, on doit être suffisamment absorbé par l'intrigue pour ne pas voir ces détails.

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4 Commentaires:

At 8:56 PM, Anonymous Dr. CaSo a bien voulu donner son avis...

Huhuh, ca m'arrive de voir des trucs comme ca et ca m'ennerve tout autant que toi :) Il y a des sites sur internet qui repertorient ce genre d'erreurs!

 
At 8:58 PM, Blogger Seer a bien voulu donner son avis...

Hahaha :) En lisant le début, j'ai pas pu m'empêcher de penser au personnage de Mrs Bantry dans je sais plus quel roman d'Agatha Christie. Elle râlait parce qu'on représentait sur du papier peint tout un ensemble de fleurs qu'on ne verrait jamais en même temps dans la nature.
Je suis généralement d'accord avec toi, surtout concernant les arrêts de bus, mais je trouve exagéré le passage sur le canal Saint-Martin, par contre : dans la reine Margot, c'était pas censé être ce canal, c'est juste un canal comme un autre, je ne vois pas une erreur historique... C'est un peu comme si on s'offusquait de reconnaître des paysages de Nouvelle-Zélande dans le Seigneur des Anneaux ou d'Islande dans Game of Thrones.

 
At 12:02 PM, Anonymous Flore a bien voulu donner son avis...

Je suis comme toi une maniaque des détails anachroniques (et botaniquement impossibles).
Trois que j'ai notamment en tête :
- dans le Jeanne d'Arc de Besson, qui élude pas mal de problèmes de décor en montrant très peu de villes et de bâtiments, une scène tournée en pleine campagne montre sur le haut d'une colline une série de piquets qui n'ont pas de raison d'être au moyen âge... mais qui évidement sont une clôture en fil de fer (inventé bien plus tard)
- dans je ne sais plus quel livre parlant de l'époque de Constantin, un anachorète vit chichement dans le désert du Sinaï des concombres et des tomates (!) de son jardin...
- enfin le plus ridicule, dans une scène du film Troie de 2004, une vue générale d'une place de la ville montre des habitants allant et venant avec paniers, ânes et... un lama.

 
At 8:50 PM, Blogger Bismarck a bien voulu donner son avis...

Seer: Oui, ce n'est pas censé être le canal Saint Martin, mais ça m'a perturbée quand même...
Toutes: en fleurs, je suis assez mauvaise; mais j'observe un peu ce qui se passe autour de moi. J'avais déjà évoqué une traduction qui plantait du maïs en Normandie au Moyen-Âge.

 

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